Victor Hugo

Les Châtiments

Résumé des livres III, V, VI, VII

Livre III : La famille est restaurée

Poème 1 : apothéose : Un poème dans lequel Hugo montre que Napoléon III n'est qu'un parvenu et une pâle copie de ce que fut son oncle. Comparaison récurrente, dans le recueil, entre l'oncle et le neveu.

Poème 2 : l'homme a ri : Allusion, en exergue, au livre intitulé Napoléon le petit ; dénonciation du comportement irresponsable et inconscient de l'empereur ; rôle prophétique du poète : le châtiment est inévitable.

Poème 3 : Fable ou histoire : Cf. l'explication

Poème 4 : Ainsi les plus abjects... : Ton polémique de ce poème, dans lequel Hugo n'emprunte aucune voie indirecte (la fable, le conte...) ; un vibrant appel pour réveiller le peuple qui se conduit pour le moment en "troupeau".

Poème 5 : Querelle de sérail : Un poème bâti sur l'opposition entre passé et présent ; bassesse et petitesse des ministres : des querelles de sérail !

Poème 6 : Orientale : Opposition à nouveau, cette fois entre la noblesse d'un véritable ennemi qui force le respect (Abd-el-Kader) et la bassesse de l'empereur : un "gredin".

Poème 7 : Un bon bourgeois dans sa maison : Un poème qui dénonce la lâcheté des bourgeois, qui connaissent la vilenie de l'empereur mais préfèrent se taire : "crime" et "lâcheté" : deux mots qui concluent le poème.

Poème 8 : Splendeurs : Thème de la fête, mais sous un aspect grotesque, carnavalesque ; allusion à des personnages littéraires ou historiques dont le trait commun est d'être très louches. Puis généralisation : Autrichiens ou Siciliens ont aussi leurs Napoléon : universalité du crime et passivité des hommes devant les crimes accomplis sous leurs yeux.

Poème 9 : Joyeuse vie : Opposition de type social, cette fois : le faste de la cour de l'empereur face à la misère des conditions de vie du peuple : rôle du poète, sauveur du peuple par sa parole : "Quelqu'un élèvera la voix".

Poème 10 : L'empereur s'amuse : Forme d'une chanson (indication de Hugo lui-même), avec refrain : "Et demain le tocsin". Dénonciation des peines de bannissement, d'exil, de déportation ou même de mort : l'empereur a réussi à vider le pays.

Poème 11 : Sentiers où l'herbe se balance : Thème semblable à celui du poème précédent, mais écrit de manière plus concise, plus imagée : l'image de la mort y est récurrente.

Poème 12 : ô Robert, un conseil... : Nouvelle allusion à l'irresponsabilité de l'empereur et nouvelle prédiction que la tyrannie n'est pas éternelle : l'empire chutera, de par la volonté divine. "fragile" : dernier mot du poème.

Poème 13 : L'histoire a pour égout... : Nouvelle opposition déjà exploitée entre le train de vie de l'empereur et de son entourage, et la misère du peuple. Un "goinfrerie" qui rime avec "abjection".

Poème 14 : à propos de la loi Faider : Allusion à la loi qui rétablit une censure sur les écrits, mais aussi les paroles de tous les citoyens. Appel au peuple : Hugo lui reproche son endormissement : de "lion" il est devenu "caniche", après avoir été le chantre des droits de l'homme (allusion sous-jacente à la révolution de 1789).

Poème 15 : Le bord de la mer : Forme du dialogue théâtral ; dénonciation de toutes les atrocités commises et du sang versé : désir de vengeance qui ne serait assouvi que par la mise à mort du tyran : "Tu peux tuer cette homme avec tranquillité".

Poème 16 : Non : Un raisonnement qui fait suite à celui du poème précédent : oui à la vengeance, mais non au meurtre : "Ne tuez pas cet homme..." : il y a pire que la mort : "le pilori infâme".

Livre V : L'autorité est sacrée

Poème 1: Le sacre : Un texte qui pourrait être lu sur l'air d'une chanson nommée Malbrouck, avec présence d'un refrain dans chaque strophe (le deuxième vers). Plusieurs allusions à des noms de malfrats connus (Robert Macaire, Lacenaire...) : Napoléon peut leur être comparé. Un poème qui désigne l'empereur comme un voleur.

Poème 2 : Chanson : Dieu joue aux cartes avec le Diable: le Diable gagne à la fois l'empereur et le pape : dans ce poème l'empereur est donc diabolisé.

Poème 3 : Le manteau impérial : cf. l'explication

Poème 4 : Tout s'en va : Un poème sous forme de dialogue théâtral : idée centrale : la fuite de toutes les valeurs morales sous l'empire : seul reste le mépris (usage littéraire de la chute en fin de poème : une réplique inattendue).

Poème 5 : ô drapeau de Wagram... : Un poème de prophétie : un jour, le lion endormi (la France républicaine) va se réveiller. Attaques acerbes contre le pouvoir impérial : une expression, par exemple : "ces pauvres nains vainqueurs".

Poème 6 :On est Tibère... : Rapprochement historique avec d'autres tyrans : Tibère, par exemple. Allusions aux exactions commises (exil, proscriptions...). À nouveau une prophétie : "un jour vient..."

Poème 7 :Les grands corps de l'État : Définition du châtiment souhaité : pas la mort, mais le mépris pour ces "valets". Hugo était totalement opposé à la peine de mort.

Poème 8: Le Progrès calme et fort... : Même idée que dans le poème précédent : le progrès (ici personnifié) "ne sait pas ce que c'est que de verser le sang". Appel au peuple pour qu'il ne verse pas le sang comme l'a fait Napoléon.

Poème 9 : Le chant de ceux qui s'en vont sur mer : Fond musical suggéré : air breton. Importance de la nature, une nature d'exil (Hugo se trouve sur une île, d'où l'importance de la mer). Nécessité de vivre en exil dans un tel climat politique.

Poème 10: À un qui veut se détacher : Un poème centré sur Montalembert, ministre qui souhaita s'écarter après coup de Napoléon : accusation de Hugo qui lui reproche de vouloir "pour Barrabas être Judas encore", c'est-à-dire de trahir une seconde fois (d'abord la patrie, puis le chef qu'il s'est donné).

Poème 11 : Pauline Roland : Un poème à la gloire de Pauline Roland, femme admirable qui prodiguait le bien autour d'elle et mourut en déportation en Afrique.

Poème 12 :Le plus haut attentat... : Un poème prophétique, qui établit une comparaison entre Rome (la Rome antique, démocratique) et la France : le modèle antique peut servir de point d'appui pour que les français se libèrent du joug.

Poème 13: L'expiation : cf. l'explication

Livre VI : La stabilité est assurée

Poème 1: Napoléon III : Attaque directe de l'empereur, qualifié de "nain immonde". Comparaison, une nouvelle fois, entre l'oncle et le neveu.

Poème 2: Les martyres : Un des poèmes écrits à la mémoire des femmes et en hommage à leur courage. Ici, pas de nom, mais un éloge de forme plus collective.

Poème 3 : Hymne des transportés : Même thème que dans le poème précédent, mais sous une forme apparemment plus légère : présence d'un refrain : "Souffrons ! le crime"

Poème 4 : Chanson : Un poème situé clairement à Jersey ; communion entre le poète et la nature (ici la mer) qui lui parle et lui transmet des paroles d'incitation à la révolte. Un poème qui transmet à son tour un message d'espoir.

Poème 5 : Éblouissement : Dénonciation des crimes commis par l'empereur ; participation du poète en exil à la souffrance des français.

Poème 6 : À ceux qui dorment : appel au peuple, pour qu'il se soulève et que la nation redevienne la "Grande France". Comparaison entre les "lièvres" et les "lions".

Poème 7 : luna : Thème en rapport direct avec celui du poème précédent, mais davantage porteur d'espoir que le précédent : "la lumière qui vous éclairera demain !" ; la lune "guide la vie, endort la mort". Rôle du poète, guide du peuple.

Poème 8 : Aux femmes : Un nouveau poème qui dresse un vibrant éloge des femmes : "Quand tout se fait petit, femmes, vous restez grandes." La femme est plus proche de Dieu que l'homme : en elle restent incarnées les principales valeurs morales et religieuses.

Poème 9 : Au peuple : Comparaison entre le peuple et l'océan : une comparaison motivée par la présence de Hugo sur l'île de Jersey. Un poème porteur d'espérance : le peuple va se réveiller, comme l'océan se réveille sans qu'on s'y attende : "on attend l'heure de sa marée."

Poème 10 : Apportez vos chaudrons... : Une mascarade magique à travers laquelle Hugo compare encore une fois l'oncle et le neveu.

Poème 11 : Le parti du crime : En exergue : des coupures de journaux qui dénoncent l'attitude de l'empereur. Thème du masque : "ce masque impérial". Accusations très dures : "le meurtrier du peuple" ; "l'assassin de la chose publique". Une fois encore, rôle du poète qui se doit de guider le peuple endormi : "nous ne laisserons pas le peuple s'assoupir".

Poème 12 : On dit soyez prudent... : Condamnation des attitudes qui masquent leur véritable lâcheté derrière une fausse prudence : exhortation à prendre des risques, pour ne pas céder à cette "lâche vertu".

Poème 13: À Juvénal : Juvénal : poète latin qui, dans des Satires, a dénoncé le pouvoir impérial de son temps. Il constitue un modèle pour Hugo. Condamnation des principaux vices de la cour impériale : la lâcheté des religieux ; le pouvoir de l'argent ; la disparition de la justice ; l'hypocrisie des bourgeois ; mais aussi toutes les exactions commises contre le peuple : exil, condamnations à mort...

Poème 14 : Floréal : Un poème apparemment champêtre ; condamnation de ceux qui ferment les yeux devant les crimes ; le poète, lui, ne peut pas oublier : "je n'ai plus sous les yeux qu'un peuple à la torture". Douleur de ne plus pouvoir communier avec une nature souriante, à cause des crimes commis par des hommes.

Poème 15 : Stella : Un poème porteur d'espoir (ne serait-ce que par le titre signifiant "étoile"). Incitation au soulèvement du peuple qui doit se lever voyant l'étoile ; rôle du poète "penseur", qui, en se levant d'abord, incitera les autres à le faire également. Toute-puissance de Dieu qui envoie pour cela "l'ange Liberté" et le "géant Lumière".

Poème 16 : Les trois chevaux : Une fable qui illustre la répartition du peuple en trois catégories : les chevaux de luxe, les chevaux de guerre et les chevaux de labour. Trois chevaux qui illustrent trois conditions de vie et trois attitudes bien différentes : le peuple, l'armée et la cour de l'empereur.

Poème 17 : Applaudissement : Un nouveau poème qui se veut prophétique : le peuple finira par se réveiller : "tu t'éveilleras bientôt, pâle et terrible". Condamnation sans rémission de l'empire : "abject, bourbier, cloaque, égout."

Livre VII : Les sauveurs se sauveront

Poème 1 : Sonnez, sonnez toujours... Cf. l'explication

Poème 2 : La reculade : Impossibilité pour Napoléon III d'égaler son oncle sur le plan militaire : les cibles des soldats ne sont plus que des civils (massacre du 4 décembre).

Poème 3 : Le chasseur noir : Dialogue poétique entre le "chasseur noir" et un interlocuteur anonyme. Métaphore filée du bois sombre pour qualifier la situation du pays ; rôle du poète, chasseur du "brigand bonaparte" qui entraînera le peuple à sa suite.

Poème 4 : L'égout de Rome : Métaphore, tout le long du poème, entre les égouts de Rome et la situation actuelle de la France, faite de "césars pourris".

Poème 5 : C'était en juin... : Hugo se met directement en scène dans ce poème : "j'étais à Bruxelles". Accusation directe de l'empereur :"ce bandit". Foi en Dieu, qui fait naître "les moissons", et condamnation de celui qui ne fait naître que la "guillotine". #à nouveau, figures d'opposition. Désir de vengeance qui passe par le désir de meurtre : "je regardai rouler cette tête coupée."

Poème 6 : Chanson : Un poème une fois encore bâti sur l'opposition entre oncle et neveu :grandeur de l'un ;singerie de l'autre. Rythme de chanson et présence d'un refrain très méprisant : "petit, petit".

Poème 7 : Patria : Fond musical demandé par Hugo : Beethoven. Un poème porteur d'espoir : France rime finalement avec Liberté. Toute-puissance divine qui interpelle le poète et le peuple entier : il suffit de se réveiller et de se lever pour combattre l'ennemi.

Poème 8 : La caravane : Marche lente et semée d'embûches du Progrès, toujours menacé par le mal. Exhortation au réveil du peuple, las et prêt à dormir. Un poème où pointe l'espoir, mais sans illusion : le chemin reste long et âpre.

Poème 9 : Cette nuit il pleuvait... : Doute du poète : Pourquoi Dieu met-il ainsi les hommes à l'épreuve ? Point de départ du poème : une anecdote véridique : découverte d'un noyé sur le rivage de Jersey. Dieu n'est pas rassasié : il lui faut encore des morts.

Poème 10 : Ce serait une erreur... : Le châtiment futur est inéluctable ; mais le peuple ne cherchera pas la vengeance par le sang : "la loi de mort est morte". Mieux vaut le déshonneur, parce que Napoléon est "assassin autant que charlatan" : il mérite donc avant tout la honte.

Poème 11 : Quand l'eunuque régnait... : Interpellation directe de l'empereur ("tu"). Interdiction prononcée par le poète à l'empereur d'entrer dans l'histoire : il n'en est pas digne.

Poème 12 : Paroles d'un conservateur : Une fable sur le Christ : les conservateurs tuent le Christ (détenteur de vérité et de justice) ; collusion entre église et pouvoir, au mépris des principes chrétiens et des lois humaines.

Poème 13 : Force des choses : Indifférence de la Nature au spectacle des crimes de l'empereur et de ceux qui le servent : "tu ne t'émeus point". Une indifférence qu'on a peine à comprendre, tout d'abord ; mais elle est signe de sagesse : elle est garante que l'avenir sera lumineux, malgré les atrocités présentes.

Poème 14 : Chanson : La douleur de l'exil, vécue au quotidien. Allusion à un fait réel : deux exilés moururent à Jersey en avril 1853 : Hugo prononça un discours sur leur tombe, lors d'enterrements civils qui firent scandale en France (opposition à des enterrements religieux).

Poème 15 : Il est des jours abjects... : Un poème qui progresse de l'abjection à la lumière : insouciance criminelle de ceux qui ont pris le pouvoir ; hébétement du peuple, mais appel au réveil d'un "clairon", d'un "soleil".

Poème 16 : Saint-Arnaud : Général lors des émeutes de décembre 1851. Démesure de cet homme qui se croit "lion" quand il n'est que "chien". Ce sont les mouches qui le poursuivent et sa mort est misérable (il est mort du choléra).

Poème 17 : Ultima verba : Le poète se met en scène une dernière fois et clame son intransigeance : "je ne fléchirai pas". "Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là".

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