Chapitre 17

Le participe parfait

L'indicatif parfait passif

la journée d'un citoyen romain

 

1. Le participe parfait

Au chapitre 13, nous avons appris qu'il existait pour chaque verbe une série de formes de base appelées "temps primitifs" ; la dernière de ces formes, le supin, n'est pas très utilisée en elle-même, mais elle sert en particulier à former le participe parfait, très utilisé dans les textes latins.

Ce temps du participe existe en français, sous le nom de "participe passé" ; par exemple, le participe passé passif du verbe aimer est la forme "aimé".

En latin comme en français, le participe s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il accompagne ; il se comporte comme un adjectif. En latin, de plus, il s'accorde en cas avec ce nom.

Pour former un participe parfait à partir du supin, il suffit de supprimer la désinence um du supin, et de la remplacer par les désinences des adjectifs de la première classe, sur le modèle de bonus, bona, bonum. Ainsi, à partir du supin amatum, on peut former le participe parfait amatus, amata, amatum, qu'on accordera en genre, en nombre et en cas avec le nom qu'il accompagne.

Exemple : Les ennemis pris craignent les Romains. Hostes capti Romanos timent. Dans cet exemple, capti s'accorde avec le nom hostes.

Autre exemple : Les jeunes filles appelées répondent. Puellae vocatae respondent. Dans cet exemple, vocatae s'accorde avec le nom puellae.

Remarque

Lorsqu'on traduit en français une phrase latine comportant un participe parfait, il n'est pas toujours très élégant de conserver ce participe en français. On le remplace souvent par une proposition relative ou par une proposition subordonnée circonstancielle.

Voici des traductions plus élégantes pour les deux phrases précédentes :

Quand les ennemis sont pris, ils craignent les Romains. Les ennemis qui ont été pris craignent les Romains.

Puisque les jeunes filles ont été appelées, elles répondent. Les jeunes filles qui ont été appelées répondent.

Exercice

Traduire les phrases suivantes en essayant de trouver des tournures élégantes en français.

a) Puer lupum captum videbat.

b) Romani deis animalia interfecta saepe dabant. (interficio is ere feci fectum : tuer)

c) Puer interrogatus non respondet.

d) Puellae templa ornata vident.

 

2. L'indicatif parfait passif

Nous avons déjà appris que pour former le présent et l'imparfait passif d'un verbe, on change seulement la désinence verbale en choisissant une désinence passive à la place d'une désinence active.

Pour former le parfait passif (qui correspond au passé composé ou au passé simple passifs en français), on utilise le participe parfait, qu'on accompagne de l'auxiliaire sum au présent de l'indicatif.

Un exemple permettra de comprendre facilement cette formation. Pour traduire en latin la forme française "j'ai été aimé" (passé composé passif), on utilise le participe parfait amatus, qu'on accompagne de la forme sum. La forme verbale sera donc "amatus sum". "Tu as été aimé" se traduira "amatus es", "il a été aimé" se traduira "amatus est".

N'oublions pas qu'un participe s'accorde avec le nom (ou le pronom) qu'il accompagne, comme en français. Essayez de trouver par vous-même la traduction de "j'ai été aimée", "tu as été aimée", "elle a été aimée".

Voici les réponses : amata sum, amata es, amata est.

Essayez maintenant de trouver la traduction des formes suivantes :

nous avons été aimés ; nous avons été aimées ; vous avez été aimés ; vous avez été aimées ; ils ont été aimés ; elles ont été aimées.

Voici les réponses : amati sumus ; amatae sumus ; amati estis ; amatae estis ; amati sunt ; amatae sunt.

Exercices

1. Traduisez les formes suivantes en latin.

Tu as été vu. Nous avons été appelées. Ils ont été commandés. Elle a été prise. J'ai été appelée.

2. Traduisez les phrases suivantes en français.

a) Liber lectus est.

b) Templa ornata sunt.

c) Animalia spectata sunt.

d) Fabulae narratae sunt.

e) Agri arati sunt.

 

3. Lecture d'un texte en latin

Antigone

Antigona Oedipi filia fuit. Duo fratres ei erant, Polynices Eteoclesque. Ejus fratres autem in pugna interfecti sunt.

Tunc Thebarum rex dixit : "Polynicem punio : nam adversus patriam bellum gessit." Itaque Polynicis corpus non sepelit. Antigona vero ad miserum fratrem processit atque eum statim sepelivit.

Maxime iratus, rex Antigonam in carcerem conjecit ibique Antigona interfecta est.

Antigonae vita brevis fuit, sed ejus memoria semper colitur.

Vocabulaire

adversus, plus accusatif : contre

Antigona ae féminin : Antigone

bellum gero is ere gessi gestum : faire la guerre

brevis e : bref

carcer carceris neutre : prison

colo is ere colui cultum : honorer

conjicio is ere jeci jectum : jeter

Eteocles is masculin : Étéocle

interficio is ere feci fectum : tuer

iratus a um : en colère

memoria ae féminin : souvenir

Polynices is masculin : Polynice

pugna ae féminin : combat

punio is ire ii itum : punir

semper : toujours

sepelio is ire sepelivi sepultum : ensevelir

statim : aussitôt

tunc : alors

4. La journée d'un citoyen romain

Les Romains se lèvent très tôt, parfois même avant le lever du soleil. Après une toilette rapide, l'homme se fait aider par ses esclaves pour revêtir la toge, vêtement encombrant qui pouvait mesurer jusqu'à 6 mètres de diamètre. Un petit déjeuner très léger achève les préparatifs matinaux.

La matinée est consacrée au travail, que ce soit dans les champs, dans un atelier d'artisan ou sur la place publique.

Après un léger repas à midi, vient l'heure de l'étude, de la sieste ou, surtout, des loisirs ; une des principales distractions consiste à se rendre aux thermes où l'on prend des bains, bien sûr, mais où, également, on peut discuter avec les amis ou faire du sport.

C'est seulement le soir que les Romains mangent beaucoup, souvent en compagnie d'amis ; ce sont alors parfois des repas énormes, au cours desquels sont proposés des spectacles pour laisser du temps à la digestion entre les plats !

Quant aux femmes romaines, elle restent en général à la maison et dirigent l'ensemble des domestiques. Selon le caractère de leur époux, elles pouvaient mener une vie très libre et assez plaisante ou au contraire être considérées comme de véritables esclaves par leurs maris.

N'oublions pas que cet emploi du temps ne concerne que les citoyens romains, c'est-à-dire les gens de condition libre. Il n'est pas question d'après-midi de loisir pour les esclaves qui travaillent souvent du lever au coucher du soleil sans aucun moment de repos.

Que retenir ?

Il faut connaître la formation du participe parfait et celle du parfait passif de l'indicatif.

Il faut se souvenir des supins des verbes appris jusqu'à présent, pour pouvoir former ces temps.

Il faut avoir lu attentivement le passage consacré à la journée du Romain et être capable de comparer l'emploi du temps d'un Romain de l'Antiquité à celui d'un adulte d'aujourd'hui.

 

[Retour au sommaire de Vitellus]