La Condition Humaine
Le sens de l'oeuvre
Qu'est-ce que la condition humaine ?
1. Le sentiment de l'absurde
Présence inéluctable de la mort
La vie nous est donnée pour nous être reprise. Absurdité ressentie par Hemmelrich devant la souffrance puis devant la mort de son fils. Gisors ressent le même désarroi devant le cadavre de son fils.
Étrangeté aux autres
Thème général de l'incompréhension : entre les sexes, mais également entre tous les hommes : solitude de Tchen : "il n'était pas des leurs". Kyo : "les hommes ne sont pas mes semblables."
Étrangeté à soi-même
Kyo ne reconnaît pas sa voix enregistrée. Tchen découvre son goût pour le meurtre. Les personnages ne se connaissent pas mieux qu'ils ne connaissent les autres, ou bien découvrent en même temps que le lecteur un aspect de leur personnalité.
2. Un sens possible à l'existence ?
Les fausses clés : la fuite contre l'absurde
Fuite possible et recherchée par la drogue (l'opium), par le jeu, par l'alcool, par l'illusion en général.
L'action contre l'absurde
Les personnages sont presque tous des hommes d'action. May, à la fin du roman, symbolise l'action qui continue. Certains, comme Kyo, meurent en donnant ainsi un sens à leur vie, parce qu'ils agissent jusqu'au bout.
La fraternité contre l'absurde
L'amour (celui de Kyo et de May) peut être profond et contenir une tendresse suffisante pour dépasser le seul érotisme. Il rejoint alors un sentiment de fraternité, au-delà de l'amour du couple. La différence et la solitude inéluctables sont connues ; seul l'amour importe pourtant : "je ne la connais que dans la mesure où je l'aime" (Kyo). L'amour et la fraternité vraies dépassent la différence pour la sublimer et permettent d'accepter même la mort : mort de Kyo et mort de Katow.