Chapitre 5
Le verbe et son sujet (suite) : Le nominatif
Types et formes de phrase
La carte d'identité d'un Romain
1. Le verbe et son sujet (suite) : Le nominatif
Nous avons observé dans le chapitre précédent que le pronom personnel sujet (presque toujours obligatoire en français) n'est en général pas employé en latin. Mais en latin comme en français, le sujet peut être également un nom. Dans ce cas, il se mettra au nominatif.
Nous allons voir aujourd'hui quelques terminaisons de nominatif.
Les noms terminés en a au nominatif singulier ont un nominatif pluriel en ae. Ils sont en général féminins. Exemple : Rosa : une rose (la rose) ; rosae : des roses (les roses).
Les noms terminés en us au nominatif singulier on en général un nominatif pluriel en i. La plupart d'entre eux sont masculins. Exemple : Dominus : un maître de maison (le maître de maison) ; domini : des maîtres de maison (les maîtres de maison).
Exercice
Mettre au pluriel les phrases suivantes
1. Puella cantat : la jeune fille chante.
2. Saltat lupus : le loup danse !
3. Servus adest : l'esclave est là.
4. Deus semper vivit : le dieu vit toujours.
5. Servus laborat : l'esclave travaille.
6. Rosa floret : la rose est en fleur.
2. Types et formes de phrase
En latin comme en français, il existe quatre types de phrase : la phrase déclarative (terminée en général par un point) ; la phrase interrogative (terminée en général par un point d'interrogation) ; la phrase exclamative (terminée en général par un point d'exclamation) ; la phrase impérative (terminée par un point ou par un point d'exclamation).
Voici quatre exemples de ces types de phrase en français :
- Tu as appris une leçon.
- As-tu appris ta leçon ?
- Comme tu as bien appris ta leçon !
- Apprends ta leçon.
Aujourd'hui, nous allons apprendre à transformer en latin une phrase déclarative en une phrase interrogative dite "totale" (c'est-à-dire à laquelle on répond par "oui" ou par "non"). Pour obtenir une phrase interrogative, il suffit, en latin, d'ajouter la syllabe ne au premier mot de la phrase.
Exemple : Dominus in villa est : Le maître de maison est dans la ferme. Dominusne in villa est ? Est-ce que le maître de maison est dans la ferme ?
En latin comme en français, une phrase peut être à la forme affirmative ou à la forme négative. En latin, pour construire une phrase négative, il suffit d'ajouter la négation non.
Exemple : Dominus in villa non est : Le maître de maison n'est pas dans la ferme.
Exercice
Reprendre les six phrases de l'exercice précédent et les transformer successivement en phrases interrogatives puis en phrases négatives.
3. La carte d'identité d'un Romain
La loi française exige que toute personne possède au moins un prénom (les parents peuvent en donner deux ou davantage s'ils le souhaitent) et un nom de famille, celui du père s'il reconnaît son enfant, celui de la mère dans les autres cas.
À Rome, le citoyen possédait un prénom, un nom de famille et un surnom.
Très peu de prénoms étaient couramment utilisés, aussi bien pour les filles que pour les garçons. Bien des enfants possédaient donc le même prénom. De plus, en général, on donnait aux enfants le prénom d'un de leurs ancêtres. Voici quelques prénoms de garçons très courants : Aulus, Caius, Lucius, Marcus, Publius, Quintus, Sextus, Tiberius. Voici quelques prénoms de filles également très courants : Aemilia, Clodia, Fabia, Hortensia, Julia, Terentia, Valeria.
Ce prénom était suivi d'un gentilice, correspondant à notre nom de famille. Seuls les citoyens possédaient un gentilice : les esclaves en étaient privés.
Enfin, ce nom de famille lui-même était suivi d'un surnom (cognomen), qui évoquait souvent une particularité physique ou un trait de caractère remarquable d'un membre de la famille (un ancêtre, le père de l'enfant, parfois l'enfant lui-même à sa naissance ou plus tard dans sa vie). C'est souvent par le surnom qu'on nommait les gens, bien plus que par leur prénom ou leur nom de famille, et c'est parfois par leur surnom que les personnages les plus célèbres de l'Antiquité romaine sont encore nommés dans notre langue. En voici deux exemples :
Caius Julius Caesar : Jules César : le surnom Caesar serait dû à la naissance difficile de l'enfant, par césarienne.
Marcus Tullius Cicero : Cicéron, un grand homme politique, avocat et écrivain latin. Son surnom, signifiant à l'origine "pois chiche", évoquerait la verrue que lui-même ou l'un de ses ancêtres portait sur le nez !
Que retenir ?
Il faut connaître les terminaisons de nominatif singulier et de nominatif pluriel qui ont été présentées dans cette leçon.
Il faut savoir construire une phrase interrogative et une phrase négative.
Il faut retenir la différence entre la "carte d'identité" d'un Romain et la nôtre.