Ý{Grammaire Grecque ÝRagon, Dain, De Foucault, Poulain} Volume V (pagination en noir : p. 125-160) ÷~Chapitre VII, page 125 : Pr‚positions 169. page 125 Il y a dix-huit pr‚positions proprement dites qui se construisent les unes avec trois cas, d'autres avec deux cas, le plus grand nombre avec un seul cas. Originellement, les pr‚positions sont de v‚ritables adverbes (souvent encore chez HomŠre) dont la langue a d‚velopp‚ l'usage pour pr‚ciser la valeur exacte du compl‚ment et lui servir d'appui. En r‚alit‚, … l'origine, la pr‚position ne gouverne aucun cas ; le cas, … lui seul, exprime le compl‚ment. Mais … l'‚poque classique, le rapport est ‚troit entre la pr‚position et le cas, qui conserve toujours sa valeur primitive. On remarquera que ces pr‚positions, dans leur sens premier, concernent uniquement l'espace et le temps. Seules, les pr‚positions proprement dites servent de pr‚verbes et entrent dans la composition des verbes o— elles ont mieux conserv‚, du reste, leur sens primitif. Tableau des pr‚positions, page 125 [[[øant‹ : sens g‚n‚ral : en face ; g‚nitif : au lieu de. ap” : sens g‚n‚ral : en partant de ; g‚nitif : de, loin de ; depuis. ek (plus consonne), ex (plus voyelle) (ancien $eks) : sens g‚n‚ral : en sortant de ; g‚nitif : hors de, de ; par suite de. øpr” : sens g‚n‚ral : devant ; g‚nitif : devant, avant ; pour, en faveur de. øan& : sens g‚n‚ral : en montant ; accusatif : en remontant, … travers (surtout en po‚sie). eis ; øes (ancien øens) : sens g‚n‚ral : $øin avec accusatif ; accusatif : …, vers, dans ; pour (tel jour). øen : sens g‚n‚ral : $øin, avec ablatif. ; datif : en, dans, sur. sn, xn : sens g‚n‚ral: avec ; datif : avec (rare en prose). di& : sens g‚n‚ral : en partageant ; g‚nitif : … travers, par ; durant ; au moyen de ; accusatif : … cause de ; grƒce …. kat& : sens g‚n‚ral : en descendant ; g‚nitif : du haut de ; sous (terre) ; contre ; accusatif : en descendant le long de ; sur l'‚tendue de ; du temps de ; selon ; en vue de (voir 81, I). hup‰r : sens g‚n‚ral : au-dessus ; g‚nitif : au-dessus de ; dans l'int‚rˆt de, pour ; accusatif : au-dessus de, au-del… de. amf‹ : sens g‚n‚ral : des deux c“t‚s ; g‚nitif : au sujet de (rare) ; accusatif : autour de ; environ (mille) ; datif : chez les poŠtes. ep‹ : sens g‚n‚ral : sur ; g‚nitif : sur (sans mouvement) ; devant (des t‚moins) ; vers (la patrie) ; accusatif : sur (dans la direction de) ; vers, contre ; datif : sur (po‚tique), prŠs de, dans ; aprŠs (quelqu'un) ; au sujet de ; … condition de ; (ˆtre au pouvoir) de ; en vue de. met& : sens g‚n‚ral : au milieu de (id‚e de changement) ; g‚nitif : avec (parmi) ; accusatif : aprŠs ; datif : parmi (chez les poŠtes). øpar& : sens g‚n‚ral : … c“t‚ ; g‚nitif : de, d'auprŠs de (quelqu'un) ; de la part de ; accusatif : chez, auprŠs de (quelqu'un, question $øquo) ; le long de ; contrairement … ; datif : auprŠs de (question $ubi). øper‹ : sens g‚n‚ral : autour ; g‚nitif : au sujet de ; accusatif : autour de ; vers (le soir) ; datif : autour de (rare). øpr”s : sens g‚n‚ral : id‚e de contact ; g‚nitif : du c“t‚ de (question $ubi) ; de la part de, au nom de ; accusatif : vers, jusqu'… ; contre, envers ; datif : … c“t‚ de ; outre. hup” : sens g‚n‚ral : sous (id‚e de chose secrŠte) ; g‚nitif : sous l'influence de, par ; accusatif : sous (question $øquo) ; vers (telle ‚poque) ; datif : sous (question $ubi) ; au pouvoir de. ] Remarque, page 126 Les pr‚positions sont parfois plac‚es aprŠs leur compl‚ment (anastrophe). L'accent d'une pr‚position est plac‚ sur la syllabe la plus rapproch‚e du compl‚ment : øper* gewrg‹a\)s, mais gewrg‹as p‰ri (29). Exemples, page 127 [[[Ap” : {ap^ tat–s tˆs h–m‰ras} : depuis ce jour-l… ; {“–reein ap^ h‹ppou} : chasser … cheval ; {ap^ sk”pou l‰gein} : s'‚carter de son sujet. Ek : ek øpaid”s (pour une personne), ek pa‹dwn (pour plusieurs personnes) : dŠs l'enfance ; ek tov øar‹stou : aussit“t aprŠs le repas ; ek dexiƒs : … droite. {Pr” : aireŒs“ai pr^ doule‹as “&naton} : pr‚f‚rer la mort … l'esclavage. An& : {planƒs“ai an… t… ”r–} : errer par les montagnes ; {fegein an… kr&tos} : fuir de toute sa force (81 Remarque I). Eis : eis ta\_ut^ øsuni‰nai : se r‚unir au mˆme endroit ; h– eis {heort…s es“‚s} : habit de fˆte ; øeud”kimos eis sof‹an : renomm‚ pour sa sagesse (81, Remarque IV). {En : en totw\)} : … ce moment-l… ; {en toŒs f‹lois ti“‰nai} : mettre au nombre de ses amis ; h– øen Mara“\0ni m&‡– : la bataille de {Marathon ; l‰gein en toŒs dikastaŒs} : parler devant les juges ; {h”son est*n en emo‹} (ou : ep'emo‹) : autant qu'il est en mon pouvoir. Di& : di… tavta : c'est pourquoi ; di… l”gwn øende‹xas“a‹ ti : d‚montrer quelque chose par des paroles ; di… {f”bou eŒnai} : ˆtre dans la crainte ; di… {t&‡ous (ap^ t&‡ous, kat… t&‡os)} : avec rapidit‚ ; di… ø‡r”nou : aprŠs un long intervalle ; {di… fil‹as i‰nai tin‹} : ˆtre bien avec quelqu'un. Kat& : kat… fˆn ka* kat… {“&lattan} : sur terre et sur mer ; {ka“'h‰na m&‡es“ai} (81, Remarque, I) : combattre un … un ; t^ ka“'h–m‰ran : chaque jour ; {ka“'heaut”n} : tout seul, en soi-mˆme ; {kat… Kvron basileonta (ep* Krou basileontos)} : sous le rŠgne de Cyrus ; kat… øspoud‚n : avec c‚l‚rit‚ ; kat… øn”mon : selon l'usage. Hup‰r : hupcr {&n“rwpon froneŒn} : oublier qu'on est homme. #ep‹ : ep‹ ødeŒpnon kaleŒn : inviter … dŒner ; ep* d”ru, ep'asp‹da : … droite, … gauche (terme militaire) ; {t&ttes“ai ep* tett&rwn} : ˆtre quatre de front ; ep* øtotois : l…-dessus, aprŠs cela, … cette condition ; ohi ep* øpƒsin : l'arriŠre-garde ; {ohi ep* toŒs pr&gmasin} (ou : t\0n øpragm&twn) : ceux qui dirigent les affaires. {Par& : pleŒn par… gˆn} : c“toyer la terre ; {par… p”ton} : en buvant ; {par… tŠn d”xan} : contre les pr‚visions ; {par'oudcn poieŒs“a‹ ti} : ne faire nul cas d'une chose ; øpar'asp‹da : … gauche (du c“t‚ du bouclier). {Per‹ : eŒnai per*} (ou : amf*) {t… hier&} : s'occuper des sacrifices ; t… {per* tŠn gewrg‹an} : les choses de l'agriculture ; ohi {per* Swkr&t–n} ! l'entourage de {Socrate, Socrate} et ses amis ; par la suite : ohi {per* t^n Ann‹ban : Hannibal} (seul). {Pr^s : pr^s totois} : outre cela ; {pr^s tˆ\) oik‹a\)} : prŠs de la maison ; {eŒnai pr”s tinos} : ˆtre du parti de quelqu'un ; t… {pr^s t^n p”lemon} : ce qui touche … la guerre ; {pr^s ‡&rin l‰gein} : dire par la flatterie, flatter en paroles ; {pr^s hesp‰ran} : vers le soir ; øpr^s “e\0n : au nom des dieux ; {pr^s t^n aul”n} : au son de la fl–te. Met& : met… tŠn m&‡–n : aprŠs la bataille ; me“'h–m‰ran : en plein jour ; met… {Fil‹ppou eŒnai} : ˆtre avec Philippe. Hup” : huf'{eaut\0\) poieŒs“ai} : mettre en son pouvoir ; {hup^ basil‰a g‹gnes“ai} : tomber au pouvoir du roi ; hup^ to—s {auto—s ‡r”nous} : vers la mˆme ‚poque ; hup^ t^n øl”fon : au pied de la colline ; up'øaul–t\0n : au son de la fl–te. ] 170. page 128 D'autres mots, d'origines diverses, s'emploient ‚galement comme pr‚positions : 1. $hws, vers, veut l'accusatif d'un nom de personne (uniquement en attique). 2. L'adverbe $h&ma peut signifier "en mˆme temps que", "dŠs", avec le datif : h&ma tˆ\) h–m‰ra\) : avec le jour. 3. Les mots suivants, employ‚s comme pr‚positions, veulent le g‚nitif : [[[{‡&rin} : en faveur de, pour {h‰neka (h‰neken)} : en vue de, … cause de {&neu} : sans d‹k–n : … la fa‡on de &‡ri, m‰‡ri : jusqu'… øpl‚n : except‚, sauf ] Remarques, page 128 I) {‡&rin, h‰neka} et d‹k–n, accusatifs employ‚s adverbialement, se placent habituellement aprŠs leur compl‚ment. On trouve en po‚sie eh‹neka et oneka. {#&neu, pl‚n} et m‰‡ri n'entrent pas dans la composition des verbes. II) M‰‡ri est parfois employ‚ comme conjonction au sens de "jusqu'… ce que", au lieu de $h‰ws (172) et, en revanche, (… basse ‚poque seulement), $h‰ws a pris le sens de $m‰‡ri. 4. La plupart des adverbes de lieu s'emploient comme pr‚positions avec le g‚nitif : [[[ø‰mpros“en, øpr”s“en : devant p”rrw : loin de øeu“ : tout droit vers metax : entre øent”s : en de‡… de, dans les limites de ø‰ndon : (ˆtre) … l'int‚rieur de e‹sw : (aller) … l'int‚rieur de ø”pis“en : derriŠre eggs, øpl–s‹on, p‰las : prŠs de ‡wr‹s : … l'exclusion de p‰ra, p‰ran : au-del… de ekt”s, ‰xw : hors de ø‰xw“en : en dehors de øenant‹on : en face de ] Remarque, page 128 Au rebours, la pr‚position ø$pr”s peut s'employer adverbialement : {pr^s d‰, pr^s dc ka*, ka* pr”s ge} : et de plus, en outre. ÷~Chapitre VIII, page 129 : Conjonctions, particules et interjections 171. page 129 On distingue les conjonctions proprement dites ou conjonctions de subordination, qui indiquent de quelle maniŠre une proposition d‚pend d'une autre, et les conjonctions de coordination ou particules, qui servent simplement … unir ou opposer entre eux des ‚l‚ments de mˆme nature (mots, propositions ou phrases). En r‚alit‚, les conjonctions ne "gouvernent" aucun mode ; chaque mode garde dans les subordonn‚es sa propre valeur. I) Conjonctions de subordination 172. page 129 #‚nonciation : h”ti, hws : que (aprŠs je dis, je sais, je montre). But : h‹na, h”pws : afin que ; h‹na m‚ : de peur que (subjonctif) Cause : h”ti, di”ti : parce que ; h”te, epe‹, epeid‚ : puisque. Cons‚quence : hjste : de maniŠre … (infinitif) ; en sorte que (indicatif). Condition : ei : si (indicatif ou optatif) ; e&n (‚n, &n) : si (subjonctif). øe‹per : si vraiment, si comme je le crois, puisque ; ei &ra, eŒ øpou : si par hasard ; eŒ ge : si toutefois. ei m‚ : si... ne pas, … moins que ; ei dc m‚ : sinon. Concession : ei ka‹ : quoique ; ka* ei, k\_&n (pour : ka* e&n) : mˆme si, quand mˆme ; øka‹per : bien que (participe). Temps : h”te : lorsque ; h–n‹ka : au moment o— ; hop”te : chaque fois que ; hws : lorsque ; epe‹, epeid‚ : quand, aprŠs que ; h‰ws, ‰ste, m‰‡ri ohv : jusqu'… ce que ; h‰ws, ‰ste : tant que ; øpr‹n : avant de, avant que (infinitif, indicatif ou optatif) ; øen \0\) : pendant que ; ex ohv, af'ohv : depuis que. Remarque, page 129 Il ne faut pas confondre les expressions comparatives {ohtws hjsper} (de mˆme que) ; {tosovton h”son} (autant que) ; {toiovtos ohŒos} (tel que), avec celles qui expriment le degr‚, comme {ohtws hjste} (tellement que) ; tosovtos hjste (tellement grand que) ; øtoiovtos hjste (de telle nature que). II) Particules de coordination 173. page 130 Particules pr‚positives Les unes se placent en tˆte des propositions ou devant le mot sur lequel elles portent. Ce sont : [[[ka‹ : et, aussi, mˆme. Tous les termes d'une ‚num‚ration doivent ˆtre unis entre eux par $ka‹. ‚ : ou bien ; ø‚toi... ‚ : ou... ou bien. AprŠs les comparatifs et aprŠs ${&llos} et $h‰teros, $‚ signifie : que. øall& : 1. mais, et (surtout aprŠs une proposition n‚gative) ; 2. du moins (aprŠs une proposition conditionnelle) ; 3. en v‚rit‚ (en tˆte d'une r‚ponse). {ou m”non... all… ka‹} : non seulement... mais encore. h”mws : cependant, aprŠs $ei $ka‹, ou $øka‹per. {all'h”mws} : toutefois ; øall… g&r : mais, malheureusement. ka‹ øtoi, ka* m‚n : 1. et en v‚rit‚, et de fait ; 2. toutefois. øall… m‚n : 1. et en v‚rit‚ ; 2. d'autre part. ka* g&r : et en effet. ka* dŠ ka‹ : et mˆme. {toigarovn, toig&rtoi} : c'est pourquoi, par cons‚quent. at&r : mais (pour passer … une id‚e nouvelle). di”, di'h” : c'est pourquoi, aussi. hws : a de temps en temps le sens de "car". ] Remarques, page 130 I) On intercale toujours un ou deux mots dans les locutions conjonctives ka‹-ge (et mˆme, et certes) ; øall&-ge (du moins) (aprŠs une proposition conditionnelle). II) øOukovn, accentu‚ sur $ovn, signifie "dans ce cas", "alors" ; øokoun, accentu‚ sur $øouk, a une valeur n‚gative et signifie "ønon igitur". 174. page 130 Particules postpositives Les autres particules se placent en g‚n‚ral aprŠs le premier mot de la proposition, ou aprŠs deux mots ‚troitement unis par le sens. Voici les principales : [[[øte : et, comme le latin $øque, mais d'un emploi plus restreint : $øte annonce d'ordinaire un second membre pr‚c‚d‚ de $ka* : paŒd‰s øte ka* øgunaŒkes. mcn... d‰ : … la v‚rit‚... mais. En g‚n‚ral, $m‰n suppose $d‰ ; mais $dPe s'emploie trŠs souvent seul dans le sens de "or", "mais", "et". m‚n : assur‚ment : ne s'emploie guŠre qu'aprŠs {ou ka‹, all&, ge}. Dans les serments : ˆ m‚n : en v‚rit‚. Dans les r‚ponses : tŒ m‚n ; pourquoi donc ? eh bien quoi ? et puis ? øtoi : oui vraiment ; øm‰ntoi : 1. en v‚rit‚ ; 2. cependant ; to‹nun : donc ovn : cela ‚tant, donc. TrŠs souvent : mcn ovn : 1. or donc ; 2. loin de l… ; d'ovn : quoi qu'il en soit ; ce qui est s–r c'est que. ge, govn : 1. du moins ; 2. certes (se traduit rarement dans ce cas) ; ge m‚n : ‚quivaut … $d‰. &ra : donc, naturellement, alors. d‚ : ‚videmment, donc ; ød‚pou : sans doute. g&r : car, en effet, c'est que ; g…r d‚ : en effet. av : d'autre part ; sert souvent … renforcer $d‰ : d'av. ] Remarque, page 131 #&ra peut ˆtre r‚duit … "&r'", … "hra", ou mˆme … "hr'" (po‚sie). III) L'interjection 175. page 131 En grec, comme dans toutes les langues, les interjections sont avant tout des cris marqu‚s par les principales voyelles. C'est ainsi qu'on trouve : ƒ (ah !), ‚ (h‚ !), j (oh !) (indignation) ; $j est une interjection diff‚rent de l'interjection $\0 (“), qui accompagne normalement le vocatif : \0 {&ndres A“–naŒoi}. Il faut y joindre un certain nombre d'onomatop‚es, fr‚quentes surtout dans la langue parl‚e et dans celle du th‚ƒtre : ij (h‚las !) ; io—, io (oh ! douleur, joie, ‚tonnement) ; iŠ i‚ (h‚, h‚ !) øaiaŒ, fev (h‚las !) ; {o‹moi (o‹\\-\\moi}) (malheur … moi) ; øp”poi (oh ! ah !) ; baba‹ (oh ! ‚tonnement) ; øeŒen (bon ! diff‚rent de l'optatif de $eim‹) ; eŒa (allons ! courage !) ; e& (h‚ ! ; h‚las ! allons !) ; øaiboŒ (pouah !), etc. Enfin, on signalera quelques imp‚ratifs, plus ou moins fig‚s : &ge, f‰re, ‹“i (allons ! va !) ; ‡aŒre : (salut : imp‚ratif de ø$‡aŒrein) ; ido : (voici, tiens ! distingu‚ du v‚ritable imp‚ratif $idov, aoriste de ø$e‹domai, par l'accent) : ido— ‡elidjn : tiens ! une hirondelle ! C'est de mˆme par l'accent que $sŒga (silence ! en silence) se distingue de l'imp‚ratif $s‹ga (tais-toi). 176. page 131 Tableau r‚capitulatif Emplois de $hws [[[hjs (‚quivaut … $oh–tws) : ainsi : 164, I hws : adverbe : comme : 164 hws, plus superlatif : 244 hws : pr‚position : vers : 170 hws : conjonction : lorsque : 172 hws : conjonction : que : 172, 308 hws : conjonction : car : 173 hws : conjonction : dans la pens‚e que : 356, 360, 396 Emplois de $– h– : f‚minin de l'article : øla h‚, hˆ\) : f‚minin du relatif hˆ\) : adverbe de lieu : par o— ˆ : imparfait de $eim‹ ˆ\) : subjonctif de $eim‹ ˆ : imparfait de $–m‹ ˆ : adverbe : certes ‚ : conjonction : ou, que ‚ : interjection : h‚ ! ] ÷~QuatriŠme section, page 132 ÷~Chapitre IX, page 132 : Formation des mots 177. page 132 Il existe en grec un certain nombre de noms-racines, mots anciens, non affect‚s de suffixes. Tels sont : {pos, “r‹x, bovs, navs, mvs, fl”x}, etc. Mais la plupart des mots sont form‚s - ou par d‚rivation, - ou par composition. 178. page 132 Mots d‚riv‚s Ils se forment au moyen de suffixes qu'on ajoute aux racines. Dans de nombreux noms, le suffixe est simplement $o ou $a. Ils d‚signent soit l'agent, soit l'action : [[[\-a ou \-– : nom d'action : øagor&, pno‚, øar‡‚, m&‡– \-os : nom d'action : ødr”mos, g&mos ; nom d'agent : øaoid”s, &r‡os \-øon : neutre : ø‰rgon, zug”n ] Ces suffixes peuvent ˆtre renforc‚s de diff‚rentes maniŠres : {lo, mo, no, ro, to, \-ion, \-ia}. 1. Pour former les noms d‚riv‚s, on emploie surtout les suffixes suivants : [[[\-es : d‚signe l'auteur de l'action : øgrafes : peintre ; økoures : barbier. \-sis : d‚signe l'action : m&“–sis : action d'‚tudier. \-ma : d‚signe l'objet de l'action : m&“–ma : science, objet d'‚tude. \-øtron : d‚signe l'instrument : {&rotron} : charrue. \-{eŒon, \-t‚rion} : d‚signe le lieu de l'action : økoureŒon : boutique de barbier ; ødikast‚rion : tribunal. \-wn : d‚signe le lieu o— est une chose : ampeljn : vignoble ; øxenjn : h“tellerie ; øPar“enjn : le øParth‚non. \-t–s, øtou : d‚signe la profession, l'‚tat : ma“–t‚s : ‚colier ; dikast‚s : juge. \-d–s, \-id–s : d‚signe le fils de quelqu'un : P–le‹d–s : fils de P‚l‚e. \-‹s, ‹dos : d‚signe une femme : øPriam‹s : fille de øPriam. \-&s, &dos : d‚signe une femme : D–li&s : femme de D‚los. \-ia, \-sn– : d‚signe la qualit‚ : al‚“eia : v‚rit‚ ; øswfrosn– : sagesse. \-t–s, t–tos : d‚signe la qualit‚ : dein”t–s : habilet‚ ; h–mer”t–s : douceur. \-{ion, \-‹skos} : d‚signe les diminutifs : øxif‹dion : poignard ; nean‹skos : adolescent. ] 2. Pour former les adjectifs d‚riv‚s, on emploie surtout les suffixes suivants : [[[\-ik”s : marque l'aptitude : ma“–matik”s : studieux. \-eid‚s : marque la ressemblance : \\“eoeid‚s\\ : divin. {\-eos, \-inos} : marque la matiŠre : l‹“inos : de pierre ; ‡rseos (‡rusovs) : d'or. \-ios, \-imos, {\-nos}, \-ros, \-mwn, \-einos : marquent la propri‚t‚, la relation : wf‰limos : utile ; ølampr”s : brillant ; algein”s : douloureux. ] 3. Les verbes d‚riv‚s appartiennent, presque sans exception, … la cat‚gorie des verbes contractes et … celle des verbes en \-ew, \-‹zw, \-&zw, \-a‹nw et \-nw. On les appelle verbes $d‚nominatifs, parce qu'ils sont form‚s sur des noms (ou des adjectifs). Ils ont presque tous le suffixe \\-+\\o. Exemple : ødoulovn : rendre esclave ; ødoulew : ˆtre esclave ; filipp‹zw : ˆtre pour Philippe ; dik&zw : juger ; malak‹zw : ˆtre maladif ; malaknw : rendre maladif ; ‡alepa‹nw : s'irriter. Les verbes en \-iƒn d‚signent une disposition corporelle : malakiƒn : ˆtre faible ; puriƒn : avoir la fiŠvre ; ou ils d‚signent un ‚tat morbide : ma“–tiƒn : vouloir devenir disciple (de øSocrate). Les verbes en \-skw (verbes $inchoatifs) marquent le commencement ou la cause. Exemple : g–r&skw : vieillir ; me“skw : enivrer (me“w : ˆtre ivre). Citer ‚galement le suffixe \-nu dans certains verbes en $mi. Remarque, page 133 Dans une foule de noms d‚riv‚s de deux syllabes, on relŠve une alternance vocalique : quand le verbe a le timbre $e, le nom prend le timbre $o. Exemples : [[[l‰gw : dire ; l”gos : parole. temeŒn : couper ; tom‚ : coupure. m‰nw : rester ; mon‚ : s‚jour, retard. f‰rw : porter ; f”ros : tribut, øfor& : ‚lan. p‰mpw : envoyer ; øpomp‚ : envoi, procession. ] 179. page 133 Mots compos‚s La langue grecque doit en partie sa richesse et sa flexibilit‚ … la facilit‚ admirable avec laquelle elle forme des mots compos‚s. Ces mots se forment par l'union de deux noms : nomo\-flax ; d'un nom et d'un verbe : nomo\-“‰t–s ; d'un verbe et d'un adjectif : fil”\-sofos ; ou bien au moyen de pr‚fixes qu'on place devant les mots simples, et qui peuvent s'unir avec un nom, un adjectif ou un verbe : {eu\-daŒmwn, e\-pistos, eu\-seb‚s, ar‹\\-\\d–los}. I) Le premier terme d'un compos‚, si c'est un mot d‚clinable, est ordinairement ‚lid‚ quand le second terme commence par une voyelle : lo‡\-ag”s (l”‡os, &gw), … c“t‚ de østrat–g”s (capitaine), et termin‚ par un $o si le second terme commence par une consonne. Cet $o tant“t appartient au radical : øoiko\-n”mos (intendant), tant“t n'est qu'un voyelle de liaison : øpatro\-kt”nos (parricide), i‡“uo\-f&gos (ichtyophage). Il peut y avoir enfin contraction : økakourg‹a (m‚chancet‚ : kak”s, ø‰rgon), ød–miourg”s (artisan : dˆmos, ø‰rgon). Souvent, la finale du premier terme composant s'allonge : elaf‚bolos : (øArt‚mis) chasseresse de cerfs (de ‰lafos, avec un $o bref, et de {b&llw}). On trouve parmi les noms propres un grand nombre de compos‚s : {D–mos“‰n–s, H‹ppar‡os, Hippo‡r&t–s, Zexippos.} II) Les particules composantes qui servent … former des verbes compos‚s sont principalement les pr‚positions : kata\\-\\ba‹nw. Les autres pr‚fixes sont : 1. $a ou $an privatif ou n‚gatif, qui ‚quivaut … ø$in dans {infirmus, imperitus, incognigus}. Exemples : a\-tu‡‚s (infortun‚), &\-dikos (injuste), an\-&xios (indigne). 2. $dus\-, qui marque difficult‚, souffrance. Exemples : dus\-tu‡‚s (malheureux, infortun‚) ; ds\-batos (difficile … passer). 3. $pƒn, qui marque en composition l'ensemble ou la pl‚nitude. Exemples : p&mpolus (tout … fait abondant) ; h– øpans‰l–nos (la pleine lune) ; $h–mi (… demi) sert … marque le partage ou la moiti‚. Exemples : h–m‹“eos (demi-dieu), h–miep‰s (h‚mi‚p‚s : premiŠre moiti‚ du vers hexamŠtre). 4. $ev (bien), qui signifie en composition prosp‚rit‚, abondance, facilit‚. Exemples : øeu\-tu‡‚s (favoris‚ de la fortune) ; e\-batos (facile … franchir). Les Grecs ont une trŠs grande vari‚t‚ d'adjectifs compos‚s form‚s des noms de nombre : on les obtient en substituant diverses terminaisons … la terminaison \-kis des adverbes num‚raux, et au $s de $d‹s et de $øtr‹s. Exemples : [[[{tetra\-pl&sios} : quadruple øtetra\-et‚s : qui a, qui dure quatre ans øtetr&\-m–nos : qui a, qui dure quatre mois {tetr&\-pous} : qui a quatre pieds {tetr&\-dra‡mos} : qui vaut quatre drachmes øtetr&\-kuklos : … quatre roues øtetr&\-p–‡us : de quatre coud‚es øtetr&\-gwnos : quadrangulaire øtriakonta\-‰t–s (f‚minin $‰tis), øtriakontot–s, $øou : de trente ans øpent–konta\-‰t–s, \-tot–s : de cinquante ans cf. {tri\-pl&sios (polla\\-\\pl&sios), tr‹\-pous (g‚nitif tr‹podos, accusatif tr‹poun}, etc. ] 180. page 134 Sens des compos‚s On ne peut ‚tablir de rŠgle absolue pour le sens des mots compos‚s ; d'ordinaire c'est le second terme qui joue le r“le principal, le premier n'‚tant qu'une apposition qualifiante ou d‚terminante. Exemples : akr”\-polis (la ville haute) ; østrat\-–g”s (g‚n‚ral, commandant d'arm‚e) ; nomo\-flax (gardien des lois). Parfois, c'est le premier terme, surtout quand il repr‚sente un radical verbal. Exemples : fil”\-sofos (philosophe : qui aime la sagesse) ; {par&\-doxos} (incroyable : contraire … l'opinion). On trouve une grande quantit‚ de compos‚s chez les poŠtes ‚piques, tragiques (surtout chez øEschyle) et comiques. Ils produisent de faciles effets comiques ; ainsi chez Aristophane : {torneutoluraspidop–go‹ : torneut\-olur\-asmido\-p–go‹} : manufacturiers en serpents de farine tourn‚e ($Oiseaux, 491) ; ou encore : øskotodasupukn”“rix : une tignasse aux poils sombres, ‚pais et serr‚s ($Acharniens, 390). Toutefois et mˆme quand il s'agit de mots forg‚s par les poŠtes, on se gardera de traduire avec trop de force les adjectifs compos‚s : økall‹p–‡us, appliqu‚ par øEuripide ($Trachiniennes, 1194) au mot $øbra‡‹wn (bras), signifie simplement $beau (et non "au beau coude) ; økallip&r–os, chez HomŠre, signifie $jolie (et non "aux belles joues"). ÷~TroisiŠme partie : Syntaxe ÷~Notions pr‚liminaires, page 136 La syntaxe traite de la fonction des mots et de leurs relations dans la phrase. On ‚tudiera s‚par‚ment : 1. les ‚l‚ments de la phrase (nom, adjectif, pronom, verbe) ; 2. la phrase. Toutefois, on se conformera … l'usage qui veut qu'on ‚tudie d'abord les rŠgles d'accord. RŠgles d'accord, page 136 I) Accord du verbe et de l'attribut En principe le verbe et l'attribut s'accordent avec le sujet. Cette rŠgle pr‚sente toutefois dans son application des modalit‚s particuliŠres. Sujet au pluriel neutre 181. page 136 T… z\0\)a øtr‰‡ei Si le sujet est au pluriel neutre, le verbe, mais non pas l'attribut, se met ordinairement au singulier, le pluriel neutre ‚tant alors senti comme un collectif. Exemple : T… z\0\)a øtr‰‡ei. Les animaux courent. Emploi du duel 182. page 136 {Pros‰tre‡on do nean‹skw} Si le sujet est un groupe de deux personnes ou de deux choses, l'emploi du duel est facultatif, et le pluriel peut toujours le remplacer soit pour le sujet, soit pour le verbe, soit pour l'attribut. Toutefois, en attique, l'emploi du duel est courant. Exemples : [[[{Pros‰tre‡on do nean‹skw (X‚nophon)}. Deux jeunes gens accoururent. {Himat‹w moi do est^n ‡ar‹ente totw (Eupolis).} J'ai l… deux jolis manteaux. {All'e‹pat”n moi sfq t‹n'est”n. nj ; brotj (Aristophane)}. Eh ! vous deux ! dites-moi qui vous ˆtes. Nous ? deux mortels. ] Plusieurs sujets S'il y a plusieurs sujets, deux constructions sont possibles : 183. page 137 {sc fileŒ ho patŠr ka* h– m‚t–r} 1. Tant“t, surtout si le verbe est en tˆte, l'accord se fait avec le sujet le plus rapproch‚ ou le plus important. Exemples : [[[{Sc fileŒ ho patŠr ka* h– m‚t–r (Platon).} Ton pŠre et ta mŠre t'aiment. Basile—s ka* ohi s—n aut\0\) dijkwn eisp‹ptei eis t^ østrat”pedon ({X‚nophon).} Le Grand Roi, avec son entourage, continuant sa poursuite, se jette sur le camp. ] Remarque, page 137 #‰sti, en tˆte de phrase, peut ˆtre suivi d'un sujet au pluriel, en particulier dans l'expression {"‰stin oh‹}", "il y a des gens qui". Exemple : {#‰sti ka* en taŒs &llais p”lesin &r‡ontes (Platon)}. Il existe des magistrats dans les autres cit‚s aussi. 184. page 137 {Sumfwnovmen egj te ka* humeŒs} 2. Tant“t l'accord se fait avec l'ensemble. Dans ce cas : a) si les sujets sont de personne diff‚rente, la premiŠre l'emporte sur la deuxiŠme, et la deuxiŠme sur la troisiŠme. Exemple : {Sumfwnovmen egj te ka* humeŒs (Platon)}. Nous sommes d'accord, vous et moi. b) si les sujets sont des noms de personnes de genre diff‚rent, l'attribut se met au masculin pluriel. Exemple : {H– t‡– ka* F‹lippos ˆsan t\0n ‰rgwn krioi (Eschine)}. La Fortune et Philippe ‚taient maŒtres des ‚v‚nements. c) si les sujets sont des noms de choses, de genre diff‚rent ou non, le verbe se met ordinairement au singulier (181) et l'attribut au pluriel neutre. Exemple : {P”lemos ka* st&sis ol‰“ria taŒs p”les‹n estin}. La guerre et la s‚dition sont pernicieuses pour les ‚tats. Attribut au neutre 185. page 137 {Ais‡r”n esti yedes“ai} Si le sujet est un infinitif, l'attribut se met en g‚n‚ral au neutre singulier, quelquefois au neutre pluriel. Exemples : [[[{Ais‡r”n esti yedes“ai}. Il est honteux de mentir. {Adnata ˆn to—s polem‹ous amnes“ai (Thucydide)}. Il ‚tait impossible de repousser l'ennemi. ] 186. page 138 {A“&naton h– yu‡‚} L'adjectif attribut peut se mettre au neutre, mˆme avec un sujet masculin ou f‚minin ; il ‚quivaut alors … un nom et doit se traduire en cons‚quence. Exemples : [[[{A“&naton h– yu‡‚ (Platon)}. L'ƒme est un ˆtre immortel. {Kal^n h– al‚“eia (Platon)}. C'est une belle chose que la v‚rit‚. {Dein^n ohi pollo* (Euripide)}. C'est une force redoutable que la multitude. ] Accord par attraction avec l'attribut 187. page 138 {Meg&l– est* p”lis ahi A“ˆnai} Le verbe peut s'accorder en nombre, non avec le sujet, mais avec l'attribut, si ce dernier est plus rapproch‚. Exemple : {Meg&l– est* p”lis ahi A“ˆnai. AthŠnes} est une grande cit‚. L'accord peut se faire de mˆme avec l'apposition. Exemple : {#\4ˆbai, p”lis astuge‹twn, an‚rpastai (Eschine). ThŠbes}, ville voisine, a ‚t‚ ras‚e. Accord selon le sens 188. page 138 {H– p”lis eh‹lonto}. L'accord se fait parfois selon le sens (kat… øsnesin) plut“t que selon le genre ou le nombre grammatical, en particulier quand le sujet est un nom collectif ou un nom de personne au pluriel neutre. Exemples : [[[{H– p”lis Ag–s‹laon eh‹lonto basil‰a (X‚nophon).} La cit‚ choisit pour roi Ag‚silas. {T… meir&kia t&de, pr^s all‚lous dialeg”menoi, epim‰mn–ntai Swkr&tous (Platon)}. Ces jeunes gens, au cours de leurs conversations, ‚voquent le souvenir de øSocrate. ] II) Accord de l'adjectif ‚pithŠte 189. page 138 {Pollo* &ndres te ka* gunaŒkes} Lorsqu'il qualifie plusieurs noms, l'adjectif ‚pithŠte s'accorde en g‚n‚ral avec le plus rapproch‚ ; mais on peut aussi, pour plus de clart‚, r‚p‚ter l'‚pithŠte devant chaque nom. Exemples : [[[{Pollo* &ndres te ka* gunaŒkes}. Beaucoup d'hommes et de femmes. {Pƒsai ahi p”leis ka* p&nta t… ‰“n– di… mantikˆs eperwt\0si to—s “eos (X‚nophon)}. Toutes les cit‚s et tous les peuples se servent de l'art divinatoire pour interroger les dieux. ] Nota, page 138 : Certaines rŠgles d'accord des pronoms seront ‚tudi‚es au chapitre des pronoms (251-254). ÷~PremiŠre section, page 139 : Les ‚l‚ments de la proposition ÷~Chapitre Premier, page 139 : L'article ÷~I) Sens originel de l'article 190. page 139 {T… mcn em&‡onto, t… dc ka* anepaonto}. L'article ‚tait … l'origine un d‚monstratif. Il a conserv‚ sa valeur primitive dans un certain nombre de locutions : h^ mcn... h^ d‰ : celui-ci... celui-l… ; t… mcn... t… d‰ : certaines choses... d'autres ; t^ mcn... t^ d‰ (ou : t… mcn... t… d‰), employ‚ adverbialement : tant“t... tant“t..., d'un c“t‚... de l'autre ; rarement : t^n ka* t”n : tel et tel ; øpr^ tov : avant cela, auparavant. Exemples : [[[{T… mcn em&‡onto, t… dc ka* anepaonto (X‚nophon)} : Tant“t ils combattaient, tant“t aussi ils se reposaient. {T… ka* t… pepon“js (D‚mosthŠne)} : aprŠs telle et telle ‚preuve. ] Remarques, page 139 I) H^ d‰ : celui-ci, ce dernier, mais lui, employ‚ comme sujet en tˆte d'une phrase, d‚signe un mot qui n'‚tait pas sujet dans la phrase pr‚c‚dente. Exemple : {#en‰keinto t\0\) PerikleŒ ; h^ d‰, hor\0n auto—s ‡alepa‹nontas, sllogon epo‹–sen (Thucydide)}. Ils s'en prenaient … øP‚riclŠs ; lui, les voyant fƒch‚s, r‚unit une assembl‚e. II) L'article sert parfois d'ant‚c‚dent au pronom relatif, surtout dans øPlaton. Exemple : {Or‰gomai tov h” esti d‹kaion}. Je d‚sire ce qui est juste. III) Un ancien d‚monstratif h”s (90) subsiste dans les locutions "ka* h”s", "et lui" ; "hˆ d'h”s, hˆ d'h‚", "disait-il, disait-elle". IV) "H^ mcn... h^ d‰" supposent deux membres de phrase semblables et sym‚triquement oppos‚s. On ne peut donc les employer pour exprimer la r‚ciprocit‚ : aimez-vous les uns les autres : {all‚lous fileŒte}. Les uns aiment une chose, les autres une autre : {h‰tera het‰rois est*n h–d‰a}. (Pour l'accentuation : cf. 30, 1). ÷~II) Emploi de l'article 191. page 140. {Ho &n“rwpos “n–t”s esti}. Devant un nom, l'article sert, comme en fran‡ais, … d‚signer d'une maniŠre pr‚cise un ˆtre (sens individuel) ou une cat‚gorie d'ˆtres bien d‚termin‚s (sens g‚n‚rique). Exemples : [[[{Ho ‚n“rwpos “n–t”s esti}. L'homme (l'espŠce humaine) est mortel. {Ohtws ek‰leuen ho &n“rwpos (Platon)}. Ainsi l'ordonna l'homme en question. Dans cet exemple, "&n“rwpos" signifierait "quelqu'un", "un homme quelconque". ] 192. page 140 TŠn m–t‰ra fil\0 Le sens individuel de l'article (191) explique son emploi comme ‚quivalent : 1. du possessif, s'il n'y a pas de doute sur le possesseur (247). Exemples : TŠn m–t‰ra fil\0. J'aime $ma mŠre. TŠn m–t‰ra fileŒ. Il aime $sa mŠre. 2. du distributif $chaque. Exemple : {Dra‡mŠn el&mbane tˆs h–m‰ras (Thucydide)}. Il recevait une drachme chaque jour (224, II). 3. du d‚monstratif "celui de", "celle de", suivi d'un g‚nitif, pour rappeler un nom pr‚c‚demment employ‚ dans la phrase. Exemple : {Bra‡teros ho tov h‹ppou b‹os tov t\0n an“rjpwn}. La vie du cheval est plus courte que celle de l'homme. 193. page 140 {Ohi p&lai. T… tˆs p”lews} L'article peut donner la valeur d'un nom … une locution quelconque ; on emploie ainsi, pr‚c‚d‚s de l'article : [[[un adjectif : ohi kal* k\_aga“o‹ : les gens de bien ; t^ kal”n : le bien un adverbe : ohi {p&lai} : les gens d'autrefois un participe : ohi øl‰gontes : les orateurs (ceux qui parlent) un infinitif : {ho tov pr&ttein ‡r”nos} : le temps de l'action, le temps d'agir un compl‚ment au g‚nitif : t… tˆs p”lews : les int‚rˆts de la cit‚, la politique ; t… {heautov} : ses affaires un compl‚ment avec pr‚position : ohi øen t‰lei : les hommes au pouvoir un mot (ou une phrase) pr‚sent‚ comme une citation : {t^ gn\0“i seaut”n} : la maxime "connais-toi toi-mˆme". {T^ humeŒs h”tan l‰gw, tŠn p”lin l‰gw (D‚mosthŠne)}. Quand je dis "vous", je veux dire la cit‚. une proposition entiŠre : {Ho l”gos est* per* tov h”ntina tr”pon ‡rŠ zˆn (Platon)}. La question est de savoir de quelle maniŠre on doit vivre. ] 194. page 141 {Al‰xandros ho Fil‹ppou} Dans bien des locutions usuelles le grec se contente de l'article suivi d'un adjectif ou d'un compl‚ment au g‚nitif, alors que le fran‡ais doit suppl‚er un nom appropri‚. Exemples : [[[{Al‰xandros ho Fil‹ppou (hu”s). Alexandre}, fils de {Philippe. Tˆ\) hustera‹a\) (h–m‰ra\))}. Le lendemain, le jour suivant. {B&dize tŠn eu“eŒan (hod”n).} Suis le droit chemin. {#‰xw tˆs h–met‰ras (‡jras)}. Hors de notre pays. ] De mˆme, on dit r‚guliŠrement "h– øoikoum‰n– (gˆ)", la terre habit‚e, les pays civilis‚s ; "h– ømousik‚ (t‰‡n–)", la musique ; "h– øgrammatik‚", la grammaire, etc. 195. page 141 {F‹lippos ho basiles} L'apposition servant … d‚terminer un nom propre ou un pronom prend l'article et se place en g‚n‚ral aprŠs ce nom ou ce pronom. Exemples : [[[F‹lippos ho basiles : le roi Philippe. Hr”dos h– nˆsos : l'Œle de øRhodes. H–meŒs ohi øH‰ll–nes : nous autres Grecs. ] Remarque, page 141 Toutefois on dit habituellement : ho øEufr&t–s potam”s : l'øEuphrate ; la ville de Rome se dit : h– Hrjm–, ou : h– Hrwma‹wn p”lis. ÷~III) Omission de l'article 196. page 141 {Ar‡Š sof‹as f”bos #\4eov} En g‚n‚ral, l'attribut ne prend pas l'article. Cette rŠgle s'applique mˆme au superlatif. Exemples : [[[{Ar‡Š sof‹as f”bos #\4eov} (Proverbes) : La crainte de øDieu est le commencement de la sagesse. {H‰kastos –x‹ou sofjtatos eŒnai (Platon)} : Chacun pr‚tendait ˆtre le plus savant. ] Remarques, page 141 On garde pourtant l'article dans l'expression "ho øaut”s", le mˆme, devant le participe employ‚ substantivement, et lorsqu'on veut souligner express‚ment la d‚termination. Exemples : [[[{Egq mcn ho aut”s eimi, humeŒs dc metab&llete (Thucydide)} : Moi, je suis toujours le mˆme, c'est vous qui changez. {Ohvt”s estin ho adik\0n} : C'est lui qui est le coupable. {T^n kal^n stratijt–n emc wn”masan (Eschine)} : Ils m'ont appel‚ le bon soldat (par excellence). ] 197. page 141 F”bos mn‚m–n øekpl‚ttei L'article peut s'exprimer ou s'omettre avec les noms propres de personnes ou de peuple ; on l'omet ordinairement dans les maximes, trŠs souvent dans des locutions adverbiales form‚es d'une pr‚position. Exemples : [[[{T… p&nta epo‹–se #\4e”s} (ou : ho #\4e”s) : øDieu a cr‚‚ le monde. F”bos mn‚m–n {ekpl‚ttei (Thucydide)} : La peur paralyse la m‚moire. {Kat'agros} : … la campagne ] Remarques, page 142 I) L'article s'omet d'ordinaire avec les noms qui d‚signent des astres, des parties du monde, des divisions du temps : h‚lios, le soleil ; sel‚n–, la lune ; {“&latta}, la mer ; h‰ws, l'aurore ; etc. II) Avec les noms de personne, l'usage semble ˆtre de mettre l'article quand la personne est bien connue ou qu'elle a ‚t‚ nomm‚e pr‚c‚demment. Exemple : {DeŒx”n moi t^n Swkr&t– (Aristophane)} : Montre-moi le fameux øSocrate. III) $Basiles, sans article, d‚signe "le Roi des Perses", "le Grand-Roi" ; $&stu d‚signe øAthŠnes. ÷~IV) Place de l'article 198. page 142 Ohi {plosioi polŒtai} L'adjectif ‚pithŠte et, d'une fa‡on g‚n‚rale, les mots qui servent … d‚terminer un nom, s'enclavent normalement entre l'article et ce nom. Exemples : [[[{Ohi plsioi polŒtai} : les citoyens riches. Ho (t\0n) A“–na‹wn dˆmos : le peuple ath‚nien. H– {en Mara“\0ni m&‡–} : la bataille de {Marathon Ho nvn ‡r”nos} : l'‚poque actuelle. ] Remarques, page 142 I) Pour insister davantage sur le d‚terminatif, on peut le placer aprŠs le nom en r‚p‚tant l'article. Exemple : {Ohi polŒtai ohi plosioi, ho dˆmos ho (t\\0\\n) A“–na‹wn}, etc. II) Un compl‚ment au g‚nitif peut ne pas s'enclaver : on peut dire sans qu'il soit toujours possible de percevoir une nuance de sens : {h– tov patr^s oik‹a, h– oik‹a tov patr”s, tov patr”s h– oik‹a}. III) Le g‚nitif partitif ne s'enclave jamais (212). 199. page 142 {Plosioi ohi polŒtai} Quand l'adjectif n'est pas enclav‚ entre l'article et le nom, c'est qu'il n'est pas ‚pithŠte mais attribut. Exemples : [[[{Plosioi ohi polŒtai} : Les citoyens sont riches. {M‰lanas ‰‡w to—s of“almos} : J'ai les yeux noirs (mes yeux sont noirs). {Eupei“eŒs deŒ to—s paŒdas poieŒn} : Il faut rendre les enfants dociles. ] Remarques, page 142 I) Dans ce cas l'article grec se traduit volontiers par l'article ind‚fini fran‡ais. Exemple : {Di… stenˆs tˆs hoduv eporeonto} : ils avan‡aient par un sentier ‚troit ; c'est-…-dire : ‚troit ‚tait le sentier par lequel ils avan‡aient. II) Le sens d'une expression varie selon que l'adjectif est attribut ou ‚pithŠte. Exemples : [[[M‰s– h– p”lis : le milieu de la ville h– m‰s– p”lis : la ville centrale øes‡&t– h– nˆsos : l'extr‚mit‚ de l'Œle h– øes‡&t– nˆsos : la derniŠre Œle m”nos ho paŒs : seulement l'enfant ho m”nos paŒs : le fils unique. Cf. 70. : Remarques sur les sens divers de $pƒs. ] 200. page 143 {Ho em^s pat‚r. Ho pat‚r mou} Pour les pronoms et adjectifs pronominaux, la rŠgle est la suivante : 1. On enclave entre l'article et le nom les adjectifs possessifs et le g‚nitif des pronoms r‚fl‚chis et d‚monstratifs. Exemples : ho em^s pat‚r : mon pŠre ; t^n øemautov pat‰ra fil\0 : j'aime mon pŠre ; H– eke‹nwn p”lis : leur ville. 2. On n'enclave pas les d‚monstratifs suivants : ohvtos, h”de, ekeŒnos, hek&teros, {amf”teroi}, ni le g‚nitif des pronoms personnels. Exemples : Ho pat‚r ømou : mon pŠre ; Ohvtos ho an‚r : cet homme ; H– p”lis {aut\0n} : leur ville. Remarques, page 143 I) Toutefois, si le nom est accompagn‚ d'une ‚pithŠte, on peut dire "ho aga“”s ømou pat‚r", au lieu de "ho aga“^s pat‚r ømou", ainsi que "h– kalŠ eke‹n– øoik‹a", au lieu de "h– kalŠ øoik‹a eke‹n–". II) On omet quelquefois l'article avec les d‚monstratifs, quand il s'agit d'un objet que l'on montre du doigt. Exemple : F‰re labqn ‡it\0nas øtoutous‹. Tiens, prends ces tuniques. Cette maniŠre de faire est courante en po‚sie. 201. page 143 RŠgles d'enclave On enclave [[[1. L'adjectif ‚pithŠte ; 2. Les compl‚ments d‚terminatifs du nom ; 3. Les termes suivants : {em”s, s”s, h–m‰teros, hum‰teros, ho aut”s (idem), toiovtos, tosovtos, t–likovtos, &llos (reliquus), h‰teros (alter)} ; 4. Le g‚nitif des pronoms d‚monstratifs et des pronoms r‚fl‚chis : {h– eke‹nwn p”lis ; t^n emautov pat‰ra}. ] On n'enclave pas [[[1. L'adjectif attribut ; 2. Le g‚nitif partitif ; 3.Les termes suivants : {h”de, ohvtos, ekeŒnos, aut”s (ipse), &mfw, amf”teroi, oud‰teros, h‰kastos, hek&teros} ; 4. Le g‚nitif des pronoms personnels non r‚fl‚chis : {h– p”lis aut\0n ; ho pat‚r mou}. ] ÷~Chapitre II, page 144 : Le nom ; emploi des cas 202. page 144 Cas et pr‚positions La fonction d'un nom dans la phrase peut ˆtre indiqu‚e soit par la flexion (d‚sinences particuliŠres … chaque "cas"), soit par des pr‚positions, soit par la place des mots. L'indo-europ‚en n'utilisait que les cas ; le fran‡ais moderne n'utilise, le plus souvent, que les pr‚positions et la place des mots ; le grec, comme le latin, utilise les cas et les pr‚positions. Des huit $cas de l'indo-europ‚en (nominatif, vocatif, accusatif, g‚nitif, datif, ablatif, instrumental et locatif), le grec n'a conserv‚ que les cinq premiers, r‚partissant entre le g‚nitif et le datif les fonctions des trois cas abandonn‚s. Mais le grec, pour exprimer les rapports concrets, utilisa de plus en plus les $pr‚positions. Ce sont d'anciens adverbes, employ‚s d'abord de fa‡on autonome pour pr‚ciser les rapports exprim‚s par les cas, et qui ont ‚t‚ ensuite joints soit au verbe, comme "pr‚verbes", pour pr‚ciser l'action verbale, soit au nom, comme "pr‚positions", pour marquer les diff‚rentes relations circonstancielles. Le sens de l'expression form‚e d'une pr‚position et d'un nom r‚sulte donc de la combinaison du sens adverbial de la pr‚position et du sens propre du cas : par exemple $ep‹, qui exprime "contact", "proximit‚", signifiera : sur, du temps de (avec le g‚nitif partitif) ; vers, contre (avec l'accusatif de direction) ; prŠs de (avec le datif locatif) ; en vue de (avec le datif proprement dit). (Voir le tableau des pr‚positions, 169). ÷~I) Nominatif et vocatif, page 144 203. page 144 Le nominatif n'exprime par lui-mˆme aucun rapport grammatical ; on l'emploie pour le sujet et l'attribut du sujet d'un verbe personnel. On trouve parfois un nominatif en suspens au d‚but de la phrase, alors que la suite exigerait un autre cas. Exemple : {Ohi f‹loi, ... t‹ f‚somen auto—s eŒnai ; (X‚nophon)} Les amis, ... que dirons-nous qu'ils sont ? Le vocatif est le cas de l'interpellation, de l'invocation. Il est g‚n‚ralement pr‚c‚d‚ de l'interjection $\0. Exemples : [[[{#\0 &ndres A“–naŒoi} : Ath‚niens ! {#\0 &ndres dikasta‹} : Juges ! {#\0 t‰non} : mon enfant ! {#\0 gˆ ka* h‚lie ka* aret‚ (D‚mosthŠne)} : Terre ! soleil ! vertu ! ] Remarque, page 145 L'emploi de l'interjection $\0 a vari‚ suivant les ‚poques. Dans la prose attique, l'interjection est courante, si bien que c'est son absence qui ajoute une note particuliŠre d'‚motion, de brusquerie, de solennit‚. 204. page 145 {Ho paŒs, akolo“ei devro}. Le nominatif s'emploie quelquefois dans les exclamations avec ou sans $\0, et mˆme, au lieu du vocatif, dans les interpellations. Exemples : [[[{#\0 t&las egj (Sophocle)} : Malheureux que je suis ! {Dsmoros, s‡‰tlios} : le malheureux ! N‚pios : le sot ! {Ho paŒs, akolo“ei devro (Aristophane)} : Eh ! gar‡on ! suis-moi par ici ! #\0 f‹los (øEuripide) : Mon ami ! ] Remarques, page 145 I) Un vocatif est parfois accompagn‚ d'un adjectif au nominatif. Exemple : F‹los \0 Men‰las : cher M‚n‚las ! Il est parfois coordonn‚ avec un nominatif : {Zev p&ter... H‚li”s te : Zeus} PŠre, et toi, Soleil ! II) Ohvtos sert … interpeller. Exemples : [[[Ohvtos, sc kal\0 (Sophocle)} : Eh ! l…-bas ! C'est toi que j'appelle. #\0 ohvtos øOid‹pous (øSophocle) : Hol… ! Hol… ! øOedipe ! ] ÷~II) Accusatif, page 145 L'accusatif est par excellence le cas du compl‚ment d'objet direct. Mais il a gard‚ de son origine d'autres emplois : c'est ainsi qu'il marque, mˆme avec un verbe intransitif, la qualification, la relation, l'‚tendue dans l'espace, la dur‚e. Compl‚ment d'objet, page 145 205. page 145 {Oudcn lan“&nei t^n #\4e”n} Le compl‚ment d'objet des verbes transitifs se met normalement … l'accusatif. Mais … des verbes transitifs indirects fran‡ais peuvent correspondre en grec des verbes transitifs directs. C'est le cas en particulier des verbe suivants : [[[wfeleŒn, on‹n–mi : ˆtre utile … {euergeteŒn} : faire du bien … {ev poieŒn, kal\0s poieŒn} : faire du bien … {ev l‰gein, kal\0s l‰gein} : dire du bien de {lan“&nein} : ‚chapper au regard de øamnes“ai : se d‚fendre contre øaideŒs“ai : ‚prouver du respect devant {bl&ptein} : nuire … adikeŒn : faire tort … kak\0s øpoieŒn : faire du mal … kak\0s øl‰gein : dire du mal de {ful&ttes“ai} : se garder de øomnnai : jurer par øais‡nes“ai : rougir devant ] Exemples : {Oudcn lan“&nei t^n #\4e”n}. Rien n'‚chappe au regard de øDieu. {Bl&pteis me}. Tu me nuis. Double accusatif, page 146 206. page 146 {Aitovs‹ me sŒton} Plusieurs verbes veulent … l'accusatif … la fois le nom de la personne et celui de la chose. Tels sont en particulier les verbes qui signifient "dire du bien ou du mal de quelqu'un", "faire du bien ou du mal … quelqu'un". Tels sont aussi : [[[{did&skein} : enseigner une chose … quelqu'un erwtƒn, ø‰res“ai :interroger {pr&ttes“ai} : exiger øamfiennnai : mettre un vˆtement … sulƒn : d‚pouiller quelqu'un de økrptein : cacher une chose … quelqu'un øaiteŒn : demander {anamimn‚\)skein} : rappeler, faire souvenir de øapostereŒn : priver quelqu'un de øafaireŒs“ai : enlever quelque chose … quelqu'un ] Exemples : {Aitovs‹ me sŒton}. Ils me demandent du pain. {Poll… kak… to—s &llous ‰drasas (Platon)}. Tu as fait beaucoup de mal aux autres. Remarque, page 146 Au passif, le nom de la personne devient sujet et le nom de la chose reste … l'accusatif. Exemples : {Aitovmai sŒton}. On me demande du pain. {H‹ppon af‚\)r–mai}. On m'a enlev‚ mon cheval. 207. page 146 {Perikl‰a eh‹lonto strat–g”n} Avec les verbes qui signifient "nommer", "choisir", "regarder comme", l'un des deux accusatifs est compl‚ment d'objet direct, l'autre attribut du compl‚ment d'objet. Dans ce cas les mots "pour", "comme", "en qualit‚ de", sont des gallicismes et ne se traduisent pas en grec. Exemples : [[[{Ohi a“–naŒoi Perikl‰a eh‹lonto strat–g”n}. Les Ath‚niens choisirent øP‚riclŠs pour commandant en chef. {T‹ tovto l‰geis ; PoŒon tovto l‰geis ;} Que veux-tu dire l… ? (Qu'est cela que tu dis ?) ] Accusatif de qualification (ou d'objet interne), page 146 208. page 146 {NoseŒ n”son agr‹an} On trouve fr‚quemment … l'accusatif mˆme avec un verbe intransitif ou passif, un nom de mˆme racine ou de mˆme sens que ce verbe. Ce nom, qui reprend l'id‚e d‚j… contenue dans le verbe, est presque toujours accompagn‚ d'un adjectif qualificatif ou d'un d‚terminatif quelconque. Exemples : [[[{NoseŒ n”son agr‹an Sophocle).} Il souffre d'un mal cruel. {T‚nde tŠn n”son k&mnein (Euripide)}. Souffir de ce mal. {Z\0 b‹on mo‡“–r”n (Sophocle)}. Je vis une existence mis‚rable. Lagj øb‹on ‰z–s (øD‚mosthŠne). Tu menais une vie de liŠvre. {#ekoim‚sato ‡&lkeon hpnon (HomŠre)}. Il s'endormit d'un sommeil de bronze. ] Remarques, page 147 I) On trouve aussi des formules plus concises, o— ce compl‚ment se r‚duit soit … un adjectif neutre, soit … un substantif qui, … lui seul, qualifie l'action exprim‚e par le verbe. Exemples : [[[{dein… hubr‹zein (dein…s hbreis hubr‹zein)} : faire subir de terribles outrages. {T^ st&dion agwn‹zes“ai} : concourir dans le stade (cf. en fran‡ais "courir le marathon"). {Olmpia nikƒn} : remporter une victoire Olympique. ] II) Ce compl‚ment peut se joindre … un compl‚ment d'objet et former avec lui un double accusatif. Exemple : {M‰l–t”s me egr&yato tŠn grafŠn tat–n (Platon). M‚l‚tos} m'a intent‚ ce procŠs. Accusatif de relation, page 147 209. page 147 {Belti”n esti s\0ma Š yu‡Šn noseŒn}. Avec les verbes d'‚tat, intransitifs ou passifs, et beaucoup d'adjectifs, on met … l'accusatif les compl‚ments qui r‚pondent aux questions suivantes : … quel point de vue ? … l'‚gard de quoi ? dans quelle partie du corps ou de l'ˆtre ? On trouve ainsi le plus souvent : [[[”noma : de nom g‰nos : de race øfsin : de nature, de naissance m‰ge“os : en grandeur mˆkos : en longueur evros : en largeur hyos : en hauteur b&“os : en profondeur øplˆ“os, t^n ari“m”n : en nombre ] Exemples : [[[{B‰lti”n esti s\0ma Š yu‡Šn noseŒn (M‚nandre)}. Mieux vaut ˆtre malade de corps que d'esprit. {T^n d&ktulon algeŒ (Platon)}. Il a mal au doigt. {Dein”s eimi tat–n tŠn t‰‡n–n (X‚nophon)}. Je suis habile en cet art. {PaŒs prƒos t^ ˆ“os}. Un enfant d'un caractŠre doux. {T&fros tri\0n pod\0n t^ evros}. Un foss‚ de trois pieds de large. {Apetm‚“–san t…s kefal&s (X‚nophon)}. On leur coupa la tˆte. ] Accusatif adverbial 210. page 147 {TŠn ta‡‹st–n ape‡jrei}. Un grand nombre d'adjectifs, de noms et de pronoms s'emploient … l'accusatif … peu prŠs comme des adverbes. L'article les pr‚cŠde souvent dans ce cas et peut mˆme, au neutre, s'unir … des adverbes pour former des locutions adverbiales. On emploie ainsi : [[[{t\_&lla (t… &lla)} : quant au reste øoud‰n : en rien, nuellement {pr\0ton, t^ pr\0ton} : d'abord {tovton t^n tr”pon} : de cette fa‡on t^ {p&lai, t^ palai”n} : autrefois øar‡‚n : avant tout ; avec $øou ($m‚) : pas du tout {t… poll&} : le plus souvent ti : en quelque chose, un peu. t‹ ; pourquoi ? t‰los, t^ t‰los, t^ øteleutaŒon : enfin, … la fin {to\_unant‹on} : au contraire t^ nvn : maintenant t^ øloip”n : pour le reste, d‚sormais tŠn ta‡‹st–n (sous-entendre $hod”n) : au plus vite. ] Exemples : [[[{TŠn ta‡‹st–n ape‡jrei (X‚nophon)}. Il s'‚loigna au plus vite. {Ar‡Šn m–dcn labjn (H‚rodote)}. Sans rien prendre du tout. {#ˆ t^ leg”menon kat”pin heortˆs h‚komen ; (Platon)}. Arrivons-nous, comme on dit, aprŠs la fˆte ? ] Remarque, page 147 C'est … cet emploi que se rattache l'accusatif absolu (360). ÷~III) G‚nitif, page 148 La complexit‚ des emplois du g‚nitif grec tient … ce que, en plus de son r“le propre (compl‚ment d‚terminatif du nom et g‚nitif partitif), il a h‚rit‚ de certaines fonctions de l'ablatif indo-europ‚en disparu. Compl‚ment du nom, page 148 211. page 148 {H– Milti&dou oik‹a}. Comme compl‚ment du nom, le g‚nitif exprime les divers rapports de d‚pendance (possession, origine, espŠce, matiŠre, contenu, mesure, ƒge, valeur, etc.) qui servent … d‚terminer un nom. Exemples : [[[{H– Milti&dou oik‹a} : La maison de Miltiade. {#‰rgon Praxit‰lous} : oeuvre de {PraxitŠle. Bo\0n ag‰l–} : troupeau de boeufs. {SŒtos mel‹n–s} : pain de millet {H&maxai s‹tou} : chars de bl‚ {Oktq stad‹wn teŒ‡os} : rempart de huit stades. {Tett&rwn h–mer\0n hod”s} : marche de quatre jours. {PaŒs d‰ka et\0n} : enfant de dix ans. {Hier… tri\0n tal&ntwn} : offrandes de trois talents. ] Remarques, page 148 I) La plupart de ces compl‚ments peuvent se rapporter au nom par l'interm‚diaire de verbes tels que : {eŒnai, g‹gnes“ai}. Exemple : {H”te ap‰“n–\)sken, ˆ et\0n hws tri&konta (X‚nophon).} Quand il mourut, il avait environ trente ans. II) Un g‚nitif compl‚ment d'un nom exprimant une action peut avoir soit le sens subjectif, soit le sens objectif, selon qu'il d‚signe le sujet ou l'objet de l'action. Exemples : [[[{T^ Megar‰wn y‚fisma} : l'expression peut signifier "le d‚cret rendu par les M‚gariens" ou "le d‚cret concernant les M‚gariens". {Epikor–ma tˆs ‡i”nos (X‚nophon)} : moyen de protection contre la neige. {P”nwn arwg‚ (Platon)} : secours contre les fatigues. ] III) Pour exprimer de fa‡on plus pr‚cise le rapport entre deux noms, on pr‚fŠre souvent employer une pr‚position. Exemples : [[[{Ohi par… basil‰ws pr‰sbeis} : les ambassadeurs du Grand-Roi {H– en Mara“\0ni m&‡–} : la bataille de øMarathon ] G‚nitif partitif, page 148 212. page 148 {T\0n hipp‰wn ohi nean‹skoi}. Le g‚nitif partitif d‚signe l'ensemble dont on pr‚lŠve une partie. Le grec en fait un usage beaucoup plus fr‚quent que le fran‡ais ou le latin. Il n'est jamais pr‚c‚d‚ d'une pr‚position et ne s'enclave pas entre l'article et le nom dont il d‚pend. Exemples : [[[{T\0n hipp‰wn ohi nean‹skoi} : les jeunes cavaliers (litt‚ralement : les jeunes parmi les cavaliers) {Krit‹as ho gen”menos t\0n tri&konta (D‚mosthŠne)}, øCritias, qui fut au nombre des {Trente Tˆs #\4ettal‹as ep* F&rsalon (Thucydide) : … Pharsale} de øThessalie ] Remarque, page 149 On trouve ce g‚nitif partitif - avec des verbes, mˆme transitifs, signifiant en particulier "donner" ou "prendre", quand l'action verbale ne s'exerce que sur une partie de l'objet (article partitif fran‡ais). Exemple : {#‰fagon t\0n k–r‹wn (X‚nophon)} : Ils mangŠrent des rayons de miel. - avec les adjectifs $pols (beaucoup de), $h‚misus (la moiti‚ de), ø$loip”s (le reste de), soit au neutre, soit accord‚s en genre et en nombre avec le nom au g‚nitif. Exemples : [[[{T^ loip”n (ho loip^s) tov ‡r”nou} : le reste du temps. {T\0n hipp‰wn ohi h–m‹seis (t^ h‚misu)} : la moiti‚ des cavaliers. {PollŠ tˆs ‡jras} : une grande partie du pays. ] - avec des adverbes. Exemples : [[[{P–n‹ka est* tˆs h–m‰ras ; (Aristophane)} Quelle heure est-il ? {Pov tˆs t\0n polem‹wn ‡jras} ; En quel point du territoire ennemi ? ] Compl‚ment d'objet de certains verbes, page 149 213. page 149 Beaucoup de verbes, dont certains ‚quivalent … des verbes transitifs directs fran‡ais, se construisent en grec avec le g‚nitif. Ces constructions s'expliquent soit par le g‚nitif partitif (1ø), soit par l'ancien ablatif (2ø), soit par le sens de la pr‚position composante (3ø). On devra, pour les cas particuliers, consulter le dictionnaire. Les principaux verbes qui se construisent avec le g‚nitif sont : 1ø. N‹k–s øtetu‡‚kamen. Les verbes qui expriment participation ou abondance, d‚sir ou atteinte, souvenir ou souci, et ceux qui marquent une op‚ration des sens, sauf celle de voir. Exemples : [[[{Ohi pr”s‡wroi meteŒ‡on tˆs heortˆs (X‚nophon)}. Les habitants du voisinage prirent part … la fˆte. {N‹k–s tetu‡‚kamen (X‚nophon)}. Nous avons remport‚ la victoire. {T\0n ap”ntwn f‹lwn m‰mn–so (Isocrate).} Souviens-toi des amis absents. {T\0n martrwn ak–k”ate (Lysias)}. Vous avez entendu les t‚moins. ] Tels sont : a) met‰‡w, økoinwneŒn : participer … ; metad‹dwmi : faire part de ; apolaw : jouir de ; g‰mw : ˆtre plein de ; øeuporeŒn : regorger de ; øemp‹pl–mi, øpl–rovn : remplir de. b) epi“umeŒn : d‚sirer ; øef‹emai : aspirer … ; øantipoieŒs“ai : pr‚tendre … ; peinˆn : avoir faim de ; diyˆn : avoir soif de ; erƒn : ˆtre ‚pris de ; øpeirƒs“ai : essayer, tenter ; {h&ptomai} : toucher … ; {lamb&nomai} : se saisir de ; ø‰‡omai : ˆtre contigu … ; øefikneŒs“ai : atteindre ; tug‡&nw : obtenir ; apotug‡&nw : ‚chouer dans ; øhamart&nw : manquer. c) øm‰mn–mai : se souvenir de ; {epilan“&nomai} : oublier ; øepimeleŒs“ai : s'occuper de ; øfront‹zw : se soucier de ; ameleŒn, oligwreŒn : n‚gliger ; m‰lei ømoi : j'ai … coeur ; metam‰lei ømoi : je me repens. d) akow : entendre ; øakroƒs“ai : ‚couter ; øgeomai : go–ter ; øosfra‹nomai : flairer. Remarque, page 149 Avec $akow, entendre, apprendre par ou‹-dire, ${pun“&nomai}, s'informer de, entendre dire, $øman“&nw, apprendre (ødiscere), le nom de la chose se met en g‚n‚ral … l'accusatif, celui de la personne dont on tient l'information se met au g‚nitif d'origine, avec ou sans $øpar&. Exemple : {P“es“‰ mou t&de} (Aristophane). Apprenez de moi ceci. {$Ais“&nomai}, percevoir, se construit avec l'accusatif ou le g‚nitif. 2ø. {S—n toŒs “eoŒs ar‡jme“a p&ntos ‰rgou}. Les verbes qui expriment commencement ou fin, origine, ‚loignement ou privation, sup‚riorit‚ ou inf‚riorit‚. Exemples : [[[{S—n toŒs “eoŒs ar‡jme“a p&ntos ‰rgou}. Commen‡ons tout travail en invoquant les dieux {(X‚nophon). Apolw humƒs tˆs ait‹as (X‚nophon)}. Je vous d‚gage de l'accusation. {H– t\0n martrwn aretŠ perieg‰neto tˆs t\0n tur&nnwn dun&mews}. Le courage des martyrs a triomph‚ de la puissance des tyrans. ] Tels sont : a) {&r‡omai} : commencer ; øpaomai : cesser. b) øg‹gnomai : naŒtre de ; ap‰‡w : ˆtre ‚loign‚ de ; øap‰‡omai : s'abstenir de ; apolw, {apall&ttw, eleu“erovn} : d‚livrer de ; øapotr‰pw : d‚tourner de ; eh‹rgw : ‚carter de ; øfe‹domai : ‚pargner ; aporeŒn : manquer de ; ød‰omai : avoir besoin de ; kenovn, øer–movn : vider de ; apostereŒn : priver de ; øst‰romai : ˆtre priv‚ de. c) {&r‡w} : commander ; økrateŒn : ˆtre maŒtre de ; øperieŒnai, øperig‹gnomai : l'emporter sur ; diaf‰rw : diff‚rer, se distinguer de ; øh–ttƒs“ai : ˆtre domin‚ par ; øle‹pomai : ˆtre inf‚rieur … ; hustereŒn : venir aprŠs, en retard sur. Remarque, page 150 Construction du verbe {$d‰w, $d‰omai : d‰omai stratematos} : j'ai besoin d'une arm‚e ; {oudcn d‰omai} : je n'ai besoin de rien (210) ; {tovt” sou d‰omai} : je te demande cela ; deŒ {moi totou} : il me faut cela. 3ø. {Ouden^s deŒ katafroneŒn}. Les verbes compos‚s o— la pr‚position $kat& a le sens de "contre". Exemple : {Ouden^s deŒ katafroneŒn}. Il ne faut m‚priser personne. Tels sont : økatafroneŒn : m‚priser ; økatagignjskw : condamner ; kat–goreŒn : accuser ; katagelƒn : se moquer de ; kateipeŒn : parler contre, contredire. Remarque, page 150 Les verbes qui signifient "accuser", "condamner", peuvent se construire avec l'accusatif de la peine. Au passif, cet accusatif devient sujet. Exemples : [[[{I–sov “&naton kat‰gnwsan}. Ils condamnŠrent J‚sus … mort. {#\4&natos kategnjs“– I–sov}. La peine de mort fut prononc‚e contre J‚sus. ] Compl‚ment d'adjectif, page 150 214. page 150 {Ho gramm&twn &peiros}. On met au g‚nitif le compl‚ment des adjectifs apparent‚s par le sens aux verbes ci-dessus, et exprimant : 1. participation, connaissance, d‚sir, abondance : m‰to‡os (qui prend part …) ; &xios (digne de) ; øpl‚r–s, ø‰mplews, mest”s (plein de) ; ‰mpeiros (habile dans) ; epimel‚s (soigneux de) ; epi“um–tik”s (d‚sireux de). 2. privation, diff‚rence, sup‚riorit‚ : ken”s, ‰r–mos (vide de) ; øende‚s (d‚pourvu de) ; &peiros (sans exp‚rience de) ; ele“eros (libre de) ; ka“ar”s (pur de) ; di&foros (diff‚rent de) ; {&llos}, h‰teros (autre que) ; egkrat‚s (maŒtre de) ; il faut y joindre les adjectifs au comparatif. Exemple : {Ho gramm&twn &peiros ou bl‰pei bl‰pwn} (vers gnomique) : L'homme sans instruction a des yeux pour ne pas voir. {T\0n ‡elid”nwn lal‹steros (Th‚ophraste)} : plus babillard que les hirondelles. Remarque, page 151 Dans l'expression "øpollov &xios" (pr‚cieux, estimable), c'est le compl‚ment de $&xios qui se met au comparatif ou au superlatif. Exemples : {el&ttonos (meŒonos) &xios} : moins important (litt‚ralement : digne de moins) ; øple‹stou &xios : trŠs pr‚cieux. Compl‚ment d'agent du verbe passif, page 151 215. page 151 {Paideomai hup^ tov patr”s.} Le compl‚ment du verbe passif qui d‚signe la personne par qui se fait l'action se met au g‚nitif avec $hup”. Exemple : {Paideomai hup^ tov patr”s}. Je suis instruit par mon pŠre. Remarques, page 151 I) Quand le compl‚ment du verbe passif est un nom de chose, c'est improprement qu'il est appel‚ parfois compl‚ment d'agent. C'est en r‚alit‚ un compl‚ment de moyen ou de cause qui, comme tel, se met au datif (222). Exemple : {Oik‹a an‰mw\) seseism‰n–} : maison secou‚e par le vent. II) Si le verbe passif est au parfait ou au plus-que-parfait, le grec emploie plut“t le datif d'int‚rˆt ; le datif est de rŠgle avec l'adjectif verbal d'obligation (221). Compl‚ments circonstanciels, page 151 216. page 151 {P”sou did&skei ; P‰nte mn\\0\\n}. On met au g‚nitif les compl‚ments circonstanciels qui indiquent : 1. le prix Exemples : {P”sou did&skei ; P‰nte mn\\0\\n. (Platon)} #… quel prix donne-t-il ses le‡ons ? Pour cinq mines. Remarque, page 151 Faire grand cas, plus grand cas, le plus grand cas de, se dit : {per* pollov, ple‹onos, ple‹stou poieŒs“ai} ; plus rarement : {pollov, ple‹onos, ple‹stou poieŒs“ai}. 2. le grief, avec les verbes qui signifient : accuser, convaincre, condamner, absoudre, punir. Exemples : Asebe‹as øfegein : ˆtre poursuivi pour impi‚t‚. {Poll\0n ohi pat‰res h–m\0n m–dismov “&naton kat‰gnwsan (Isocrate).} Nos pŠres ont condamn‚ bien des gens … mort pour intelligence avec les MŠdes (cf. 213, 3ø). 3. le motif, avec les verbes øeudaimon‹zw (f‚liciter) ; {\4aum&zw} (admirer) ; f“oneŒn, z–lovn (envier, jalouser), etc., et les adjectifs de sens analogue. Exemples : {Eudaimon‹zw se tov tr”pou (Platon)}. Je te f‚licite de ton caractŠre. Z–l\0 se tˆs øeuglwtt‹as (Aristophane). Je t'envie pour ta faconde. {#\0 mak&rie tˆs t‡–s (Aristophane)}. Heureux mortel ! Remarque, page 152 Ainsi s'explique l'emploi du g‚nitif dans les exclamations. Exemple : Fev tov øandr”s. Ah ! quel homme ! #\0 øP”seidon, ødein\0n l”gwn. øPos‚idon, quelles terribles paroles ! {Io— io, t\0n orn‰wn} (Aristophane). Oh ! oh ! les oiseaux ! 4. la partie par laquelle on prend ou tient un objet. Exemple : {#‰lab”n me tˆs zjn–s} (d'aprŠs øX‚nophon). Ils me saisirent par la ceinture. ÷~IV) Datif, page 152 La complexit‚ des emplois du datif grec tient … ce que, en plus de son r“le propre (compl‚ment d'attribution et datif d'int‚rˆt), il a h‚rit‚ de certaines fonctions de l'instrumental et du locatif indo-europ‚ens disparus. Compl‚ment de certains verbes 217. page 152 Beaucoup de verbes, dont certains ‚quivalent … des verbes transitifs directs fran‡ais, se construisent en grec avec le datif. Ces constructions s'expliquent soit par le datif d'int‚rˆt, soit par le datif instrumental, soit par le sens de la pr‚position composante. On devra, pour les cas particuliers, recourir au dictionnaire. Les principaux verbes qui se construisent avec le datif sont : 1. {DeŒ t\0\) #\4e\0\) pe‹“es“ai}. Les verbes qui expriment service ou soumission, faveur ou hostilit‚. Exemples : [[[{DeŒ t\0\) #\4e\0\) peŒ“es“ai mƒllon Š toŒs an“rjpois}. Il faut ob‚ir … Dieu plut“t qu'aux hommes. {ToŒs “eoŒs e‡omai pƒsi ka* p&sais (D‚mosthŠne)}. J'adresse ma priŠre … tous les dieux et … toutes les d‚esses. {ToŒs as“en‰si mŠ ‡alepa‹ne}. Ne te fƒche pas contre les faibles. ] Tels sont : a) sumf‰rw, lusiteleŒn (ˆtre utile) ; bo–“eŒn, øepikoureŒn (secourir) ; amnw (d‚fendre) ; hup–reteŒn, øhupourgeŒn (servir) ; øpe‹“omai, hupakow (ob‚ir) ; øe‡omai (prier). b) ‡a‹rw, øh‚domai (se r‚jouir de, aimer une chose) ; øorg‹zomai, ‡alepa‹nw (s'irriter, se fƒcher contre) ; f“oneŒn (envier) ; {m&‡omai} (combattre) ; øepit‹“emai (attaquer) ; øenantiovs“ai (s'opposer …). 2. {Boloma‹ soi h‰pes“ai}. Les verbes qui expriment voisinage et ressemblance, et le verbe $ø‡rˆs“ai (se servir de). Exemple : {Boloma‹ soi h‰pes“ai}. Je veux te suivre. Tels sont : øh‰pomai (suivre) ; øakolou“eŒn (accompagner) ; homileŒn (fr‚quenter) ; øgameŒs“ai (prendre pour mari) ; øpl–si&zw (s'approcher de) ; øapantƒn (rencontrer) ; ø‰oika (ressembler …) ; homologeŒn (s'accorder avec). Remarque, page 153 Le verbe $ø‡rˆs“ai (prendre en main, se servir de, utiliser) a, comme $øutor en latin, des emplois trŠs vari‚s. Dans le sens de "avoir pour", "employer comme", il peut ˆtre suivi d'un second datif attribut du premier. Exemples : [[[{‡rˆs“ai t‰‡n–\)} : exercer un m‚tier {“al&tt–\)} : tenir la mer øeutu‡‹a\), sumf”ra\) : avoir de la chance, du malheur ‡eim\0ni : subir une tempˆte øhbrei : ˆtre insolent øpra”t–ti : montrer de la douceur {‡rˆs“ai tini f‹lw\)} : voir quelqu'un pour ami {‡rˆs“ai tini hws f‹lw\)} : traiter quelqu'un comme ami ø‡rˆs“ai tini pist\0\) : trouver quelqu'un fidŠle. ] 3. øPros‰balon sikel‹a\) De nombreux verbes compos‚s des pr‚positions {ant‹, en, ep‹, par&, per‹, pr”s, sn, hup”}. Mais, surtout s'ils expriment un mouvement r‚el, on pr‚fŠre souvent r‚p‚ter la pr‚position. Exemples : [[[{M‚dous fegontes pros‰balon Sikel‹a\)} (Thucydide). Fuyant les MŠdes, ils abordŠrent en Sicile. {Pros‰st– moi}. Il m'est venu … l'esprit. {Poll'‰nesti dein… t\0\) g‚ra\) kak&.} La vieillesse est sujette … mille terribles misŠres. ] Compl‚ments d'adjectifs 218. page 153 {Tavt'emo* zug”n tr‹beis}. On met au datif le compl‚ment des adjectifs apparent‚s par le sens aux verbes ci-dessus, et exprimant : 1. faveur ou hostilit‚ : f‹los (ami) ; e‡“r”s, pol‰mios (ennemi) ; øenant‹os (oppos‚ …) ; di&foros (hostile). 2. ressemblance ou dissemblance : øh”moios (semblable …) ; ‹sos (‚gal …) ; ho øaut”s (le mˆme que) ; økoin”s (commun …) ; øoikeŒos (propre …). Exemples : [[[{Ta\_t'emo* zug^n tr‹beis} (H‚rondas). Tu portes le mˆme joug que moi (note : ta\_t' ‚quivaut … t^ øaut”). {Koin”n ti ‡arƒ\) ka* lp–\) d&kru& estin.} Les larmes sont chose commune … la joie et … la douleur. ] Remarque, page 153 L'usage montre que la construction du compl‚ment des adjectifs n'ob‚it pas … des rŠgles rigides ; certains adjectifs peuvent avoir leur compl‚ment au g‚nitif ou au datif, ou mˆme avec pr‚position. Ceux qui expriment la diff‚rence peuvent aussi se construire comme les comparatifs (242). Exemple : {To\_unant‹on Š t^ prosdokjmenon (Platon)} : Le contraire de ce qu'on attendait. (Voir aussi 383, 1ø, II). Datif d'int‚rˆt 219. page 154 {Tˆ\) patr‹di gegen‚me“a}. Le datif d‚signe la personne dans l'int‚rˆt ou au d‚triment de qui une chose est faite ou par rapport … qui une chose est vraie. Il doit souvent se traduire par "pour". Exemples : [[[{Ou t\0\) patr* ka* tˆ\) m–tr* m”non gegen‚me“a, all… ka* tˆ\) patr‹di} (D‚mosthŠne). Nous ne sommes pas n‚s seulement pour notre pŠre et notre mŠre, mais aussi pour notre patrie. {#ˆn h–m‰ra p‰mpt– epipl‰ousin (X‚nophon)}. C'‚tait leur cinquiŠme jour de navigation (litt‚ralement : pour eux qui naviguaient). ] Remarque, page 154 On notera les expressions suivantes : {e‹ soi boulom‰nw\) est‹} : si tu veux ; {e‹ soi h–dom‰nw\), asm‰nw\) est‹} : s'il te plaŒt ; {e‹ soi a‡“om‰nw\) est‹} : si cela t'importune. 220. page 154 {B‹blos est‹ moi}. On rattache au datif d'int‚rˆt : - le datif de possession, avec ou sans $øest‹. Exemples : [[[{B‹blos est‹ moi (est mihi liber)} : j'ai un livre. {#”nom& est‹ moi P‰tros} (et non øPetrw\)) : je m'appelle øPierre. {Ho p&ppos moi ap‰“anen} : mon grand-pŠre est mort. ] - le datif dit ‚thique, qui d‚signe la personne moralement int‚ress‚e … l'action. Exemples : [[[{Ka‹ moi mŠ “orub‚s–te (Platon)} : Et n'allez pas me faire du tapage. {Labc t…s martur‹as moi (D‚mosthŠne)} : Prends-moi les t‚moignages. ] 221. page 154 {Tavt& moi prakt‰a. Tavt& moi p‰praktai}. C'est encore au datif d'int‚rˆt que se rattache l'emploi du datif, obligatoire avec l'adjectif verbal en \-t‰os, fr‚quent avec un verbe passif au parfait ou au plus-que-parfait, pour d‚signer la personne … qui incombe telle obligation, … qui est attribu‚e telle action. Exemples : [[[{Tavt& moi prakt‰a} : Voil… ce qu'il me faut faire. Tavt& ømoi øp‰praktai : Voil… mes actes. {T… eke‹nois pepragm‰na} : leur conduite pass‚e. ] Remarque, page 154 Avec le verbe passif, on peut employer aussi le g‚nitif d'agent avec $hup” (215). Datif instrumental 222. page 154 {#\4an&tw\) z–miovn} On met au datif les compl‚ments circonstanciels qui expriment le moyen, l'instrument, la maniŠre, le point de vue, la cause ou le motif d'une action. Exemples : [[[#\4an&tw\) z“miuvn : punir de mort. {Ap‰kteine tˆ\) heautov ‡eir* t^n stratijt–n}. Il tua le soldat de sa propre main. B‹a\) øeis‹enai : entrer de force. Ap”lwla f”bw\). Je suis moirt de peur. {M–dcn diaf‰rein tin^s t\0\) e‹dei} (ou t^ eŒdos, 209) : ne diff‚rer nullement de quelqu'un par le visage. {Pant* tr”pw\)} (ou p&nta øtr”pon, 210) : de toute maniŠre. ] Remarques, page 155 I) Au lieu du datif, on emploie trŠs souvent des pr‚positions, dont la signification est plus pr‚cise. Exemples : [[[hup^ lp–s : sous l'effet du chagrin di… Perikl‰a : grƒce … øP‚riclŠs di'øherm–n‰ws øl‰gein: parler par interprŠte h‰neka mis“ov : pour avoir une r‚compense ep* øbl&b–\) t\0n e‡“r\0n : au d‚triment de ses ennemis ] II) C'est … l'ancien instrumental que se rattache le datif d'accompagnement. Il d‚signe notamment les moyens militaires avec lesquels opŠre un chef d'arm‚e ; avec le datif de $øaut”s, il signifie "en compagnie de", "avec en mˆme temps". Exemple : [[[{H–g‚somai toŒs h‹ppois (X‚nophon)}. Je prendrai la tˆte avec la cavalerie. {T‰ttaras navs ‰laben autoŒs toŒs &ndr&sin} (Thucydide). Il prit quatre vaisseaux avec leurs ‚quipages. ] ÷~Compl‚ments de temps, page 155 Les compl‚ments de temps s'expriment par les cas, pris dans leur acception concrŠte : l'accusatif marque l'extension dans le temps, la dur‚e ; le g‚nitif (partitif) marque un moment pris sur une p‚riode plus large ; le datif (locatif) marque la date pr‚cise. Lorsqu'on emploie un nombre ordinal, on ajoute une unit‚ au nombre cardinal fran‡ais : øtr‹ton ‰tos (depuis deux ans) ; di… øtr‹t–s h–m‰ras (tous les deux jours). 223. page 155 {#‰meinan h–m‰ras p‰nte. Tr‹t–n ‚d– h–m‰ran}. L'accusatif marque la dur‚e : 1. avec un nombre cardinal ou une d‚termination pr‚cise, il indique "pendant combien de temps" une chose dure, a dur‚ ou durera. Exemples : [[[{#‰meinan h–m‰ras p‰nte (X‚nophon).} Ils restŠrent cinq jours. TŠn h–m‰ran : durant toute la journ‚e. Summa‡‹an øepoi‚santo hekat^n ‰t– (Thucydide). Ils firent une alliance pour une dur‚e de cent ans. TŠn apod–m‹an pƒsan (D‚mosthŠne) : pendant tout le voyage. ] Remarque, page 155 Avec les noms de signification g‚n‚rale, on emploie plus souvent une pr‚position. Exemples : [[[di… øpant^s tov {b‹ou (Platon)}, ou : {par… p&nta t^n b‹on (Platon)} : pendant toute la vie. par… t^n {p”lemon (Isocrate)} : pendant la guerre. ] 2. avec un nombre ordinal, il marque "depuis combien de temps" une chose dure ou a eu lieu ; on ajoute souvent le mot $ohvtos, ou $‚d– (d‚j…). Exemples : [[[{Tr‹t–n ‚d– h–m‰ran apoded‚m–ken}. Il y a d‚j… deux jours (c'est d‚j… le troisiŠme jour) qu'il est en voyage. {Tr‹ton ‰tos tout‹} : voil… deux ans aujourd'hui. ] Remarque, page 155 Mais on dit toujours "{e‹kosin ‰t– gegonjs}" : ƒg‚ de vingt ans ({viginti annos natus)}. 224. page 156 {#\4‰rous. D‰ka h–mer\\0\\n}. Le g‚nitif (partitif) marque : 1. "en quel temps" une chose arrive, sans pr‚cision num‚rique. Exemples : [[{[#\4‰rous} : en ‚t‚ h–m‰ras : de jour tˆs h–m‰ras : au cours de la journ‚e tavt–s t–s nukt”s : cette nuit-l… øpo‹ou m–n”s ; quel mois ? tˆs epios–s nukt”s : la nuit prochaine øeud‹as : par beau temps ] Remarques, page 156 I) On emploie aussi en ce sens $øen et le datif (226). II) Avec l'article au sens distributif (192, 2ø), "tˆs h–m‰ras" peut signifier "par jour". Exemple : {Dra‡mŠn el&mbane tˆs h–m‰ras} (Thucydide). Il recevait une drachme par jour. "Chaque jour" peut se dire encore : hek&st–s h–m‰ras, ka“'h–m‰ran, ka“'hek&st–n h–m‰ran. "Tous les deux jours" : di… øtr‹t–s h–m‰ras (chaque troisiŠme jour). 2. "dans quel d‚lai" une chose arrivera ou "depuis combien de temps" elle a cess‚. Exemples : [[[Basile—s {ou ma‡eŒtai d‰ka h–mer\0n (X‚nophon}). Le Grand Roi ne livrera pas bataille avant dix jours (litt‚ralement : dans l'espace de dix jours). {Ol‹gou ‡r”nou} : dans peu de temps. Tov øloipov : d‚sormais, dans l'avenir. Opw {pollov ‡r”nou h–d‹oni o‹nw\) ep‰tu‡on (X‚nophon)}. Jamais, depuis longtemps, je n'ai trouv‚ vin plus agr‚able. ] Remarque, page 156 øEnt”s (en de‡…), avec le g‚nitif, employ‚ pour marquer le temps, signifie : en moins de. Exemple : {Ent^s e‹kosin h–mer\0n} : en moins de vingt jours. 225. page 156 {Tˆ\) p‰mp–\) h–m‰ra\)}. Le datif, jouant le r“le d'un ancien locatif, marque la date pr‚cise, avec les noms de temps comme jour, mois, ann‚e, hiver, etc., accompagn‚s du nombre ordinal et avec les noms de fˆtes. Exemples : [[[{Tˆ\) p‰mpt–\) h–m‰ra\)} : le cinquiŠme jour. Tˆ\) hustera‹a\)}, ‚quivalant … : tˆ\) ødeut‰ra\) : le lendemain. ToŒs øDionus‹ois : aux Dionysies. ] Remarque, page 156 On emploie aussi le datif sans pr‚position avec des expressions telles que : tˆ\) øpansel‚nw\) (… la pleine lune) ; økair\0\) (au bon moment). Exemple : {P&nta kair\0\) kal& (Sophocle)} : Toute chose est bonne … son heure. On dit ‚galement bien : tˆ\)øde tˆ\) h–m‰ra\), ou : {en tˆ\)de tˆ\) h–m‰ra\)} : ce jour-ci. 226. page 156 {En \4‰rei. En p‰nte h–m‰rais}. Le datif avec la pr‚position $øen s'emploie : 1. avec le mˆme sens que le g‚nitif, pour marquer "en quel temps" une chose a lieu. Exemples : [[[øEn \4‰rei : en ‚t‚ øEn t‹ni h–m‰ra\) ; quel jour ? øEn eir‚n–\) : en temps de paix. øEn totw\) t\0\) ‡r”nw\) : en ce temps-l…. ] 2. avec le nombre cardinal, pour marquer "en combien de temps" une chose se fait. Exemples : [[[{En p‰nte h–m‰rais} : en cinq jours. {Poll&kis en ou polloŒs ‰tesin} : plusieurs fois en peu d'ann‚es. ] Tableau des compl‚ments de temps, page 157 Singulier [[[G‚nitif : tˆs h–m‰ras : par jour ; h–m‰ras : de jour. Datif : øen h–m‰ra\) : dans le jour, en plein jour ; tˆ\) p‰mp–\) h–m‰ra\) : le cinquiŠme jour. Accusatif : h‰kt–n ‚d– h–m‰ran : il y a cinq jours d‚j…. Pluriel G‚nitif : p‰nte øh–mer\0n : depuis, ou dans cinq jours. Datif : øen p‰nte øh–m‰rais : en cinq jours. Accusatif : p‰nte h–m‰ras : pendant cinq jours. ] ÷~Compl‚ments de lieu, page 157 Les cas, employ‚s dans leur acception concrŠte, suffisaient … l'origine … marquer le lieu : l'accusatif marquait la direction vers ou la distance ; le g‚nitif (partitif), la r‚gion de l'espace o— une chose a lieu ; le g‚nitif (ablatif), l'origine ou l'‚loignement ; le datif (locatif) l'endroit o— une chose a lieu. Cet usage s'est maintenu en po‚sie et pour quelques expressions d'emploi courant. Mais la prose classique emploie normalement des pr‚positions : {$en, $ex, $eis} accompagnent les noms de lieu ; $øpar& est r‚serv‚ aux noms de personnes ; $øpr”s s'emploie en particulier avec les noms de points cardinaux. 227. page 157 øEn øA“‚nais. #… la question $ubi, $pov (lieu o— l'on est, o— l'action se passe), on emploie le datif, avec les pr‚ppositions $øen, $ep‹ ou ø$par&, quelquefois $kat& avec l'accusatif. Exemples : [[[{Swkr&t–s h”lon t^n b‹on en A“‚nais di‚gage. Socrate} passa toute sa vie … {AthŠnes. Ep* t\0\) potam\0\)} : au bord du fleuve. {Par… so* kat‰luon} (D‚mosthŠne). Ils logeaient chez toi. {Ouk ˆn kat… p”lin}. Il n'‚tait pas dans la ville. ] Remarques, page 158 I) Beaucoup de noms de villes peuvent, mˆme en prose, se mettre au datif sans pr‚position : {Mara“\0ni, EleusŒni, DelfoŒs, PlataiaŒs} etc. II) On emploie aussi le g‚nitif partitif avec $ep‹ (sur), quelquefois sans pr‚position. Exemples : [[[{Eg‰nonto ep* tov ”rous (X‚nophon)}. Ils se trouvŠrent au sommet de la montagne. Dexiƒs : … droite ; aristerƒs : … gauche. (cf. les adverbes {autov, pov, oudamov}, etc.). ] III) Les formes de l'ancien locatif ont ‚t‚ conserv‚es dans plusieurs noms de ville et quelques mots isol‚s employ‚s adverbialement (161). Exemples : [[[MegaroŒ : … M‚gare (cf. Romae). Pu“oŒ (singulier) : … øDelphes. A“‚n–si : … {AthŠnes. Plataiƒsi : … Plat‚es. o‹koi} : … la maison (cf. domi). ] 228. page 158 Eis tŠn øHell&da. #… la question ø$quo, $poŒ (lieu o— l'on va), on emploie l'accusatif avec $eis, $øpar&, $ep‹, $øpros, et quelquefois $hws (170, 1ø). Exemples : [[[{Eis tŠn Hell&da bouloØm–n …n i‰nai}. Je voudrais aller en {GrŠce. Par… t^n Kvron ‹wmen}. Allons retrouver Cyrus. {#‰ximen ep* “‚ran}. Nous irons … la chasse. {Hws tŠn “ugat‰ra} (H‚rodote). AuprŠs de sa fille. ] Remarques, page 158 I) On trouve quelquefois le g‚nitif partitif avec $ep‹. Exemple : Ane‡jr–san øep'o‹kou (Thucydide). Ils se retirŠrent chez eux. II) En po‚sie, on trouve l'accusatif sans pr‚position. Exemple : {#ˆl“on patr^s ar‡aŒon t&fon (Sophocle)}. Je me rendis … la tombe antique de mon pŠre. 229. page 158 Ek øPlou. #… la question $unde, $øp”“en (lieu d'o— l'on vient), on emploie le g‚nitif avec $øex, $ap” ou $øpar&. Exemples : [[[{Ek Pšlou ˆl“en}. Il vint de Pylos. {Ahi dijru‡es ˆsan ap^ tov T‹gr–tos potamov (X‚nophon)}. Les canaux partaient du {Tigre. Par… basil‰ws ‰r‡omai}. Je viens de la part du Roi. ] 230. page 158 Di… tˆs p”lews. #… la question $øqua, $pˆ\), (lieu par o— l'on passe), on emploie le g‚nitif avec $di&. Exemple : {#‰fugon di… tˆs p”lews} (Thucydide). Ils s'enfuirent en passant par la ville. 231. page 158 {Stad‹ous hebdom‚konta}. On met … l'accusatif sans pr‚position le nom qui marque la distance et l'‚tendue. Exemple : {Ap‰‡ei h– Pl&taia t\0n #\4–b\0n stad‹ous hebdom‚konta} (Thucydide). øPlat‚es est … soixante-dix stades de ThŠbes. Tableau des compl‚ments de lieu, page 159 [[[Question $o— ($ubi, $pov) G‚nitif : ep* tov ø”rous: sur la montagne ; {pr^s n”tou} : au sud. Datif : øen tˆ\) p”lei : dans la ville ; ep* t\0\) potam\0\) : au bord du fleuve ; øpar… basileŒ : auprŠs du roi. Accusatif : kat'øagros : aux champs ; {pr^s n”ton} : au sud. Question $o— (ø$quo, $poŒ) G‚nitif : ep'øo‹kou : chez soi. Accusatif : eis tŠn øp”lin : dans la ville ; ep* t^n potam”n : jusqu'au fleuve ; par… basil‰a chez le roi. Question $d'o— ($unde, $øp”“en) G‚nitif : ek tˆs p”lews : en sortant de la ville ; ap^ tov potamov : du bord du fleuve ; par… basil‰ws : de chez le Roi ; kat… tˆs øp‰tras : du haut du rocher. Question $par $o— ($øqua, $pˆ\)) G‚nitif : di… tˆs p”lews : … travers la ville. Datif : {&ll–\) (hod\0\\)\\)} : par une autre route. Question : #… quelle distance Accusatif : {treŒs stad‹ous} : … trois stades. ] 232. page 159 {En H‰ll–sin}. #… toutes les questions de lieu, le nom de peuple remplace souvent le nom du pays ; on emploie alors, comme avec les noms de lieu, les pr‚positions {$en, $eis, $ex}, aussi bien que $øpar&. Exemples : [[[{En H‰ll–siin, par… toŒs H‰ll–sin} : en {GrŠce. Eis to—s Boiwto—s p‰mpein} (Thucydide) : envoyer en B‚otie. {#ˆl“on ek t\0n polem‹wn (X‚nophon)}. Ils revinrent du pays ennemi. {#epore“–san di… #‡albwn (X‚nophon)}. Ils passŠrent par le pays des øChalybes. ] 233. page 160 {En H&\)dou}. On trouve parfois, avec $eis et $øen, le g‚nitif d'un nom de personne ou de divinit‚. On explique cette construction soit par l'ellipse d'un mot tel que $øoik‹an ou $øoik‹a\), $øhier”n ou $øhier\0\), soit par le sens partitif du g‚nitif : du c“t‚ de, dans le domaine de. Exemples : [[[{En H&\)dou} : chez HadŠs, aux enfers. {#efo‹tas eis t‹nos didask&lou ; (Aristophane)} Chez quel maŒtre allais-tu … l'‚cole ? {Eis kour‰ws (Lysias)}. Chez le coiffeur (cf. en anglais : at the øtailor's : chez le tailleur). {En geit”nwn (M‚nandre)}. Chez les voisins. ] 234. page 160 {To—s ek t\0n sk–n\0n exeŒrgon}. Certaines anomalies apparentes dans l'emploi des pr‚positions s'expliquent parce que le grec veut exprimer … la fois le mouvement et le repos : - tant“t le verbe n'exprime pas le mouvement, mais la pr‚position rappelle le mouvement pr‚c‚dent. Exemple : {Ef&n– l*s eis hod”n (HomŠre)}. Un lion apparut sur la route. - tant“t le verbe exprime le mouvement, mais la pr‚position annonce le repos, l'‚tat qui le suit. Exemple : {TŠn p”lin en pol‰mw\) kat‰st–se (Platon)}. Il mit la ville en ‚tat de guerre. - tant“t, notamment avec l'article, la pr‚position marque, par anticipation, le mouvement exprim‚ par le verbe. Exemples : [[[{To—s ek t\0n sk–n\0n exeŒrgon} (D‚mosthŠne). Ils expulsaient les marchands de leurs boutiques (‚quivaut … : {to—s en taŒs sk–naŒs ek t\0n sk–n\0n exeŒrgon). Ohi ek tˆs agorƒs katalip”ntes t… jnia ‰fugon (X‚nophon)}. Les gens du march‚ s'enfuirent, abandonnant leurs marchandises. ]