Chapitre 12

La troisième déclinaison (première approche)

Le présent et l'imparfait de l'indicatif au passif

Les rois de Rome (deuxième partie)

 

1. La troisième déclinaison (première approche)

Nous savons qu'il existe cinq modèles de déclinaison en latin. Nous avons appris à décliner les noms de la première déclinaison (sur le modèle rosa) et ceux de la deuxième déclinaison (sur les modèles dominus, puer, magister et templum).

Aujourd'hui, nous allons découvrir un modèle de la troisième déclinaison, qui en comporte plusieurs.

Une déclinaison se caractérise avant tout par la terminaison de son génitif singulier. Celui de la première déclinaison est ae ; celui de la deuxième est i quel que soit le modèle ; celui de la troisième, que nous découvrons aujourd'hui, est is, quel que soit le modèle.

La troisième déclinaison paraît difficile a priori, parce que les formes de nominatif singulier (et donc de vocatif singulier) sont très variables. Mais à partir de l'accusatif singulier, les terminaisons sont fixes.

Le modèle que nous allons découvrir aujourd'hui permet de décliner des noms masculins ou féminins. C'est le mot consul, le consul (c'est-à-dire celui qui est à la tête de l'État romain). En voici la déclinaison :

Singulier : consul, consul, consulem, consulis, consuli, consule

Pluriel : consules, consules, consules, consulum, consulibus, consulibus.

De manière générale, sauf au nominatif et au vocatif singulier, le radical est donc toujours le même (ici : consul) ; on peut toujours retrouver ce radical en enlevant la désinence is à la forme de génitif singulier.

Exemple : voici le mot latin conjux (la femme, l'épouse) ; son génitif est conjugis. À partir de l'accusatif singulier, son radical est donc conjug, à partir duquel nous pouvons ajouter les désinences voulues. La déclinaison de ce mot sera donc la suivante :

conjux, conjux, conjugem, conjugis, conjugi, conjuge ; conjuges, conjuges, conjuges, conjugum, conjugibus, conjugibus.

 

Exercices

Exercice 1 : Sur le modèle de consul, déclinez les mots suivants :

pater patris, masculin : le père

mater matris, féminin : la mère

frater, fratris, masculin : le frère

soror sororis, féminin : la soeur

canis canis masculin : le chien

senex senis masculin : le vieillard

Exercice 2 : Traduisez les phrases suivantes, en vous aidant du vocabulaire donné à la fin de l'exercice :

a) Le général conduit les soldats.

b) Le maître de maison aime (son) épouse.

c) L'autorité du maître d'école est grande.

d) Le consul est à la tête de la cité.

e) Les élèves écoutent des orateurs romains.

 

Vocabulaire de l'exercice

général : dux ducis, masculin

soldat : miles militis masculin

épouse : uxor uxoris féminin, ou conjux conjugis féminin

autorité : auctoritas auctoritatis féminin

cité : civitas civitatis féminin

être à la tête de : praesum praees praeesse

orateur : orator oratoris masculin

 

2. Le présent et l'imparfait de l'indicatif au passif

En latin comme en français, de nombreux verbes peuvent se conjuguer à la voix active ou à la voix passive. Seuls les verbes qui, à l'actif, peuvent admettre un COD sont transformables au passif. Ainsi, en français, le verbe "attraper" peut être conjugué au passif. Voici un exemple :

a) phrase active : Le chat attrape la souris.

b) phrase passive : La souris est attrapée par le chat.

On remarque que pour conjuguer un verbe à la voix passive, en français, il est obligatoire d'utiliser l'auxiliaire être (qu'on conjugue au temps et au mode demandé) et de mettre le verbe au participe passé.

En latin, il est très facile de conjuguer un verbe au présent ou à l'imparfait passif. Seules les désinences sont différentes. Il suffit donc de remplacer les désinences actives par les désinences passives correspondantes.

Rappelons quelles sont les désinences actives : o (ou m), s, t, mus, tis, nt.

Voici la liste des désinences passives : r, ris, tur, mur, mini, ntur.

Voici donc, en parallèle, le présent et l'imparfait actifs et passifs de amo :

a) présent

amo, amas, amat, amamus, amatis, amant.

amor, amaris, amatur, amamur, amamini, amantur.

b) imparfait

amabam, amabas, amabat, amabamus, amabatis, amabant.

amabar, amabaris, amabatur, amabamur, amabamini, amabantur.

Il en est de même des autres verbes au présent et à l'imparfait. Seules deux formes font exception :

- le passif correspondant à mittis est mitteris (et non "mittiris" qui n'existe pas) ;

- le passif correspondant à capis est caperis (et non "capiris" qui n'existe pas).

 

Exercices

Exercice 1 : Transformez les formes suivantes au passif :

devorant ; narrat ; amatis ; scribis ; spectamus ; voco ; timet.

Exercice 2 : Reprenez les formes de l'exercice précédent et transposez-les d'abord à l'imparfait actif, puis à l'imparfait passif.

Exercice 3 : Traduisez les phrases suivantes

a) Le temple est décoré.

b) Le champ était labouré.

c) Les enfants étaient écoutés.

d) La cité est prise.

e) La légende est racontée.

f) Le loup est craint.

 

3. Lecture d'un texte en latin

Le Minotaure

Minotaurus in Creta insula habitabat. In Creta Daedalus magnum labyrinthum aedificat. Minotaurus ibi (là) claudebatur et pueros et puellas edebat.

Theseus autem, filius regis Athenarum, dicit : "Validus sum ; hodie cum pueris et puellis ad Cretam navigo et monstrum supero !"

Periculum magnum erat, sed Ariadna, filia Cretae regis, Theseo magnum filum et gladium dat ; itaque Minotaurus necatur et Theseus, auxilio fili, viam ad labyrinthi januam reperit. Deinde, cum Ariadna, ad Athenas rursus navigat.

 

4. Les rois de Rome

Deuxième partie : Les rois étrusques

Au dernier roi sabin, Ancus Martius succéda Tarquin, dit Tarquin l'Ancien, pour le différencier du dernier roi de Rome dont le nom est le même.

Tarquin n'avait pas le désir personnel de régner, mais c'est sa femme, Tanaquil, qui le poussa à quitter la ville de Tarquinies, en Étrurie, où il était né, pour ambitionner le trône, alors qu'il ne s'appelait encore que Lucumon. Il paraît qu'à son arrivée en chariot aux portes de Rome, un aigle descendit vers lui, lui enleva son chapeau puis le replaça sur sa tête avant de s'envoler. Tanaquil y vit le présage que son mari devait régner.

Le règne de Tarquin fut important car il introduisit la civilisation étrusque à Rome, fit construire de grands monuments ainsi que les égouts de la ville, appelés Cloaca Maxima.

Mais il fut assassiné lors d'un complot et c'est son gendre, un ancien esclave du nom de Servius Tullius qui lui succéda. Avec lui, les grands travaux d'embellissement de Rome se poursuivent : la ville s'agrandit ; elle est divisée en quartiers et les habitants recensés selon leur fortune personnelle.

On ne sait pas trop si Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome, était le fils ou le petit-fils de Tarquin l'Ancien. Poussé à son tour par l'ambition de sa femme, il a sans doute excité le peuple contre Servius Tullius, en rappelant sans cesse qu'il était un ancien esclave. Puis il s'empara du pouvoir et laissa assassiner le roi Servius.

Ce dernier roi acheva les grands travaux de ses prédécesseurs mais resta surtout connu pour son caractère violent : il ne cessa de faire la guerre aux peuples voisins et fut finalement chassé par le peuple soulevé par un certain Brutus. Exilé, il mourut peu après.

Les Romains, désormais, ne supportèrent plus d'être gouvernés par un roi : la République fut proclamée en 509 avant J.-C. et jamais la royauté ne fut restaurée dans la Rome antique.

Que retenir ?

Il faut connaître par coeur la déclinaison de consul.

Il faut connaître par coeur les désinences passives et savoir conjuguer un verbe au passif.

Il faut avoir lu attentivement les épisodes concernant les trois derniers rois de Rome et connaître la liste des sept rois qui y ont régné.

 

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