Guillaume Apollinaire

1880 1918

Éléments de biographie

 

I) Enfance et adolescence

a) Guillelmus Apollinaris Albertus : enfant naturel, né à Rome le 28 août 1880.

Reconnu par sa mère, Angelica de Kostrowitzky, le 2 novembre, lors de son baptême. Elle lui donne alors le nom de Guillaume, Albert, Wladimir, Alexandre, Apollinaire Kostrowitzky.

Son père ne le reconnaît pas. C'est Francesco Flugi d'Aspermont, un officier italien, dont on ne connaît l'identité que depuis 1944.

Apollinaire a toujours su qui était son père, mais a laissé propager toutes sortes de racontars, peut-être parce qu'il rougissait d'une naissance irrégulière, qui devenait prestigieuse lorsqu'elle s'accompagnait de scandales...

b) Un jeune frère du même père, Albert, né en 1882. Puis, rupture entre Angélique et Francesco. Court voyage à Paris.

1889 : les deux frères entrent au collège catholique Saint-Charles, à Monaco, grâce à la protection occulte de Dom Romaric, frère de Francesco. Pour le futur écrivain, c'est une époque de grande piété : il est presque mystique.

De 9 à 15 ans, c'est unbon élève et un grand lecteur ; il devient ami de René Dupuy (qui deviendra René Dalize).

1895 : Fermeture du collège Saint-Charles ; il continue ses études à Cannes, puis à Monaco. Refusé au bac (à moins qu'il ne s'y soit pas présenté !), il retourne à Monaco, auprès de sa mère. Il lit beaucoup et sympathise avec les mouvements anarchistes.

c) 1889 : installation de la famille à Paris, après un voyage en Belgique où il est tombé amoureux de Marie Dubois (cf. Marie, poème d'Alcools). La vie matérielle est très difficile : après avoir dû quitter "à la cloche de bois", faute d'argent, la pension où il logeait en Belgique, il doit écrire pour vivre, se fait "nègre" de plusieurs écrivains, effectue de nombreuses transcriptions de fragments "empruntés" à différents auteurs et publie enfin, en 1907, sous le manteau, Les onze mille verges.

Parallèlement, en 1901, il tombe amoureux de Linda Molina, la soeur d'un ami et lui envoie de nombreux vers avant d'être engagé comme précepteur pour la fille de la vicomtesse de Milhau qui l'emmène avec sa famille en Allemagne le 22 août 1901.

II) L'âge adulte

a) La Rhénanie, Annie Playden

Voyages dans différentes villes d'Allemagne pendant son séjour ; il acquiert une bonne connaissance du pays. Il tombe amoureux de la gouvernante, Annie Playden, qu'il compte épouser à tout prix. Des amours orageuses, ponctuées de nombreux orages.

Son activité poétique s'intensifie et il compose plusieurs poèmes d'Alcools (les Rhénanes) et plusieurs contes, signés G. Apollinaire. Il écrit alors à un ami : "Je suis à mon apogée".

b) Paris, 1904-1907

De retour à Paris, il trouve un emploi dans une banque. Il rencontre de nombreux artistes au Caveau du soleil d'or (comme André Salmon ou Alfred Jarry) et participe à des soirées organisées par la revue La Plume.

Il fait des voyages en Angleterre (1903-1904)pour tenter de convaincre Annie Playden de son amour ; résultat : elle s'enfuie en Amérique sans laisser d'adresse. On retrouve seulement sa trace en 1946 !

Il se lie d'amitié avec des peintres : Derain, Vlaminck, Picasso, Max Jacob et fréquente assidument le Bateau-Lavoir, lieu de rencontre des peintres parisiens.

De 1905 à 1906, il effectue des voyages en Belgique et en Hollande.

c) Marie Laurencin

Il l'a rencontrée plus ou moins par l'intermédiaire de Picasso. Les années 907-1908 sont un grand moment d'amour et de rénovation poétique : il vit désormais de sa plume.

1907 : entrée à la Phalange, groupe de poètes néo-symbolistes.

1908 : conférence dans laquelle il communique ses idées sur la poésie nouvelle.

Il devient critique d'art et exalte Matisse, Picasso, Braque, Derain, Vlaminck. Il manifeste son intérêt pour le douanier Rousseau.

1909 : portrait d'Apollinaire et de Marie Laurencin par le douanier Rousseau. La même année, le poète publie L'enchanteur pourrissant (premier livre). Parution de la Chanson du mal-aimé.

1910 : il commence à prendre la défense des cubistes ; l'année suivante, c'est le premier salon cubiste. Il publie L'hérésiaque et Compagnie, recueil de contes.

1911 : Le Bestiaire d'Orphée, avec des gravures de Raoul Dufy.

Du 7 au 12 septembre 1911 : l'affaire de la Joconde : Apollinaire a hébergé le voleur du tableau, et s'est même fait receleur d'un buste également volé. Il est emprisonné à la Santé. Très déprimé, il craint d'être expulsé de France, car il est étranger ; la presse le malmène sévèrement, le présente comme "pornographe et métèque" et publie des photos du poète menottes aux mains.

1912 : fondation d'une revue, Les soirées de Paris, avec Dalize, Salmon... ; Apollinaire publie un article : Au sujet de la peinture moderne.

Automne 1912 : Marie rompt avec lui (à cause des infidélités et du caractère impossible du poète). Il en est très abattu.

III) 1913 1918 : Alcools, les années de guerre

a) 1913

Fin avril, parution d'Alcools. Parution, également, d'un manifeste : l'Anti-tradition futuriste. Apollinaire devient comme un leader des mouvements les plus hardis.

Tentatives de réconciliation avec Marie, qui se soldent par un échec.

Réunions, chaque jour, des soirées de Paris, à Montparnasse.

b) La guerre

1914 : il demande à être enrôlé, mais sans succès, car il est étranger. Il rencontre Lou (Louise de Coligny-Châtillon) et lui dédie de nombreux poèmes : Ombre de mon amour (publication posthume).

En décembre, il s'engage à Nîmes. Fin de la liaison avec Lou.

1915 : il rencontre, dans le train, Madeleine Pagès, qui habite Oran. Début de correspondance. Il écrit parallèlement les mêmes poèmes à Lou (qu'il aime encore) et à Madeleine, et ceci jusqu'en septembre.

10 août 1915 : il demande Madeleine en mariage.

Sur le front, il écrit des poèmes. Sens de l'humour même en cette période. Il est naturalisé français.

1916 : 17 mars : un éclat d'obus perce son casque et lui perfore le crâne. Trépanation. Publication du Poète assassiné (contes et nouvelles).

Il est traité en maître par la jeune génération : Reverdy, Soupault, Cocteau, Breton....

Dans une interview, il annonce le triomphe du cinéma qui permettrait la jonction des arts.

1917 : il "abandonne" Madeleine Pagès.

Représentation des Mamelles de Tirésias, drame surréaliste. Las du monde ancien, il lance les termes de "surréalisme" et "d'esprit nouveau".

1918 : Calligrammes ; il épouse Jacqueline Kolb, "adorable rousse".

Publie Le flâneur des deux rives. Il travaille énormément.

Cette année-là se déclenche une épidémie de grippe espagnole qui le tue, ainsi que sa mère, l'ami de celle-ci, Jules Weil ; quelques mois plus tard, le frère d'Apollinaire meurt au Mexique.

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