Grammaire : chapitre 9

Cause et conséquence

 

Introduction

 

Les notions de cause et de conséquence sont inséparables, car elles représentent les deux faces complémentaires d'une seule relation entre deux faits. On met l'accent sur l'une ou l'autre de ces deux faces.

 

I) La cause

 

Pour exprimer la cause, en dehors d'un complément circonstanciel de cause, on peut avoir recours à une proposition juxtaposée (essentiellement à l'aide des deux-points), une proposition coordonnée (car, en effet…) ou encore une proposition subordonnée.

 

1. La subordonnée conjonctive

Elle est introduite par des conjonctions comme : comme, parce que, puisque, sous prétexte que, d'autant plus que…

Son mode est en général l'indicatif, puisque la cause exprime, en général, un fait réel.

On rencontre toutefois le conditionnel si la cause est simplement possible ou soumise à certaines conditions.

Exemple : Elle ne viendra pas au cinéma, parce qu'elle n'aurait pas le temps de finir son travail.

La locution conjonctive "non que" est suivie du subjonctif.

Exemple : Elle ne viendra pas, non qu'elle n'en ait pas envie, mais parce qu'elle n'a pas le temps.

 

2. La subordonnée participiale

C'est un procédé plus léger que la subordonnée conjonctive, mais qui permet moins de nuances.

Exemple : La pluie cessant, nous pouvons enfin sortir.

 

3. Notions complémentaires

 

a) Une subordonnée relative peut exprimer une nuance de cause.

Exemple : Le garçon, qui ne savait pas conduire, provoqua un accident.

 

b) La cause peut être mise en relief par la tournure "si… c'est que".

Exemple : S'il ne vient pas, c'est qu'il n'en a pas le temps.

 

c) Lorsqu'on veut coordonner deux propositions subordonnées de cause, on introduit d'ordinaire la seconde par "que".

Exemple : Je ne viendrai pas parce que je n'ai pas fini mon travail et que je tiens à le terminer.

 

 

 

 

 

 

II) La conséquence

Pour exprimer la conséquence, en dehors d'un complément circonstanciel de conséquence, on peut recourir à une proposition juxtaposée (séparée par une virgule, un point virgule…), une proposition coordonnée (donc, c'est pourquoi…) ou encore une proposition subordonnée.

 

1. La subordonnée consécutive

 

a) Si la conséquence n'exprime pas un degré d'intensité, elle est introduite par des conjonctions comme : de sorte que, au point que, si bien que, de façon que…

Exemple : Il pleut, de sorte que les enfants doivent rester à la maison.

 

b) Si la conséquence exprime un degré d'intensité, elle est en général annoncée par un corrélatif dans la principale. La subordonnée commence avec le mot subordonnant que.

Exemples : tellement.. que ; tel… que ; si grand… que ; trop… pour que.

 

c) Mode de la subordonnée consécutive

- Quand le résultat est réel, ce qui est le cas le plus courant, on emploie l'indicatif.

Exemple : Il a tellement ri qu'il en a eu les larmes aux yeux.

- Quand le résultat est simplement imaginé ou supposé, on emploie le conditionnel.

Exemple : Il fait tellement beau qu'on se croirait en été.

- Lorsque la principale est à la forme négative ou interrogative, et après la locution "trop… pour que" (ou "assez… pour que"), on emploie le subjonctif.

Exemples : La classe est trop petite pour que nous puissions tous entrer ! Tu n'es pas si occupé que tu n'aies pas le temps de venir. Est-il vraiment grand au point qu'il puisse atteindre le plafond ?

 

2. Notions complémentaires

 

a) Une proposition relative peut exprimer une nuance de conséquence.

Exemple : Il caressa le chat qui se mit à ronronner.

 

b) Attention aux termes tellement et tant : ils peuvent exprimer une cause, selon la construction de la phrase.

Exemples : Il but un litre d'eau d'un seul coup, tellement il avait soif ! (cause)

Il avait tellement soif qu'il but un litre d'eau d'un seul coup ! (conséquence)

Il allait voir ses grands-parents tous les jours, tant il les aimait. (cause)

Il aimait tant ses grands-parents qu'il allait les voir tous les jours. (conséquence)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau récapitulatif en guise de conclusion

 

PROCÉDÉS POUR EXPRIMER LA CAUSE

1. juxtaposition : Notre départ est retardé, il neige.

2. coordination : Notre départ est retardé, car il neige.

3. groupe prépositionnel : Notre départ est retardé à cause de la neige (complément circonstanciel de cause).

4. subordonnée conjonctive : Notre départ est retardé parce qu'il neige (complément circonstanciel de cause).

5. subordonnée participiale : La neige étant tombée, notre départ est retardé (complément circonstanciel de cause).

6. gérondif : En tombant, la neige a retardé notre départ (complément circonstanciel de cause).

7. proposition relative : La neige qui est tombée a retardé notre départ (complément de l'antécédent).

8. adjectif, nom, groupe nominal ou participe épithète ou apposé : Tombant en abondance, la neige a retardé notre départ ; abondante, la neige a retardé notre départ (apposé ou épithète).

9. Vocabulaire : La neige est responsable (est cause) du retard de notre départ.

 

PROCÉDÉS POUR EXPRIMER LA CONSÉQUENCE

1. juxtaposition : Il neige, notre départ est retardé.

2. coordination : Il neige, donc notre départ est retardé.

3. groupe prépositionnel : Il neige au point de retarder notre départ. (complément circonstanciel de conséquence)

4. subordonnée conjonctive : Il neige tellement que notre départ est retardé. (complément circonstanciel de conséquence)

5. subordonnée relative : Il est tombé une neige abondante qui nous a retardés. (complément de l'antécédent)

6. Vocabulaire : La neige a provoqué notre retard.

 

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