PremiŠre Neige Maupassant Explication d'un passage "La nuit vint... elle en ramassa pour se frotter la poitrine." Livre de poche (‚dition de 1957) page 243-244 Introduction AprŠs la tension grandissante, un moment de crise : violence des sentiments d'autant plus grande que la timidit‚ de la jeune femme l'avait inhib‚e les mois pr‚c‚dents. Deux moments : 1. l'indignation croissante et la d‚cision finale 2. l'ex‚cution du projet I) De l'indignation … la d‚cision Importance du moment : la nuit : moment o— les sentiments s'exacerbent. "sa chambre", "elle avait exig‚" : premiŠres manifestations d'une volont‚ personnelle : d‚go–t physique vis-…-vis de son mari, alors qu'elle croyait ‚prouver de l'amour pour lui, au d‚but. "elle avait froid" : la sensation physique d‚clenche le m‚canisme des pens‚es et sera … l'origine de la d‚cision finale. R‚p‚tition de "toujours" : lassitude face … cette situation et d‚sespoir grandissant. Incompr‚hension totale entre les deux ‚poux : l'un se place sur le plan physique et ses manifestations ext‚rieures (un rhume) ; l'autre est surtout attentive … ce qu'elle ressent, et qui se manifeste par une attitude m‚lancolique (plan moral). "souffrir" : souffrance morale et physique, sans apparition de maladie ; ce terme s'oppose … "malade", "tousser", qui ne concerne que des manifestations physiques de souffrance. Style indirect libre dans ce passage : peut-ˆtre des pens‚es … moiti‚ formul‚es seulement, mais qui sont ‚crites de maniŠre totalement explicites pour le lecteur. Commentaire de Maupassant : "une indignation de faible..." : la jeune femme n'est pas une h‚ro‹ne au sens classique du terme : elle est faible et timide. Ces ˆtres repr‚sentent un r‚el danger, par la violence de l'explosion de leur colŠre lorsqu'elle jaillit. Puis, retour au style indirect libre : r‚p‚tition des verbes "tousser" et "voir" qui marque la croissance de l'indignation. Ton pu‚ril : vocabulaire assez limit‚ et construction trŠs simple des phrases. PremiŠre allusion au thŠme de la nudit‚ : nu-jambes, nu-pieds ; mais sans qu'un but pr‚cis soit indiqu‚ pour le moment. "la fit sourire" : premier sourire depuis bien longtemps. Un changement s'opŠre dans son comportement et donc dans la situation. Puis la pens‚e se pr‚cise : passage au style direct. Paroles presque prononc‚es … voix haute. "Presque nue" : mise … ex‚cution du projet, mais la sensation physique de froid ne suffit pas : le but est d'attraper du mal ; le froid, ancien ennemi, devient un alli‚ pour l'ex‚cution de son plan. II) Le projet d‚finitif et son ex‚cution Le lecteur est tenu en haleine : "les grands moyens" : lesquels ? D'o— une phrase explicative, non sur les intentions finales, mais sur les actes. Une phrase toute en action : trois verbes au pass‚ simple : "sortit", "descendit" "ouvrit". "semblait morte" : la nature n'est que la pr‚figuration de ce qui attend la jeune femme. Belle description de la neige qui symbolise la mort : attirance inconsciente de la mort. Une volont‚ sans faille ("brusquement", cependant", "lentement"), malgr‚ les morsures du froid, mais elle a besoin de la raffermir, en se donnant un but pr‚cis, comme les enfants : "les petits sapins". Douleur physique r‚elle, montr‚e par le rythme hach‚ de la phrase suivante ; des termes hyperboliques : "haletant", "suffoqu‚e" ; deux thŠmes essentiels : la nudit‚ et la neige. Le projet est accompli et c'est un exploit. Elle doit "s'en convaincre", comme si elle ne se sentait pas de taille … l'avoir fait. Le toucher est un sens plus convaincant que les autres : c'est le contact qui permet de diff‚rencier la r‚alit‚ du rˆve. Dans sa fiert‚, elle va mˆme plus loin qu'elle ne se l'‚tait promis : "toutefois", "et mˆme". Premiers sympt“mes de la maladie dŠs qu'elle rentre : "engourdie", "d‚faillante". Conclusion Nous avons maintenant l'explication de la maladie dont nous avions des indices au d‚but de la nouvelle. Importance narrative de ce passage. Mais Maupassant insiste surtout sur l'analyse psychologique : la r‚volte d'une timide.