Grammaire : Chapitre 1

La communication

 

Introduction

 

Communiquer signifie transmettre un message à quelqu'un en utilisant un code commun, de manière que le message transmis soit intelligible.

 

La langue est un outil parmi d'autres dont on se sert pour communiquer, de manière orale ou de manière écrite.

 

 

I) Généralités

 

Dans la communication verbale, une personne appelée émetteur, auteur ou locuteur, produit un message, ou énoncé, composé de mots. Ce message est adressé à une autre personne appelée récepteur, destinataire, ou encore interlocuteur (s'il s'agit d'un dialogue).

 

Pour que la communication soit établie, il faut que les deux personnes utilisent une langue commune, qui obéisse aux mêmes règles de grammaire, qui se prononce de la même façon, qui utilise le même ordre de mots, etc.

 

Un énoncé ne prend son sens que dans une situation d'énonciation. Cet énoncé est intelligible lorsque son sens est évident ; il est grammatical, s'il respecte les règles grammaticales de la langue ; il est acceptable s'il est adapté à la situation d'énonciation.

 

Exemples :

a) "Le professeur mangea un gâteau avec ses élèves : intelligible, grammatical, acceptable.

b) "Jeudi : apporter gâteaux en cours" : intelligible, non grammatical, acceptable.

c) Le maître mangea ses élèves avec un gâteau : non intelligible, grammatical, non acceptable.

 

 

II) Langue écrite et langue orale

 

A) La langue orale

 

La langue orale emprunte le canal sonore. Les sons ou phonèmes sont perçus par le récepteur qui en interprète le sens.

 

On dit que la langue orale est en situation, c'est-à-dire qu'elle est produite à un moment donné et en des lieux précis, connus des deux interlocuteurs.

Exemple : lorsque l'un des deux interlocuteurs dit "je", cela ne pose aucun problème de compréhension à la personne à laquelle il s'adresse.

 

Dans ce type de communication, d'autres moyens d'expression sont également utilisés : l'intonation, les gestes, les mimiques... Il arrive souvent que des informations ne soient pas communiquées totalement à l'aide des mots et qu'un geste suffise, par exemple, pour préciser le sens d'une phrase.

Exemple : Donne-moi ce truc (geste à l'appui).

 

De nombreuses marques d'orthographe visibles à l'écrit ne sont pas perceptibles à l'oral en français.

Exemple : il n'y a aucune différence, à l'oral entre les deux phrases suivantes :

Il mange trop vite. Ils mangent trop vite.

 

Enfin, les mots subordonnants ne sont pas très souvent utilisés à l'oral. Les conjonctions de coordination et les adverbes de liaison sont plus fréquemment employés.

Exemple : la phrase "il regardera la télévision après avoir dîné" sera volontiers transformée ainsi : "il va dîner et puis après il regardera la télévision."

 

 

B) La langue écrite

 

La langue écrite emprunte le canal visuel (ou tactile). Les dessins ou les lettres sont lus par le récepteur qui en interprète le sens.

Exemple : les idéogrammes chinois constituent une langue à part entière.

 

La langue écrite n'est pas en situation, elle doit donc comporter plus d'informations pour éviter les confusions. C'est un des rôles de l'orthographe. C'est également le rôle des mots, expressions ou phrases donnant des détails qui rendent le message compréhensible.

Exemple : dans la phrase "il mange trop vite", seule la marque du singulier permet, à l'écrit, de savoir de qui il est question.

 

 

III) Les registres de langue

 

Les différences entre les registres sont marquées essentiellement :

- par la prononciation

- par le vocabulaire employé

- par la syntaxe (organisation des mots dans la phrase)

 

 

1. Le registre courant

 

C'est celui qui est employé, à l'oral, dans les situations de la vie quotidienne en présence de personnes mal connues ou inconnues ; c'est, à l'écrit, la langue utilisée dans les journaux, dans les manuels de classe, dans les notices... C'est la langue dite de base : le vocabulaire et la syntaxe sont corrects et compris du plus grand nombre sans difficulté.

Exemple : "C'était midi. Les voyageurs montaient dans l'autobus. On était serré. Un jeune monsieur portait sur sa tête un chapeau qui était entouré d'une tresse et non d'un ruban. Il avait un long cou." ({Raymond Queneau}

 

2. Le registre familier

 

C'est celui qu'on emploie dans sa famille ou avec des amis, lorsqu'on est sans contrainte. C'est une langue spontanée, qu'on reconnaît à sa prononciation plus relâchée, à son vocabulaire familier et à sa syntaxe particulière.

Exemple : "L'était un peu plus dmidi quand j'ai pu monter dans l'esse. Jmonte donc, jpaye ma place comme de bien entendu et voilàtipas qu'alors jremarque un zozo l'air pied avec un cou qu'on aurait dit un télescope et une sorte de ficelle autour du galurin". ({Raymond Queneau})

 

3. Le registre soutenu

 

C'est celui qu'on emploie dans des situations de contrainte. Il n'est jamais spontané et demande des efforts d'attention. Il requiert une connaissance approfondie de la langue, tant sur le plan du vocabulaire que sur celui de la syntaxe. La prononciation est donc soignée, le vocabulaire élégant et la grammaire non seulement correcte, mais savante

(comme l'emploi d'imparfaits du subjonctif, par exemple).

Exemple : "Le philosophe qui monte parfois dans l'inexistentialité futile et outilitaire d'un autobus S y peut apercevoir avec lucidité de son oeil pinéal les apparences fugitives et décolorées d'une conscience profane affligée du long cou de la vanité et de la tresse chapeautière de l'ignorance." ({Raymond Queneau})

 

 

Conclusion

 

La langue, outil de communication privilégié, peut être orale ou écrite. Dans les deux cas, on peut utiliser trois registres différents (courant, familier et soutenu). Le sens de l'énoncé ne peut être perçu que dans une situation d'énonciation. Il peut être intelligible, grammatical et acceptable. Le sens de l'énoncé peut enfin varier selon sa structure, le contexte dans lequel il se trouve et enfin la situation dans laquelle il apparaît, comme le montrent les deux phrases suivantes, à la fois semblables et différentes :

a) On est bien assis.

b) On est bien, assis.

 

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