Ý{E Ragon, A Dain, J De Foucault, P Poulain ÝGrammaire grecque De Gigord Nathan} Ý1990 ÝVolume I Ý(Pagination en noir : p. 1-18) ÝNotions pr‚liminaires ÝPremiŠre partie : ÝNotions de phon‚tique Note : les num‚ros entre parenthŠses, au cours du texte, renvoient aux paragraphes. ÷Notions pr‚liminaires (Page 1) 1. La langue grecque est un des rameaux les plus importants du groupe linguistique dit indo-europ‚en. Cet idiome a eu … l'origine une v‚ritable unit‚. Mais au moment o— nous l'atteignons dans des documents authentiques, nous constatons que la langue grecque est divis‚e en un certain nombre de dialectes parl‚s, que l'on peut classer commod‚ment en quatre groupes : l'ionien, l'arcado-cypriote, l'‚olien et les diff‚rents parlers appel‚s commun‚ment $doriens. #… l'exception du deuxiŠme, chacun de ces groupes a d‚velopp‚ une langue litt‚raire, dont la tonalit‚ morphologique varie avec la date des auteurs et les genres litt‚raires employ‚s. Le dialecte $ionien, parl‚ en Asie Mineure, a pour caractŠre principal d'‚viter les contractions : les prosateurs H‚rodote et øHippocrate l'ont employ‚. Mˆl‚ … des ‚l‚ments ‚oliens, il fait le fond des poŠmes hom‚riques, qui ont influ‚ sur la langue de tous les poŠtes grecs. Il reste peu de chose du dialecte $‚olien, connu surtout par les odes d'Alc‚e et de Sapho. C'est dans le dialecte $dorien, aux sons graves et musicaux, que øPindare et øTh‚ocrite ont ‚crit leurs po‚sies. Le dialecte $attique, appel‚ encore $grec $classique, est un rameau du dialecte ionien. Il n'est autre chose que la langue de la belle ‚poque d'øAthŠnes (Vme-IVme siŠcles avant J.C.), celle dans laquelle øEschyle, Sophocle et øEuripide, Aristophane, Thucydide, øPlaton et øX‚nophon, øIsocrate, øEschine et øD‚mosthŠne, ont ‚crit leurs chefs-d'oeuvre. C'est le dialecte dont ce livre expose les formes et la syntaxe. Ce qu'on appelle le grec $commun (ou $økoin‚), n'est que ce dialecte attique, ‚volu‚ et mˆl‚ d'ionismes, d'‚poque gr‚co-romaine ; il a pour repr‚sentants principaux Polybe et øPlutarque. On appelle $atticistes les ‚crivains qui, comme øLucien, se sont efforc‚s plus tard de reproduire la puret‚ et l'‚l‚gance de la langue attique. Alphabet et ‚criture (Page 2) 2. L'alphabet grec courant a vingt-quatre lettres, qui sont : (Tableau en colonnes en noir, avec, dans l'ordre, la lettre grecque, le nom grec de la lettre, la transcription en fran‡ais de ce nom et enfin la prononciation scolaire de la lettre grecque) [[[A, &lfa, alpha : $a long ou bref ($& : alpha accent aigu ; $… : alpha accent grave ; $ƒ : alpha accent circonflexe) B, bˆta, bˆta : $b G, g&mma, gamma : $g dur D, d‰lta, delta : $d E, ‰ yilon, epsilonn : $‚ ferm‚, bref ($‰ : epsilonn accent aigu ; $c : epsilonn accent grave) Z, zˆta, dzˆta : $dz #–, ˆta, ˆta : ˆ ouvert long ($‚ : ˆta accent aigu ; $Š : ˆta accent grave ; $ˆ : ˆta accent circonflexe) #“, “ˆta, thˆta : $t transcrit "th" I, i\0ta, i“ta : $i long ou bref ($‹ : i“ta accent aigu ; $* : i“ta accent grave ; Œ : i“ta accent circonflexe). K, k&ppa, kappa : $k. L, l&mbda (l&bda) : lambda, $l. M, mv, mu : $m N, nv, nu : $n. O, ” mikr^n, (o), omicronn : $o ferm‚ bref ($” : omicronn accent aigu ; $^ : omicronn accent grave) P, pŒ, pi : $p. R, r\0, rh“ : $r (un $r initial est toujours surmont‚ d'un esprit rude) S, sŒgma, sigma : $s dur. T, tav, tau : $t. U, hv yil”n, upsilonn : $u long ou bref ($ : upsilonn accent aigu ; $— : upsilonn accent grave ; $v : upsilonn accent circonflexe). F, fŒ, phi : $f (transcrit $ph). #‡, ‡Œ, chi : $k. Y, yŒ, psi : $ps. W, h\0 m‰ga, “m‚ga : $\4 ouvert long ($j : “m‚ga accent aigu ; $q : “m‚ga accent grave ; $\0 : “m‚ga accent circonflexe). ] L'alphabet grec est un alphabet ph‚nicien dans lequel (innovation extrˆmement importante) on a modifi‚ la valeur de certaines lettres pour leur faire noter les voyelles. Primitivement, la lettre H (en graphie en noir) servait … marquer non pas le son $ˆ ouvert long, comme dans l'alphabet ionien, mais une aspir‚e initiale. On distinguait ainsi "horos", limite et "oros", montagne. Cette pratique s'est maintenue dans l'alphabet attique jusqu'… la fin du Vme siŠcle avant J.C., date de l'adoption de l'alphabet ionien. En outre, trois lettres ont disparu dans la suite : digamma, koppa et un signe, $tsad‚, servant … noter une articulation marqu‚e plut“t par "øtt" ou "øss". On verra (80) les formes et les noms que ces signes ont re‡us plus tard dans le systŠme num‚rique grec. L'‚criture grecque a d‚velopp‚, avec des divergences ‚limin‚es peu … peu, un alphabet de type capital (documents … partir de 700 avant J.C.), dont une bonne part de nos majuscules modernes d'imprimerie garde le mode exact. De ce type d‚rivent par voie de lente ‚volution une ‚criture cursive et deux ‚critures successives de "libraire". La plus ancienne ‚criture de libraire est l'onciale. Vers le d‚but du IXme siŠcle de notre Šre se d‚veloppa une ‚criture de libraire dite minuscule, dont notre grec imprim‚ pr‚sente encore aujourd'hui le type … peine ‚volu‚. Les Grecs modernes, qui ont conserv‚ l'alphabet ancien, se servent d'une ‚criture manuelle o— les caractŠres sont li‚s. Dans les pays occidentaux, l'‚criture manuelle du grec imite l'‚criture imprim‚e. En øFrance, on ne se sert g‚n‚ralement du signe $b (en graphie grecque, en noir) qu'au commencement des mots, du signe $s (en graphie grecque, en noir) qu'… la fin. On doit bien se garder de mettre un point sur l'$i (en graphie grecque, en noir). ~Prononciation (Page 3) 3. La prononciation ancienne du grec, qui a du reste ‚volu‚, ‚tait diff‚rente de la n“tre. Notamment, on faisait sentir l'aspiration, on distinguait les longues des brŠves et on marquait l'accent, la voix s'‚levant ou appuyant davantage sur certaines syllabes des mots (accent tonique). La graphie $ei nota assez t“t le son $‚ ferm‚ long, puis se pronon‡a $i et au moins … basse ‚poque, la diphtongue $øai se pronon‡a $‚. La prononciation, … l'‚poque byzantine, pr‚senta des alt‚rations nouvelles. La prononciation moderne du grec classique, en øFrance notamment, suit des usages conventionnels qui remontent … la Renaissance (prononciation ‚rasmienne). G‚n‚ralement, les diphtongues $øai, $ei, ø$oi, not‚es dans l'‚criture par la semi-voyelle $i plac‚e … la suite des voyelles $a, $e, $o, se prononcent d'une seule ‚mission de voix, de maniŠre que l'$i ait le son de notre semi-voyelle $y. Les groupes de voyelles dont la derniŠre est un $u ({$au, $eu, $ou}) se prononcent d'ordinaire comme {$au, $eu, $ou} en fran‡ais ; de mˆme $–u se prononce ø$eu. Le $m et le $n se font toujours entendre distinctement et ne donnent jamais … la voyelle pr‚c‚dente le son nasal qu'ont souvent en fran‡ais, {$an, $en, $on...}. Le $g se prononce nasalis‚ devant $g, $k, $‡ et $x : ø$&ggelos, messager (prononcer : {ang\-gu‚\-loss}) ; ø$an&gk–, n‚cessit‚ (prononcer {a\-nang\-k‚)} ; ø$lag‡&nw, obtenir (prononcer {lang-ka-n“}) ; $øsf‹gx, sphinx. Le $s a toujours le son fort du $‡ en fran‡ais, jamais celui du $z fran‡ais ; de mˆme le $t est toujours dur, comme dans le fran‡ais $piti‚, jamais sifflant comme dans le fran‡ais $ønation. ~Orthographe (Page 3) 4. Les textes grecs, mˆme classiques, n'ont pas ‚t‚ ‚crits le plus souvent avec l'orthographe que pr‚sentent les ‚ditions modernes. Disons plus : les poŠmes ‚piques anciens, l'ancienne po‚sie lyrique, et mˆme les ‚crits attiques ant‚rieurs … 403 avant J.C., date … laquelle les Ath‚niens adoptŠrent l'alphabet ionien, n'ont pas ‚t‚ ‚crits avec l'alphabet courant. Les modernes suivent, en matiŠre d'orthographe, une tradition scolaire qui comporte des ‚l‚ments d'‚poques diff‚rentes, mais qui reproduit, dans ses parties essentielles, l'usage du grec commun. L'habitude de s‚parer les mots dans l'‚criture, pratiqu‚e … l'‚poque archa‹que, ne s'est retrouv‚e et impos‚e qu'au moment o— s'est d‚velopp‚e la $minuscule. Une particularit‚ essentielle concerne l'$iota dit $muet. Un $i qui ne se prononce plus s'‚crit, dans certains cas, au-dessous des voyelles longues et s'appelle pour cette raison $iota $souscrit (note pour le braille : la convention adopt‚e pour la transcription du iota souscrit dans cet ouvrage sera le signe form‚ par les points 3 et 5, parenthŠse math‚matique) : a\), –\), w\) Avec les majuscules, on peut l'‚crire, soit en dessous de la lettre, soit … c“t‚ : {Ai, #–i, Wi} ; alors, c'est un iota adscrit qui, mˆme ‚crit ainsi, ne se prononce pas et ne re‡oit jamais d'accent. Pour marquer que deux voyelles qui se suivent et dont la seconde est un $i ou un $u ne doivent pas se prononcer comme une diphtongue, on a pris l'habitude de surmonter d'un tr‚ma ce $i ou ce $u (note pour le braille : les tr‚mas ‚tant d‚j… utilis‚s pour les accents, on utilisera, par convention, pour cet ouvrage, le signe "$" devant la voyelle comportant un tr‚ma en noir). Ainsi $p\0$u, brebis, avec un tr‚ma sur le $u, se prononce en deux syllabes. On distingue par le tr‚ma - le pronom f‚minin ø$aut‚, "elle-mˆme", dissyllabique, - le nom ø$a$ut‚, cri de guerre, trisyllabique. Une innovation importante est celle qui a consist‚ … introduire dans l'‚criture manuelle des signes permettant de reconnaŒtre l'aspiration et l'accentuation. Cette habitude a pris jour, au moins pour les homonymes dont le sens variait avec l'esprit et l'accent, dŠs l'‚poque alexandrine (… partir du IIIŠme siŠcle avant J.C.), au moment o—, … la suite des conquˆtes d'øAlexandre, le grec a ‚t‚ appris par des gens qui n'‚taient pas des øGrecs d'origine. L'usage de ces signes s'est peu … peu d‚velopp‚ et s'est codifi‚ … l'‚poque du moyen ƒge, suivant des formules qui, malgr‚ de l‚gŠres variantes selon les ‚coles, sont encore celles que nous suivons aujourd'hui. 5. Les esprits sont des signes orthographiques qui se placent sur la voyelle initiale des mots et sur le $r initial. On distingue l'esprit doux (demi-cercle tourn‚ vers la gauche en noir) qui n'a pas d'influence sur la prononciation, et marque seulement l'absence d'aspiration (note pour le braille : cet esprit n'est pas mentionn‚ en braille) : ø$org‚, colŠre ; et l'esprit rude (demi-cercle tourn‚ vers la droite en noir) qui ‚quivaut … l'$h aspir‚e (note pour le braille : cet esprit est mentionn‚ par la lettre $h devant la voyelle surmont‚e d'un esprit rude) : $h–meis, nous. Tout mot grec commen‡ant par une voyelle porte un esprit (doux ou rude). L'$u initial et le $r initial sont toujours marqu‚s de l'esprit rude : $hmnos, hymne ; hr‚twr, rh‚teur. Si un mot commence par une diphtongue, c'est sur la seconde voyelle que l'esprit doit se placer : $ei, "si" (esprit doux sur le $i) ; "ohi", "les". 6. On appelle $accents, c'est-…-dire signes d'accentuation, les signes plac‚s sur chaque mot pour en indiquer la syllabe accentu‚e. Il y a trois accents : l'aigu, le grave et le circonflexe. L'accent aigu peut se placer sur une des trois derniŠres syllabes d'un mot, le circonflexe sur une des deux derniŠres, le grave sur la derniŠre seulement. L'accent, comme l'esprit, se place toujours sur la seconde lettre des diphtongues : "oŒkos", maison, "øplovtos", richesse ; "A‹guptos", #‚gypte. L'esprit et l'accent se mettent d'ordinaire non pas au-dessus des majuscules, mais un peu en avant, en ‚criture "en noir" : øH‰ll–n : Grec. Page 4 ~Ponctuation 7. Les anciens ne ponctuaient pas leurs textes, et plus d'une particularit‚ de style, notamment dans la langue oratoire, s'explique par cette absence de distinction entre les ‚l‚ments de la phrase. L'usage de la ponctuation s'est manifest‚ tardivement et n'est devenu coh‚rent qu'au moyen ƒge, avec le d‚veloppement de la minuscule. La pratique moderne de la ponctuation des textes grecs suit des usages locaux. En øFrance, on ponctue le grec comme le fran‡ais, pour ce qui est du point et de la virgule. Nos deux points et notre point-virgule sont remplac‚s par le "point en haut" (un petit point assez ‚lev‚ en "noir" ; en braille, dans ce livre, on adoptera les points 2 et 5 pour signifier ce point en haut). Le point-virgule, dans un texte grec, r‚pond … notre point d'interrogation. ÷~PremiŠre partie : Notions de Phon‚tique (Page 5) Notions pr‚liminaires La phon‚tique a pour objet l'‚tude des sons articul‚s ou phonŠmes et de leurs modifications. Les phonŠmes sont figur‚s dans l'‚criture … l'aide des diff‚rentes lettres de l'alphabet : l'assemblage articul‚ des voyelles et des consonnes marque les sons qui composent les syllabes et les mots. Les organes de la parole r‚pugnent … certains assemblages de sons qu'amŠnent la d‚clinaison, la conjugaison et la composition des mots. De l…, des modifications n‚cessaires qui suivent des lois variant avec chaque langue. Dans le cas du grec, les diff‚rents dialectes entre lesquels s'est dissoci‚e la langue primitive ont suivi des lois propres … chacun d'eux, qui ont d‚termin‚ leur ‚volution respective. Mais il est des lois g‚n‚rales de phon‚tique qui r‚pondent … tous les ‚tats du grec. Ce sont ces lois communes, appliqu‚es essentiellement … l'attique, que nous ‚tudierons briŠvement ici. 8. Les ‚l‚ments qui entrent en ligne de compte dans l'‚tude de la phon‚tique grecque sont : 1. les voyelles, les consonnes et les sonantes dont l'assemblage figure les phonŠmes ; 2. la quantit‚ (longue ou brŠve) des voyelles et des syllabes ; 3. l'accent port‚ par telle ou telle syllabe d'un mot. Nota : Dans cet expos‚, il sera fait appel … des formes anciennes reconstitu‚es, dont l'existence n'est attest‚e par aucun document recueilli. On reconnaŒt ces formes … ce qu'elles sont pr‚c‚d‚es d'un ast‚risque (note : en braille on mettra seulement le mot "anciennement" devant le mot non attest‚, pour ‚viter toute confusion avec la lettre $*). Remarque g‚n‚rale : L'usage de lettres grecques en corps gras, … l'int‚rieur d'un mot, marque le point sur lequel porte l'explication. Dans les tableaux de d‚clinaison et de conjugaison, les caractŠres gras soulignent la terminaison du mot (cette terminaison ne co‹ncide pas forc‚ment avec la d‚sinence prise au sens strict du terme). (Note : en braille, il ne sera pas toujours possible de tenir compte des caractŠres gras ; dans la mesure du possible, on mettra entre guillemets les lettres en caractŠres gras.) ÷~~I) Voyelles, consonnes, sonantes (Page 7) 9. La langue grecque possŠde sept voyelles et dix-sept consonnes, total correspondant aux vingt-quatre lettres de l'alphabet commun. Des ‚l‚ments interm‚diaires entre les voyelles et les consonnes que pr‚sentait l'indo-europ‚en, ‚l‚ments appel‚s sonantes, le grec n'a retenu que deux : le digamma (sorte de $w fran‡ais, qu'on notera en braille "\%"), qui s'est longtemps maintenu dans l'‚criture de certains dialectes (6me lettre de l'alphabet primitif) et le $yod (sorte de $j ou de $y en fran‡ais, qu'on notera en braille "\+"), dont l'influence phon‚tique a ‚t‚ grande, mais qui n'a jamais ‚t‚ ‚crit dans l'alphabet grec. ÷÷÷~Les Voyelles (page 7) Des sept voyelles grecques, trois peuvent ˆtre, suivant le cas, longues ou brŠves : $a, $i, $u. Les voyelles $e et $o sont de soi brŠves ; les voyelles $– et $w sont toujours longues. Dans l'‚criture primitive, le signe E servait … noter $‚ ferm‚, $Š ouvert long et $‚ ferm‚ long (not‚ plus tard $ei, fausse diphtongue) ; le signe $O notait $o ferm‚ bref, $o ouvert long et $o ferm‚ long (not‚ ensuite ø$ou, fausse diphtongue). Le son $a long ancien est pass‚ … $Š ouvert long en ionien (dans certains cas en attique) et a ‚t‚ alors not‚ par H en noir (#– en braille), signe (en noir) de l'aspiration devenu inutile (2). ~Alternance vocalique (page 7) 10. Alors que l'‚l‚ment essentiel d'un mot, ce qu'on pourrait appeler son "armature", est essentiellement constitu‚ par des consonnes, l'‚l‚ment voyelle, en grec comme en beaucoup d'autres langues, mˆme modernes, est susceptible de varier. On appelle alternance vocalique la variation de timbre ou de quantit‚ que peut pr‚senter l'‚l‚ment vocalique d'un mot. Cette variation peut affecter l'une des trois parties du mot : racine, suffixe, d‚sinence (rarement les trois … la fois ; le plus souvent la racine). Comparer $øk‰leu“os, chemin, … $øak”lou“os, compagnon, $leimjn, prairie, $lim‚n, port, et l‹mn–, lac ; l‰gw et l”gos ; le‹pw, ø‰lipon, øl‰loipa. 11. L'alternance peut porter sur le timbre de la voyelle (alternance qualitative) ou sur la quantit‚ (alternance quantitative). a) Alternance qualitative. On distingue trois degr‚s, correspondant aux trois timbres diff‚rents que peut pr‚senter une mˆme racine. Une racine est [[[- au degr‚ $e quand le groupe de consonnes s'appuie sur une voyelle de timbre $e : $øpat‰res, $l‰gw, $le‹pw, $øapost‰llw. - au degr‚ $o quand cette voyelle est du timbre $o : $l”gos, $øl‰loipa, ap”stolos. - au degr‚ $z‚ro quand elle est constitu‚e uniquement par des consonnes sans voyelle d'appui ou avec une voyelle autre que $e ou $o : {$patr”s, $‰lipon, $ap‰stalka}. (Note : la pr‚sence d'un $a au degr‚ z‚ro s'explique par la vocalisation d'une consonne, voir paragraphe 17). ] b) Alternance quantitative : Ces deux voyelles $e et $o (auxquelles il faut joindre ici $a) peuvent ˆtre, … leur tour, longues ou brŠves ; d'o— une nouvelle alternance, dite alternance quantitative : $da‹mwn, $da‹monos ; ${poim‚n, $poim‰nos ; $f–m‹, $fam‰n}. 12. L'alternance vocalique, qui ‚tait un ‚l‚ment essentiel de la d‚clinaison et de la conjugaison indo-europ‚ennes, n'existe plus qu'… l'‚tat de survivance en grec, o— elle permet d'expliquer n‚anmoins plus d'une anomalie apparente; #… l'int‚rieur d'un mˆme mot, l'alternance $e \- $o subsiste … peu prŠs uniquement dans les neutres du type $teŒ‡os, $øte‹‡ous (anciennement $tei‡esos) ; ‚galement entre $l”gos, $l”ge. L'alternance quantitative entre $e long et $e bref, $o long et $o bref est encore assez bien repr‚sent‚e dans la 3me d‚clinaison (o— cependant l'analogie a ‚tendu, dans plus d'un mot, la longue du nominatif aux autres cas). On rencontrera des alternances d'un type sp‚cial dans les verbes en $mi. ~Rencontre de voyelles (page 8) 13. Les voyelles peuvent se rencontrer : ou bien dans le corps d'un mot, … la suite des divers accidents phon‚tiques dont il sera parl‚ plus bas ; ou bien … la fin d'un mot et au commencement du suivant. Dans le premier cas, il se produit souvent une alt‚ration ou une contraction. Dans le second cas, l'hiatus peut ˆtre ‚vit‚ de trois maniŠres : par la crase ou fusion de deux mots en un seul ; par l'‚lision ou retranchement de la voyelle finale ; par l'emploi des lettres euphoniques. 1. Alt‚ration des voyelles, page 8 a) Quand deux voyelles longues se trouvent en contact, la premiŠre s'abrŠge devant la seconde. Exemple : $basil‰wn est pour $basil‚wn ; $h‰ws pour $h–js ; $te“nejs pour $te“n–js. b) Dans le groupe de voyelles longue + brŠve, il se produit souvent une interversion (ou m‚tathŠse) de quantit‚. Exemple : $basil‰ws est pour $basilˆos ; $basil‰a ($a long) pour $basilˆa. Remarque : La diphtongue dont le premier ‚l‚ment est long manque d'‚quilibre. L'iota, second ‚l‚ment, a fini par ne plus se prononcer ; il est muet et se souscrit. C'est ainsi que ø$ai ($a long), $wi, $–i passent … $a\), $w\), $–\). c) Une voyelle longue s'abrŠge quand elle est suivie, dans la mˆme syllabe, de deux consonnes dont la premiŠre est une sonante (liquide, nasale ou digamma) et l'autre une occlusive ou $s (loi d'Osthoff). Exemple : $lu“‰ntwn, imp‚ratif aoriste passif (‚gal … :anciennement lu“–ntwn), … c“t‚ de $l“–ti ; $b&ntwn, $gn”ntwn, imp‚ratifs aoristes, … c“t‚ de $bˆ“i, gn\0“i ; $basiles, ‚gal … anciennement basil–\%s. Remarque. L'effet de cette loi est parfois masqu‚ par d'autres ph‚nomŠnes : ainsi $h–m‰ras (avec un $a long) provient de $øh–m‰rans (accusatif pluriel, $a est bref) (15, premiŠrement). 2. Contraction, (page 8) Dans la d‚clinaison et la conjugaison, les voyelles $a, $e, $o, $–, $w, se contractent le plus souvent en attique, en donnant une longue. a) Si les deux voyelles sont de mˆme timbre, on obtient la longue correspondante. En attique $e + $e aboutit … $ei, $o + $o … $øou, qui sont en r‚alit‚ de fausses diphtongues pour $– et $w ($e et $o ferm‚s longs). b) Si les deux voyelles ne sont pas de mˆme timbre, l'une se fond dans l'autre en donnant un son unique. En attique, quand $e et $a sont en pr‚sence, c'est le premier son du groupe qui l'emporte ; un groupe comportant le son $o donne toujours $w sauf $o + $e, qui donne $øou ; $o en pr‚sence d'une diphtongue avec $iota, mˆme souscrit, donne $øoi. Exception (page 9) Les mots de deux syllabes ne se contractent pas d'ordinaire : $øh‰ar, printemps ; $n‰os, nouveau (… c“t‚ de $novs, esprit). Tableau des contractions, en trois colonnes, page 9 Colonne de gauche : [[[a + e donne a a + ei donne a\) a + o donne w a + w donne w a + øoi donne w\) Colonne du milieu e + a donne – e + øai donne –\) e + o donne øou e + w donne w e + øoi donne øoi Colonne de droite o + a donne w o + – donne w o + e donne øou o + ei donne øoi o + øoi donne øoi ] 3. Crase (page 9) La crase ($krƒsis, m‚lange), ou fusion de deux voyelles, l'une finale, l'autre initiale, suit pratiquement les mˆmes rŠgles que la contraction. Elle ne se produit qu'entre deux mots ‚troitement unis par le sens : conjonction et pronom, article et nom (ou adjectif), pronom et verbe. La crase s'indique dans l'‚criture par un petit signe qui a la mˆme forme que l'esprit doux (en "noir") et qu'on appelle coronis ($økorwn‹s, petit crochet). On distingue la coronis de l'esprit parce qu'un esprit ne se trouve que sur une voyelle initiale, tandis que la coronis est presque toujours … l'int‚rieur d'un mot. (Note pour le braille : la crase sera signal‚e dans cet ouvrage par le signe "\_"). Exemples : [[[$k\_agj est pour $ka* $egj : et moi, moi aussi. $kal^s $k\_aga“^s est pour $kal^s $ka* $aga“”s : beau et bon. $ta\_ut& est pour $t… $øaut& : les mˆmes choses. $eg\_\0)da est pour $egq $oŒda : je sais. $han‚r (29) est pour $ho $an‚r, l'homme (cf. $ohuk pour $ho $ek) ] L'iota du premier ‚l‚ment disparaŒt ; l'iota du second ‚l‚ment se souscrit. 4. Elision (page 9) La voyelle supprim‚e par l'‚lision est ordinairement une brŠve, rarement une diphtongue : $‰st pour $ø‰stai. La voyelle $u ne s'‚lide jamais. La voyelle ‚lid‚e se remplace par l'apostrophe : $øall'egj, mais moi, est pour $øall… $egj. Une fois l'‚lision faite, il y a souvent lieu de modifier la consonne qui pr‚cŠde l'apostrophe (15, 3). Exemple : met… sov, avec toi ; met'emov, avec moi ; me“'h–m\0n, avec nous. nkta øm‰lainan, nuit noire ; n‡“'h”l–n, nuit entiŠre. Remarque : La conjonction $h”ti et les pr‚positions $per‹ et $øpr” ne s'‚lident jamais. Par un ph‚nomŠne d'‚lision inverse, il arrive souvent (surtout en style familier et en po‚sie) qu'aprŠs une voyelle longue, on ‚lide la voyelle initiale d'un mot, elle-mˆme brŠve. C'est ce qu'on appelle l'aph‚rŠse ($afa‹resis, suppression). Exemples : \0'nax est pour \0 &nax (“ chef) ; Š'p‹ est pour Š ep‹ ; Š'gj est pour Š egj (ou moi) ; mŠ'g‡ˆ\)s est pour mŠ eg‡ˆ\)s. On trouve parfois deux ‚lisions dans un mˆme mot. Exemple : pov's“' (‚gal … $øesti) ho øPlovtos ; o— est le dieu øPloutos ? Š'p'asp‹dwn (Š ep‹) : ou sur les boucliers. 5. Euphonie (page 9) Le $n euphonique peut s'employer … la fin des datifs pluriels en -$øsi, des 3mes personnes de verbes termin‚s en -$øsi et en -$e, enfin des mots $øest‹ (il est) et $e‹kosi (vingt). On l'emploie devant une voyelle initiale et en fin de phrase, parfois mˆme devant une consonne. De mˆme $ohtws (ainsi) s'‚crit, en g‚n‚ral, $ohtw devant une consonne ; la n‚gation $øou devient toujours $øouk et $øou‡ devant une voyelle. La pr‚position $ek s'‚crit toujours $ek devant les consonnes, $ex devant les voyelles. ÷÷÷~Les Consonnes page 10 14. Les consonnes se divisent en occlusives ou explosives (appel‚es encore $muettes), liquides, nasales et sifflantes. Tableau page 10, en deux grandes colonnes : 1. occlusives ; 2. continues. Il y a trois lignes correspondant au lieu d'ouverture : labiales, dentales et gutturales (ou v‚laires). Les consonnes sont appel‚es sonores ou sourdes selon qu'elles s'accompagnent ou non de vibration des cordes vocales. [[[1. Occlusives Labiales : sonore : $b ; sourde : $p ; aspir‚e : $f. Dentales : sonore : $d ; sourde : $t ; aspir‚e : $dans. Gutturales (v‚laires) : sonore : $g ; sourde : $k ; aspir‚e : $‡. 2. Continues Labiales : liquide : rien ; nasale : $m ; sifflante : (F fran‡ais). Dentales : liquide : $l ; nasale : $n ; sifflante : $s. Gutturales (v‚laires) : liquide : $r ; nasale : $g (devant $g, $k et $‡) ; sifflante : ($j fran‡ais). ] Les occlusives ou explosives, ainsi appel‚es parce que, pour les prononcer, l'air est arrˆt‚, puis lib‚r‚ brusquement, se subdivisent en trois groupes selon que l'arrˆt se produit aux lŠvres, au niveau des dents ou du voile du palais. Les liquides sont $l et $r, ainsi appel‚es parce que leur prononciation est douce et coulante. Les nasales sont $m (labiale), $n (dentale) et la gutturale not‚e $g devant $g, $k et $‡ (3). La sifflante (dentale) est $s. On appelle consonnes doubles les lettres $y, $x et $z. Le $y ‚quivaut … $bs, $ps et $fs ; le $x … $gs, $ks et $‡s ; le $z … $sd. Par exemple : $k”rax (corbeau) est pour anciennement korak\-s. La forme adverbiale $A“‚naze (… øAthŠnes) est pour $A“‚nas\-øde. ~Rencontre de consonnes (page 10) 15. Quand certaines consonnes viennent … se rencontrer dans le corps d'un mot, ou mˆme dans deux mots cons‚cutifs, il se produit les modifications suivantes : 1. occlusives suivies de $s Les labiales et les gutturales, suivies de $s, se combinent avec cette lettre pour former les lettres doubles $y et $x. Exemple : anciennement øgraf-sw deviendra $øgr&yw (j'‚crirai) ; anciennement ag-sw deviendra $&xw (je conduirai). Les dentales suivies de $s s'assimilent. Mais comme un double $s se simplifie (16, 2), tout se passe comme si les dentales tombaient devant $s. Le $n (qui est une dentale) tombe devant $s dans la d‚clinaison, mais sa chute allonge d'ordinaire la voyelle pr‚c‚dente (allongement compensatoire). Exemple : pos (pied), datif pluriel : pos‹ (anciennement podsi, pot-si, øposs‹). elp‹zw (j'espŠre), aoriste ‚lpisa (anciennement –lpid-sa, ø–lpissa). øl”gous (anciennement ølogons. 2. Occlusives suivies de $m Devant $m, les labiales se changent en $m (assimilation) ; le plus souvent, les gutturales se changent en $g, les dentales en $s. Exemples : [[[øgr&f-w : j'‚cris ; øgr&m-ma : inscription ; dijk-w : je poursuis d‹wg-ma : poursuite, … c“t‚ de $akm‚, maturit‚ ; pe‹“-w : je persuade ; p‰peis-ømai : je suis persuad‚ ; mais : p”tmos, sort. ] 3. Accommodation des occlusives (page 11) Deux occlusives cons‚cutives doivent ˆtre du mˆme degr‚. La premiŠre, qui est toujours une labiale ou une gutturale, doit prendre le degr‚ de la dentale qui suit. Voici les seules combinaisons possibles entre des occlusives : gd ; kt ; ‡“. bd ; pt ; f“. Exemples : [[[anciennement {tetrib-tai} devient {$t‰trip-tai} (a ‚t‚ ‚cras‚) ; anciennement {gegraf-tai} devient {$g‰grap-tai} (a ‚t‚ ‚crit) ; anciennement tagtos devient $takt”s (d‚termin‚) ; anciennement {leg-“–setai} devient {$le‡-“‚setai} (sera dit). ] Exception : Toutefois la pr‚position $ek, $de, reste invariable, mˆme dans les compos‚s. Exemple : ek #“eov, de la part de øDieu ; ‰k-“esis, exposition. Remarque : En vertu du mˆme principe, une occlusive sourde finale est remplac‚e par l'aspir‚e correspondante si le mot qui suit a l'esprit rude, parce que l'esprit rude ‚quivaut … une aspir‚e. Exemples : øouk egj, non pas moi ; øou‡ ohvtos, non pas lui. Cette rŠgle s'applique aussi dans la composition des mots. Ainsi, des mots $ep‹, sur, et $h–m‰ra, jour, se forme le compos‚ $ef-‚meros, journalier, ‚ph‚mŠre. 4. Dissimilation des occlusives (page 11) Une dentale suivie d'une autre dentale se change g‚n‚ralement en $s. Exemples : [[[$antw, j'achŠve ; $anus-t”s, achev‚ ; cf. $hodm‚ (HomŠre) et $hosm‚, odeur. {$h‚d-omai}, je me r‚jouis ; $h‚s-“–n, je me suis r‚joui. ] Remarque : Un $t se change souvent aussi en $s devant voyelle (surtout devant $i, parfois $u), mais non aprŠs $s, ni … l'initiale d'un mot (assibilation). Exemple : $d‹dwsi ($d‹dwti), il donne ; $p”sis, mari (cf. $desp”t–s) ; $s ($t) ; mais $øesti, il est ; $p‹stis, foi, $mest”s, plein ; $t‹sis, chƒtiment. 5. Suppression d'une aspiration (page 11) En certains cas, si deux syllabes commen‡ant chacune par une aspir‚e viennent … se suivre, l'une des deux aspir‚es se remplace par la sourde correspondante. Exemple : $pef‹l–ka, j'ai aim‚, est pour anciennement fefil–ka ; $l“–ti, sois d‚li‚, est pour anciennement lu“–“i. Inversement, si une aspir‚e disparaŒt … l'int‚rieur d'un mot, l'aspiration reparaŒt ou bien est report‚e … l'initiale. Exemple : “r‹x, øtri‡”s (poil) ; ‰‡w (j'ai), h‰xw (futur, j'aurai) ; {“\_jpla} (‚gal … $t… $øh”pla, les armes) ; ø“&ttwn (‚gal … $ta‡‹wn, plus rapide) ; ‡\_w (‚gal … $ka* $ho) (13, 3) ; ‡\_w\) (po‚sie) (‚gal … $ka* ohi). 6. Occlusives et liquides pr‚c‚d‚es de $n (page 12) Dans le corps des mots, le $n, qui est une dentale, demeure sans changement devant les dentales ; il se change en $g nasal devant les gutturales, en $m devant les labiales et devant $m ; devant les liquides ($l, $r), il s'assimile. Exemples : [[[$sn-taxis, arrangement (syntaxe) ; $sug-kale‹n, convoquer ($sn, avec ; $kaleŒn, appeler) ; $sum-fwn‹a, symphonie ($sn, avec ; $fwn‚, voix, son) ; $sul-øl‰gein, rassembler (cf. $col-ligere en latin) ; ${sur-r‚gnumi}, briser (cf. $øcor-rumpere en latin). ] Remarque : Dans les verbes compos‚s, le $n reparaŒt devant l'augment. Comparer $øsull‰gw et $øsun‰legon, $øsumba‹nei et $øsun‰baine. 7. EpenthŠse (page 12) Dans un groupe $nr, $mr ou $ml s'introduit parfois une occlusive ($d ou $b) destin‚e … faciliter la prononciation. Exemples : $øandr”s (anciennement øan-ros) ; ø$gambr”s (anciennement gamros), gendre ; ø$brot”s (racine anciennement mro), mortel ; $øbljskw (racine anciennement mlo), je vais ; parfait, øm‰mblwka. Comparer le fran‡ais $gendre et le latin $generum. Dans le groupe initial $ømbr ou $ømbl, le $m finit par tomber, chute rendant la racine m‚connaissable. Comparer $ø&mbrotos, immortel, et $øbrot”s ; $øbljskw et {$m‰-mblwka}. ~Chute des consonnes (page 12) 16. Un mot grec ne peut se terminer que par une voyelle ou par l'une des trois consonnes $n, $r et $s (et donc aussi par $x et $y). Toute consonne autre que $n, $r, $s, doit donc tomber … la fin d'un mot. Ainsi le vocatif de $øfront‹s sera $øfront‹, celui de $‡&ris, $‡&ri ; $g&la, lait, est pour anciennement galakt, $t” pour anciennement tod, $ø&llo pour anciennement øallod ($aliud en latin). Note : Les deux mots $øouk et $ek, qui sont des proclitiques et ne font qu'un avec le mot suivant, ne sont pas une exception r‚elle. La preuve en est que, en fin de phrase, on ‚crit toujours $øo, jamais $øouk 1. Disparition de l'aspiration initiale L'aspiration initiale avait en grec une tendance … disparaŒtre. Le dialecte ‚olien et le dialecte ionien l'ont perdue l'un et l'autre. Ce ph‚nomŠne s'appelle psilose. Le dialecte attique a gard‚ l'aspiration initiale, qui ‚tait marqu‚e dans les alphabets anciens par la lettre H. On ‚crivait dans l'ancien alphabet attique (2) øHEKATON, cent. Plus tard, l'esprit rude marque l'aspiration initiale : $øhekat”n (note : en noir, la graphie "h" fut ensuite utilis‚e pour la lettre "ˆta" tandis que l'esprit rude est signal‚ par un demi-cercle). 2. Chute de la sifflante $s Souvent, dans la d‚clinaison et la conjugaison, un $s est tomb‚ … une ‚poque ancienne entre deux voyelles. Ainsi $g‰n– (races) est pour anciennement gene(s)a, mot identique au latin $genera ; $øelou est pour anciennement ele(s)o ; $elsw pour anciennement elsa(s)o. Toutefois, le $s intervocalique est conserv‚ au futur et … l'aoriste pour des raisons de clart‚ ou d'analogie : $lsw, ‰lusa. Un double $s se simplifie d'ordinaire : $øte‹‡essi (datif pluriel) est devenu ($te‹‡esi ; $pos‹ r‚sulte de øposs‹ (anciennement podsi) ; $‰s‡isa de $ø‰s‡issa (anciennement øes‡id-sa). Ce $s se maintient. Un $s initial a, d'ordinaire, disparu devant voyelle ou $r ; il est alors, le plus souvent, remplac‚ par l'aspiration (esprit rude) : $h–ds (anciennement s\%adus, avec un $a long, latin $suavis) ; $øh‰pomai, latin ø$sequor ; $hept&, latin $septem ; r‰w (anciennement srew). Dans ce dernier cas ($sr-), en composition, le $s, n'‚tant plus initial, reparaŒt et s'assimile au $r suivant : $økatarr‰w (anciennement kata-srew) ; de mˆme aprŠs l'augment : ø$‰rreon. Devant une nasale, le $s initial tombe purement et simplement : $m‹a (anciennement smia) : parfois il est conserv‚, comme dans $smikr”s, petit, … c“t‚ de $mikr”s ; $smˆnos, essaim, $sm&ragdos, ‚meraude... Un $s entre deux consonnes tombe : ø$t‰trif“e (anciennement øtetrip-s“e). AprŠs $liquide ($l, $m, $n, $r) le $s tombe avec allongement compensatoire de la voyelle pr‚c‚dente, dans la conjugaison seulement : $‰steila (anciennement øestel-sa) aoriste de $øst‰llw ; $‰neima (anciennement øenem-sa, enesma) aoriste de $n‰mw. Pour les occlusives devant $s, voir plus haut, 15 1. ~Les sonantes (page 13) 17 #… c“t‚ des voyelles et des consonnes, l'indo-europ‚en connaissait des ‚l‚ments interm‚diaires pouvant jouer tant“t le r“le de voyelles, tant“t le r“le de consonnes : on les d‚signe sous le nom de sonantes. Le grec n'en a conserv‚ que deux (et encore en partie seulement), $i et $u ; les autres (liquides) $l, $m, $n, $r sont employ‚es uniquement comme consonnes. Dans le r“le de voyelles, elles ont d‚velopp‚ en grec un $a, qui se joint … $l et $r : $‰stalka, $økard‹a ou $økrad‹a (latin {$cor $cordis}), et remplace $m et $n aprŠs consonne : comparer $”noma et $ønomen, $f\0ra et $furem ; $‰lusa est pour anciennement elus-m. AprŠs voyelle, $m et $n s'unissent parfaitement : $øp”lin, $pˆ‡un. Un $m final devient $n ; cf. latin $lupum et grec $ølkon. 18 Le yod et le digamma, en disparaissant, ont amen‚ diverses transformations dans les formes grecques. #… l'initiale, ils tombent purement et simplement ; le yod est alors remplac‚ par l'esprit rude ; $h”s, $øhˆpar (latin $jecur) ; le digamma n'est qu'exceptionnellement remplac‚ par l'esprit rude : $øhesp‰ra (latin $øvesper), … c“t‚ de $ø‰rgon (anglais $øwork, allemand øWerk) ; $o‹kos (latin $vicus). On retrouve le souvenir du digamma dans la po‚sie hom‚rique, o— il empˆche notamment l'hiatus entre deux mots ; voir 398, 4. Intervocaliques, ils tombent et les voyelles mises en contact se contractent dans le cas du yod ($øpei“ovs), restent intactes dans les cas du digamma ($basil‰a, avec un $a long ; $bo”s). Le digamma est, en effet, tomb‚ plus tard que le $s, … une ‚poque o—, les contractions ne se faisant plus, $h–d‰a s'est maintenu … c“t‚ de $te‹‡– pour anciennement tei‡esa. 19. En contact avec des consonnes, le digamma et le yod ont amen‚ des transformations phon‚tiques trŠs vari‚es, qui expliquent en morphologie un certain nombre d'irr‚gularit‚s ou d'exceptions apparentes. Ces deux semi-voyelles ont eu des traitements diff‚rents. 1. Le digamma (page 13) - devant consonne, se vocalise : $basiles, anciennement øbasile\%s ; $bovs, anciennement bo\%s - aprŠs consonne tombe (sans allongement en attique) : $g”nata (de $g”nu), genoux (anciennement øgon\%ata, hom‚rique $gonata) ; $k”r–, jeune fille, pupille (anciennement økor\%a, avec un $a long, hom‚rique $kor–) ; $x‰nos, ‚tranger (anciennement øxen\%os, hom‚rique $xe‹nos). - s\% initiaux, ou intervocaliques tombent : anciennement nas\%os : $nƒ”s : $n–”s : $nejs, temple ; anciennement s\%adus (avec un $a long) : $h–ds, doux ; anciennement øs\%ex : $h‰x, latin $øsex 2. le yod (page 13) La sonante yod, aprŠs une gutturale ou une dentale (sourdes ou aspir‚es) se fond en cette consonne pour donner $øtt ($øss dans l'ancien attique) ; aprŠs gutturale ou dentale sonore ($g, $d) elle aboutit … la lettre double $z. Exemples : $øm‰litta, $øm‰lissa, anciennement melit\+a, abeille ; øful&ttw, $øful&ssw, anciennement fulak\+w, je garde ; $st‹zw, anciennement stig\+w, je marque ; $elp‹zw, anciennement elpid\+w, j'espŠre. AprŠs labiale (sourde ou aspir‚e), la sonante yod aboutit … $pt : \4&ptw, anciennement taf\+w, j'ensevelis. AprŠs $l, elle s'assimile … cette lettre : ø$&llos, anciennement al\+os. Enfin, en contact avec $n ou $r, la sonante yod devient voyelle ($i) et passe dans la derniŠre syllabe du radical : $moŒra, anciennement ømor\+a, $økoin”s, anciennement økom\+os, anciennement kon\+os, $øm‰laina, anciennement ømelan\+a. Quand la voyelle du radical a le son $e, $i, $u, elle s'allonge aprŠs chute du yod ; $f“e‹rw, anciennement øf“er\+w, je fais p‚rir ; $te‹nw, anciennement øten\+w, je tends ; $økrŒnw, anciennement økrin\+w, je juge. On notera : $ka‹w, anciennement ka\%+w, je br–le, et ø$kla‹w, anciennement økla\%+w, je pleure. ~L'analogie (page 14) 20. Il ne faut pas oublier enfin le grand r“le jou‚ dans toutes les langues par l'analogie, dont l'effet est d'empˆcher le jeu ordinaire des lois de la phon‚tique et de la morphologie. Cette influence s'exerce … la fois dans la d‚clinaison et dans la conjugaison. C'est en vertu de l'analogie : - que les d‚sinences d'une d‚clinaison, par exemple, passent dans une autre : $ønean‹ou (d‚sinence de 2Šme d‚clinaison), $øSwkr&t–n (d‚sinence de premiŠre d‚clinaison) ; - que deux cas prennent la mˆme d‚sinence au pluriel : $i‡“vs, accusatif pluriel (puis nominatif pluriel), $p”leis, nominatif pluriel (puis accusatif pluriel) ; - que le radical du nominatif est ‚tendu … toute la d‚clinaison : $fjr; $fwr”s. ÷÷~II) La quantit‚ (page 14) 21. Le rythme naturel de la langue grecque est quantitatif, c'est-…-dire qu'il repose sur l'alternance, dans des conditions d‚termin‚es, de syllabes longues et de syllabes brŠves (une longue valant normalement deux brŠves). L'‚l‚ment quantitatif est h‚rit‚ de l'indo-europ‚en. 22. On appelle $prosodie les rŠgles fixant la mesure des syllabes longues ou brŠves de la langue. Sont $longues, du point de vue de la quantit‚, les syllabes qui comportent une voyelle longue par nature ($– ou $w), une diphtongue, une voyelle r‚sultant d'une crase ou d'une contraction, enfin une syllabe contenant un $a, un $i ou un $u long par nature. De mˆme sont consid‚r‚es comme longues les syllabes pr‚sentant une voyelle brŠve suivie d'une consonne double ($z, $x, $y) ou de deux consonnes cons‚cutives, que ces consonnes doubles ou ces consonnes cons‚cutives appartiennent au mot lui-mˆme ou au mot suivant. Cet allongement est dit allongement par convention (øper $positionem en latin, $kat… $ø“‰sin en grec). En attique, une voyelle brŠve suivie de deux consonnes dont la seconde est une liquide ($l, $m, $n, $r) reste brŠve ({$correptio $attica}). Sont brŠves, du point de vue de la quantit‚, les syllabes qui comportent une voyelle brŠve ($e, $o et dans certains cas, $a, $i, $u), pourvu que ces voyelles ne soient pas suivies d'une consonne double ou de deux consonnes cons‚cutives. Une diphtongue en hiatus s'abrŠge au temps faible. Les voyelles $a, $i et $u sont, suivant les cas, longues ou brŠves par nature. Pour reconnaŒtre leur quantit‚, quand elles sont … l'int‚rieur d'un mot, on consultera le dictionnaire. Pour reconnaŒtre la longueur de $a, $i, $u dans les d‚sinences, on se reportera aux indications donn‚es au paragraphe 34. 23. On appelle $m‚trique les rŠgles de l'arrangement des syllabes longues et brŠves destin‚es … former les ‚l‚ments rythmiques avec lesquels on fait des vers. Il y a dans la langue grecque cinq rythmes m‚triques essentiels : le rythme ‹ambique (brŠve longue brŠve longue), le rythme trocha‹que (longue brŠve longue brŠve), le rythme dactylique (longue deux brŠves, longue deux brŠves), le rythme anapestique (deux brŠves longue, deux brŠves longue), le rythme p‚onique (longue brŠve longue, longue brŠve longue) ; les autres rythmes ne sont que des d‚riv‚s des pr‚c‚dents. Le rythme ‹ambique est celui qui s'adapte le mieux aux donn‚es naturelles de la langue grecque. La prose de certains ‚crivains est m‚trique, en ce sens qu'elle comporte en certaines parties de la phrase, et notamment dans les $clausules, des ‚l‚ments quantitatifs. Au cours de l'‚volution de la langue, le rythme fond‚ sur l'accent tonique tendit … se substituer progressivement au rythme quantitatif ; … ‚poque tardive, la po‚sie elle-mˆme rempla‡a le rythme quantitatif par un rythme fond‚ sur l'accent. ÷÷~III) L'accentuation (page 15) 24. La langue grecque est accentu‚e, c'est-…-dire que la voix s'‚lŠve ou appuie davantage sur certaines syllabes des mots. C'est ce qu'on appelle l'accent tonique. L'accent, qui se rencontre dans la plupart des langues europ‚ennes, est attest‚ en grec dŠs la haute antiquit‚. On ne s'accorde pas pour savoir si, … l'origine, l'accent marquait la hauteur ou l'intensit‚. Cette derniŠre formule a fini par pr‚valoir. L'accent ‚tait naturel en grec. Il pouvait varier suivant les dialectes. Ainsi on sait que dans le dialecte ‚olien l'accent reculait le plus loin possible de la finale. Les rŠgles que nous donnons valent pour l'attique et la langue commune. Les rŠgles grammaticales de l'accentuation ont ‚t‚ formul‚es par Aristophane de øByzance (IIIme siŠcle avant J.C.). Les savants de l'antiquit‚ ont longuement discut‚ sur l'accentuation de certains mots, en tenant compte plus souvent des th‚ories grammaticales que de l'observation des usages, lesquels du reste ont d– ‚voluer. Les solutions apport‚es … tous ces problŠmes furent compil‚es par øH‚rodien (IIme siŠcle aprŠs J.C.), dont les th‚oriciens post‚rieurs demeurent tributaires. ~Les diff‚rents accents (page 15) 25. Un mot accentu‚ de l'accent aigu peut ˆtre proparoxyton, paroxyton, oxyton, suivant que l'accent est plac‚ sur l'ant‚p‚nultiŠme, la p‚nultiŠme ou la derniŠre syllabe. Un mot accentu‚ du circonflexe peut ˆtre prop‚rispomŠne ou p‚rispomŠne suivant qu'il est plac‚ sur la p‚nultiŠme ou sur la derniŠre. Cet accent ne peut ˆtre port‚ que par une voyelle longue ou une diphtongue. L'accent grave n'est pas en soi un v‚ritable accent : il s'emploie, en principe, pour indiquer la suppression de l'accent aigu. On l'emploie chaque fois qu'un mot qui ‚tait accentu‚ de l'aigu sur la finale est suivi d'un mot non enclitique ; l'accent aigu disparaŒt alors, remplac‚ par l'accent grave (sauf devant ponctuation). ~Quelques lois de l'accent premier (page 16) 26. Chaque mot grec a un accent premier, qu'on trouve g‚n‚ralement au nominatif des noms et qui persiste d'ordinaire aux autres cas, compte tenu des rŠgles qui seront expos‚es par la suite. 1. Reculent l'accent le plus possible : 1. tous les noms neutres, sauf plusieurs en $‹on et $zug”n, $\w)”n ; 2. les noms en $a bref ; 3. les noms en $x ou $y ; 4. les noms en $is, $ews ; 5. les adjectifs en $wn ; 6. presque tous les noms propres ; 7. les noms f‚minins en $”t–s, $”t–tos. 2. Dans la plupart des mots compos‚s et d‚riv‚s, l'accent recule le plus possible. Exemple : hod”s, sn\-odos ; al‚“–s, fil\-al‚“–s ; takt”s, &\-taktos ; ‰n\-doxos. Toutefois, si le premier mot composant est un nom, d'ordinaire l'accent ne d‚passe pas le second : {nomo\-gr&fos, øoiko\-n”mos, øoino\-‡”os}. 3. Ont l'accent aigu sur la finale : 1. les noms en $&s, $&dos, et les noms communs en $‹s $‹dos, sauf $‰ris (querelle) ; 2. les noms en $es, en $‚n, $‰nos, mais ø#‰ll–n ; 3. les masculins en $‚r ; 4. tous les adjectifs en $ik”s, tous ceux en $s, sauf $h‚misus et $“ˆlus, la plupart de ceux en $‚s ; 5. les pr‚positions, sauf $øen, $eis, $ek, qui n'ont pas d'accent. 4. Ont l'accent aigu sur la p‚nultiŠme : 1. les noms en $a long, sauf $øagor&, place ; $øagui&, rue ; $sto&, portique ; $sik&, ombre ; ø$strati&, arm‚e ; ø$paidi&, amusement ; 2. les diminutifs en $‹skos et les adjectifs verbaux en $t‰os ; 3. les adverbes en $&kis : ø$poll&kis. ~RŠgles g‚n‚rales de l'accentuation (page 16) 27. Dans la d‚clinaison, l'accent du nominatif, ou accent premier, persiste en g‚n‚ral aux autres cas sur la mˆme syllabe, sauf : 1. quand le nombre des syllabes suivant l'accent est augment‚ par suite de la flexion : \s0ma, sjmatos, sjmasi. 2. quand la quantit‚ de la voyelle finale change : \s0ma, swm&twn. Une finale longue, valant deux syllabes brŠves, ne permet pas … l'accent aigu de rester sur l'ant‚p‚nultiŠme : p”lemos, øpol‰mou ; h‰teros, het‰ra (f‚minin) ; ‹dios, id‹a (f‚minin). Une p‚nultiŠme longue accentu‚e re‡oit le circonflexe si la finale est brŠve ; l'aigu, si la finale est longue : {dˆmos, d‚mou ; stratijt–s, \strati0tai ; &n“rwpos, an“rjpou}. 3. En cas de contraction d'une syllabe accentu‚e : $“ra, g‚nitif pluriel : $“r&-wn, \“ur0n' Dans les contractions, si la voyelle accentu‚e n'est pas l'une des deux qui se contractent, naturellement elle garde son accent : te‹‡ea, te‹‡– ; øef‹leon, øef‹loun. Si elle fait partie du groupe qui se contracte, la syllabe contract‚e est toujours longue et prend le circonflexe : tei‡‰wn, \tei‡0n ; fil‰w, \fil0, … moins que les rŠgles pr‚c‚dentes ne s'y opposent : file”me“a, filome“a. Remarques : I) Les adjectifs en ø$ous ont toujours l'accent sur la finale, s'ils sont pour $eos : ‡rseos, ‡rusovs ; sur la p‚nultiŠme, s'ils sont pour $oos : enoos, øenous. II) Quand la longue finale r‚sulte d'une m‚tathŠse (13 1), celle-ci n'a pas d'influence : p”lis, p”lews (‚gal … p”l–os). On retiendra surtout que l'accent ne peut remonter au-del… de la troisiŠme brŠve, sauf dans la plupart des terminaisons trocha‹ques (deux longues, brŠve) : &n“rwpos, øpra”t–tos (g‚nitif de ø$pra”t–s), øh‰toimos (hetoŒmos), ølousa (f‚minin du participe $lwn), ø‰moige (emo‹) (loi de øVendryes). Dans $øan“rjpou, la finale ‚tant longue, l'accent ne peut porter que sur le 2me temps de l'“m‚ga ; l'accent circonflexe porterait sur le premier temps de l'“m‚ga, donc sur le 4me temps en commen‡ant par la finale, chose impossible. 28. Dans la conjugaison et dans les comparatifs et superlatifs, l'accent recule aussi loin que le permet la quantit‚ de la finale : {lw, lomen, ‰luon, l‰luka, lvsai}. Pour ce qui est des formes contractes des verbes, elles s'accentuent compte tenu des observations formul‚es pour la d‚clinaison. Dans les verbe compos‚s, l'accent suit les rŠgles donn‚es pour les verbes simples. Toutefois il ne recule jamais au-del… de l'augment : {pareŒ‡on, par‰s‡on, apˆl“on}. Toutes les particularit‚s relatives … l'accentuation des verbes et les exceptions … la rŠgle g‚n‚rale seront donn‚es dans l'‚tude de la conjugaison (109, 132 2, 147). ~Pr‚positions, ‚lision, crase (page 17) 29. Les pr‚positions $ap”, hup”, hup‰r, par&, kat& et met& d‚placent l'accent quand elles suivent leur compl‚ment : ”rei ‰pi (‚gal … ep'”rei), gewrg‹as p‰ri (anastrophe, page 126), ou quand elles ‚quivalent … un verbe : p&ra (‚gal … p&resti), ‰ni (‚gal … ‰nesti). Quand une syllabe accentu‚e s'‚lide, la syllabe pr‚c‚dente re‡oit l'aigu : {p”ll'eŒdon} (‚quivaut … : {poll… eŒdon}) ; ag&\4'ˆn (‚gal … aga“… ˆn) ; t… de‹n'horƒn}, et non $deŒn' (‚gal … $dein&) ; øat', et non øavt', (‚quivaut … : øaut&). Toutefois, aprŠs l'‚lision, {all&, oud‰, m–d‰} et les pr‚positions restent sans accent : {all'egj, par'emov, oud'aut”s.} Dans une crase, l'accent du second mot subsiste seul : \k_agj (‚gal … ka* egj), et ‚ventuellement l'esprit du premier : hagj ‚gal … : h… egj, han‚r ‚gal … : ho an‚r. Exception : {\t_ƒlla (‚gal … t… &lla}). ~Proclitiques et enclitiques (page 17) 30. Les proclitiques sont des monosyllabes qui s'appuient sur le mot suivant et sont d‚pourvus d'accent. Ce sont les formes $ho, $h–, {$ohi, $ahi} de l'article ; les pr‚positions $øen, $eis, $ek ; les conjonctions $ei, $hws et la n‚gation ø$ou. Toutefois, on accentue : [[[1. L'article employ‚ comme d‚monstratif : {h^ m‰n... h^ d‰} ; 2. $hjs employ‚ pour $ohtws : ø$oud'hws, pas mˆme ainsi ; 3. ø$ou suivi d'une forte ponctuation : {s— m‰n oŒs“a, egq dc o}. ] 31. Les mots enclitiques s'appuient sur le mot qui pr‚cŠde et ne portent pas eux-mˆmes l'accent. Dans la prose grecque, ce sont : [[[1. L'ind‚fini $tis, $tin”s, … tous les cas ; on le distingue par l… de l'interrogatif $t‹s, $t‹nos. 2. Les formes faibles et monosyllabiques des pronoms personnels : {mou, moi, me} et {sou, soi, se}. 3. L'indicatif pr‚sent de $eimi et de $f–mi, sauf les deuxiŠmes personnes : $eŒ et \f‚)s' 4. Les adverbes ind‚finis $pws, $pw, $pote, {$pou, $poi, $po“en}, \pˆ)' 5. Les particules ins‚parables ø$per et $øde : {ka‹per, toi”sde} ; ainsi que {$ge, $te, $toi}. ] 32. Par leur nature mˆme, les enclitiques ne peuvent commencer une phrase ou un membre de phrase. Il y a exception pour $eim‹ et $f–m‹, qui alors cessent d'ˆtre enclitiques et portent l'accent : {f–s*n ho l”gos}. $øest‹ pr‚c‚d‚ d'une apostrophe, $f–s‹ et $fas‹ entre deux virgules, ont l'accent sur la finale : {prƒgm'est‹}. $ù#‰sti s'accentue sur la premiŠre syllabe : a) quand il signifie "il existe" ou "il est possible" ; b) au commencement d'une phrase ; c) aprŠs {$ouk, $ei, $ka‹, $m‰n, $m‚, $h”ti, $pov, $hws, $tovt', $all'.} Exemple : {Ouk ‰stin aga“”s, #“e^s ‰stin}. Mˆmes rŠgles pour $eis‹. ÷~RŠgles des enclitiques, page 18 33. D'une maniŠre g‚n‚rale on peut dire que, du point de vue de l'accentuation, l'enclitique fait corps avec le mot sur lequel elle s'appuie. En cons‚quence : 1. AprŠs un oxyton ou un p‚rispomŠne l'enclitique perd son accent et l'oxyton suivi d'une enclitique re‡oit l'aigu au lieu du grave : {an‚r tis, aga“”s estin, \‡wr0n tinwn}. 2. AprŠs un paroxyton, l'enclitique disyllabe prend un accent sur la finale, pour ‚viter qu'il y ait trois syllabes de suite sans accent : {l”gou tin&, l”gwn \tin0n, f‹los est‹n}. 3. Un proparoxyton, ou un prop‚rispomŠne, suivi d'une enclitique, prend l'accent aigu sur la finale, ce qui lui fait deux accents : {&n“rwp”s tis, &n“rwpo‹ tines, filˆsaŒ me, filˆsa‹ tina}. Cette loi ne joue pas pour $kˆrux, $foŒnix. 4. Une proclitique suivie d'une enclitique re‡oit l'accent aigu : $e‹ $ti, $e‹ $tina ; exception : {ouk eim‹, ouk eis‹n.} De mˆme, si plusieurs enclitiques se suivent, toutes ont l'aigu, sauf la derniŠre : {polla‹ tin‰s eis‹ moi oik‹ai.} ÷~Quantit‚ des voyelles relativement … l'accentuation, page 18 34. La quantit‚ des voyelles, relativement … l'accentuation, ne correspond pas toujours rigoureusement … la quantit‚ naturelle d‚termin‚e par la prosodie. Voici … cet ‚gard les rŠgles essentielles : 1. Les voyelles $– et $w sont longues. On verra une exception apparente pour la voyelle $w dans la deuxiŠme d‚clinaison attique et dans tous les cas de m‚tathŠse de quantit‚ : {‹lews, ‹lewn ; p”lews, p”lewn.} 2. Les diphtongues, y compris $\a), sont longues, sauf les finales ø$oi et $øai. Toutefois les finales ø$oi et ø$ai sont longues … l'optatif et dans les adverbes en $øoi : ølsai (‚gal … $lseie), ø$o‹koi (‚gal … $domi en latin). Mais ø$lvsai est un infinitif, et $øoŒkoi un nominatif pluriel. 3. $#a final est long : 1. au duel : tq mosa ; 2. au vocatif des noms masculins en $as : nean‹a ; 3. dans la plupart des nominatifs f‚minins o— l'$a est pr‚c‚d‚ d'une voyelle ou d'un $r : {oik‹a, h–m‰ra, dika‹a, sofwt‰ra}, sauf quelques noms comme {$al‚“eia, $enoia, peŒra, moŒra}, les adjectifs en $us, $eŒa et les participes parfaits : lelukuŒa. Partout ailleurs $a final est bref : {“&latta, lousa, polŒta, \d0ra, l‰onta, ‰lusa, lu”me“a, d‹kaia} (au neutre). 4. $As final est long dans la premiŠre d‚clinaison : øoik‹as, nean‹as ; et dans les nominatifs en $as, $øantos : $øpoi‚sas. Il est bref ailleurs : {l‰ontas, epo‹–sas, paŒdas.} 5. $øAn final est bref, sauf … l'accusatif des mots en $a long, ou $as long : ‡re‹an, nean‹an. 6. $I et $u final, $in, $un, $us, sont g‚n‚ralement brefs, sauf dans les verbes en $numi : {de‹knu, ede‹knun, ede‹knus, ede‹knu}. Fin de la premiŠre partie