On ne badine pas avec l'amour

Musset

 

Les différents niveaux de jeu dans la pièce

 

 

Introduction

 

Le titre même de la pièce indique qu'il s'agit d'un jeu (d'un badinage), mais que ce jeu a des limites.

Un jeu à double niveau :

- jeu entre les personnages ;

- jeu pour l'auteur (de la farce à la satire : un jeu littéraire).

 

 

I) Jeu entre les personnages

 

Il est indiqué d'emblée, par le titre de la pièce : un jeu entre Camille et Perdican, qui badinent sur le thème de l'amour.

 

Rôle de l'orgueil, qui les conduit à adopter cette attitude fausse : par le jeu ils cachent leurs vrais sentiments.

Camille donne le ton, au début de la pièce, en refusant soi-disant d'aimer son cousin.

Perdican suit sa cousine, en jouant avec les sentiments de Rosette.

 

 

Un jeu dont les personnages n'ont pas vraiment conscience, jusqu'à la fin de la pièce.

Ils n'ont, en particulier, pas conscience d'être cruels vis-à-vis de Rosette.

cf. les différents niveaux de conscience de ces deux personnages, dans la fiche sur les [personnages].

 

En conséquence, le jeu devient acte de cruauté et assassinat, parce que Camille et Perdican ne peuvent en maîtriser les effets.

 

 

II) Jeu littéraire

 

Une forme de jeu moins visible que l'autre à première lecture, mais que rendent évidente deux points.

 

1. La farce

Intervention des personnages bouffons dont les attitudes et les paroles provoquent le rire.

Rôle du choeur (comme dans l'Antiquité) qui souligne le ridicule des personnages.

 

 

 

2. La satire

Elle s'exerce contre certains "seigneurs" comme le baron, socialement critiqué (il est ridicule) et raillé comme père de famille (il a tout arrangé pour un mariage qui va échouer dès le début).

Elle s'exerce aussi contre le clergé (par exemple : I 3), à travers Bridaine et Blazius, mais aussi à travers Camille, dont le séjour au couvent a déformé la jeunesse.

C'est plus une conception erronée de la religion que la religion elle-même que Musset condamne ; cf. II 5 : les nonnes se sont trompées sur la conception de la religion : elles en seront châtiées.

 

 

Conclusion

 

Grotesque et pathétique sont souvent étroitement mêlés dans la pièce.

Présence du théâtre dans le théâtre : les personnages jouent un rôle ; mais ils n'en ont pas toujours pleinement conscience.

 

[retour au sommaire de Vitellus]