La Condition Humaine

Les principaux personnages du roman

 

 

1. Kyo

 

Il est un peu le personnage central du livre. Il tient le rôle de Chou-En-Laï qui, lui, parvint à échapper au massacre et devint par la suite chef du gouvernement de la République Populaire de Chine. Mais en dehors de leur rôle, ils n'ont aucun trait commun.

Kyo est avant tout un chef : impassible devant l'adversité, il est un organisateur irremplaçable. Tous ses actes et ses rêves sont tendus vers l'efficacité. C'est le contraire d'un intellectuel.

C'est un métis "hors-caste", qui a quitté son père très jeune pour vivre sa vie. Il admire secrètement son père qui le découvrira après la mort de Kyo.

Kyo s'intéresse moins aux pensées qu'aux hommes. "Il avait choisi l'action comme d'autres les armes ou la mer, le sens héroïque lui avait été donné comme une discipline".

Il aime May et connaît le désir et la jalousie. Il ne supporte pas vraiment l'aveu d'infidélité de May, malgré ses théories sur la liberté des sexes.

Pratiquement pas de description physique ; le lecteur s'identifie aux actions qu'il mène plus qu'au personnage.

 

 

2. Gisors

 

Plusieurs personnages se mêlent en lui : le père, le maître, l'intellectuel, l'artiste, l'opiomane.

Il aime profondément son fils, mais ne se sent lié à lui que par des souvenirs. C'est pourtant par Kyo qu'il est rattaché à la vie. Après la mort de son fils, il est comme mort à lui-même : "le marxisme a cessé de vivre en moi".

Il n'est marxiste qu'à demi : Marx enseignait : "il ne s'agit pas seulement de comprendre le monde, il s'agit de le transformer". Gisors veut surtout le comprendre. Il cherche la vérité. Il ne s'incarne pas dans l'action, mais dans l'analyse ou dans la méditation. Mais sa vie est un échec en ce sens que l'intelligence ne lui a permis ni de connaître les êtres en profondeur, ni de résoudre ses propres angoisses. C'est finalement l'opium qui le délivrera de lui-même.

 

 

3. Katow

 

Personnage plus dessiné que d'autres : "la démarche lourde, l'air costaud, le nez en l'air, des cheveux blond clair de Russe". 42 ans au moment du roman. A déjà vécu une révolution, celle de 1917. Son expérience lui permet de comprendre les autres. Son expérience l'a amené à croire à l'existence de la bonté :

"Si l'on ne croit à rien, surtout parce que l'on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi."

Personnage extrêmement généreux (jusqu'au don du cyanure), le plus conscient et le plus équilibré des révolutionnaires. Jamais solennel, pas de sensiblerie, mais une immense capacité de tendresse et de dévouement.

 

 

4. Tchen

 

Description au début : "traits plus mongols que chinois ; pommettes aiguës, nez très évasé mais avec une légère arête, comme un bec" ; évoque un "épervier". Elevé à la chinoise et garde une grande haine contre la Chine traditionnelle. Orphelin, il a été éduqué par un pasteur américain. Puis, Gisors remplace en lui la passion religieuse par la passion politique.

Personnage rendu sympathique par son amitié pour Kyo, son dévouement à la cause, l'affection que lui porte Gisors.

Découvre au fur et à mesure qui il est, en même temps que le lecteur. Complexes d'ordre sexuel : la masturbation, l'initiation sexuelle auprès d'une prostituée, le dégoût des femmes.

Combat des forces obscures qui apparaissent sous forme de cauchemars. les pieuvres...

Attentat-suicide : croit sincèrement servir la cause de cette manière, mais également tendance sadique (auto-destruction) à travers cet acte. Une sorte de samouraï ou de Kamikaze.

 

 

5. Clappique

 

Le plus original des personnages : ne cherche pas à s'affirmer, comme les autres, mais à se fuir par le mensonge, sa "folie" (selon Gisors).

Polichinelle, mythomane. Volonté de ne s'attacher à rien. Une sorte de course aux masques ; devient tragique quand, rentré à son hôtel, il se voit devant le miroir et n'a d'autre interlocuteur que lui-même. Le masque tombe.

Vérité humaine du personnage : "Tout homme est fou" (Gisors). De plus, Clappique représente un peu le pendant des autres personnages qui, tous, ne trouvent leur véritable accomplissement que dans la mort ; lui, comme l'humanité moyenne, peut tout perdre, mais pas le goût de vivre.

 

 

6. Ferral

 

Appartient à la haute finance ; ne séjourne en Chine que pour asseoir les positions du Consortium franco-asiatique en Indochine et s'élancer de là vers Paris, vers le pouvoir. La volonté de puissance le caractérise. rêve de déité : "Tout homme rêve d'être Dieu". L'intelligence est pour lui "la possession des moyens de contraindre les choses ou les hommes".

Son goût pour la domination fausse ses rapports avec Valérie qui, elle, cherche l'amour. Quand elle finit par le ridiculiser, il s'abaisse jusqu'au ridicule par lui-même, dans sa rage. (épisode des oiseaux).

Au fond, personnage solitaire : seul face à la foule quand la Révolution éclate ; seul à Paris, où ses collègues sont méfiants et jaloux et vont le détruire. Le sens de sa vie s'effondre alors.

 

 

7. Les femmes dans le roman

 

Elles sont peu nombreuses. La femme d'Hemmelrich est surtout une mère, qui veille son enfant malade et mourra avec lui.

Le personnage de May est beaucoup plus présent. Scènes importantes : son aveu d'infidélité auprès de Kyo ; la dernière sortie avec Kyo ; la fin du roman : elle représente une sorte d'espoir, après la mort de tous les héros.

Le personnage de Valérie représente l'aspect érotique des relations homme-femme. Elle permet à Ferral de se rendre compte d'une différence inéluctable entre les sexes ; ceci nous renvoie au thème récurrent de la solitude.

 

 

Résumé sur les personnages

- peu de détails physiques

- le passé n'est connu que pour quelques-uns, lorsque cela a des répercussions sur l'action (Katow)

- peu de psychologie : l'acte prime pour connaître un personnage. Les secrets et les sentiments restent non révélés.

 

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