Grammaire : Chapitre 6
Autour du C.O.D.
Le groupe nominal C.O.D., la proposition subordonnée C.O.D., l'attribut du C.O.D.
I) Le groupe nominal C.O.D.
1. Le C.O.D. fait partie du groupe verbal. C'est un élément de la phrase minimale qui, le plus souvent, ne peut être ni déplacé ni supprimé.
Exemple : L'enfant confectionne une tarte.
2. Le C.O.D. est introduit par un verbe transitif direct, toujours à la voix active. Si la phrase est transformée à la voix passive, le C.O.D. devient alors le sujet de la phrase passive. (Le sujet de la phrase active devient le complément d'agent de la phrase passive.)
Toutefois, certains verbes intransitifs peuvent être suivis d'un complément d'objet direct qui reprend le sens du verbe. On appelle ce complément "complément d'objet interne".
Exemple : Pierre vit sa vie.
3. En général, le C.O.D. se place après le verbe, dont il peut être séparé par un ou plusieurs mots. Cependant, dans certaines phrases interrogatives ou lorsqu'il s'agit d'un pronom personnel ou d'un pronom relatif, il peut être placé avant le verbe dont il dépend.
Exemples : Quels livres lis-tu ? Le livre que je lis est intéressant. Je le lis.
4. Le C.O.D. peut être un groupe nominal, un pronom, un infinitif (ou un groupe infinitif) ou encore une proposition subordonnée (voir IIème partie de cette fiche).
Exemples : Je lis un livre ; je le lis ; j'aime lire.
II) Les propositions subordonnées C.O.D.
Il existe trois types de propositions subordonnées C.O.D.
1. La proposition subordonnée complétive
Une proposition subordonnée complétive "complète" le verbe ; elle n'est donc ni déplaçable ni supprimable. Elle est toujours introduite par la conjonction de subordination que. Il ne faut pas la confondre avec une proposition subordonnée relative, également introduite par que.
Exemples : J'attends que tu m'apportes ton dictionnaire : proposition subordonnée complétive.
J'attends le dictionnaire que tu apportes : proposition subordonnée relative, ayant pour antécédent dictionnaire.
2. Les propositions subordonnées interrogatives indirectes
Elles remplissent toujours la fonction de C.O.D. Comme au discours direct, elle présentent des formes différentes selon la nature de l'interrogation.
a) Interrogation totale : mot introducteur : si
Exemple : Je me demande s'il viendra.
b) Interrogation partielle : mots introducteurs : qui, ce qui, ce que, quel, quand, où, comment...
Exemples : Je me demande ce qu'il fait ; qui va venir ; quel est son nom ; quand nous arriverons...
3. La proposition infinitive
Elle est toujours C.O.D. et comporte toujours un sujet exprimé et un verbe à l'infinitif. Il ne faut pas la confondre avec un verbe à l'infinitif sans sujet.
Exemples : J'entends les oiseaux chanter : proposition infinitive C.O.D.
J'entends chanter dans la rue : verbe à l'infinitif C.O.D.
4. Notion complémentaire
Parmi les propositions subordonnées relatives, certaines n'ont pas d'antécédent défini : soit l'antécédent est le seul démonstratif "ce", soit il n'existe pas. Dans ce cas, on parle de proposition relative indéfinie ou de proposition relative sans antécédent, et on peut considérer que la proposition relative est C.O.D. du verbe introducteur.
Exemples : Je punirai qui enfreindra ce règlement.
Elle mange ce qu'elle veut.
III) L'attribut du C.O.D.
1. Comme le sujet, le C.O.D. peut avoir un attribut. Cet attribut peut être un adjectif, un participe passé ou un groupe nominal.
2. On le rencontre après des verbes tels que trouver, imaginer, préférer, rendre, considérer comme...
3. a) On peut s'assurer qu'il s'agit bien d'un attribut du C.O.D en développant la phrase à l'aide d'une complétive introduite par que.
Exemples : Il a cru cet enfant malade : il a cru que cet enfant était malade.
Elle se croit intelligente : elle croit qu'elle est intelligente.
b) On peut aussi transformer la phrase au passif.
Exemples : Le peuple a élu Pierre président : Pierre a été élu président par le peuple.
La nouvelle les a rendus joyeux : ils ont été rendus joyeux par la nouvelle.