Les grandes lignes de l'histoire romaine
Sixième partie
Le Bas Empire Romain
192 - 476
La date du début du Bas Empire est controversée : certains historiens la placent en 192, c'est-à-dire au début de l'empire militaire des Sévères ; d'autres en 284, année de la prise du pouvoir par Dioclétien.
Sommaire de cette fiche
I) L'empire militaire des Sévères ; les premiers signes de faiblesse (192 284)
II) La fin du Bas Empire (284 476)
I) L'empire militaire des Sévères
Premiers signes de faiblesse
192 284
1. Septime Sévère (193 211)
C'est un Africain né en 146. Il entre à Rome avec une armée et se fait reconnaître par le Sénat. Dans l'ensemble, sous son règne, on observe une continuation politique par rapport aux Antonins, mais le rôle de l'armée devient de plus en plus décisif, le Sénat n'étant presque plus pris en considération. Septime Sévère meurt en Bretagne, en 211
2. Caracalla (211 217)
Gendre de l'empereur précédent, il fit égorger son propre frère pour être assuré de régner seul ! De manière générale, ce fut un empereur particulièrement cruel.
En 212 fut promulgué l'édit de Caracalla, selon lequel le droit de cité romaine est accordé à tous les hommes libres de l'Empire. Il n'exista donc plus, désormais, de distinction entre Romains, Latins et pérégrins.
Outre sa cruauté, on a reproché à cet empereur ses grosses dépenses qui ont plongé l'État dans d'importantes difficultés monétaires. Des complots se formèrent et Caracalla se fit assassiner le 8 avril 217 par un soldat, à l'instigation de Macrin, un des deux préfets du prétoire.
3. Macrin (217 218)
Cet homme eut juste le temps de succéder à sa victime avant de mourir assassiné à son tour.
4.Élagabal (218 222)
Peut-être fils naturel de Caracalla, il marqua son règne par sa conduite de débauche et de prodigalité. Il se fit lui aussi massacrer, par les prétoriens, en 222.
5. Sévère-Alexandre (222 235)
De caractère tout autre, cet empereur manifeste un tempérament généreux et rêveur, mais il se montre incapable de faire face à la toute puissance des soldats. Beaucoup de mutineries éclatent. L'empereur est tué par des soldats lors d'une émeute sur les bords du Rhin, en mars 235.
6. Des années de désordre (235 253)
C'est une longue période d'anarchie militaire qui débute alors. Les soldats règnent en maîtres, et les empereurs se succèdent sans avoir de réel pouvoir.
De 235 à 238, c'est l'empereur Maximien ; pendant un mois, en 238, lui succède Gordin, Balbin et Pupien ; puis, de 238 à 244, Gordien III ; enfin, de 244 à 249, Philippe, qui avait provoqué lui-même la mort de Gordien.
Le 21 avril 247, Rome fête le millième anniversaire de sa légendaire fondation.
À Philippe (tué dans une bataille) succèdent encore Decius (tué par les Goths), de 249 à 251, et Trebonianus Gallus (mort également au combat), de 251 à 253.
7. Valérien (253 260)
Il monta sur le trône en compagnie de son fils Gallien (mort en 268 lors d'un complot). Tous deux furent les seuls empereurs reconnus à Rome depuis 253, et ce jusqu'en 270.
À cette époque, Rome perd presque entièrement le contrôle des régions périphériques. Beaucoup de généraux se déclarent empereurs dans des régions où ils établissent des gouvernements parfois durables.
Parallèlement, l'empire est de plus en plus menacé par l'invasion des Francs qui descendent jusqu'en Espagne.
8. Claude II le Gothique (268 270)
C'est un officier de 50 lors de son accession au pouvoir, qui meurt de la peste peu après, au printemps 270.
9. Aurélien (270 275)
Cet empereur, un général, redresse la situation de l'empire romain : par des expéditions, il devient "restitutor orbis" (celui qui refait le monde). Mais il se fait assassiner en 275.
10. Une succession de trois empereurs (275 283)
Trois empereurs vont se succéder : de 275 à 276, Tacite prend le pouvoir ; c'est un très vieil homme, qui se fait assassiner lors d'un complot. De 276 à 282, ce sera Probus, victime, lui, d'une mutinerie. Enfin, de 282 à 283, l'empereur se nomme Carus.
11. Dioclétien (284 305)
C'est en 284 que, selon certains historiens, commence le Bas Empire. Dioclétien procède à une réelle refonte de l'Empire, en lui donnant le caractère d'une monarchie absolue. Le contrôle économique et religieux s'accroît beaucoup. En particulier, des persécutions systématiques contre les chrétiens aboutissent, en 303, à des édits autorisant officiellement ces actes de cruauté. Dioclétien essaie de cette manière de restaurer le paganisme, pourtant bien affaibli.
Sur le plan politique, il instaure la tétrarchie, en partageant l'empire entre deux Augustes (empereurs) et deux Césars (vice-empereurs). Mais il rehausse son propre pouvoir pour contrôler ses trois co-souverains. Le but de cette tétrarchie était d'assurer une continuité politique d'un empereur à l'autre, par le biais des successions. Mais quand Dioclétien abdique, en 305, la tétrarchie s'écroule et des luttes civiles éclatent jusqu'en 324.
12. Constantin (306 337)
Fils d'un des Césars tétrarques, il cherche à reconstituer l'unité de l'Empire. Une de ses premières mesures et d'adhérer au christianisme, qui devient la religion officielle de l'Empire de 312 à 324. L'édit promulgué en 311 et autorisant le culte chrétien ne fut d'ailleurs par la suite jamais abrogé. C'est avec Constantin que commence la persécution contre les païens.
En 300 est créée la ville de Constantinople (nommée plus tard Byzance), mise sous la protection de Dieu le 11 mai de cette année-là. Cette ville, réplique orientale de Rome, préfigure la division de l'Empire et celle de l'Église entre Orient et Occident. Mais elle symbolise aussi une sorte d'âge d'or dans l'esprit des Romains.
Malade, Constantin meurt en 337, après avoir partagé l'Empire entre ses trois fils et ses deux neveux.
13. Les descendants de Constantin (337 361)
On assiste alors à nouveau à une guerre de partage, entre les fils de Constantin. Ces derniers commencent par tuer leurs cousins, puis deux d'entre eux tuent leur frère. Constant et Constance, les deux survivants, règnent ensemble de 340 à 350. Cette année-là, Constance est victime d'une embuscade, suscitée par son impopularité. Constance règne donc seul de 350 à 361, animé par la volonté de reconstituer l'unité de l'Empire.
En novembre 355, il nomme Julien, âgé de 25 ans, César en Gaule.
La lutte contre le paganisme s'intensifie, alors que déjà l'Église se montre très divisée.
L'empereur meurt en 361.
14. Julien (361 363)
Descendant direct de Claude II le Gothique et né en 331, il est proclamé empereur par son armée de Gaule à la mort de Constantin qui, jaloux de son crédit, cherchait à provoquer sa propre mort. Après une éducation chrétienne et solitaire (il vivait en semi-réclusion), il s'est converti secrètement au paganisme, puis plutôt au culte de Mithra, ce qui lui a valu son surnom d'Apostat.
Une fois au pouvoir, il mena une politique économique rigoureuse lui permettant de réduire les charges qui accablaient les populations.
Comme il avait écarté de la cour, de l'armée et de l'enseignement, la plupart des Chrétiens, leur haine à son égard s'accrut, et on vit s'organiser progressivement un mouvement d'opposition chrétienne.
Grand chef militaire, il partit en expédition en orient, sur les traces d'Alexandre, contre les Parthes. Mais il avait présumé des forces de son armée, très affaiblie par les conditions de vie. Lui-même fut blessé mortellement d'un coup de lance anonyme, sans doute lancé par un Romain et non par la main d'un Parthe. À sa mort, le 26 juin 363, Julien n'avait pas désigné de successeur.
15. Une période de troubles (363 379)
À la mort de Julien, Rome connaît d'importants troubles économiques et de grandes difficultés extérieures. Plusieurs empereurs se succèdent :
De 363 à 364, c'est Jovien, qui rétablit le christianisme. De 364 à 378, ce seront Valentinien et son frère Valus, puis ses fils.
16. Théodose (379 395) la fin de l'unité de l'Empire Romain
Cet empereur est un espagnol de caractère inégal, qui préserva jusqu'à sa mort l'unité de l'Empire. En 392, le paganisme est totalement condamné et désormais interdit jusque dans les pratiques privées.
Théodose meurt de maladie le 17 janvier 395. À sa mort, la division est entretenue entre ses deux fils, âgés alors de 17 et 10 ans, ce qui entraîne la rupture définitive de l'unité romaine. En effet, après 13 ans d'hostilité, c'est la séparation irrévocable en un Empire d'orient et un Empire d'occident.
L'Empire d'orient, dont la capitale est Constantinople, durera jusqu'en 1453, date à laquelle la cité de viendra capitale turque, sous le nom d'Istanbul.
Quant à l'Empire d'occident, il s'écroulera en 476, au moment où Odoacre, roi des Hérules, s'emparera de Rome. Mais déjà, au cours du Vme siècle, de nombreuses invasions, dont celle d'Attila par exemple, avaient sérieusement ébranlé les fondements de l'Empire.
Alors que l'Europe est bouleversée, une autorité grandit, celle du Pape. C'est l'Église qui devient le dernier refuge de la culture et de l'éducation. Rome ne joue plus aucune rôle politique particulier, mais elle retrouve une primauté au sein de l'Église quand Léon Ier le Grand (440 461) en fait la capitale de la Chrétienté.
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