Classe de troisième

Leçons de latin

Chapitre 1

 

I) Texte

Abbé Lhomond

De Viris illustribus urbis Romae a Romulo ad Augustum

Romani imperii exordium

Proca, rex Albanorum, duos filios, Numitorem et Amulium, habuit. Numitori, qui natu major erat, regnum reliquit ; sed Amulius, pulso fratre, regnavit, et ut eum sobole privaret, Rheam Silviam ejus filiam Vestae sacerdotem fecit, quae tamen Romulum et Remum uno partu edidit. Quo cognito, Amulius ipsam in vincula conjecit, parvulos alveo impositos abjecit in Tiberim, qui tunc forte super ripas erat effusus ; sed, relabente flumine, eos aqua in sicco reliquit. Vastae tum in iis locis solitudines erant. Lupa, ut fama traditum est, ad vagitum accurrit, infantes lingua lambit, ubera eorum ori admovit, matremque se gessit.

 

II) Révisions grammaticales

1. Déclinaisons

Revoir les déclinaisons de "rosa", "dominus", "consul" et "corpus".

Application : à partir de ces modèles, décliner "rex", "Numitor", "frater", "ripa", "flumen",

"solitudo", "fama", "infans", "linga" et "mater".

2. Conjugaisons

Revoir le présent, l'imparfait et le parfait des cinq modèles de conjugaison et de sum.

Application : à partir de ces modèles, transposer les formes verbales du texte aux temps où elles

ne sont pas conjuguées, à la troisième personne du singulier et du pluriel.

 

III) Notions complémentaires

1 Le participe en latin

Deux formes de participe sont très utilisées en latin : le participe présent, toujours actif, et le participe passé, toujours passif.

Le participe présent se décline sur le modèle de consul. Le participe passé se décline comme l'adjectif bonus. Un participe s'accorde toujours en genre, en cas et en nombre avec le nom qu'il accompagne.

Application : retrouver les participes présents et passés du texte ; identifier les verbes dont ils

sont issus et traduire ces formes de participe.

2 Emplois du pronom relatif

a) Le pronom relatif latin est souvent employé comme en français, pour former une proposition relative qui complète l'antécédent. Trois exemples de cet emploi se trouvent dans le texte de ce chapitre.

- "Numitori, qui natu major erat" : à Numitor, qui était l'aîné.

- "ejus filiam..., quae tamen Romulus et Remum uno partu edidit" : sa fille..., qui pourtant mit au

monde en une seule fois Romulus et Rémus.

- "Tiberim, qui tunc forte super ripas erat effusus" : le Tibre qui alors, par hasard, s'était répandu

au-delà de ses rives.

b) Un autre emploi du pronom relatif est spécifique de la langue latine et ne se rencontre donc pas en français. Il est en effet fréquent, en latin, de trouver un pronom relatif en tête de phrase (simple ou complexe). Ce pronom relatif, appelé alors "relatif de liaison" ne constitue pas le début d'une proposition relative, mais équivaut à un pronom démonstratif ou à un déterminant démonstratif précédé d'un mot de liaison avec la phrase précédente.

Voici un exemple simple : Pueros non domi sunt. Qui in ludo laborant. Les enfants ne sont pas à la maison. En effet ceux-ci travaillent à l'école.

Dans cet exemple, le relatif de liaison "qui" équivaut à un pronom démonstratif précédé de la liaison "en effet".

Application : traduire les phrases suivantes :

- Dominum servi non amant. Qui saepe eos verberat."

- Puella fabulas amat. Quas saepe legit.

Dans le texte de ce chapitre figure un relatif de liaison. Retrouvez-le et traduisez l'expression qui le contient.

IV) Vocabulaire à retenir

aqua aquae féminin : l'eau

facio is ere feci factum : faire ; avec un attribut du COD : rendre, nommer

forte : par hasard

filia filiae féminin : la fille

filius filii masculin : le fils

fama famae féminin : la tradition, la réputation

flumen fluminis neutre : le fleuve

frater fratris masculin : le frère

habeo es ere habui habitum : avoir, posséder

lupa lupae féminin : la louve

neco as are avi atum : tuer

regno as are avi atum : régner

regnum regni neutre : le pouvoir, le royaume

relinquo is ere reliqui relictum : laisser, abandonner

rex regis masculin : le roi

tamen : cependant

tunc : alors, à ce moment

 

V) Traduction littérale du texte

Procas, roi des Albains, eut deux fils, Numitor et Amulius. À Numitor, qui était l'aîné, il laissa le trône ; mais Amulius, après avoir chassé son frère, régna et, pour le priver de descendance, il rendit prêtresse de Vesta sa fille Rhéa Silvia, qui mit pourtant au monde en une seule fois Romulus et Rémus. Ayant appris cela, Amulius la jeta, elle, en prison et fit jeter (jeta) les petits placés dans une corbeille, dans le Tibre qui, à ce moment, par hasard, s'était répandu au-delà de ses rives. Il y avait alors de vastes déserts en ces lieux. Une louve, comme on l'a rapporté selon la tradition, accourut aux vagissements, lécha les enfants de sa langue, présenta ses mamelles à leur bouche et se comporta en mère.

Application

Après avoir lu plusieurs fois le texte en français, exercez-vous à retrouver la traduction en lisant uniquement le texte latin.

Thème d'imitation

Numitor eut le pouvoir, mais Amulius régna. Rhéa Silvia, la fille du roi, fut prêtresse de Vesta. Romulus et Rémus étaient les fils de Rhéa Silvia. Amulius n'aimait pas les fils de Rhéa Silvia et les fit jeter dans le fleuve. La louve ne les tua pas, mais fut une mère (pour eux).

 

VI) Civilisation

Révision de la légende de la naissance de Romulus et Rémus

Texte de référence

Proca a pour fils Numitor et Amulius ; c'est à Numitor, l'aîné de ses enfants, qu'il lègue l'antique pouvoir de la dynastie des Silvius. Mais la force prévalut sur la volonté paternelle et sur le droit d'aînesse : Amulius détrône son frère, devient roi. Entassant crime sur crime, il assassina les enfants mâles de son frère ; quant à sa nièce, Rhéa Silvia, sous prétexte de l'honorer, il la choisit comme Vestale, la vouant à la virginité et lui enlevant l'espoir d'être mère.

Mais le destin exigeait sans doute la fondation de la grande ville et l'avènement de la plus grande puissance du monde après celle des dieux. Victime d'une violence, la Vestale mit au monde deux jumeaux, et, soit bonne foi, soit désir d'ennoblir sa faute en la rejetant sur un dieu, elle attribua à Mars cette paternité suspecte. Mais ni les dieux ni les hommes ne mettent la mère et les enfants à l'abri de la cruauté du roi : il donne l'ordre d'enchaîner la prêtresse, de la mettre en prison et de jeter ses enfants dans le courant du fleuve. Par un hasard providentiel, le Tibre, débordé, s'étalait en nappes d'eau dormante. (...) Une tradition constante affirme que le berceau où les enfants étaient exposés commença par flotter ; puis que les eaux baissant le laissèrent à sec ; qu'une louve, poussée par la soif hors des montagnes environnantes et attirée par les cris des enfants tourna ses pas vers eux et, se baissant, leur présenta ses mamelles avec tant de douceur qu'elle les léchait à coups de langue quand le berger du roi les découvrit.

Tite-Live, Histoire Romaine, livre I ; traduction des éditions Budé

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