Apollinaire
Alcools
Présentation du recueil
Un recueil paru fin avril 1913, fruit d'une longue gestation et de transformations successives.
I) Du Vent du Rhin à Alcools : la genèse
1904 : Apollinaire pense réunir une trentaine de poèmes écrits en Allemagne sous le titre Le Vent du Rhin. Unité du recueil : le thème rhénan.
Plusieurs poèmes figureront dans Alcools : Rhénanes (suite de neuf poèmes) ; Colchiques, le Vent nocturne, la Chanson du Mal-aimé.
1908 : on annonce à nouveau la parution du Vent du Rhin.
1909 : publication en revues de la Chanson du Mal-aimé, de la Maison des morts et de quelques poèmes des Rhénanes. Projet d'un autre recueil, L'année républicaine, avec des ébauches de Vendémiaire, Zone et Cortège.
D'autres poèmes d'Alcools ont déjà été ou seront publiés dans des revues, certains depuis fort longtemps.
Exemples :
1903 : le Larron, l'Ermite.
1905 : L'émigrant de Lander Road, Salomé, les cloches.
1907 : la Tzigane, les Colchiques, Lul de Faltenin.
1908 : Le Pyrée (le brasier, dans Alcools).
1909 : la Chanson du Mal-aimé.
1912 : le Pont Mirabeau, cortège, Vendémiaire, Zone.
En 1910, Apollinaire songe à recueillir des poèmes sous le titre Eau de Vie.
1911-1912 : forme définitive du recueil ; des poèmes sont supprimés ou ajoutés, dont certains sont inédits.
Le 28 décembre 1912, le poète juge son ouvrage terminé.
Fin 1912 : Eau de Vie devient Alcools.
1913 : Zone, un des derniers poèmes en date, est ajouté et devient le poème liminaire du recueil. Diverses modifications dans l'ordre des poèmes et publication du recueil définitif. Suppression de la ponctuation.
II) L'accueil fait au livre (1913)
Quelques échos favorables de la part de ses amis, dont Gide et Cendrars :
"Vous êtes mon maître, vous êtes notre maître à tous" (Cendrars).
Pour certains journalistes, il est la révélation poétique de l'année. Le journal La Phalange, par exemple, lui réserve un accueil sympathique.
Des hésitations, qui se manifestent par des propos très nuancés : "une démarche aventureuse", "une sorte de charme composite", "par le chemin des pires artifices, il arrive qu'il remonte au coeur".
De nombreux griefs
Le principal accusateur est Georges Duhamel, du Mercure de France, qui aime seulement, dans le recueil, les six poèmes "à la Santé" et qui compare le recueil à une "boutique de brocanteur".
D'autres portent également un jugement négatif, comme Henri Clouard, qui, à propos du poème "Marie", écrit : "Il me semble que monsieur Apollinaire se bat les flancs, qu'en dites-vous ?"
Même de manière posthume, les jugements sont souvent sévères, comme celui de Pierre Lièvre de La revue de Paris, en 1939. Il refuse en effet d'accorder un accent personnel au poète dans son oeuvre.
Un recueil qui est donc surtout mal compris et accueilli avec beaucoup de réticences devant la nouveauté de cette poésie.
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