Première partie

I) Le théâtre

Dominante : Notions clés

La subjectivité

La modalisation, première approche

 

Dans un texte littéraire, il est rare qu'un énoncé soit parfaitement objectif ; en général, on peut percevoir, grâce à plusieurs indices, quelle est l'opinion du narrateur, quel est son sentiment, quels rapports il entretient avec la personne à qui il s'adresse.

Étudier la subjectivité d'un passage, c'est d'abord repérer les indices de cette subjectivité, puis c'est savoir tirer un bilan à partir de ces indices.

 

1. Le repérage des indices

Ces indices peuvent être de nature très différente :

a) Les marques de personne

Il est intéressant, lorsqu'on étudie un texte, de regarder attentivement les personnes des verbes : présence occasionnelle ou récurrente (fréquente) du "je", du "nous" (indices de première personne : le locuteur), du "tu" ou du "vous" (indices de deuxième personne : l'interlocuteur), du "il", "elle", "ils", "elles" (indices de troisième personne : pronoms de l'absence).

Attention : Si le pronom indéfini "on" apparaît dans le texte, il faut vérifier ce qu'il représente :

- un équivalant de "nous", en langage familier. Exemple : "À table : on va

manger."

- un collectif indéfini, équivalant à "les gens", "tout le monde". Exemple : "On a

toujours besoin d'un plus petit que soi".

- un équivalant de l'indéfini "quelqu'un". Exemple : "Allô, la police ? On a

cambriolé mon appartement."

b) Le lexique

De nombreux mots peuvent exprimer une réaction, une émotion ou un sentiment de la part du locuteur : des verbes (aimer, haïr), des adjectifs (content, malheureux, triste), des noms (ami, ennemi), des mots invariables (chic, hélas).

D'autres mots révèlent le jugement porté par le locuteur sur la personne dont il parle ou sur la personne à qui il parle. Selon le jugement porté, ces mots seront mélioratifs (si le jugement est positif) ou péjoratifs (si le jugement est négatif).

Exemples : C'est un chauffard qui roule devant nous : le substantif "chauffard" révèle qu'on porte un jugement négatif sur la personne qui conduit.

Ce grand homme habite près de nous : l'adjectif "grand", dans cette expression, révèle qu'on porte un jugement admiratif sur la personne dont on parle.

 

c) Les modalisateurs

Les modalisateurs sont des termes qui indiquent si le locuteur est certain ou non de ce qu'il dit, s'il considère vrai ou faux les propos qu'il rapporte. Les modalisateurs peuvent être :

- des verbes : croire, affirmer, prétendre, ignorer, admettre, etc.

- des adverbes : certainement, sans doute, peut-être, etc.

- des expressions : dans certains cas, dans tous les cas, de toute évidence, à

ce qu'on dit, etc.

- l'emploi du conditionnel, qui rend plus incertains les propos tenus que

l'indicatif. Exemple : On dirait qu'il va faire beau.

 

2. Le bilan

Une fois effectué le repérage des indices de personne, du vocabulaire affectif ou évaluatif et des modalisateurs, il convient de dresser un bilan de ce que nous apprennent l'ensemble de ces indices.

Nous pouvons effectuer ce bilan :

- à propos du jugement que porte le locuteur sur un ou plusieurs personnage(s) ;

- à propos du rôle que cherche à jouer le locuteur parmi les autres

personnages (présents ou absents dans le passage étudié) qu'il

connaît ;

- à propos de traits de caractère du locuteur, dont il a ou non conscience (sa

timidité ou son audace ; son humilité ou son orgueil ; son objectivité ou sa subjectivité ; son hésitation ou son assurance, etc.).

L'ensemble de ces constatations permet de mieux connaître le personnage et de déceler les moyens qu'a utilisés l'auteur pour nous le présenter.

[retour au sommaire de Vitellus]