Classe de troisième

Leçons de latin

Chapitre 2

I) Texte

Abbé Lhomond

De Viris illustribus urbis Romae a Romulo ad Augustum

Numa Pompilius, Romanorum rex secundus

Successit Romulo Numa Pompilius, vir inclyta justitia et religione. Is Curibus, oppido Sabinorum, accitus est. Cum Romam venisset, ut populum ferum religone molliret, sacra plurima instituit. (...) Annum in duodecim menses ad cursum lunae descripsit : nefastos fastosque dies fecit. (...)

Leges quoque plurimas et utiles tulit Numa. (...) Bellum quidem nullum gessit, sed non minus civitati profuit quam Romulus. Morbo exstinctus, in Janiculo monte sepultus est. Ita duo deinceps reges, ille bello, hic pace, civitatem auxerunt. Romulus septem et triginta regnavit annos ; Numa tres et quadraginta.

 

II) Révisions grammaticales

1. Conjugaison

Revoir le plus-que-parfait et le futur antérieur des cinq modèles de conjugaison et de sum.

Application : à partir de ces modèles, transposez toutes les formes verbales du texte aux temps auxquels elles ne sont pas conjuguées, à la troisième personne du singulier et du pluriel..

2. Syntaxe

L'apposition : Rappelez-vous qu'en latin, un mot ou un groupe de mots en apposition se met au même cas que le mot auquel il est apposé. En français, il arrive qu'une apposition soit introduite par la préposition "de". Exemple : Nous sommes dans la ville de Paris (Paris est apposé au nom ville).

Application : Retrouvez dans le texte différentes appositions et comparez les différentes traductions françaises de ces appositions.

 

III) Notions complémentaires

Le comparatif et le superlatif

Rappel de morphologie

Souvenez-vous de la formation régulière du comparatif et du superlatif des adjectifs en latin, ainsi que de la formation irrégulière de six adjectifs très usités.

Le complément du comparatif

Il peut être introduit par le mot invariable quam, lorsque le premier élément de la comparaison est au nominatif ou à l'accusatif.

Il peut aussi se trouver à l'ablatif sans mot introducteur, quel que soit le cas du premier élément de la comparaison.

Exemples : Mon père est plus grand que ma mère : Pater major quam mater est. Pater major matre est.

Le complément du superlatif

Il peut être introduit par la préposition ex, suivie de l'ablatif, ou bien se trouver au génitif, sans être précédé d'une préposition. Les deux emplois sont possibles dans tous les cas.

Exemples : Paul est le plus grand des élèves : Paulus maximus e (ex) discipulis est. Paulus maximus discipulorum est.

Application : Traduisez les phrases suivantes :

a) Numa fut un roi plus calme que Romulus (calme : tranquillus a um).

b) Romulus ne fut pas meilleur que Numa.

c) Romulus ne fut pas le meilleur des rois.

 

IV) Vocabulaire à retenir

annus i masculin : l'année

bellum i neutre : la guerre ; bellum gero (is ere gessi gestum) : faire la guerre

lex legis féminin : la loi

luna ae féminin : la lune

morbus i masculin : la maladie

nullus a um : aucun

oppidum i neutre : la place forte

pax pacis féminin : la paix

populus i masculin : le peuple

prosum prodes prodesse profui : être utile

quoque : également

vir viri masculin : l'homme, le mari

Les nombres de 1 à 10

unus ; duo ; tres ; quattuor (quatuor) ; quinque ; sex ; septem ; octo ; novem ; decem

 

V) Traduction littérale du texte

À Romulus succéda Numa Pompilius, un homme d'une justice et d'un sentiment religieux illustres. Celui-ci fut mandé de Cures, une place forte des Sabins. Comme il était arrivé à Rome, pour adoucir grâce au sentiment religieux ce peuple farouche, il institua de très nombreux cultes. (...) Il divisa l'année en douze mois d'après la course de la lune : il institua des jours fastes et des jours néfastes. (...)

Numa apporta aussi des lois très nombreuses et utiles. (...) En tout cas, il ne mena aucune guerre, mais ne fut pas moins utile à la cité que Romulus. Mort de maladie, il fut enterré sur le mont Janicule. Ainsi, successivement, deux rois, le premier par la guerre, le second par la paix, augmentèrent la cité. Romulus régna trente-sept ans ; Numa quarante-trois.

 

VI) Civilisation

Les rois de Rome

I) Les rois sabins

Romulus fut le premier des sept rois que connut Rome. Il régna, selon la légende, de 753 à 715 avant J.-C.

Six rois lui succédèrent entre 715 et 509 avant J.-C., dont voici les noms :

715-672 : Numa Pompilius 616-578 : Tarquin l'Ancien

672-640 : Tullus Hostilius 578-534 : Servius Tullius

640-616 : Ancus Martius 534-509 : Tarquin le Superbe

Les trois premiers d'entre eux furent des rois sabins ; les trois derniers des rois étrusques.

Numa Pompilius, qui succéda directement à Romulus, se montra un roi très pacifique : il fit construire des temples, institua un premier calendrier lunaire (c'est-à-dire divisé en douze mois selon les phases de la lune) et mourut sans avoir déclaré aucune guerre à ses voisins, de maladie.

Son successeur, Tullus Hostilius ne lui ressemblait pas, et sous son règne éclata un conflit qui demeura célèbre entre Albains et Romains. Comme aucun des deux peuples ne l'emportait vraiment, on décida que trois représentants de chacun d'eux combattraient en leur nom et que les vainqueurs donneraient la victoire à leur peuple. Or, il y avait des frères triplés chez les Romains, les Horaces et d'autres chez les Albains, les Curiaces. Tous les six s'affrontèrent donc sous les yeux de leurs peuples.

Dès le début, deux Horaces furent tués mais le troisième restait indemne ; aucun des Horaces ne tomba, mais chacun fut blessé, à des degrés divers. Ne pouvant lutter seul contre ses trois adversaires en même temps, Horace (le seul survivant) fit donc semblant de prendre la fuite ; les Curiaces se lancèrent à sa poursuite, en courant plus ou moins rapidement selon la gravité de la blessure reçue. Horace put ainsi venir à bout de ses trois ennemis successivement et apporta donc la victoire à sa ville.

Les Romains l'ovationnèrent et il revint triomphalement à Rome ; or, sa soeur Camille était fiancée à l'un des Curiaces qu'il avait tués ; à sa vue, elle ne put retenir des larmes de compassion pour son fiancé mort. Le chagrin de sa soeur rendit Horace fou de rage : il se précipita sur la jeune fille et la transperça de son glaive.

Les Romains ne pouvaient pas laisser ce crime impuni, mais d'un autre côté, ils ne pouvaient condamner à mort un homme qui leur avait assuré la victoire. On lui infligea donc une punition symbolique : Horace reçut l'ordre de passer sous une poutre, signe d'humiliation, en pleine rue, puis il fut acquitté.

Selon la tradition, le roi Tullus Hostilius mourut brûlé vif dans sa maison frappée par la foudre.

Le dernier roi sabin, Ancus Martius, était le petit-fils de Numa. Il ressembla à son grand-père par son amour pour la paix et eut pour objectif d'agrandir la ville de Rome : il construisit une grande enceinte pour en fixer les limites et, après avoir construit un pont nommé le pont Sublicius, adjoignit à la ville la colline située sur la rive droite du Tibre et appelée Janicule. Mais il n'eut pas le temps d'accomplir d'autres grands travaux car il mourut brutalement, de maladie.

 

[Retour au sommaire de Vitellus]