Grammaire : Chapitre 7

Le Complément d'Objet Indirect (C.O.I.)

 

I) Définitions

Comme le complément d'objet direct, le complément d'objet indirect est un complément essentiel du verbe : il ne peut être ni supprimé ni déplacé. Il fait partie de la phrase minimale.

 

Le C.O.I. se place normalement après le verbe et est introduit par une préposition intimement associée à ce verbe. Toutefois, on peut le trouver avant le verbe dans certaine phrases interrogatives, ou lorsqu'il s'agit d'un pronom personnel ou relatif.

Exemples : Je pense à mon voyage. À quoi penses-tu ? J'y pense.

 

Les verbes qui admettent un C.O.I. sont appelés transitifs indirects. Certains d'entre eux peuvent être également employés intransitivement (sans complément d'objet) : leur sens est alors modifié.

Exemple : Je rêve d'aller à la mer. Je rêve...

 

Une phrase contenant un C.O.I. ne peut être transformée à la voix passive.

 

II) Comment distinguer le C.O.I :

1. du C.O.D.

Le C.O.I. ne peut pas devenir, au passif, sujet du verbe. Le C.O.D., lui, devient sujet du verbe à la voix passive.

Le C.O.I. est toujours construit de manière indirecte. Le C.O.D. est toujours construit de manière directe.

Exemples : Je te crois (C.O.D.). Je crois à la chance ! (C.O.I.)

 

2. du Complément circonstanciel.

Le C.O.I. n'indique pas les circonstances de l'action. Le complément circonstanciel, lui, donne

des précisions concernant le lieu, le temps, la manière, la cause...

Le C.O.I. peut rarement être déplacé ou supprimé. Sinon, la phrase change de sens. Le

complément circonstanciel, au contraire, peut généralement être supprimé ou déplacé. La phrase perd une information si on le supprime, mais garde son sens général.

La préposition qui introduit le C.O.I. est intimement associée au sens du verbe. Les compléments

circonstanciels, eux, sont introduits par toutes sortes de prépositions, quel que soit le

verbe.

Exemples : Du milieu du terrain (complément circonstanciel), Karim se précipite. Il tire droit. °François hérite bientôt du ballon (C.O.I.).

 

 

III) Nature du C.O.I.

Le C.O.I. peut être :

- un groupe nominal :

Exemple : je crois à la chance.

- un pronom :

Exemple : j'y crois.

- un verbe à l'infinitif :

Exemple : Il aspire à réussir.

- une proposition subordonnée :

a) relative indéfinie :

Exemple : Il pense à ce qu'il fera plus tard.

b) complétive :

Exemple : Je m'attends à ce qu'il revienne. (Je m'attends qu'il revienne.)

IV) Les différentes sortes de C.O.I.

 

1. Le C.O.I. proprement dit

Il est l'unique complément d'un verbe construit à l'aide d'une préposition.

Exemple : Je pense à lui.

 

2. Le Complément d'Objet Second (C.O.S.)

C'est un C.O.I. qui suit un C.O.D. ; il indique en général le destinataire de l'action évoquée par le verbe.

Exemple : Le maître enseigne la grammaire (C.O.D.) aux enfants (C.O.S.).

Ce type de phrase peut subir une transformation passive. Dans ce cas, le C.O.D. devient sujet du verbe au passif, et le C.O.S. garde la même fonction.

Exemple : La grammaire est enseignée aux enfants par le maître.

 

3. Le Complément d'attribution

Le complément d'attribution qualifie la personne ou l'objet à qui l'on attribue ou retire quelque chose. En général, il suit un C.O.D.

Exemples : L'arbitre accorde un coup franc à °Raphaël.

°Sandra prend le ballon à Hakim.

 

4. Le complément d'intérêt

C'est un complément non obligatoire, qui invite l'interlocuteur à prendre intérêt à l'action évoquée par le verbe.

Exemples : Admirez-moi cette action ! (moi : complément d'intérêt ; action : C.O.D.)

°Pierre vous marque un but sans problème à n'importe quel gardien. (vous : complément

d'intérêt ; but : C.O.D. ; gardien : complément d'attribution)

 

Remarque

Certains verbes (rares) peuvent se construire avec deux compléments d'objet indirects.

Exemple : On a parlé de l'élève au proviseur.

 

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