LE JACKPOT

 

Roman écrit pendant l'année scolaire 1994-1995 par la classe de 6eB.

 

Boubaker ABIDAR

Daoued DEGACHE

Laetitia FORFER

Zougane HAFFEZ

Mohamed MEDJAHED

Arminda VILA-VERDE

 

 

CHAPITRE I

 

- Tiens, dit Jimmy, pourquoi n'inviterions-nous pas Morgane et Priscilla à venir pique-niquer demain ? Comme cela je ferai connaissance avec Morgane dont tu me dis toujours si grand bien.

- D'accord, répond Robby, je vais le leur proposer tout de suite.

 

Justement, tout en tricotant, Priscilla et Morgane, à quelques pas de là, réfléchissaient au moyen de présenter Morgane à Jimmy, quand soudain quelqu'un frappa à la porte de la ferme : c'était Robby.

- Bonjour ! Je venais seulement pour vous inviter, Morgane et toi, à pique-niquer avec mon ami Jimmy et moi-même.

- Qu'en penses-tu Morgane ? demanda Priscilla en se retournant.

- Heu... oui pourquoi pas, balbutia Morgane rouge de confusion.

- C'est d'accord. Venez nous chercher demain à 11 h.

 

Robby une fois parti, les filles sautèrent de joie.

"Eh bien, dis donc, quelle coïncidence ! Ils ont trouvé plus vite que nous la solution..."

Le pique-nique ayant été achevé par un merveilleux dessert, Robby et Priscilla décidèrent d'aller se promener dans les bois. Jimmy et Morgane restèrent seuls. Jimmy s'approcha de Morgane :

"Eh... tu sais... je..."

Il lâcha enfin le morceau:

"Je t'aime et je veux t'épouser."

 

Morgane fit tomber la pile d'assiettes qu'elle tenait et, toute émue lui sauta au cou :

"Moi aussi, je veux être ta femme"

 

Le soir venu, Jimmy, rentrant chez lui, trouva son père sur le seuil de la porte.

- Où étais-tu cet après-midi ?

- Avec Robby.

- Tu mens : je t'ai vu avec Morgane et tu sais bien que c'est la fille d'Hector, l'ennemi juré de notre famille.

- Je le sais mais je l'aime et je veux l'épouser.

- Non ! Jamais tu ne l'épouseras : tu es mon fils et c'est moi qui décide.

- Si c'est ça je pars.

- Si tu pars, tu ne remettras plus les pieds ici.

 

Jimmy, en colère court chercher ses affaires, prend son sac, pense soudain au revolver qui se trouve dans la chambre de son père. "On ne sait jamais ce qui peut arriver", se dit-il.

Puis il partit demander à ses amis s'ils voulaient venir avec lui.

 

 

CHAPITRE II

 "Ça fait deux jours qu'on n'a rien mangé", grogna Priscilla.

Tout en marchant ils aperçurent une épicerie.

"Si on allait demander à l'épicier de nous donner un petit truc à grignoter", proposa Robby.

Tête basse, Morgane supplia :

"S'il vous plaît, ça fait deux jours que nous n'avons pas mangé. Auriez-vous la gentillesse de nous offrir quelques gâteaux chacun ?"

 

Sans hésiter, l'épicier prit son balai et les chassa de l'épicerie en hurlant :

"Sortez d'ici sales voyous !"

Fous de colère, les quatre jeunes quittèrent la rue :

"Ce salaud d'épicier ! On va lui faire la peau ce soir à la fermeture."

 

Assez content de sa journée, l'épicier était en train de vérifier sa caisse. Soudain, il entendit tinter la cloche de la porte d'entrée.

"C'est fermé !" cria-t-il. Il leva la tête et vit quatre ombres se profiler dans le crépuscule. L'une des quatre ombres s'avança, un objet à la main et tira d'un coup sec...

 

M. Walter promenait son chien comme d'habitude dans la rue tranquille, quand il entendit un coup de feu à une centaine de mètres. Il courut en direction de l'épicerie, accompagné de son chien, très excité, qui aboyait. Il eut le temps d'apercevoir quatre jeunes en fuite qui se retournèrent et dont les visages furent éclairés par le réverbère. Entré dans l'épicerie, M. Walter découvrit un corps ensanglanté. Bouleversé, il appela la police...

"C'est... affreux, venez au 21 Robert Drives street... Ils ont assassiné un homme, vite ! dépêchez-vous !"

 

Dix minutes plus tard, deux voitures de police et une ambulance étaient sur les lieux. Une fois le corps emmené par l'ambulance, l'inspecteur posa quelques questions à M. Walter encore sous le choc qui décrivit les visages des quatre jeunes. Le lendemain, un avis de recherche avec des portraits robots était placardé sur tous les murs de la ville.µ

 

 

CHAPITRE III

- J'ai repéré une armurerie à l'entrée de la ville annonça Priscilla. Ce n'est pas très loin de l'hôtel où nous sommes arrivés hier soir.

- Allons-y demain midi, le temps de nous reposer cette nuit.

- S'il faut y aller en plein jour, il faudra penser à mettre des cagoules, proposa Priscilla.

- Non ! s'exclama Jimmy, ce ne serait pas assez discret, en plein jour, avec des cagoules.

- J'en ai assez de discuter ; on verra ça plus tard. Il fait chaud, je vais prendre l'air. Robby ouvrit la fenêtre : "Quel beau paysage..."

 

Un instant plus tard :

- Venez vite, chuchota-t-il.

- Qu'y a-t-il Robby ?

- Venez voir.

- Mon Dieu, qu'allons-nous faire ? Nous sommes encerclés.

 

Jimmy alla au fond de la chambre pour voir s'il n'y avait pas d'autre issue et aperçut tout à coup une corde laissée sans doute par des ouvriers. Il prit la corde et appela les autres :

"Venez vite, j'ai une idée : on va passer dans la cour par le cabinet de toilette."

Une fois arrivés dans la cour de l'hôtel, il remarqua un plan du sous-sol de l'immeuble, collé derrière une vitre. Priscilla prit dans son sac le pistolet pour récupérer le plan, et les trois autres s'approchèrent pour l'examiner de plus près.

 

"Regarde", chuchota Morgane à Priscilla en lui montrant discrètement le mur où trois ombres se dessinaient. Sans réfléchir, elle tira quelques coups de feu : trois policiers s'écroulèrent sur le sol.

"Vite vite ! Prenons leurs armes et trouvons la cave."

Il s'engouffrèrent dans la cave obscure.

"Attendez ! J'ai trouvé quelque chose, ça doit être une lanterne. Passe-moi les allumettes, Morgane."

 

Robby gratta une allumette et alluma la lanterne.

- Regardez, dit Morgane, une bouche d'égout !

- Allons-y, ordonna Robby. Quelle odeur insupportable !

- Essayons de sortir à la prochaine bouche d'égout, fit Jimmy. Il y a de tout là-dedans : des rats, des araignées...

Robby monta les échelons et souleva tout doucement la plaque d'égout.

"Mince ! chuchota-t-il, on est juste derrière l'hôtel."

 

Au bout d'une marche inutile, ils étaient arrivés à environ cinquante mètres des policiers. Robby referma délicatement la plaque d'égout, descendit et expliqua ce qu'il avait vu à ses amis.

- Sortons à la prochaine bouche d'égout.

- Pas question. Je ne pourrai pas supporter de rester plus longtemps.

- Mais réfléchis, c'est trop risqué !

- Mais non il faut sortir le plus vite possible mais sans faire le moindre bruit. J'ai repéré une voiture de police près d'ici. Nous n'avons qu'à la prendre.

 

Après quelques hésitations, ils sortirent un par un et filèrent tous vers la voiture. Jimmy mit le contact et en même temps que la voiture démarra, la sirène de la voiture se mit à crier. Surpris, les policiers se mirent à tirer sur la voiture mais sans succès.

"Ouais ! on les a bien eus !"µ

 

 

CHAPITRE IV

 

Une fois tout danger écarté, Jimmy arrêta la voiture à la sortie de la ville et montra une #buick :

"Il faut que nous changions de voiture, car celle-ci est trop voyante. L'autre est plus résistante et elle est plus discrète".

 

Avant de quitter la voiture de police, ils vérifièrent s'il n'y avait rien d'intéressant. Ils trouvèrent simplement un pied-de-biche.

"Ça peut toujours servir" se dirent-t-ils.

"J'ai faim !" s'exclama Morgane. Au même moment, Robby demanda à Jimmy de s'arrêter à la prochaine station-service car il n'y avait presque plus d'essence. Quand ils eurent rempli le réservoir et bien mangé, Priscilla et Morgane comptèrent l'argent qui leur restait. Elles s'adressèrent aux garçons :

- Nous avons 300 , c'est suffisant pour quelque temps mais il nous manque des armes.

- Où se trouve l'armurerie dont tu nous as parlé quand nous étions dans l'hôtel ? demanda Robby à Priscilla.

- Elle se trouve à quelques kilomètres d'ici, juste à la sortie de la ville.

Une fois arrivés sur les lieux, ils virent que le coin était désert. Ils attendirent la fermeture du magasin et le départ du propriétaire. Quelques minutes plus tard, Morgane et Jimmy allèrent chercher le pied-de-biche, ils se dirigèrent vers la porte de derrière de l'armurerie pour la forcer, pendant que les autres surveillaient les alentours. Sans plus attendre, ils revinrent à la voiture les bras chargés d'armes et de munitions emballées dans un sac. Ils déposèrent le sac dans le coffre et les quatre partirent en destination de la #Louisiane...

 

M. Edwards qui habitait au 23 Robert Drives Street, et qui allait voir sa soeur pour fêter son anniversaire avait loué une chambre d'hôtel juste en face de l'armurerie. Avec ses jumelles, il avait vu toute la scène et avait reconnu les quatre individus qui figuraient sur l'avis de recherche. Il téléphona à la police pour signaler le vol. Une fois la police arrivée, Monsieur Edwards raconta qu'il avait reconnu les quatre jeunes recherchés dans la ville de Columbia, où ils avaient tué un épicier. Le sergent Chabert demanda par radio qu'on vérifie le dossier concernant le crime de Columbia. En effet, tout était vrai. Alors le quartier général diffusa l'avis de recherche dans tous les états voisins.

 

 

CHAPITRE V

Trois jours plus tard, Jimmy, Morgane et leurs copains découvrirent une vieille ferme abandonnée et ils décidèrent d'y passer la nuit.

 

"Garons la voiture dans la grange et emportons les armes avec nous."

 

Pendant ce temps, dans la ferme d'à côté, les habitants avaient vu quatre individus s'introduire dans la maison abandonnée. Ils s'approchèrent discrètement, regardèrent par la fenêtre et aperçurent une panoplie d'armes ; en tournant légèrement la tête, ils virent les quatre jeunes en train de manger. Toujours aussi discrets, ils rentrèrent chez eux pour appeler la police.

 

"Allô, la police... ? C'est pour l'avis de recherche : nous sommes sûrs d'avoir vu les quatre criminels en question... en Louisiane dans une vieille ferme abandonnée... Ils sont en train de manger et nous avons vu beaucoup d'armes... Est-ce que nous toucherons vraiment la prime de 750 dollars ?... Dépêchez-vous avant qu'ils ne partent ! Le jour va tomber !"

 

Quelque temps après, Jimmy inquiet d'entendre des bruits de voitures regarda par la fenêtre. Ils étaient pour la seconde fois pris au piège par la police. En prenant les armes, ils coururent dans la grange pour essayer de s'échapper, quand tout à coup, Morgane buta sur une plaque de fer recouverte par de la paille. Priscilla se retourna :

 

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- J'ai buté contre quelque chose de dur.

- Laisse, je vais regarder... J'ai une idée : si on essayait d'accrocher la plaque sur le pare-choc-avant de la voiture ? Comme ça nous pourrions foncer dans la porte et nous enfuir sans crainte.

 

Les filles rangèrent les armes sur le siège arrière de la voiture et donnèrent une mitraillette à Robby qui s'installa devant avec Jimmy.

Jimmy mit le contact et accéléra en criant :

Baissez-vous !"

 

La porte de la grange vola en éclats. Les policiers surpris n'eurent pas le temps de réagir et virent seulement la voiture foncer droit sur eux. Robby tira quelques rafales dans leur direction et la voiture disparut dans la nuit.

 

Quelques kilomètres plus loin, ils s'arrêtèrent en pleine campagne pour ôter la plaque de fer et partirent pour le Missouri.µ

 

 

CHAPITRE VI

 

- Où sommes-nous ? demanda Priscilla en se réveillant.

- Nous arrivons à Saint-Louis, répondit Robby.

- Trouvons un hôtel pour y passer la nuit... Oh ! Regardez là-bas !

- Quoi, quoi ?

- Arrête-toi : j'ai cru voir quelque chose...

 

Morgane sortit de la voiture et alla chercher un papier qui était collé sur le mur. Elle le tendit aux autres.

 

- 1 500 ! On vaut si cher ! Quel bel avis de recherche ! Mais ce n'est pas assez...

- Ça ne va pas ! T'es fou ! Et si on se fait prendre ?

- Trop tard, après tout ce qu'on a fait ! On ne peut plus reculer et on ne va pas se laisser prendre comme Ça, répliqua Jimmy à Robby.

- Ne vous disputez pas, intervint Morgane. On était d'accord au début pour partir et pour ça il nous faut de l'argent.

- Elle a raison, Priscilla, mais où allons-nous trouver de l'argent ?

 

Comme tous les jeudis à 13 h, le convoyeur apportait des fonds à la banque.

Une dizaine de clients attendaient leur tour au guichet. Ils virent une voiture rouge s'arrêter devant la banque et trois jeunes gens vêtus d'imperméables et de chapeaux y entrèrent.

"Tous à terre ! Ne bougez plus ! Tout se passera bien si vous ne faites pas de gestes brusques."

 

Jimmy et Morgane braquèrent leurs armes sur le caissier et lui ordonnèrent d'aller ouvrir le coffre tandis que Priscilla surveillait les otages et gardait l'entrée. Robby qui était resté dans la voiture, klaxonna pour signaler du danger. Priscilla appela ses amis qui ne l'entendirent pas : elle s'enfuit.

Après avoir pris l'argent, Jimmy et Morgane revinrent dans le hall de la banque où les policiers les attendaient. Ils s'arrêtèrent net, lâchèrent le sac plein de billets et levèrent les mains en l'air devant les pistolets.

 

Une fois dans le fourgon qui les emmenait menottes aux poings vers la prison, Morgane demanda à Jimmy :

- Crois-tu qu'ils vont nous laisser tomber ?

- Ne t'inquiète pas : ils vont venir nous sauver.µ

 

 

CHAPITRE VII

 

- On ne va pas les laisser tomber ! s'exclama Priscilla. Ce sont nos meilleurs amis. Il faut très vite trouver une solution.

- J'ai une idée ! On n'a qu'à retrouver une plaque de fer et refaire le même coup que dans la grange.

- Non c'est impossible : la prison est trop surveillée. J'ai une meilleure idée : on devrait entrer en contact avec des malfaiteurs de la même prison que Jimmy et Morgane pour faire diversion : pendant qu'ils seront en train de manger...

- Tu crois qu'on va les laisser sortir comme ça ? C'est n'importe quoi, ton idée. J'en ai une bien mieux que la tienne : achetons le juge qui va les juger.

- On ne connaît même pas son nom. Où veux-tu aller le trouver ?

- Toi qui es si intelligente, trouve-nous une superbe idée, s'énerva Robby.

- Il nous reste une seule solution : faire irruption armés dans le tribunal !

- Laisse tomber : on ne trouvera jamais et on s'énerve trop. Je vais acheter le journal pour me changer les idées.

- Et moi, je vais acheter de quoi manger : on réfléchira mieux le ventre plein.

 

En revenant des courses, Priscilla vit Robby qui était devant son journal. Elle s'approcha et lut les lignes suivantes :

 

Deux des quatre criminels recherchés depuis longtemps par la police ont été arrêtés alors qu'ils cambriolaient la banque centrale de Saint-Louis.

Le procès aura lieu le lundi 24 mars à 13 h 30. Les jeunes gens risquent la peine de mort et paieront ainsi pour toutes les vies qu'ils ont supprimées.

 

- J'ai trouvé un moyen de les tirer de là.

- Super ! lequel Robby ?

- Approche...

 

Huit jours plus tard, le fourgon qui emmenait les prisonniers à leur procès quittait la prison et se dirigeait vers Saint-Louis.

 

Georges conduisait rapidement sur une route tranquille et dégagée. Mais à mi-chemin, la chaussée se rétrécit et devint caillouteuse. Donc il ralentit. Son coéquipier, Gary, était de plus en plus inquiet de rouler sur une route si étroite et regardait de tous côtés.

 

- Eh, Georges ! Tu ne trouves pas qu'ils s'agitent beaucoup derrière ?

- Arrête de t'inquiéter pour rien. Ils ne vont pas s'enfuir...

 

Gary, pour être sûr qu'il n'y avait pas de danger, se retourna et vit les deux prisonniers en train de faire des signes à l'extérieur. Affolé, il demanda à Georges de regarder dans le rétroviseur : celui-ci eut juste le temps d'apercevoir une voiture rouge qui les doubla précipitamment en roulant sur le bas-côté. Georges freina d'un coup sec et les occupants de la voiture tirèrent dans les pneus du fourgon. Les conducteurs du fourgon dégainèrent et tirèrent tous deux en même temps. Robby et Priscilla - car c'étaient eux - répondirent par une rafale de mitraillettes et tuèrent les deux hommes. Sans perdre de temps, Robby courut vers l'arrière du fourgon, cria à ses amis de s'écarter de la porte et tira sur la serrure. Jimmy et Morgane, heureux d'être enfin libres, sautèrent au cou de leurs camarades et tous les quatre se dépêchèrent de s'enfuir.µ

 

 

CHAPITRE VIII

 

Six mois s'écoulèrent...

Pendant que les filles se baignaient dans le lac, les garçons consolidaient la cabane qu'ils avaient découverte au milieu des bois. C'était une ancienne cabane de pêcheur, assez petite mais confortablement conçue. La plus petite pièce, qui devait servir de chambre, était en assez bon état : il restait un lit cassé et un tableau suspendu au mur, représentant le lac et la cabane. En ouvrant la porte, on entrait dans une pièce plus vaste, aménagée en salle commune : on trouvait de la vaisselle ébréchée sur des étagères et au centre de la pièce une table bancale. La dernière pièce, contiguë à la précédente, comportait un évier dont la canalisation était endommagée : ce devait être la cuisine.

 

- Tu ne trouves pas qu'on est bien ici ? demanda Priscilla à Morgane en se séchant au soleil.

- Tu as raison : cet endroit est magnifique, j'aimerais bien y rester toute ma vie avec Jimmy et vous deux. J'aimerais même l'épouser et avoir des enfants avec lui, et toi Priscilla, est-ce que tu y a pensé avec Robby ?

- Mais... c'est impossible, soupira Priscilla.

- Pourquoi ?

- Parce qu'on ne peut pas se montrer, ni à l'église ni à la mairie, dans ce pays.

 

Pendant ce temps les garçons achevaient de réparer la toiture.

- Ah ! J'ai plein d'ampoules, je suis exténué ! s'écria Robby en s'étirant.

- Moi aussi. Il faudrait penser à acheter des outils pour moins se fatiguer.

- Mais avec quoi ? Tu sais bien que nous n'avons plus d'argent.

- Il faut qu'on en parle avec les filles, répondit Jimmy. Pendant le dîner, nous leur expliquerons le problème.

 

- Quel beau coucher de soleil, murmura Morgane.

- N'attendons pas le dîner pour demander l'avis aux filles, chuchota Jimmy à Robby.

- D'accord, dit Jimmy

- De quoi parlez-vous ? interrompit Morgane

- Et bien... c'est à propos de notre argent. On a besoin d'outils mais on n'a presque plus d'argent.

 

- Comment allons-nous faire ?

- Il faut partir en trouver.

- Il ne reste plus beaucoup d'essence.

- On verra bien, on trouvera bien une idée en route.

 

Le lendemain, vers huit heures, ils prirent la route en direction de Jefferson City, soucieux seulement de trouver de l'argent. Ils n'aperçurent pas une petite voiture noire dissimulée derrière un bosquet qui démarra derrière eux.

 

 

CHAPITRE IX

 

Après avoir roulé trois quarts d'heure, ils aperçurent une station-service. Ils s'arrêtèrent pour faire le plein. Robby descendit de la voiture pour aller chercher le pompiste qui était en train de lire son journal. Il était vêtu d'un bleu de travail, sali par la graisse, et coiffé d'une casquette rouge.

 

- S'il vous plaît, pouvez-vous mettre en route la pompe à essence ?

- Oui, oui j'arrive ! répondit All. Je ne vous ai jamais vus ici auparavant : d'où venez-vous ? demanda-t-il tout en les servant.

- On vient du Nouveau Mexique et nous sommes ici en vacances.

- Avez-vous entendu parler des deux garçons et des deux filles qui ont commis des crimes ? Si je me souviens bien, ça a commencé en Caroline du sud. Avec un épicier.

- Bon ! On ne va pas s'éterniser ici, interrompit Jimmy, sors l'argent Robby.

- Il manque 10 ! s'exclama All en comptant les billets.

- Attendez, répondit Jimmy : je vais vous les chercher.

 

Ce que le pompiste n'avait pas vu, c'est que Morgane s'était glissée derrière lui avec un fusil à la main. D'un coup de crosse, elle le frappa à la nuque et All tomba raide mort aux pieds de Jimmy.

 

Morgane ordonna à Jimmy :

"Cours chercher la caisse avec Priscilla ; moi je m'occupe de trouver des bidons d'essence, et toi Robby, va cacher le corps."

 

Chacun ayant accompli sa tâche, ils revinrent à la voiture. A cause de ce nouveau meurtre, ils devaient quitter la région le plus vite possible. Alors, ils allèrent rechercher leurs affaires dans la cabane et s'enfuirent. Il y avait toujours une petite voiture noire qui les suivait discrètement, mais ils s'en aperçurent pas.

 

 

CHAPITRE X

 

- Il ne faut pas seulement quitter la région, déclara Robby. Il faut aussi quitter le pays.

- Mais où aller ?

- Je sais ! s'exclame Priscilla. J'ai une tante qui habite en Australie, et je pense qu'elle nous hébergera sans problème. Partons pour San Diego, c'est là-bas que ma tante a pris le bateau en direction de Sydney, la dernière fois qu'elle est venue.

 

Quelques jours plus tard, ils roulaient tranquillement en pleine campagne, quand ils aperçurent un panache de fumée noire qui s'élevait au loin. En s'approchant, ils virent des flammes et entendirent quelques cris : c'était un incendie de forêt.

Ils laissèrent la voiture au bord de la route et se précipitèrent en direction des cris pour essayer de sauver les personnes qui criaient, et ne sachant pas trop où elles se trouvaient, ils se partagèrent en deux groupes. Priscilla et Morgane découvrirent un enfant à genoux devant deux corps inanimés, et qui était en larmes. Les flammes entouraient presque l'enfant quand Morgane s'élança, l'attrapa hors de danger. Priscilla prit l'enfant dans ses bras pour le consoler, tandis que Morgane allait chercher Jimmy et Robby.

 

- Comment t'appelles-tu ?

- Mickaël, bégaya l'enfant.

- Quel âge as-tu ?

- J'ai six ans et demi.

- Que fais-tu là ?

- Je me promenais avec papa et maman quand le feu est arrivé, on n'a pas eu le temps de partir. Il faut chercher papa et maman. Ils sont restés allongés là-bas.

- Ton papa et ta maman sont partis. Ils m'ont fait signe de te prendre avec nous.

 

L'enfant la regarda tristement. Et quelques larmes glissèrent sur ses joues. Morgane, Jimmy et Robby arrivèrent, aperçurent l'enfant dans les bras de Priscilla. Jimmy demanda qui était cet enfant mais n'accepta pas de le prendre avec eux, parce qu'il pouvait les gêner et par peur qu'il se fasse tuer. Les trois essayèrent de convaincre qu'ils ne pouvaient pas l'abandonner ainsi. Et Jimmy finit par accepter. Les quatre aventuriers partirent en direction de San Diego avec un membre de plus... Toujours suivis, sans le savoir, par une discrète petite voiture noire.µ

 

 

CHAPITRE XI

 

- Ça y est ! J'ai les billets : en route pour la liberté !

- Génial Robby ! quel jour et à quelle heure embarquons-nous ?

- Cet après-midi à 15 h 30.

- Qu'est-ce qui te plairait, Mickaël, pour faire tes adieux à l'Amérique ?

- Une énorme glace avec beaucoup de chantilly.

- Nous aussi, on voudrait une glace. Allons nous-en tous déguster les dernières glaces américaines.

 

A 15 h 15, ils étaient déjà tous installés dans leurs cabines. Celle des filles était beaucoup plus grande que celle des garçons, car Mickaël dormait avec elles.

Ayant peur de se faire remarquer, ils ne montèrent pas sur le pont au moment du départ, comme le font la majorité des passagers. Robby descendit dans la cale du navire rechercher le sac de Priscilla et vérifier si la voiture était bien fermée.

A côté, il remarqua une petite voiture noire qui lui paraissait louche et il se demanda pourquoi. Après être remonté dans la cabine où était Jimmy, il semblait inquiet mais resta muet. Le soir même, Jimmy le questionna :

 

- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Pourquoi es-tu resté muet ?

- Je ne voulais pas inquiéter les filles mais en descendant dans la cale tout à l'heure, j'ai vu une petite voiture noire qui m'a semblé familière : je crois que je l'ai déjà vue, quand nous sommes partis de la cabane et il faudra faire attention car ça peut être un membre de la police.

- Tu t'inquiètes trop : si c'était quelqu'un de la police, il nous aurait arrêtés depuis longtemps ! Couche-toi et n'y pense plus.

 

Quatre jours passèrent et tout se déroula bien, à tel point que Robby oublia l'histoire de la voiture noire. Jimmy et Morgane passèrent toutes leurs journées dans leur cabine pendant que Mickaël se promenait sur le bateau avec Priscilla et Robby.

 

 

CHAPITRE XII

 

Mickaël, qui passait ses journées à ne rien faire, commençait à trouver le temps long.

 

- Tu veux jouer avec moi ? demanda-t-il à Robby

- D'accord, mais pas longtemps.

- Je veux jouer à chat, et c'est toi qui m'attrapes.

- D'accord, j'arrive, mais dix minutes, pas plus. J'ai autre chose à faire de plus important.

 

Mickaël partit en courant et Robby compta jusqu'à dix pour lui laisser un peu d'avance, puis il se lança à sa poursuite. Il aperçut l'enfant au loin, en train de se diriger vers un matelot et une dame qui regardaient la mer. Mickaël se retourna en courant pour voir si Robby approchait et bouscula le matelot : l'enfant tomba et un objet tomba également de la poche du matelot. Robby le vit se relever et revenir en courant vers lui :

- Regarde ce que j'ai trouvé, chuchota Mickaël.

- Donne-le moi. Je vais regarder ça dans ma cabine.

 

Arrivé dans la cabine, Robby sortit l'objet qu'il avait mis dans sa poche : c'était un portefeuille en cuir noir où il trouva quelques dollars, les papiers d'une voiture immatriculée dans l'Etat du Missouri, une carte d'identité et une feuille pliée en quatre. Robby la déplia et n'en crut pas ses yeux : sur ce papier, étaient reproduits leurs quatre portraits et, entouré en rouge, le montant de la prime. Soudain, Jimmy entra tout joyeux :

- C'est super ! Morgane et moi... Eh bien, que se passe-t-il ? Pourquoi faites-vous cette tête-là ?

- Ce n'est pas si super que cela !

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Regarde ce que Mickaël a ramassé.

Jimmy devint tout pâle.

- Où as-tu trouvé Ça, Mickaël ?

- J'ai bousculé sans le faire exprès un marin et c'est tombé de sa poche.

- Attendez un instant ! s'exclama Robby. Je vais aller vérifier quelque chose.

 

Quelques minutes plus tard il revient l'air très inquiet.

- J'avais raison l'autre soir, quand je t'ai dit que la voiture noire me semblait louche: c'est le même numéro d'immatriculation que celui des papiers.

- Il faut absolument prévenir les filles.

 

Ils discutèrent tous les quatre pendant toute la nuit tandis que Mickaël dormait tranquillement.

 

 

CHAPITRE XIII

 

Le lendemain, pendant que la plupart des passagers dînaient, le matelot Hugo lavait le pont comme tous les soirs. La soirée était calme, la mer berçait le navire.

 

- Mon Dieu ! Tout ce que je pourrai faire avec les 1 500 ... Monter une grande entreprise, acheter une maison... Demain je préviendrai le capitaine.

Il se retourna soudain parce qu'il avait entendu un bruit de pas. Il aperçut un homme de dos, qui regardait la mer.

- La nuit est fraîche, dit Hugo pour entamer la discussion.

 

L'homme s'avança et son visage s'éclaira à la lumière de la lune. Hugo prit peur parce qu'il avait reconnu Robby, lâcha son balai et courut vers la salle à manger mais Jimmy surgit de l'ombre pour lui barrer le chemin. Robby le saisit par le cou, lui enfonça un chiffon dans la bouche pour l'empêcher de crier, le mit à terre et l'immobilisa ; Jimmy l'égorgea... Pendant que les garçons jetaient le corps à la mer, leurs amies effaçaient toute trace qui pourrait les compromettre.

 

Contrairement à son habitude, l'inspecteur Zouber, qui avait des problèmes digestifs, n'était pas allé dîner et admirait le clair de lune par le hublot de sa cabine. Tout à coup, il vit deux silhouettes jeter un corps par-dessus bord et distingua ensuite nettement les visages de Jimmy et Robby à la clarté de la lune. Il se précipita chez le capitaine pour lui raconter ce qu'il avait vu. Il décrivit très précisément les deux meurtriers, et le capitaine et lui décidèrent d'avertir la police d'Australie. Ils observèrent tous les passagers pour identifier les assassins avant l'arrivée au port de Sydney qui aurait lieu trois jours plus tard.

 

 

CHAPITRE XIV

 

Le bateau arriva à Sydney à 9 h précises. Toutes les voitures sortirent de la cale mais il en resta une : la fameuse petite voiture noire du défunt chasseur de primes.

 

Tout heureux, les cinq se dirigèrent vers la douane, sans craindre de montrer leurs visages aux douaniers et leurs papiers, parce qu'ils n'étaient pas connus dans ce pays si lointain. Jimmy et Morgane descendirent les premiers de la voiture pour accomplir les formalités, tandis que Robby et Priscilla préparaient leurs papiers et cachaient Mickaël sous des couvertures dans la voiture car, il n'avait pas de papiers.

 

Tout à coup, il virent s'avancer vers eux une dizaine de policiers, l'air très menaçant, mais ils étaient sûrs qu'on ne venait pas les arrêter, car personne ne savait ce qui s'était passé sur le bateau.

- C'est peut-être un groupe qui doit inspecter le bateau, chuchota Jimmy à l'oreille de Morgane.

- Peut-être... mais c'est curieux... que font-ils ? Pourquoi nous regardent-ils ? On dirait qu'il veulent nous encercler.

- Cours !! cria Jimmy à Morgane, en lui prenant la main car il avait compris qu'il ne fallait pas s'attarder, mais s'enfuir à toutes jambes.

 

Les voyant courir, les policiers leur crièrent de s'arrêter, mais comme Jimmy et Morgane n'obéirent pas, ils ouvrirent le feu. Criblés de balles, les deux corps ensanglantés tombèrent.

 

- Vite ! à gauche ! sauvons-nous ! Sauvons notre eau ! murmura Priscilla à Robby. Cachons-nous dans cette charrette remplie de foin.

Quelques instants plus tard, les chevaux tirèrent la charrette en direction de Parramatta. Une fois tout danger écarté, Priscilla et Robby sortirent sans se faire remarquer des deux conducteurs et disparurent dans la forêt.

 

 

CHAPITRE XV

 

Mickaël, très inquiet d'entendre des coups de feu, sortit précipitamment, paniqué, de la voiture, caché sous trois couvertures, et fut choqué de voir les corps de ses deux nouveaux amis recouverts de sang. Il chercha Priscilla et Robby mais ne vit personne. Il s'écroula en larmes car il était de nouveau seul au monde. Les policiers s'approchèrent.

- Que faisais-tu dans la voiture, et pourquoi pleures-tu ?

- Je veux voir Priscilla et Robby.

- D'accord, dis-moi où ils sont et je t'y accompagnerai.

- Ils m'ont dit qu'on allait en Australie pour voir la tante de Priscilla.

- Comment s'appelle-t-elle ?

- Mrs Smith.

- En Australie il y en a beaucoup qui ont ce nom, connais-tu son prénom ?

- Gilda.

- Merci, merci petit, tu nous a bien aidés.

 

L'un des deux policiers courut vers son supérieur pour l'informer qu'il pourrait sans doute retrouver les deux autres assassins.

- Va avec le grand monsieur, ordonna le policier à Mickaël : on va t'emmener dans ta nouvelle maison.

Mickaël, heureux de croire qu'il allait retrouver ses amis, suivit le policier et monta dans la voiture. Ils arrivèrent devant une grande maison devant laquelle jouaient des enfants.

- Où sont Robby, Priscilla et Gilda ?

- Ils sont sortis. Ils ont demandé que tu t'installes.

En arrivant devant la porte d'un dortoir, Mickaël se douta qu'il n'était pas chez Gilda, et qu'on lui avait menti. Il s'allongea tristement sur l'un des nombreux lits et se mit à pleurer. Un enfant s'approcha de lui.

- Qu'est ce que tu fais là ? D'où viens-tu et que font tes parents ? Ils t'ont abandonné ou ils sont morts ?

- Pourquoi ces questions ?

- Tu ne sais pas où tu es ?

- Non !

- Tu es dans un orphelinat.

- Qu'est ce que c'est ?

- C'est un endroit où tu restes jusqu'à la majorité avec d'autres enfants qui n'ont plus de parents.

 

Il comprit qu'il ne reverrait plus Priscilla et Robby et qu'il ne fallait plus faire confiance aux adultes.

 

 

CHAPITRE XVI

 

Deux jours plus tard, cinq policiers frappèrent à la porte de chez Gilda tandis que d'autres policiers s'embusquaient derrière les buissons environnants. Dès que Gilda entr'ouvrit la porte, ils entrèrent et fouillèrent immédiatement la maison. Deux policiers trouvèrent Robby et Priscilla sous la douche. Les deux policiers leur ordonnèrent méchamment de se rhabiller et les embarquèrent dans le fourgon.

 

Six mois plus tard, Mickaël apprit dans les journaux la condamnation à perpétuité de ses deux amis, alors il décida que, lorsqu'il serait grand, il écrirait l'histoire de Morgane, Priscilla, Jimmy et Robby et en ferait un livre pour montrer qu'au fond ils n'étaient pas si terribles que cela.

 

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