Grammaire : Chapitre 12
Opposition et concession
Rappel de définition
L'opposition met en parallèle deux faits indépendants pour les opposer.
La concession s'oppose à la relation logique entre deux faits.
Ce sont deux nuances qui ne sont pas toujours faciles à distinguer l'une de l'autre. On les regroupe en général indifféremment sous le nom de compléments circonstanciels ou de propositions subordonnées de concession ou d'opposition.
I) Dans la phrase simple
En dehors d'un groupe nominal complément circonstanciel, on peut exprimer l'opposition ou la concession :
1. Avec un gérondif, précédé de "tout" ;
Exemple : Vous êtes partis tout en sachant que j'allais arriver.
2. Avec un groupe infinitif précédé de "au lieu de", "loin de", "sans" ;
Exemple : Au lieu de travailler, tu passes ton temps à rêvasser !
3. Avec un adjectif ou un participe présent, en général précédé de "bien que";
Exemples : Bien que marchant difficilement, elle est parvenue au bout de l'avenue.
Bien que prudent, il a manqué le virage.
4. En utilisant des verbes ou des expressions indiquant une opposition.
Exemples : Tu peux crier : je ne céderai pas ! Il a eu beau protester de son innocence, personne ne l'a cru.
II) Dans la phrase complexe
On peut exprimer une opposition de différentes manières :
1. La subordonnée concessive
a) Propositions au subjonctif
Les mots introducteurs les plus courants sont "bien que" et "quoique". Une subordonnée au subjonctif peut également être introduite par "au lieu que", "loin que", "sans que", ou par des termes marquant une intensité : si… que ;; quelque… que. Attention : "quelque" est alors invariable.
Exemples : Bien qu'il ait dit la vérité, on ne l'a pas cru. Au lieu que tu fasses des progrès, tes notes sont de plus en plus faibles ! Si gentil qu'il soit, j'ai du mal à le supporter. Quelque grande qu'elle soit, elle a besoin d'une échelle.
Attention : une proposition introduite par "bien que" ou "quoique" peut être elliptique : le verbe peut en être sous-entendu.
Exemple : Bien que petite, cette maison me plaît beaucoup.
b) Propositions au conditionnel
"Quand bien même", "alors même que", suivis du conditionnel ajoutent une nuance conditionnelle à l'idée de concession.
Exemples : Alors même qu'il dirait la vérité, on ne le croirait pas.
c) Propositions à l'indicatif
- "Alors que", "tandis que", "quand", suivis de l'indicatif, ajoutent une nuance temporelle à l'idée de concession.
Exemple : Tu es allé au cinéma, alors que tu devais faire tes devoirs !
- "même si" et "si" suivis de l'indicatif ajoutent une nuance conditionnelle.
Exemple : Même s'il vient avec vous, je ne vous accompagnerai pas à la gare.
- "tout"… que, suivi de l'indicatif, ajoute une nuance d'intensité. Attention : "tout" est dans ce cas invariable.
Exemple : Tout ministre qu'il est, il me doit la politesse comme tout le monde !
Tout adroites qu'elles sont, elles n'ont pas réussi cette escalade.
2. La proposition relative
a) Une proposition relative apposée à l'antécédent
Une proposition relative, en général entre virgules, peut comporter une nuance d'opposition. Elle reste néanmoins complément de son antécédent.
Exemple : Cet homme, qui avait horreur de l'eau, plongea immédiatement dans le lac glacé.
b) Une proposition relative indéfinie et sans antécédent.
Les relatifs "qui que", "quoi que", "où que", "quel que", suivis du subjonctif, expriment une nuance d'opposition.
Exemples : Où qu'il aille, je le retrouverai. Quoi qu'on leur demandât, ils le trouvaient à la minute même. Quelle que soit l'heure, vous pouvez nous appeler.
3. La proposition participiale
Certaines propositions subordonnées participiales peuvent être complément circonstanciel d'opposition. La nuance d'opposition est souvent soulignée dans la principale par un adverbe ou une locution adverbiale exprimant l'opposition "même, pourtant, pour autant, néanmoins"…).
Exemple : L'orage passé, les bêtes restaient pourtant inquiètes.
4. La coordination et la juxtaposition
On peut sous-entendre un lien d'opposition entre deux propositions ; on parlera alors d'asyndète (procédé qui consiste à sous-entendre un lien pour mieux attirer l'attention du lecteur ou de l'auditeur). On peut également utiliser un mot coordonnant pour l'exprimer (mais, néanmoins, quand même, pourtant, or, cependant, toutefois…).
Exemples : Il pleut ; je ne me couvrirai pas. Il pleut mais je ne me couvrirai pas.