Grammaire : chapitre 11
La condition
I) Dans la phrase simple
En dehors d'un groupe nominal complément de condition, on peut utiliser :
1. un infinitif ou un groupe infinitif introduit par une locution prépositive : à, à condition de, à moins de
Exemple : Vous pouvez rester ici, à condition de ne pas faire de bruit.
2. un gérondif ou un groupe gérondif.
Exemple : En vous serrant un peu, vous pourrez tous entrer !
3. Un adjectif apposé.
Exemple : Plus attentif, il aurait compris la leçon.
4. la locution figée "n'était".
Exemple : N'était sa gourmandise, il serait parfait.
5. Le vocabulaire.
Exemple : Supposons son départ. C'est un hypothèse à envisager.
II) Dans la phrase complexe
1. On peut utiliser une proposition subordonnée introduite par si ; dans la subordonnée, le mode utilisé est alors toujours l'indicatif. Voici les différentes nuances possibles :
a) La condition est envisagée comme déjà réalisée. Le verbe de la subordonnée peut être à tous les temps de l'indicatif ; le verbe de la principale est à l'indicatif ou à l'impératif.
Exemples : Si tu as des ennuis, dis-le moi. Si tu y vas, je t'accompagne. S'il a commis une faute, il l'avouera.
b) La condition porte sur l'avenir et paraît réalisable à coup sûr. On appelle ce système l'éventuel. La subordonnée est à l'indicatif présent ; la principale à l'indicatif futur.
Exemple : S'il fait beau, nous irons nous promener.
c) La condition porte sur l'avenir et paraît réalisable, mais de manière incertaine. On appelle ce système le potentiel. La subordonnée est à l'indicatif imparfait ; la principale au conditionnel présent.
Exemple : S'il faisait beau demain, nous irions nous promener.
d) La condition n'est pas réalisée dans le présent. On appelle ce système l'irréel du présent. Comme dans le système précédent, la subordonnée est à l'indicatif imparfait et la principale au conditionnel présent. Seul le contexte (en particulier les adverbes de temps) permet de différencier ces deux systèmes.
S'il faisait beau en ce moment, nous irions nous promener (mais il ne fait pas beau).
e) La condition n'a pas été réalisée dans le passé. On appelle ce système l'irréel du passé. La subordonnée est à l'indicatif plus-que-parfait ; la principale est au conditionnel passé.
Exemple : S'il avait fait beau hier, nous serions allés nous promener.
2. On peut utiliser d'autres mots subordonnants.
a) Subordonnées au conditionnel : au cas où, dans l'hypothèse où
Exemple : Au cas où tu aurais trop chaud, achète-toi à boire.
b) Subordonnées au subjonctif : pourvu que, à supposer que, à moins que
Exemple : Pourvu qu'il soit à l'heure au rendez-vous, il peut rester chez toi une heure de plus.
N.B. Dans une subordonnée introduite par "à moins que", on peut trouver un "ne" explétif.
Exemple : À moins qu'il n'ait raté le train, il arrivera dans un quart d'heure.
c) Subordonnées à l'indicatif : suivant que, selon que
Exemple :
Suivant que vous serez puissant ou misérable
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
La Fontaine
III) Dans la phrase complexe
On peut utiliser d'autres moyens d'exprimer une condition :
1. Une subordonnées relative à nuance conditionnelle : elle peut être au subjonctif ou au conditionnel.
Exemple : Un homme qui serait passé par là aurait été effrayé.
Un homme qui fût passé par là eût été effrayé.
2. Une proposition participiale.
Exemple : Le vent s'étant apaisé un peu plus tôt, nous aurions pu nous promener.
3. Deux propositions indépendantes coordonnées ou juxtaposées
a) Elles peuvent être à l'indicatif.
Exemple : Vous parlez, il ne vous écoute pas ; vous vous taisez, il devient attentif.
b) Elles peuvent être au conditionnel.
Exemple : Il m'aurait écouté, il n'en serait pas là !
c) Elles peuvent comporter une phrase interrogative ou impérative.
Exemples : Veut-il un bonbon ? Sa mère se précipite pour lui en acheter !
Fais-lui plaisir ! Il ne t'en sera même pas reconnaissant.