Chapitre 11

L'ablatif

Révision des deux premières déclinaisons latines

L'imparfait de l'indicatif latin

Les rois de Rome (première partie)

I) L'ablatif

1. Emploi de l'ablatif

Nous allons aujourd'hui étudier le dernier des six cas de la déclinaison latine, nommé ablatif.

L'ablatif est un cas utilisé pour de multiples fonctions, en particulier pour introduire de nombreux compléments circonstanciels.

Voici quelques compléments circonstanciels très fréquents pour lesquels on utilise en latin l'ablatif sans l'aide d'aucune préposition :

- complément circonstanciel de manière : Il travaille avec ardeur : Studio laborat.

- complément circonstanciel de moyen : Il écrit avec un poinçon : Stilo scribet.

- complément circonstanciel de temps (pour exprimer une date) : Il vient à la première heure : Prima hora venit.

Pour d'autres compléments, en latin comme en français, on fait précéder le mot d'une préposition.

Voici quelques compléments circonstanciels très fréquents pour lesquels on utilise en latin l'ablatif précédé d'une préposition :

- complément circonstanciel d'accompagnement : Il se promène avec un ami : Cum amico ambulat.

- complément circonstanciel de lieu (pour indiquer le lieu où on est) : Je suis dans le jardin : In horto sum.

- complément circonstanciel de lieu (pour indiquer le lieu d'où on sort) :Je reviens du jardin : Ex horto redeo.

- complément circonstanciel de lieu (pour indiquer le lieu d'où on s'éloigne) : Je m'éloigne de l'Italie : Ab Italia discedo.

 

2. Formes de l'ablatif

Modèle rosa : rosa, rosis

Modèle dominus : domino, dominis

Modèle puer : puero, pueris

Modèle magister : magistro, magistris.

Modèle templum : templo, templis

Pronom de rappel : singulier : eo, ea, eo ; pluriel : eis, eis, eis (ou bien : iis, iis, iis).

 

II) Révision des deux premières déclinaisons latines

Nous pouvons maintenant décliner entièrement les modèles des deux premières déclinaisons, ainsi que les adjectifs de la première classe. En voici le récapitulatif au singulier, puis au pluriel :

Noms

Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa ; rosae, rosae, rosas, rosarum, rosis, rosis.

Dominus, domine, dominum, domini, domino, domino ; domini, domini, dominos, dominorum, dominis, dominis.

Puer, puer, puerum, pueri, puero, puero ; pueri, pueri, pueros, puerorum, pueris, pueris.

Magister, magister, magistrum, magistri, magistro, magistro ; magistri, magistri, magistros, magistrorum, magistris, magistris.

Templum, templum, templum, templi, templo, templo : templa, templa, templa, templorum, templis, templis.

Adjectifs de la première classe

Bonus bona bonum, bone bona bonum, bonum bonam bonum, boni bonae boni, bono bonae bono, bono bona bono ; boni bonae bona, boni bonae bona, bonos bonas bona, bonorum bonarum bonorum, bonis bonis bonis, bonis bonis bonis.

Exercice

Traduisez les phrases suivantes en vous aidant du vocabulaire donné en dessous :

a) Le maître de maison se promène dans la forêt sans ses amis romains.

b) L'agneau est content parce qu'il est loin du loup.

c) Le loup dévore l'agneau avec une grande cruauté.

d) Dans ton école, de nombreux élèves écrivent avec un petit poinçon.

e) Les Romains combattent sur de beaux chevaux.

f) Les enfants se promènent sur la place publique : il sont contents parce qu'ils sont loin de l'école.

Vocabulaire de l'exercice

sans : sine, suivi de l'ablatif.

loin de : ab (devant un mot commençant par une voyelle), ou a (devant un mot commençant par une consonne), suivi de l'ablatif.

cruauté : saevitia ae féminin.

poinçon : stilus i masculin.

se promener : ambulo as are

 

III) L'imparfait de l'indicatif latin

 

En latin comme en français, l'imparfait est un temps du passé, employé pour qualifier un événement en train de se dérouler dans le passé, une description dans le passé ou une action régulièrement accomplie dans le passé.

Exemples

L'herbe était tendre et invitait à faire la sieste, en ce doux mois de mai...

Il dormait tranquillement ce matin-là, quand soudain...

Tous les jours, dans mon enfance, je me levais à sept heures.

1. Le verbe sum

Le verbe sum possède un imparfait très différent de celui des autres verbes latins.

En voici les formes : eram, eras, erat, eramus, eratis, erant.

Les composés de sum forment leur imparfait de la même manière, en ajoutant les formes que nous venons de voir au préfixe qui convient. Exemple : aberam, aderam.

Attention aux deux verbes particuliers possum et prosum : l'imparfait de possum est poteram ; celui de prosum est proderam.

 

2. L'imparfait des autres verbes

Pour tous les autres verbes latins, on ajoutera un suffixe ba au radical du présent de l'indicatif (formé à partir de l'infinitif présent). Les terminaisons marquant la personne sont régulières.

On aura ainsi, à la première personne, les formes suivantes :

ama-ba-m ; terre-ba-m ; mitte-ba-m ; capie-ba-m ; audie-ba-m.

Il reste à ajouter les terminaisons des autres personnes pour conjuguer l'ensemble de ces verbes. Rappel des terminaisons : m, s, t, mus, tis, nt.

Exercices

1. Reprenez les phrases de l'exercice précédent en transposant les formes verbales à l'imparfait de l'indicatif.

2. Reprendre les exercices 1 et 2 du chapitre 10 en transposant toutes les formes à l'imparfait de l'indicatif.

 

IV) Les rois de Rome

Première partie : les rois sabins

Romulus fut le premier des sept rois que connut Rome. Il régna, selon la légende, de 753 à 715 avant J.-C.

Six rois lui succédèrent entre 715 et 509 avant J.-C., dont voici les noms :

715-672 : Numa Pompilius 616-578 : Tarquin l'Ancien

672-640 : Tullus Hostilius 578-534 : Servius Tullius

640-616 : Ancus Martius 534-509 : Tarquin le Superbe

Les trois premiers d'entre eux furent des rois sabins ; les trois derniers des rois étrusques.

Numa Pompilius, qui succéda directement à Romulus, se montra un roi très pacifique : il fit construire des temples, institua un premier calendrier lunaire (c'est-à-dire divisé en douze mois selon les phases de la lune) et mourut sans avoir déclaré aucune guerre à ses voisins, de maladie.

Son successeur, Tullus Hostilius ne lui ressemblait pas, et sous son règne éclata un conflit qui demeura célèbre entre Albains et Romains. Comme aucun des deux peuples ne l'emportait vraiment, on décida que trois représentants de chacun d'eux combattraient en leur nom et que les vainqueurs donneraient la victoire à leur peuple. Or, il y avait des frères triplés chez les Romains, les Horaces et d'autres chez les Albains, les Curiaces. Tous les six s'affrontèrent donc sous les yeux de leurs peuples.

Dès le début, deux Horaces furent tués mais le troisième restait indemne ; aucun des Horaces ne tomba, mais chacun fut blessé, à des degrés divers. Ne pouvant lutter seul contre ses trois adversaires en même temps, Horace (le seul survivant) fit donc semblant de prendre la fuite ; les Curiaces se lancèrent à sa poursuite, en courant plus ou moins rapidement selon la gravité de la blessure reçue. Horace put ainsi venir à bout de ses trois ennemis successivement et apporta donc la victoire à sa ville.

Les Romains l'ovationnèrent et il revint triomphalement à Rome ; or, sa soeur Camille était fiancée à l'un des Curiaces qu'il avait tués ; à sa vue, elle ne put retenir des larmes de compassion pour son fiancé mort. Le chagrin de sa soeur rendit Horace fou de rage : il se précipita sur la jeune fille et la transperça de son glaive.

Les Romains ne pouvaient pas laisser ce crime impuni, mais d'un autre côté, ils ne pouvaient condamner à mort un homme qui leur avait assuré la victoire. On lui infligea donc une punition symbolique : Horace reçut l'ordre de passer sous une poutre, signe d'humiliation, en pleine rue, puis il fut acquitté.

Selon la tradition, le roi Tullus Hostilius mourut brûlé vif dans sa maison frappée par la foudre.

Le dernier roi sabin, Ancus Martius, était le petit-fils de Numa. Il ressembla à son grand-père par son amour pour la paix et eut pour objectif d'agrandir la ville de Rome : il construisit une grande enceinte pour en fixer les limites et, après avoir construit un pont nommé le pont Sublicius, adjoignit à la ville la colline située sur la rive droite du Tibre et appelée Janicule. Mais il n'eut pas le temps d'accomplir d'autres grands travaux car il mourut brutalement, de maladie.

Que retenir ?

Il faut connaître par coeur les modèles de déclinaison des noms et des adjectifs.

Il faut savoir à quelles fonctions correspond l'ablatif en latin.

Il faut apprendre le vocabulaire de l'exercice.

Il faut savoir par coeur l'imparfait de l'indicatif de sum et des autres verbes mentionnés.

Il faut connaître les noms des rois de Rome et avoir lu attentivement les épisodes racontés dans ce chapitre.

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