Explication de la fin de Boule de Suif

 

Introduction

Situation du passage : La voiture peut repartir grâce au sacrifice que Boule de Suif a fait de sa personne. Fin de la nouvelle : retour à la situation de départ (direction Dieppe et attitude des bourgeois vis-à-vis de Boule de Suif) et évolution (en particulier du jugement de Maupassant qui nous révèle ce que sont les personnages).

 

I) Le retour à la situation de départ

"le voyage recommença" : cf. "on partit", au début de la nouvelle.

Disposition des voyageurs : à l'aller : aux meilleures places, tout au fond : les Loiseau ; à côté d'eux : Monsieur Carré-Lamadon en face de sa femme. À côté de sa femme, le comte et la comtesse, ainsi que les bonnes sœurs ; en face des religieuses, Cornudet et Boule de Suif. Mépris pour Boule de Suif, en particulier des femmes, "que la présence de cette fille avait rendues subitement amies, presque intimes".

Boule de Suif "reprit en silence la place qu'elle avait occupée pendant la première partie de la route".

Même heure : le matin, suivi de l'heure du repas.

Même présence de la neige, quoiqu'elle soit moins hostile qu'au début de la nouvelle.

Il semble donc que le corps de la nouvelle n'ait été qu'une parenthèse dans le voyage : rien ne semble avoir évolué, sauf les contraintes climatiques, moins dures.

 

II) Le jugement de Maupassant.

La situation est la même en apparence, mais les événements qui se sont déroulés éclaire d'un jour différent les deux moments de la nouvelle : l'attitude des bourgeois au début est dictée par les bruits qui courent sur Boule de Suif ; ils ne la connaissent pas et n'ont rien partagé avec elle. En revanche, à la fin, ils lui sont entièrement tributaires de sa générosité : première étape : le partage du repas ; deuxième étape : le don de son corps. L'éclairage en est donc tout à fait différent. (cf. l'absence du soleil au début, et le soleil très brillant à la fin, pour le second départ).

Douleur sincère de Boule de suif (jusqu'aux larmes) ; contrairement au début, où elle fusillait du regard quiconque se permettrait une réflexion ou une allusion. Timidité de son approche au moment du départ et silence, devant l'hostilité environnante, malgré sa colère.

Méchanceté soulignée des autres personnages, en particulier Madame Loiseau et le comte.

Un seul personnage la venge, même s'il ne partage pas son repas : Cornudet, en sifflant la Marseillaise, parvient à exaspérer les bourgeois, épris d'ordre et sans doute apeurés dans le contexte de défaite. C'est d'ailleurs le seul qui s'est désolidarisé du groupe durant la soirée précédente.

 

Conclusion

Une fin de nouvelle qui insiste sur le mépris satisfait des bourgeois, dicté par un égoïsme foncier. Pas de jugement explicite de Maupassant dont on ne sent qu'il condamne la bourgeoisie que par l'intermédiaire du récit, et par l'emploi de quelques termes de vocabulaire ; en particulier, rôle du style indirect libre, qui se situe à la limite du récit (Exemple : page 57 : ce Prussien entre les bras duquel on l'avait hypocritement jetée" : récit ou style indirect libre ?)

 

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