Chapitre 18

L'indicatif plus-que-parfait actif

Quelques propositions subordonnées circonstancielles

Aller au spectacle à Rome

 

1. L'indicatif plus-que-parfait actif

Pour conjuguer un verbe français au plus-que-parfait de l'indicatif actif, on emploie l'auxiliaire à l'imparfait, suivi du participe passé du verbe. Par exemple, le plus-que-parfait du verbe "chanter" sera : j'avais chanté, tu avais chanté, il avait chanté, etc. On dira donc que ce temps, en français, est un temps composé, parce qu'il comporte obligatoirement un auxiliaire.

L'indicatif plus-que-parfait actif latin est un temps simple : il n'y a en effet pas besoin d'auxiliaire pour le former.

Pour conjuguer ce temps, il faut d'abord choisir le radical du parfait du verbe. Ce radical est très facile à identifier : il suffit d'enlever la lettre i (désinence de première personne du singulier) à la forme de parfait qui figure dans les temps primitifs du verbe. Par exemple, sachant que le parfait de amo est amavi, nous devinons que le radical du parfait de ce verbe est amav.

À ce radical du parfait, il convient alors d'ajouter l'imparfait du verbe sum, sans aucun changement. Rappelons que cet imparfait prend les formes suivantes : eram, eras, erat, eramus, eratis, erant.

Au radical du parfait amav, nous ajoutons donc les formes d'imparfait de sum ; les formes de plus-que-parfait sont les suivantes :

amaveram, amaveras, amaverat, amaveramus, amaveratis, amaverant.

Essayez, en guise d'exercice, de conjuguer par vous-même les plus-que-parfait de sum, terreo, mitto, capio, audio, avant de vérifier vos réponses ci-dessous.

Voici les réponses :

fueram fueras fuerat fueramus fueratis fuerant.

terrueram terrueras terruerat terrueramus terrueratis terruerant.

miseram miseras miserat miseramus miseratis miserant.

ceperam ceperas ceperat ceperamus ceperatis ceperant.

audiveram audiveras audiverat audiveramus audiveratis audiverant (audieram audieras audierat audieramus audieratis audierant.

 

2. Quelques propositions subordonnées circonstancielles

Nous avons appris, au chapitre 14, qu'il existe trois manières de relier entre elles des propositions (c'est-à-dire des groupes de mots comportant un verbe conjugué) : la juxtaposition, la coordination et la subordination. Nous avons également appris dans ce chapitre quelques mots coordonnants.

Aujourd'hui, nous allons répertorier quelques mots subordonnants très courants, introduisant trois types de propositions subordonnées circonstancielles.

a) subordonnées circonstancielles de temps

cum : quand, lorsque

ut primum : dès que

postquam : après que

quoties : chaque fois que.

Exemple :

Cum laboravi, fessus sum. Quand j'ai travaillé, je suis fatigué.

b) subordonnées circonstancielles de cause

quod, quia : parce que

quoniam : puisque

Exemple :

Fessus sum, quod multum laboravi. Je suis fatigué parce que j'ai beaucoup travaillé.

c) subordonnées circonstancielles d'opposition ou de concession

quamquam (quanquam) : bien que, quoique

Exemple :

Quamquam multum laboravi, non fessus sum. Bien que j'aie beaucoup travaillé, je ne suis pas fatigué.

 

Exercice

Reliez les couples de phrases suivants en choisissant un mot subordonnant latin qui figure dans la liste précédente.

a) Il pleut. Je sors sans parapluie.

b) Il a plu. Le soleil est revenu.

c) Il a plu. La chaussée est glissante.

d) Je suis en vacances. Je me repose.

e) Le réveil sonne. Je bondis de mon lit !

 

3. Lecture d'un texte en latin

Orphée et Eurydice (première partie)

Orpheus Apollinis filius erat. Cum canebat, omnes aves cantare desistebant, feraeque etiam stabant. Statim ut poeta Eurydicen vidit, exarsit amore virginemque in matrimonium duxit.

At aliquando serpens Eurydices pedem momordit statimque Orphei uxor e vita excessit. Quia maxime dolebat, Orpheus petere uxorem statuit. Itaque sub terram descendit...

Vocabulaire

aliquando: un jour

amor amoris masculin : amour

Apollo Apollinis masculin Apollon

cano is ere cecini cantum : chanter

canto as are cantavi cantatum :chanter

desisto is ere stiti stitum : cesser de

doleo es ere dolui : avoir mal, souffrir

Eurydice es féminin : Eurydice (terme grec, présentant un accusatif en en)

exardesco is ere exarsi exarsum : brûler de

excedo is ere cessi cessum : sortir de, quitter

fera ae féminin : bête sauvage

matrimonium ii neutre : mariage ; in matrimonium ducere : épouser

mordeo es ere momordi morsum : mordre

pes pedis masculin : le pied

peto is ere petivi petitum : aller chercher, demander

poeta ae masculin : poète

serpens ntis masculin : serpent

statuo is ere statui statutum : décider

sto as are steti statum : rester debout ; ne pas bouger

virgo inis féminin : jeune fille

vita ae féminin : la vie

 

4. Aller au spectacle à Rome

Comme nous l'avons déjà appris, les citoyens romains aimaient se délasser l'après-midi et se rendaient souvent au spectacle. Où se rendaient-ils donc et qu'allaient-ils regarder ?

La ville de Rome possède plusieurs théâtres bâtis en pierre : 60 000 places au total au premier siècle de notre ère ! Dans ces théâtres sont données des représentations de tragédies ou de comédies. Tous les acteurs portent des masques ; il n'y a pas d'actrice et ce sont des hommes qui jouent le rôle de personnages féminins. Le port du masque permet au spectateur d'identifier facilement le type de personnage joué par l'acteur ; de plus, le masque sert de porte-voix, de sorte que même les spectateurs installés sur les gradins les plus élevés entendent parfaitement la voix de l'acteur.

Les Romains pouvaient passer une journée entière au théâtre, apportant boisson et casse-croûte pour grignoter entre deux spectacles. L'ambiance était parfois chaude, car les Romains donnaient bruyamment leur avis sur la qualité du spectacle qui leur était proposé.

Toutefois, ce sont les jeux du cirque qui attiraient le plus de monde. Le Circus Maximus, le plus ancien de Rome, a pu contenir jusqu'à 260 000 spectateurs ! De forme ovale, il contenait une piste sur laquelle s'élançaient les chevaux attelés à des chars sur lesquels s'asseyaient les conducteurs, nommés auriges. Ces courses étaient dangereuses : un accident mortel survenait de temps à autre.

Enfin, les Romains avides de spectacles beaucoup plus cruels se rendaient à l'amphithéâtre ; 50 000 spectateurs pouvaient prendre place pour assister à de violents combats qui opposaient bêtes sauvages entre elles, bêtes contre gladiateurs ou gladiateurs entre eux. Les gladiateurs sont des esclaves, des prisonniers de guerre ou des condamnés à mort. Le vainqueur n'avait malheureusement la vie sauve que jusqu'au prochain combat : chaque duel ne se terminait en général qu'à la mort d'un des combattants. Aujourd'hui encore, ces spectacles barbares survivent par l'intermédiaire des corridas, des combats de chiens ou de coqs qu'on perpétue ici ou là au nom de la tradition.

 

Que retenir ?

Il faut avoir compris et retenu la formation du plus-que-parfait de l'indicatif.

Il faut connaître par coeur les mots subordonnants mentionnés dans ce chapitre.

Il faut avoir lu attentivement ce qui concerne les différents spectacles proposés aux Romains.

[Retour au sommaire de Vitellus]