Ý{Grammaire Grecque ÝRagon, Dain, De Foucault, Poulain} Volume VI (pagination en noir : p. 160-193) ÷~Chapitre III, page 161 : L'adjectif ÷~I) Adjectif ‚quivalant … un substantif ou … un adverbe, page 161 235. page 161 Ohi kalo* k\_aga“o‹. T^ kal”n. L'adjectif pr‚c‚d‚ de l'article peut ˆtre employ‚ comme nom (193). Exemples : [[[Ohi kalo* k\_aga“o‹ : les gens de bien, l'‚lite. Ohi øpollo‹ : la foule. T^ kal”n : le bien. H– ømousik‚ : la musique. ] 236. page 161 #&smenos …n tovto øhorj\\)\\–n. L'adjectif attribut peut s'employer, surtout en po‚sie, avec la valeur d'un adverbe ou d'une locution adverbiale de lieu, de temps ou de maniŠre. En prose, on n'emploie guŠre ainsi que les adjectifs suivants : [[[pols, m‰gas, &f“onos : en abondance hekjn, hekosios : volontairement &kwn, akosios : … regret &smenos : avec plaisir e“el”nt–s, e“elosios : volontiers h‚su‡os : tranquillement øpr\0tos : d'abord øteleutaŒos : … la fin øtritaŒos: le troisiŠme jour, etc. ”r“rios : … l'aube skotaŒos : dans l'ombre pel&gios : en pleine mer ap”tomos : … pic øenant‹os, øant‹os : en sens contraire, en face. Exemples : #&smenos …n tovto øhorj\\)\\–n. Je verrais cela avec plaisir. Pol—s øen‰keito (Thucydide). Il insistait avec force. #”r“rios h‚keis (øPlaton). Tu es arriv‚ dŠs l'aube. {TritaŒoi af‹konto} (Thucydide). Ils arrivŠrent le troisiŠme jour. Kr‚n– &f“onos øhr‰ousa (øX‚nophon). Source qui coule en abondance. Exekul‹s“– øpr–n‚s (HomŠre). Il roula la tˆte en avant. ] Remarques, page 161 I) L'adjectif attribut, surtout en po‚sie, indique souvent, par anticipation, le r‚sultat de l'action exprim‚e par le verbe (prolepse). Exemple : {Ho desp”t–s mou met‰wros a‹retai} (Aristophane). Mon maŒtre s'‚lŠve dans les airs. II) {#&llos} se joint parfois au second terme d'une ‚num‚ration, avec le sens de "et de plus", "et en outre" (cf. "et nous autres Fran‡ais"). Exemples : {Ohi polŒtai ka* ohi &lloi x‚noi (Platon)}. Les citoyens et les autres, … savoir les ‚trangers. {Daktlion ka* &ll–n sfragŒda (Platon)}. Ton anneau et aussi ton cachet. ÷~II) Compl‚ments de l'adjectif, page 162 237. page 162 {Gramm&twn &peiros. H‰toimoi hupom‰nein}. Un adjectif peut avoir pour compl‚ment : 1. un substantif au g‚nitif (214), au datif (218) ou … l'accusatif de relation (209). Exemples : [[[{Gramm&twn &peiros} : d‚pourvu de culture. {Koin^n ‡arƒ\) ka* lp–\)} : commun … la joie et … la douleur. {Prƒos t^ ˆ“os} : doux de caractŠre. ] 2. un infinitif : ainsi plusieurs adjectifs exprimant aptitude et capacit‚ : [[[{dunat”s, ohŒ”s te} : capable de hikan”s : en ‚tat de, apte … dein”s: habile … epit‚deios : fait pour krios : maŒtre de øh‰toimos : prˆt … &xios, an&xios : digne, indigne de øpr”“umos : empress‚ … (343). ] Exemple : {H‰toimoi ˆsan p&nta k‹ndunon hupom‰nein}. Ils ‚taient prˆts … affronter toute sorte de danger. ÷~III) Comparatif et superlatif, page 162 238. page 162 Le comparatif s'emploie : soit sans compl‚ment, pour indiquer qu'une qualit‚ est poss‚d‚e … un degr‚ relativement ‚lev‚ : on le traduit alors par : un peu, assez, trop, passablement. Exemple : {#‰doxen h– ap”krisis eleu“erwt‰ra eŒnai}. La r‚ponse parut un peu trop libre ; soit avec un compl‚ment indiquant par rapport … qui ou … quoi une personne ou une chose est sup‚rieure. Exemple : Nejter”s eimi sov. Je suis plus jeune que toi (par rapport … toi). Le superlatif s'emploie de mˆme : soit sans compl‚ment (absolu), pour indiquer qu'une qualit‚ est poss‚d‚e … un degr‚ trŠs ‚lev‚ ; soit avec un compl‚ment indiquant par rapport … quel ensemble une personne ou une chose possŠde telle qualit‚ au degr‚ le plus ‚lev‚ (relatif). 239. page 162 {Dionsios ho presbteros}. Quand on compare ou que l'on oppose deux objets ou deux cat‚gories d'objets, le grec, plus logique que le fran‡ais, emploie le comparatif. Exemples : [[[Dionsios ho presbteros : Denys l'Ancien {DuoŒn kakoŒn t^ ‰latton deŒ ahireŒs“ai} (d'aprŠs øPlaton). De deux maux, il faut choisir le moindre. {Dare‹ou g‹gnontai paŒdes do, presbteros mcn Artax‰rx–s, nejteros dc Kvros (X‚nophon)}. Darius eut deux fils : øArtaxerxŠs, l'aŒn‚, et Cyrus, le plus jeune. ] Compl‚ment du comparatif 240. page 163 Nejteros sov. Nejteros ‚ s. Le compl‚ment du comparatif peut ˆtre : 1. soit au g‚nitif, quelle que soit sa fonction par rapport au verbe ; c'est le cas le plus fr‚quent. Exemples : [[[Nejter”s eimi sov. Je suis plus jeune que toi. {Tavta toŒs hopl‹tais ou‡ hˆtton t\0n naut\0n parakeleomai} (Thucydide). J'adresse ces exhortations aux hoplites non moins qu'aux matelots. {Pant^s mƒllon}. Plus que tout. ] 2. soit pr‚c‚d‚ de $‚ (que) au mˆme cas que le premier terme. Exemples : [[[Nejter”s eimi Š s. Je suis plus jeune que toi. {Fobome“a to—s hopl‹tas mƒllon Š to—s peltast&s}. Nous reodutons les hoplites plus que les peltastes. ] Remarques, page 163 I) Si le verbe du premier terme ne peut se sous-entendre avec le second, on met g‚n‚ralement le second terme au nominatif, avec ou sans $eimi ; mais on peut aussi le mettre, par attraction, au mˆme cas que le premier. Exemple : {Plousiwt‰rw\) Š emo‹} (ou : Š egj eimi) d^s tovto. Donne cela … plus riche que moi. II) Quand la comparaison porte sur deux adjectifs ou deux adverbes, on met le second au comparatif comme le premier. Exemples : [[[{Asunetjteros dokeŒ eŒnai Š adikjteros} (Thucydide). Il a l'air plus sot que m‚chant. {Suntomjteron Š saf‰steron dial‰ges“e (Isocrate)}. Vous discourez avec plus de concision que de clart‚. ] III) AprŠs un comparatif, certains g‚nitifs ‚quivalent … toute une proposition. Exemples : me‹zwn elp‹dos : plus grand qu'on n'esp‚rait ; øl”gou : qu'on ne saurait dire ; gnjm–s : qu'on ne pense ; tov ød‰ontos : qu'il ne faut ; etc. IV) "Trop grand pour" se dit en grec "me‹zwn Š kat&" ({major quam pro}), suivi d'un nom … l'accusatif, ou "me‹zwn Š hjste" ({major quam ut}), suivi d'un infinitif. Exemples : [[[{#ˆn meŒzw kak… Š kat… d&krua (Thudycide)}. C'‚taient des malheurs trop grands pour ˆtre pleur‚s. {El&ttw dnamin ‰‡ei Š hjste to—s f‹lous wfeleŒn (X‚nophon)}. Il a trop peu de pouvoir pour aider ses amis. ] V) On dit "øple‹ones (ou : øpl‰on) ‡il‹wn (ou : Š ø‡‹lioi) : plus de mille ; {ple‹ous hebdom‚konta} : plus de soixante-dix ; {ouk el&ttous mur‹wn} (ou : {ouk ‰latton Š mrioi)} : pas moins de dix mille. 241. page 163 {Ou pollaŒs h–m‰rais hsteron}. Le compl‚ment qui indique "de combien" ou "en quoi" une chose est plus grande qu'une autre se met d'ordinaire au datif (datif de diff‚rence) : øpoll\0\) : de beaucoup ; ol‹gw\) : de peu ; tosotw\)... h”sw\) : d'autant plus que. On peut dire aussi : pol, øol‹gon (210) ; on dit toujours $ti (dans une certaine mesure) et $øoud‰n (nullement). Exemples : [[[{Ou pollaŒs h–m‰rais hsteron}. Quelques jours plus tard. {Ol‹gw\) (ol‹gon) pr”teron}. Peu de temps auparavant. ] 242. page 164 {H‰ter”n esti swfrosn–s sof‹a}. Les adjectifs qui expriment la diff‚rence, comme {&llos, h‰teros} (autre), øenant‹os (oppos‚), di&foros (diff‚rent), et les multiplicatifs comme ødipl&sios (double), etc., se construisent, au positif, comme les comparatifs. Exemples : [[[{H‰ter”n esti swfrosn–s sof‹a (Platon).} La science est autre chose que la sagesse. {To\_unant‹on Š t^ prosdokjmenon (Platon)}. Le contraire de ce qu'on attendait. {Dipl&sia ap‰dwka t\0n l–f“‰ntwn} (ou : Š h”sa ø‰labon). J'ai rendu le double de ce que j'avais pris. ] Compl‚ment du superlatif 243. page 164 {Plousijtatos an“rjpwn}. Le compl‚ment du superlatif se met au g‚nitif sans pr‚position. C'est un g‚nitif partitif, qui ne doit pas s'enclaver entre l'article et le superlatif. Exemples : [[[{Basile—s ho Pers\0n plousijtatos an“rjpwn est‹n (X‚nophon)}. Le roi des Perses est le plus riche des hommes. {Proairovmai t\0n l”gwn ou to—s h–d‹stous, all… to—s wfelimwt&tous (Isocrate)}. Parmi les sujets de discours, je pr‚fŠre non les plus agr‚ables, mais les plus utiles. ] Remarque, page 164 Un superlatif attribut peut s'accorder en genre soit avec son compl‚ment, comme en fran‡ais, soit avec le sujet. Exemples : [[[{P&ntwn kt–m&twn timijtatos anŠr f‹los (H‚rodote)}. De tous les biens, un ami est le plus pr‚cieux. N”swn (f‚minin) ‡alepjtatos f“”nos (øM‚nandre). L'envie est la plus cruelle des maladies. ] 244. page 164 Hws t&‡ista. "Le plus possible" s'exprime par $hws ou $h”ti (moins souvent : ˆ\), h”sos ou ohŒos), devant le superlatif. Exemples : [[[Hws t&‡ista : le plus vite possible. DeŒ h”ti m&lista {euma“eŒs eŒnai to—s neos (Platon)}. Il faut que les jeunes gens soient le plus studieux possible. ] Remarques, page 164 I) On ajoute $ødnamai ou $ohŒ”n ø$te, toujours avec $h”sos, souvent avec $hws ou $ˆ\). Exemples : {ˆge strati…n h”s–n ple‹st–n ednato (Thucydide).} Il amenait le plus de troupes possible. (Parfois : $‰ni ou $‰nesti : hws ‰ni h‚dista (øX‚nophon) : le plus agr‚able possible.) II) On peut encore renforcer un superlatif par l'expression $øen $toŒs. Exemple : {En toŒs m&lista t\0\) d‚mw\) enant‹os (Thucydide)}: un homme des plus oppos‚s … la d‚mocratie. L'usage a fix‚ cette expression qui demeure invariable, mˆme devant un f‚minin. Exemple : {En toŒs pleŒstai nˆes (Thucydide)} : une flotte des plus nombreuses. ÷~Chapitre IV, page 165 : Les pronoms ÷~I) Pronoms r‚fl‚chis, page 165 245. page 165 Gn\0\4i øseaut”n. Dans une proposition consid‚r‚e isol‚ment, on $doit employer les pronoms r‚fl‚chis compos‚s quand le pronom compl‚ment d‚signe la mˆme personne que le sujet. Exemples : [[[Gn\0\4i øseaut”n. Connais-toi toi-mˆme. {Tovton pr^s heaut^n metep‰myato.} Il fit venir cet homme prŠs de lui. ] Remarques, page 165 I) Toutefois, au lieu de $dok\0 $øemaut\0\), on dit plut“t : dok\0 ømoi (il me semble que je;.. ; cf. 307). Mais on dit r‚guliŠrement : {snoida emaut\0\)} (j'ai conscience de). II) Le pronom r‚fl‚chi de la troisiŠme personne remplace quelquefois ceux de la premiŠre et de la seconde. Exemple : {Ou tŠn heautov yu‡Šn horƒ\)s (X‚nophon)}. Tu ne vois pas ton ƒme. Aux trois personnes, le pronom r‚fl‚chi s'emploie souvent au sens du pronom r‚ciproque $øall‚lwn. Exemple : {H–mŒn autoŒs dialex”me“a (D‚mosthŠne)}. Nous discuterons entre nous. 246. page 165 {#–n&gkas&n me sfƒs fileŒn}. Dans une proposition subordonn‚e, lorsque le pronom compl‚ment d‚signe le sujet de la proposition principale : [[[1. on n'emploie pas normalement les pronoms r‚fl‚chis des deux premiŠres personnes ; 2. on $peut employer le r‚fl‚chi de la troisiŠme personne, surtout le r‚fl‚chi indirect : (ohv), ohi, (h‰), sf\0n, sf‹si, sfƒs ; si la proposition subordonn‚e exprime la pens‚e du sujet principal (compl‚tives et finales) ; mais cet emploi, contrairement … l'usage du latin, n'est jamais obligatoire. Exemples : {#–n&gkas&n me sfƒs fileŒn}. Ils m'ont forc‚ … les aimer. {Ho Kvros –x‹ou do“ˆnai ohŒ tatas t…s p”leis (X‚nophon)}. Cyrus pr‚tendait que ces villes lui fussent donn‚es. Mais : {#efobovnto mŠ epi“oŒnto autoŒs ohi pol‰mioi (X‚nophon).} Ils craignaient que les ennemis ne les attaquassent. ] ÷~II) Possessifs, page 166 247. page 166 {T^n emautov pat‰ra fil\0}. Quand le possesseur est sujet de la proposition, on emploie : 1. l'article seul, quand le sens est suffisamment clair (192, 1). 2. le g‚nitif du pronom r‚fl‚chi enclav‚, qu'on remplace g‚n‚ralement aux premiŠre et deuxiŠme personnes du pluriel par les adjectifs compos‚s : {h–m‰teros aut\0n, hum‰teros aut\0n}. D'o— le tableau suivant : [[[{t^n emautov pat‰ra fil\0} : j'aime mon pŠre. {t^n seautov pat‰ra fileŒs} : tu aimes ton pŠre. {t^n heautov pat‰ra fileŒ} : il aime son pŠre. {t^n h–m‰teron aut\0n pat‰ra filovmen} : nous aimons notre pŠre. {t^n hum‰teron aut\0n pat‰ra fileŒte} : vous aimez votre pŠre. {t^n heaut\0n pat‰ra filovsi} : ils aiment leur pŠre. ] Exemple : {Pol‰mio‹ esmen toŒs h–met‰rois aut\0n f‹lois (X‚nophon)}. Nous sommes en guerre avec nos propres amis. 3. plus rarement, l'adjectif possessif enclav‚, qu'on remplace par $øheautov … la troisiŠme personne du singulier : {t^n em”n, t^n s”n, t^n heautov, t^n h–m‰teron, t^n hum‰teron, t^n sf‰teron pat‰ra}. Remarque, page 166 Conform‚ment … la rŠgle 246, on $peut employer le possessif r‚fl‚chi dans une proposition subordonn‚e, quand le possesseur est sujet de la principale, mais seulement … la troisiŠme personne. Exemple : {Ou boletai humƒs t\0n heautov pragm&twn epimeleŒs“ai}. Il ne veut pas que vous vous mˆliez de ses affaires. 248. page 166 {Ho pat‚r mou fileŒ me}. Quand le possesseur n'est pas sujet de la proposition, on emploie : 1. le g‚nitif du pronom personnel non enclav‚ : {Ho pat‚r mou (sou, autov, h–m\0n, hum\0n, aut\\0\\n) fileŒ me} : mon (ton, son, notre, votre, leur) pŠre m'aime. 2. s'il y a lieu d'insister, l'adjectif possessif enclav‚, qu'on remplace … la troisiŠme personne par øeke‹nou, eke‹nwn. Ainsi : {Ho em^s patŠr fileŒ me}. Exemple : {T^n govn em^n ka* t^n s”n, Šn s— mŠ \4‰l–\)s, adelf”n (Sophocle)}. En tout cas, c'est mon frŠre, et le tien, mˆme si tu ne le veux pas (que tu le veuilles ou non). Remarques, page 166 I) Comme $suus en latin, $øheautov peut s'employer, au lieu de $øautov, dans le sens de "son propre". Exemple : {T^n kwm&r‡–n &gei pr^s to—s heautov oik‰tas (X‚nophon)}. Il reconduit le chef du village dans sa propre famille. II) L'adjectif possessif peut avoir le sens d'un g‚nitif objectif (211; II). Exemple : {ahi hum‰terai elp‹des} (vos espoirs) peut aussi signifier: les espoirs qu'on met en vous. ÷~III) Le pronom ind‚fini $tis, page 167 249. page 167 KaleŒ s‰ tis. Le pronom ind‚fini $tis ‚quivaut souvent … notre pronom $øon. Mais pour traduire le pronom $øon, on peut aussi employer : 1. d'autres pronoms appropri‚s au sens (h‰kastos, pƒs tis, {p&ntes, oude‹s}) ; 2. le passif ; 3. la troisiŠme personne du pluriel, sans sujet, avec quelques verbes tels que $øl‰gousi, fas‹ (on dit) ; 4. la deuxiŠme personne du singulier de l'optatif avec $&n (potentil, 281, 3). Exemples : [[[KaleŒ s‰ tis. On t'appelle. {Oude*s dnatai ae* zˆn}. On ne peut vivre toujours. øL‰gois &n. On peut dire, on dira volontiers. ] 250. page 167 {#epil‚smwn tis &n“rwp”s eimi}. $Tis s'ajoute assez souvent … des adjectifs qualificatifs ou num‚raux, avec le sens adverbial de : en quelque fa‡on, passablement, environ. Exemples : [[[{#epil‚smwn tis &n“rwp”s eimi}. Je suis passablement oublieux. {Nˆes hept& tines &ploi eg‰nonto} (Thucydide). Il y eut bien sept vaisseaux hors de service. ] Remarque, page 167 On trouve souvent ainsi : {toiovt”s tis, pƒs tis, h‰kast”s tis, ehŒs tis} ; et, au neutre : s‡ed”n ti (… peu prŠs). Exemples : [[[{S‡ed”n ti toiavta ‰legon (Platon)}. Tel fut … peu prŠs mon langage. {Toiat– t‹s estin (h– kat–gor‹a) (Platon)}. Telle est … peu prŠs l'accusation. ] ÷~IV) Attraction du genre, page 167 251. page 167 {Aht– est*n andr^s aret‚}. Contrairement … l'usage fran‡ais, un pronom d‚monstratif ayant pour attribut un substantif prend habituellement, par attraction, le genre de cet attribut. (cf. {Haec est mea gloria)}. Exemples : [[[{Aht– est*n andr^s aret‚ (aht–} ‚quivaut … $tovto) (øPlaton). Ceci est la vertu de l'homme. {H‰teros l”gos ohvtos (ohvtos} ‚quivaut … $tovto) (D‚mosthŠne). Ceci est une autre question. ] Remarques, page 167 I) On reconnaŒt que le pronom d‚monstratif est ainsi employ‚ par attraction … l'absence de l'article devant le substantif. Ainsi, avec l'article, {tat–\) tˆ\) apolog‹a\) ‡rˆtai} signifie : il utilise cette excuse ; sans article, {tat–\) apolog‹a\) ‡rˆtai} : il utilise cela comme excuse. Exemple {T‰‡n–n tat–n ‰‡ei to—s f‹lous h” ti …n dn–tai poieŒn kak”n (Lysias).} Il a pour m‚tier de faire … ses amis tout le mal qu'il peut. II) La mˆme attraction peut avoir lieu pour le pronom relatif. Exemple : {H‚nper kalovmen m&“–sin an&mn–s‹s estin (h‚nper} ‚quivaut … $øh”per) (øPlaton). Ce que pr‚cis‚ment nous appelons connaissance est en r‚alit‚ r‚miniscence. 252. page 168 {L”goi eis*n h…s elp‹das onom&zomen}. Un pronom relatif suivi d'un attribut qui le d‚termine peut prendre soit le genre de l'ant‚c‚dent, soit, par attraction, le genre de l'attribut. Exemples : [[[{F\0s, ho #\4e^s anˆyen h^ dŠ kekl‚kamen h‚lion (Platon)}. C'est Dieu qui a allum‚ le flambeau que nous appelons soleil. Mais : {L”goi eis*n en hek&stois h–m\0n h…s elp‹das onom&zomen (h…s} ‚quivaut … $oh—s) (øPlaton). Il existe en chacun de nous des calculs que nous nommons esp‚rances. ] ÷~V) Attraction du cas, page 168 Normalement, le cas du pronom relatif est d‚termin‚ par sa fonction dans la proposition relative. Exemple : {L‰ge dŠ tŠn epistolŠn hŠn ‰pemye F‹lippos (D‚mosthŠne)}. Donne donc lecture de la lettre que Philippe a envoy‚e. Mais lorsque la proposition relative est ‚troitement li‚e … la principale, il arrive que le grec souligne ce lien en faisant passer l'ant‚c‚dent dans la relative, et mˆme, en mettant au mˆme cas l'ant‚c‚dent et le relatif. 253. page 168 M‚dwn h”swn he”raka. 1. Attraction du relatif par l'ant‚c‚dent : Quand un relatif simple (mais non $h”stis), qui devrait ˆtre … l'accusatif a un ant‚c‚dent au g‚nitif ou au datif, il prend d'ordinaire, par attraction, le cas de l'ant‚c‚dent. Exemples : [[[M‚dwn h”swn he”raka ho em^s p&ppos k&llistos ($h”swn} ‚quivaut … ${h”sous) (X‚nophon)}. De tous les MŠdes que j'ai vus c'est mon grand-pŠre qui est le plus beau. {#‡eim\0nos ”ntos oh‹ou l‰geis ($oh‹ou} ‚quivaut … {$ohŒon) (X‚nophon)}. Alors qu'il faisait le mauvais temps que tu dis. ] Remarques, page 168 I) Quand l'ant‚c‚dent est un pronom d‚monstratif, on le supprime aprŠs avoir fait l'attraction. Exemple : {Ex h\0n akow} (‚quivaut … : ek totwn h… akow) (øX‚nophon). Aux nouvelles que j'apprends. II) Quand l'ant‚c‚dent est un substantif, on le fait passer volontiers, sans article, dans la proposition relative. Exemple : {Pr^s ahŒs ‰labe naus‹n} (‚quivalant … : {pr^s taŒs naus*n h…s ‰labe) (X‚nophon)}. Outre les vaisseaux qu'il a re‡us. III) Dans une relative o— le pronom $ohŒos est attribut, il arrive qu'on supprime le verbe $eim‹ et qu'on mette non seulement le relatif, mais encore le sujet au cas de l'ant‚c‚dent sous-entendu : ainsi "{toiotw\) ohŒos egj eimi}" devient "oh‹w\) egj eimi", puis "oh‹w\) emo‹". Exemples : toŒs øoh‹ois h–mŒn : pour les gens tels que nous ; oh‹w\) {soi andr‹} : pour un homme tel que toi. 254. page 169 {AneŒle “eoŒs ohŒs ‰dei “ein}. 2. Attraction de l'ant‚c‚dent par le relatif : Par une attraction inverse, fr‚quente en latin, mais rare en grec, il arrive que c'est l'ant‚c‚dent qui prend le cas du relatif (cf. {Quam quisque norit artem)}. Exemple : {AneŒlen aut\0\) ho Ap”llwn “eoŒs ohŒs ‰dei “ein} (‚quivalant … : to—s “eo—s ohŒs) (øX‚nophon). øApollon lui r‚v‚la les dieux auxquels il fallait sacrifier. Remarques, page 169 I) On trouve mˆme cette attraction alors que le substantif ant‚c‚dent devrait ˆtre au nominatif. Exemple : {TŠn ous‹an hŠn kat‰lipe t\0\) uhieŒ ou ple‹onos ax‹a est‹n (Lysias)}. La fortune qu'il laissa … son fils n'a pas grande valeur. (cf. {Urbem quam statuo vestra est, Virgile)}. II) Le substantif ant‚c‚dent peut, dans ce cas encore, passer sans article, dans la proposition relative. Exemple : {Kataskeu&zei hˆs &r‡ei ‡jras} (‚quivalant … : tŠn ‡jran hˆs &r‡ei) (øX‚nophon). Il organise la r‚gion qu'il commande (comparer avec : {pr^s ahŒs ‰labe naus‹n)}. III) C'est par cette attraction que s'explique, avec suppression du verbe $eimi, l'expression "{ouden^s h”tou, ouden‹ h”tw\)"}, etc., pour "oude‹s øestin h”tou, h”tw\)". Exemples : [[[{Ouden^s h”tou ouk …n hum\0n patŠr e‹–n (Platon)}. Il n'est aucun de vous dont je ne puisse ˆtre le pŠre. {Ouden* h”tw\) ouk apokr‹netai (Platon)}. Il n'est personne … qui il ne r‚ponde. ] De mˆme : "{\4aumast^s h”sos}" (‚tonnamment grand) est pour "{\4aumast”n estin h”sos" ; "\4aumast\0s hws"} (‚tonnamment), pour "{\4aumast”n estin hws}". ÷~VI) Coordination des relatives, page 169 255. page 169 {H”stis l‰gei mcn ev, t… d'‰rga ais‡r& estin autov}. Quand deux propositions relatives sont coordonn‚es, il arrive souvent que le pronom relatif ne soit pas r‚p‚t‚ dans la seconde, mˆme s'il doit ˆtre mis … un autre cas que dans la premiŠre. On peut alors le remplacer par $øaut”s, sauf au nominatif. Exemple : {H”stis l‰gei mcn ev, t… d'‰rga ais‡r& estin autov, tovton ouk ain\0 pote (Euripide)}. Celui qui parle bien, mais dont les actes sont honteux, jamais je ne l'approuve. Mais on r‚pŠte parfois le pronom relatif, surtout aprŠs une pr‚position. Exemple : {Exel‚lamai ek tˆs patrj\)as oik‹as en h–\) ka* egen”m–n ka* etr&f–n ka* eis hŠn auto—s egq paredex&m–n (D‚mosthŠne)}. Me voil… chass‚ de la maison paternelle dans laquelle je suis n‚ et j'ai ‚t‚ ‚lev‚ et dans laquelle je les ai moi-mˆme accueillis. ÷~Chapitre V, page 170 : Le verbe ÷~A) Les voix, page 170 256. page 171 La conjugaison grecque comporte trois voix : la voix active indique que le sujet fait telle action ou ‚prouve tel ‚tat ; la voix passive indique que le sujet subit l'action ; la voix moyenne indique que le sujet est particuliŠrement int‚ress‚ … l'action. Mais la distinction de sens entre les voix est moins nette que ne le laisserait croire la conjugaison th‚orique : le passif, qui s'est diff‚renci‚ … partir du moyen, n'a de d‚sinences propres qu'au futur et … l'aoriste ; les aoristes en \-\4–n et en \-–n n'ont pas toujours le sens passif (edun‚“–n : j'ai pu ; øeboul‚“–n : j'ai voulu ; e‡&r–n : je me suis r‚joui) ; bien des verbes ne se conjuguent pas aux trois voix ou mˆlent des formes actives et des formes moyennes sans diff‚rence de sens appr‚ciable. On devra donc toujours v‚rifier dans le dictionnaire le sens exact des formes d'un verbe donn‚. ÷~I) Voix active, page 170 257. page 170 {Anab…s ep* t^n h‹ppon ‚lase} Plusieurs verbes transitifs, surtout des verbes de mouvement, peuvent avoir aussi un sens intransitif, dont l'origine s'explique, dans certains cas, par l'ellipse d'un compl‚ment. Tels sont : [[[&gw (conduire) et ses compos‚s : {&gein} (marcher) ; {ap&gein} (s'en aller) ; {di&gein} (vivre) ; etc. {b&llw} (jeter) et ses compos‚s : {b&llein} (se jeter) ; {eisb&llein} (envahir) ; {prosb&llein} (attaquer) øelanein (pousser en avant, s'‚lancer) øa‹rein (agkras) (appareiller, partir) øpros‰‡ein (t^n novn) (ˆtre atentif …) øteleutƒn (t^n øb‹on) (mourir) ; etc. ] Exemple : {Anab…s ep— t^n h‹ppon ‚lase (X‚nophon)}. Il monta … cheval et s'‚lan‡a. Remarques, page 170 I) employ‚s avec un adverbe, $‰‡w et ${pr&ttw} deviennent intransitifs : ev ‰‡w : se trouver bien ; ev {pr&ttw} : r‚ussir ; kak\0s {pr&ttw} : ‚chouer (tout diff‚rent de {ev poi\0, kak\0s poi\0} : faire du bien, du mal). De mˆme : {$apall&ttw} (‚loigner, d‚livrer), avec un adjectif ou un adverbe, signifie : s'en tirer (bien ou mal). Exemple : {#‡eŒron h–m\0n ap–ll&‡asi (D‚mosthŠne)}. Ils s'en sont tir‚s plus mal que nous. II) Lorsqu'un verbe a deux aoristes ou deux parfaits, l'aoriste 1 et le parfait 1 ont en g‚n‚ral le sens transitif, l'aoriste 2 et le parfait 2, le sens intransitif : ‰st–ka : j'ai plac‚ ; ‰st–n : je me pla‡ai ; øp‰pra‡a : j'ai fait ; øp‰praga : j'ai r‚ussi (bien ou mal). ÷~II) Voix moyenne, page 171 La voix moyenne indique que l'action s'exerce dans la sphŠre du sujet ou qu'il y prend un int‚rˆt particulier. 258. page 171 {F‰rontai o‹ko“en &rton}. Le plus souvent, le moyen exprime une action que le sujet fait pour soi, dans son int‚rˆt. Exemples : [[[{F‰rontai o‹ko“en &rton (X‚nophon)}. Ils apportent du pain de chez eux (pour leur propre usage). #‡it\0na øepoi–s&m–n. Je me suis fait une tunique. ] On opposera l'emploi actif et l'emploi moyen des verbes suivants : [[[ahireŒn : prendre ; øahireŒs“ai : choisir p‰mpw : envoyer ; ømetap‰mpomai : faire venir prŠs de soi {ful&ttw} : garder ; {ful&ttomai} : prendre garde … amnw : ‚carter, secourir ; øamnomai : se d‚fendre, se venger øparaskeu&zw : pr‚parer (pour autrui) ; {paraskeu&zomai} : pr‚parer (pour son usage) por‹zw : procurer ; øpor‹zomai : se procurer paw : faire cesser, interrompre ; øpaomai : cesser, interrompre son action {n”mous ti“‰nai} : imposer des lois ; {n”mous t‹“es“ai} : se donner des lois ] 259. page 171 {T^ x‹fos esp&sato}. Le moyen indique aussi une action que le sujet fait sur soi, sur un objet qui est … lui. Exemples : [[[T^ x‹fos øesp&sato. Il tira son ‚p‚e. øLoomai to—s p”das. Je me lave les pieds. øEndomai. Je m'habille. øStefanovmai. Je me couronne. øHopl‹zomai. Je revˆts mes armes. {Tavta akosas ho Kvros epa‹sato t^n m–r”n (X‚nophon)}. #… cette nouvelle, Cyrus se frappa la cuisse. ] On opposera l'emploi actif et l'emploi moyen des verbes suivants : [[[apod‹dwmi : je rends (le bien d'autrui) ; øapod‹domai : je vends (mon propre bien) apofa‹nw : je montre (un objet) ; øapofa‹nomai: j'expose (mon opinion) øepagg‰llw : j'annonce (une nouvelle) ; øepagg‰llomai : je fais parade (de ma science) ] Remarque, page 171 Au pluriel, certains verbes moyens peuvent exprimer la r‚ciprocit‚. Exemples : ødial‰gontai : ils disputent entre eux ; ødian‰montai : ils se partagent. 260. page 172 {Ouk'‰gwg'epoliteu”m–n}. Le moyen indique encore une action que le sujet fait lui-mˆme, de lui-mˆme, en s'y engageant personnellement. Exemples : [[[{Ouk ‰gwg'epoliteu”m–n pw t”te (D‚mosthŠne)}. #… cette ‚poque, je ne prenais pas encore une part personnelle aux affaires. {Tr‹a t&lanta suneb&lonto autoŒs (X‚nophon)}. Ils leur versŠrent une contribution personnelle de trois talents. ] Remarque, page 172 C'est toujours la voix moyenne de $øpoieŒn qu'on emploie dans les nombreuses p‚riphrases form‚es avec ce verbe : [[[{poieŒs“ai ap”krisin} : faire une r‚ponse {poieŒs“ai epim‰leian} : s'occuper de {l”gous poieŒs“ai} : s'entretenir {orgŠn poieŒs“ai} : s'irriter {p”lemon poieŒs“ai} : faire la guerre ({p”lemon poieŒn} : provoquer une guerre) {per* pollov, per* pant^s poieŒs“ai} : estimer beaucoup, tenir essentiellement … ] Traduction du verbe pronominal fran‡ais 261. page 172 {Heaut^n ap‰sfaxen}. La voix moyenne n'ayant que pour certains verbes le sens directement r‚fl‚chi, les verbes pronominaux fran‡ais qui ont un sens directement r‚fl‚chi se rendent le plus souvent par la voix active et le pronom r‚fl‚chi. Exemple : {T^ x‹fos spas&menos heaut^n ap‰sfaxen (X‚nophon)}. Tirant son ‚p‚e, il s'‚gorgea. Mais souvent nos verbes pronominaux ont le sens passif ou intransitif ; on emploie alors en grec le passif. Ainsi : [[[økin–“ˆnai : se mettre en mouvement øapallagˆnai: s'‚loigner, se d‚barrasser øha“rois“ˆnai : se rassembler øta‡“ˆnai : se ranger øe“is“ˆnai : s'accoutumer øfob–“ˆnai : s'effrayer, etc. ] Exemple : {#emo* pe‹“ou ka* sj“–ti (Platon)}. Crois-moi et sauve-toi. Sens causatif de l'actif et du moyen 262. page 172 {T&fron jrutte}. En grec comme en latin, un verbe actif ou moyen peut prendre, dans un contexte donn‚, le sens causatif (faire faire...). Exemples : [[[{T&fron jrutte kklw\) per* tŠn p”lin (X‚nophon)}. Il fit creuser une tranch‚e tout autour de la ville. {Ohi aga“o* &ndres did&skontai to—s uhieŒs (Platon)}. Les gens de bien font instruire leurs enfants. ] Nota : on remarquera le sens des verbes moyens suivants : [[[dane‹zw : prˆter ; ødane‹zomai : emprunter mis“ovn : louer (comme propri‚taire) ; ømis“ovs“ai : louer (comme locataire) dik&zw : rendre un jugement; {dik&zomai} : plaider gameŒn : ‚pouser (une femme) ; øgameŒs“ai : ‚pouser (un mari) øsumboulew : conseiller ; øsumbouleomai : demander conseil ] ÷~III) Voix passive, page 173 263. page 173 {Ouk‰ti apeilovmai, all'apeil\0 &llois}. En g‚n‚ral, les verbes transitifs directs ont seuls la voix passive. Cependant quelques verbes transitifs en grec s'emploient au passif. Tels sont : 1. $&r‡w (commander) ; økatafroneŒn (m‚priser) ; katagelƒn (se moquer de) ; ameleŒn (n‚gliger), qui veulent le g‚nitif. 2. pistew (se fier …) ; apisteŒn (se d‚fier de) ; f“oneŒn (porter envie …) ; oneid‹zw, epitimƒn (reprocher) ; apeileŒn (menacer), qui veulent le datif. Exemple : {Ouk‰ti apeilovmai, all'apeil\0 &llois (X‚nophon)}. Ce n'est plus moi qu'on menace, c'est moi qui menace les autres. Remarque, page 173 Dans les locutions telles que "{epitr‰pw soi tŠn fulak‚n}" (je te confie la garde) ; {ekk”ptein t^n of“alm”n tinos}" (crever l'oeil … quelqu'un), ce n'est pas toujours le nom de la chose qui devient sujet au passif, comme on s'y attendrait, mais le nom de la personne. Exemples : "{#epit‰trammai tŠn fulak‚n"} (on m'a confi‚ la garde). "{T^n of“alm^n ekk‰koptai}" (on lui a crev‚ l'oeil). 264. page 173 {Ap‰“anen hup^ Nik&ndrou}. Quelques verbes dont le passif est peu usit‚ ou n'est pas usit‚ dans le mˆme sens remplacent ce passif par des verbes intransitifs qui, dans ce cas, se construisent avec $hup” et le g‚nitif. Tels sont : [[[{Ev poi\0, kak\0s poi\0} : je fais du bien, du mal ; ev p&s‡w, kak\0s p&s‡w : on me fait du bien, du mal ev l‰gw : je dis du bien ; ev akow : on dit du bien de moi dijkw : je suis accusateur, je poursuis ; fegw : je suis accus‚, poursuivi apokte‹nw : je tue ; apo“n‚\)skw : je suis mis … mort {plosion poi\0} : je rends riche ; {plosios g‹gnomai} : je deviens riche ] Exemples : [[[{Ap‰“anen hup^ Nik&ndrou (X‚nophon)}. Il fut tu‚ par {Nicandre. Fegeis Š dijkeis ; (Platon)} Es-tu accus‚ ou bien accusateur ? ] Remarque, page 173 Le passif de l'expression {d‹k–n lamb&nein par& tinos} (punir quelqu'un) est : {d‹k–n dovna‹ tini}, (ou : hup” tinos) (ˆtre puni par quelqu'un). Cf. le latin : dare poenas alicui. 265. page 173 {Bebo–“–ta‹ moi}. L'impersonnel passif, trŠs usit‚ en latin, est plus rare en grec : on pr‚fŠre d'ordinaire la construction personnelle (307). On emploie surtout $øl‰getai (on dit), $øhomologeŒtai (on convient) ; $ød‰doktai (il est d‚cid‚) ; $ønom‹zetai (il est d'usage), et quelques autres verbes. Exemples : [[[{Bebo–“–ta‹ moi (Antiphon)}. On m'a port‚ secours. {#epe* pareskeasto (Thucydide)}. Quand les pr‚paratifs furent achev‚s. ] ÷~B) Temps et aspects, page 174 266. page 174 La cat‚gorie grammaticale appel‚e temps exprime en grec deux notions : 1. le moment (pass‚, pr‚sent ou futur) o— l'action se situe ; 2. l'aspect selon lequel l'action se pr‚sente. Le grec distingue trois aspects correspondant respectivement aux trois radicaux ou thŠmes verbaux (100) : - le thŠme de l'aoriste s'emploie pour exprimer l'action pure et simple, sans aucune nuance de dur‚e : apo“aneŒn (mourir) ; øap‰“anen (il mourut). - le thŠme du pr‚sent s'emploie pour exprimer l'action en train de se d‚rouler : {apo“n‚\)skein} (ˆtre en train de mourir) ; øapo“n‚\)skei (il se meurt). - le thŠme du parfait s'emploie pour exprimer l'‚tat qui r‚sulte de l'action achev‚e : {te“n&nai} (ˆtre mort) ; t‰“n–ke (il est mort). Chacun de ces thŠmes comporte … l'indicatif un temps pass‚ caract‚ris‚ par l'augment et les d‚sinences secondaires. Il y a ainsi trois pass‚s, qui ne correspondent pas aux diff‚rents "pass‚s" fran‡ais, mais se distinguent par l'aspect : l'indicatif aoriste exprime l'action pass‚e pure et simple ; l'imparfait l'action en train de se d‚rouler dans le pass‚ ; le plus-que-parfait, qui est proprement l'imparfait du parfait, exprime l'‚tat qui r‚sultait d'une action achev‚e. Quant au futur, il a ‚t‚ form‚ ind‚pendamment … partir d'un pr‚sent "d‚sid‚ratif" indo-europ‚en et a d'abord exprim‚ l'intention : {t‚nd-egq ou lsw} (moi je ne veux pas la lƒcher). Cette valeur s'est conserv‚e dans certains emplois (relatives finales, 337 ; participe … sens final, 356, 5). En dehors de cette valeur modale, le futur exprime simplement l'action dans l'avenir. Le "futur ant‚rieur", trŠs improprement nomm‚, est en r‚alit‚ le futur du thŠme du parfait : {pepr&xetai} (ce sera chose faite). ÷~I) Les temps de l'indicatif, page 174 ÷~1. Pr‚sent et imparfait, page 174 267. page 174 {Ovt‹s me kte‹nei}. Le pr‚sent exprime l'action dans son d‚veloppement, comme une "ligne". Il marque donc : 1. une action qui se d‚roule actuellement, ou une v‚rit‚ permanente. 2. une action qui se r‚pŠte, qui est habituelle. 3. une action qui commence et s'oriente vers son r‚sultat (pr‚sent de tentative). Exemples : [[[{Ovt‹s me kte‹nei} (HomŠre). "Personne" est en train de me tuer. {#egq d'ohŒnon p‹nw (D‚mosthŠne)}. Moi, ma boisson habituelle est le vin. {So* d'Agam‰mnwn &xia d\0ra d‹dwsi (HomŠre)}. øAgamemnon t'offre des cadeaux qui comptent. ] Remarques page 175 I) Le grec, plus souvent que le fran‡ais, emploie le pr‚sent de narration, au lieu d'un temps pass‚, quand l'auteur veut mettre une action sous les yeux du lecteur en la pr‚sentant comme actuelle. Exemple : {Xenof\0n ex‰plei ka* metalamb&nei en S&rdesi Kvron (X‚nophon). X‚nophon} fit la travers‚e, et voil… qu'… øSardes il trouve Cyrus. II) Certains verbes peuvent avoir au pr‚sent le sens d'un parfait : [[[nik\0 : je remporte la victoire, je suis vainqueur adik\0 : je fais du tort, je suis coupable akow : j'apprends, je sais par ou‹-dire fegw : je m'enfuis, je suis banni ] $#h‚kw (je suis arriv‚) et $øo‹‡omai (je suis parti) ont toujours le sens du parfait. 268. page 175 {Swkr&t–s ouk ‰pinen}. L'imparfait a, au pass‚, les mˆmes sens que le pr‚sent. Il exprime donc : 1. une situation pass‚e ou une action pass‚e, envisag‚e dans son d‚veloppement ; 2. une action qui se r‚p‚tait, qui ‚tait habituelle ; 3. une action qui commen‡ait seulement et s'orientait vers son r‚sultat (imparfait de tentative). Exemples : [[[{Xenof\0n ex‰plei (X‚nophon). X‚nophon} fit la travers‚e. {Swkr&t–s ouk ‰pinen, ei mŠ diyj–\)} (d'aprŠs øX‚nophon). øSocrate ne buvait pas s'il n'avait pas soif. F‹lippos {Hal”nn–son ed‹dou (D‚mosthŠne). Philippe} offrait øHalonnŠse. ] Remarques, page 175 I) Certains verbes tels que $demander, $envoyer, $s'en $aller, qui d‚signent par eux-mˆmes des actions inachev‚es, s'emploient plus volontiers … l'imparfait. Exemple : #–rjta : il demanda. II) Les verbes qui, au pr‚sent, ont le sens du parfait (267, II) ont … l'imparfait soit le sens d'un plus-que-parfait, soit le sens de l'imparfait : ø‚kouon : je savais, ou j'apprenais ; øˆkon : j'‚tais arriv‚, ou j'arrivai. ÷~2. Aoriste, page 175 269. page 175 {#ˆl“on, eŒdon, en‹k–sa}. L'aoriste exprime l'action effectu‚e, purement et simplement, comme un "point". Il marque donc : 1. une action pass‚e, sans aucune consid‚ration de dur‚e ; 2. le point de d‚part d'une action ou d'une situation nouvelle ; 3. le point d'arriv‚e d'une action, l'aboutissement d'un effort. Exemples : [[[{#ˆl“on, eŒdon, en‹k–sa (Plutarque)}. Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. ø#ˆrxe : il prit le pouvoir øebas‹leuse : il devint roi epol‰m–se : il entra en guerre øen”–se ; il tomba malade øekoim‚“– : il s'endormit øaneb”–se : il poussa un cri eg‰lase : il ‚clata de rire efob‚“– :il fut saisi de crainte e“amase : il fut saisi d'‚tonnement (e“amaze : il ‚tait dans l'‚tonnement) {#‰pei“on auto—s ka* oh—s ‰peisa, totous ‰‡wn eporeu”m–n (X‚nophon)}. Je cherchai … les persuader, et ceux que je r‚ussis … persuader, je partis avec eux. ] C'est le contexte qui permet de distinguer entre ces aspects : ainsi $øebas‹leuse peut signifier : il r‚gna, il devint roi, il parvint … r‚gner. Remarques, page 176 I) Dans un r‚cit, le grec mˆle souvent les imparfaits et les aoristes l… o— le fran‡ais emploie indiff‚remment le pass‚ simple ; en ce cas, les imparfaits expriment les actions qui se prolongent ou s'enchaŒnent, tandis que les aoristes marquent les points de rupture ou de bifurcation de l'action. Exemple : {Pr\0ton mcn ed&krue pol—n ‡r”non hestjs : ohi dc hor\0ntes e“amazon ka* esijpwn. EŒta dc ‰lexe toi&de (X‚nophon)}. D'abord il pleura longtemps, immobile ; ceux-ci, en le voyant, ‚taient dans l'‚tonnement et gardaient le silence. Puis il prit la parole. II) Dans le dialogue, on emploie parfois l'aoriste au lieu du pr‚sent pour exprimer sa pens‚e sur ce qu'on vient d'entendre. Exemple : #ep‚\)nesa : je t'approuve, bravo ! 270. page 176 {Pa“qn n‚pios ‰gnw} Pour des raisons d'aspect, le grec emploie souvent l'aoriste l… o— nous employons le pr‚sent, pour exprimer, sans aucune consid‚ration de temps, une v‚rit‚ d'exp‚rience (aoriste gnomique). Exemples : [[[Pa“qn n‚pios ø‰gnw (H‚siode). Le sot s'instruit … ses d‚pens. {K&llos Š ‡r”nos an‚lwsen Š n”sos em&ranen (Isocrate)}. La beaut‚, le temps la d‚truit ou la maladie l'altŠre. ] Expression de l'ant‚riorit‚ relative 271. page 176 øDi‰dwken h… ‰labe. Le grec n'a pas de temps qui exprime, par lui-mˆme, l'ant‚riorit‚ d'une action par rapport … une autre. En certains cas, surtout dans les propositions causales, temporelles et relatives, l'aoriste et mˆme l'imparfait doivent donc ˆtre traduits par le plus-que-parfait ou le pass‚ ant‚rieur fran‡ais. Exemples : [[[øDi‰dwken h… ‰labe. Il distribua ce qu'il avait re‡u. {Epe* epai&nisan, ‰“eon dr”mw\) (X‚nophon)}. Lorsqu'ils eurent chant‚ le p‚an, ils prirent le pas de course. {Swkr&t–s –\)tiƒto aut^n h”ti ou pr\0ton –rjta (X‚nophon)}... øSocrate le blƒma de ce qu'il n'avait pas demand‚ d'abord... ] ÷~3. Temps du parfait, page 177 {Te“nƒsin ohi “an”ntes}. Le parfait indique proprement l'‚tat pr‚sent qui r‚sulte d'un fait pass‚. Aussi doit-on le traduire le plus souvent par un pr‚sent. Ainsi : [[[t‰“n–ka : je suis mort øegr‚gora : je suis ‚veill‚ øt‰“aptai : il est enterr‚ hest–ka : je suis debout øk‰kt–mai : je possŠde øm‰mn–mai : je me souviens ød‰doika : j'ai peur b‰b–ke : il n'est plus l… (parce qu'il est parti) ; ou au contraire : il est solidement install‚ (parce qu'il s'est ‚tabli) ] Exemples : [[[{Te“nƒsin ohi “an”ntes (Euripide)}. Ceux que la mort a frapp‚s sont bien morts. {#efob‚“–n ka* ‰ti ka* nvn te“orbŒmai (Eschine)}. Je fus saisi de crainte et, maintenant encore, je suis tout troubl‚. ] Remarques, page 177 I) le parfait de certains verbes, surtout intransitifs, exprime souvent l'intensit‚ d'un sentiment : [[[g‰g–“a : je suis dans la joie, je jubile ; øte“amaka : je suis dans l'admiration øespodaka : je suis plein de zŠle ez‚lwka : je suis passionn‚ ] Dans ce cas, il est volontiers coordonn‚ avec un pr‚sent. Exemple : {H‚domai ka* g‰g–“a ka* gel\0 (Aristophane)}. Je suis heureux, je jubile, je ris. II) Le parfait peut s'employer, au lieu de l'aoriste, pour exprimer une action pass‚e dont l'‚cho demeure ou … laquelle on veut donner un relief particulier. Il n'est alors qu'un ‚quivalent plus expressif de l'aoriste et doit se traduire par un pass‚ : [[[ak–k”ate : vous avez bien entendu hejraka : j'ai vu de mes yeux (et j'en garde le souvenir) ] Exemples : [[[H”sa øbeblasf‚m–ke per* emov (D‚mosthŠne)}. Toutes les calomnies qu'il a accumul‚es sur mon compte. {OhŒa dŠ p‰pon“a (Platon)}. Les impressions que j'ai ressenties. ] III) Le grec, surtout en po‚sie, use avec le sens du parfait, d'une p‚riphrase compos‚e de $‰‡w et du participe aoriste actif. Exemple : {#‰gwge “aum&sas ‰‡w t”de (Sophocle)}. Je suis moi-mˆme tout ‚tonn‚ de ceci. 273. page 177 {Ohi Ark&des epef”b–nto}. Le plus-que-parfait est proprement l'imparfait du parfait : il exprime l'‚tat qui r‚sultait d'une action ant‚rieure. Il se traduit le plus souvent par l'imparfait. Exemples : [[[{Ohi Ark&des epef”b–nto (X‚nophon)}. Les Arcadiens vivaient dans la peur. {H&ma tˆ\) h–m‰ra\) diwrjrukto (X‚nophon)}. Au point du jour, la brŠche ‚tait faite. ] 274. page 177 {H”tan dŠ mŠ s“‰nw, pepasomai}. Le futur ant‚rieur est proprement le futur du parfait : il exprime l'‚tat qui r‚sultera d'une action future. Exemple : {H”tan dŠ mŠ s“‰nw, pepasomai (Sophocle)}. Quand je n'aurai plus de forces, alors je m'arrˆterai (d‚finitivement). ÷~4. Futur, page 178 275. page 178 {#&rxw. T‹ dr&seis ;} Le futur ‚nonce l'avenir, sans nuance d'aspect : $&rxw peut signifier "je commanderai" ou "je parviendrai au pouvoir". Mais il garde de ses origines (266) une nuance modale qui l'apparente au subjonctif et que l'on traduira souvent par les auxiliaires $vouloir ou $devoir. Exemples : [[[T‹ ødr&seis ; (øEuripide) Que veux-tu faire ? T‹ {dr&somen ; (Euripide)} Que devons-nous faire ? øSk‰yomai (Aristophane) Je vais voir. ] 276. page 178 {M‰llw l‰gein}. Le verbe $øm‰llw, employ‚ seul, signifie $tarder, $h‚siter. Suivi de l'infinitif pr‚sent ou futur, rarement aoriste, il correspond aux verbes fran‡ais $devoir ou $aller employ‚s comme auxiliaires pour marquer l'avenir. Exemples : {M‰llw l‰gein} (ou $ereŒn). Je vais dire. Remarques, page 178 I) AprŠs $deŒ ou un imp‚ratif, $ei $øm‰llw r‚pond … nos locutions "si l'on veut que", "pour que". Exemple : {T…s apokr‹seis bra‡ut‰ras po‹ei, ei m‰llw soi h‰pes“ai (Platon)}. Fais tes r‚ponses plus courtes, si tu veux que je te suive. II) "{M‰llw l‰gein"} peut signifier "il faut s'attendre que je parle." Exemple : {#e‡”reuon h”pote ohi pol‰mioi ”yes“ai auto—s ‰mellon (X‚nophon)}. Ils dansaient chaque fois qu'on pouvait croire que les ennemis les verraient. ÷~II) Les temps de l'indicatif, page 178 278. page 178 {S— mcn g…r eh‹lou zˆn, egq dc kat“aneŒn}. #… l'exception du futur, qui marque toujours le temps, sans distinction d'aspect, les "temps" de l'imp‚ratif, du subjonctif, de l'optatif, de l'infinitif et du participe n'expriment pas par eux-mˆmes le moment, mais seulement l'aspect de l'action. L'opposition des thŠmes du pr‚sent, de l'aoriste et du parfait apparaŒtra dans les exemples suivants : 1. Imp‚ratif [[[{T^n &rton h–m\0n t^n epiosion d‹dou h–mŒn t^ ka“'h–m‰ran (Saint-Luc).} Donne-nous chaque jour notre pain quotidien. {T^n &rton h–m\0n t^n epiosion d^s h–mŒn s‚meron (Saint Mathieu)}. Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. {Eip‰ moi} : dis-moi. L‰ge d‚ : explique-toi, poursuis. M‰mn–so : garde le souvenir. 2. Subjonctif {T… ahut\0n h&ma ekporizjme“a (Thucydide)}. Pendant ce temps-l…, faisons nos pr‚paratifs. {Porisjme“a ovn pr\0ton tŠn dap&n–n (Thucydide)}. Procurons-nous d'abord les ressources. 3. Optatif {All'eutu‡o‹–s ka* t‡ois h”swn erƒ\)s (Euripide)}. Bonne chance ! Puisses-tu obtenir ce que tu d‚sires ! 4. Infinitif {S— mcn g…r eh‹lou zˆn, egq dc kat“aneŒn (Sophocle)}. Toi, tu as choisi de vivre (de rester vivante), et moi, de mourir. {Ou boulees“ai ‰ti hjra, all… beboulevs“ai (Platon)}. L'heure n'est plus aux discussions, mais aux d‚cisions d‚finitives. {J\)m–n t^n Eukr&t–n apo“n‚\)skein, eŒta... mikr^n epis‡”nta apo“aneŒn (Lucien)}. Je rˆvais qu'øEucrate ‚tait mourant, puis qu'aprŠs un court moment il mourut. 5. Participe {H&ma tavt'eipqn an‰st– (X‚nophon)}. Cela dit, il se leva. {H&ma l‰gwn tavta ka“ˆke t… sk‰l– (Platon).} Tout en disant ces mots, il laissa retomber ses jambes. {#‰tu‡on ka“edontes (Thucydide)}. On les trouva en plein sommeil. {#‰tu‡on paragen”menos (Platon)}. Je me trouvai par hasard prŠs de lui. {Ho h–gemqn etg‡ane te“n–kjs (Thucydide)}. Il se trouvait que le guide ‚tait mort. ] Remarque, page 179 On verra cependant qu'en subordination (301 … 303), le subjonctif, l'optatif, l'infinitif et le participe peuvent avoir en certains cas, outre leur valeur d'aspect, une valeur temporelle. ÷~C) Les modes, page 179 278. page 179 La conjugaison grecque comporte six modes : 1. quatre modes personnels : l'indicatif est le mode objectif ; l'imp‚ratif lui correspond comme mode volitif ; le subjonctif et l'optatif expriment diverses attitudes subjectives de celui qui parle. 2. deux modes impersonnels ou formes nominales du verbe: l'infinitif est proprement un nom d'action ; le participe joue le r“le d'un adjectif. Pour l'usage de la particule $&n, qui modifie la valeur de certains modes, on se reportera au tableau r‚capitulatif, 369. La syntaxe des modes se confond pratiquement avec la syntaxe de la phrase. Elle sera donc ‚tudi‚e en d‚tail dans la deuxiŠme section. ÷~DeuxiŠme section, page 180 : La phrase La phrase, dont on a ‚tudi‚ s‚par‚ment les ‚l‚ments dans la premiŠre section, est l'expression complŠte d'une pens‚e, d'un sentiment ou d'un vouloir. Phrase nominale et phrase verbale 279. page 180 {T^ m‰llon a”raton}. L'‚l‚ment essentiel de la proposition est g‚n‚ralement le verbe, qui peut suffire … lui seul : ø‰r‡etai : il va ; el“‰ : va. Mais, … c“t‚ de la phrase verbale, le grec peut exprimer une pens‚e complŠte sous la forme d'une phrase nominale, compos‚e d'un sujet et d'un attribut, qui peut ˆtre un nom ou un adjectif. Sous l'influence de causes diverses, la pens‚e est exprim‚e comme un bloc. Cette maniŠre rudimentaire de s'exprimer a des ‚quivalents dans de nombreuses langues (cf. en fran‡ais "Chansons que tout cela"). Exemples : [[[{T^ m‰llon a”raton (Isocrate)}. L'avenir est invisible. {Ar‡Š sof‹as f”bos “eov (Proverbes)}. La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. ] Dans la phrase nominale on n'exprime pas les notions de personne, de nombre, de temps, d'aspect, de mode. On se contente de marquer un rapport g‚n‚ral. Exemples : [[[{#&riston mcn hdwr (Pindare)}. Excellente chose que l'eau ! {L‰agros kal”s}. Le bel ‚phŠbe que øL‚agros (vive øL‚agros !). ] Remarque, page 180 L'adjonction du verbe $øesti comme lien, "copule" entre le sujet et l'attribut, a permis, dans la phrase nominale, d'exprimer les variations de temps et de mode. Mais le grec omet trŠs souvent $øesti dans les expressions form‚es d'un adjectif verbal en \-t‰os, d'un adjectif tel que $ød‹kaios, $øhetoŒmos, $&xios, $dunat”s, $dˆlos, d'un substantif tel que $øan&gk–, $økair”s, $hjra, $eik”s, $‡r‚ (originellement substantif, senti ensuite comme verbe impersonnel). Exemples : [[[{D‹kaios s— h–geŒs“ai (Platon)}. C'est toi qui m‚rites le commandement. {Hjra boulees“ai (Platon)}. C'est l'heure de r‚fl‚chir. {An&gk– stˆnai (Aristote)}. Il faut bien s'arrˆter. {#”knos eipeŒn (Platon)}. J'h‚site … dire. ] Types de phrase 280. page 181 L'expression d'une pens‚e, d'un sentiment ou d'un vouloir se pr‚sente sous des formes modales diff‚rentes pour traduire les diverses attitudes subjectives de celui qui parle, selon qu'il s'engage plus ou moins dans ce qu'il dit. De l… quatre types de phrase : r‚el, ‚ventuel, potentiel, irr‚el. Des particules dites modales peuvent pr‚ciser ces divers emplois. #… c“t‚ de la particule tonique $&n, connue dans tous les ‚tats de la langue, le grec poss‚dait une particule atone $ke, $øken (ou $ka) inconnue de l'attique. Dans chacun des types de phrase, on distingue la phrase ‚nonciative, qui exprime un fait, une pens‚e, un sentiment, sous forme affirmative, n‚gative ou interrogative, et la phrase volitive, qui exprime une volont‚ ou un d‚sir. D'une maniŠre g‚n‚rale, le grec les oppose par la diff‚rence des n‚gations : $øou dans les ‚nonciatives, $m‚ dans les volitives ; et il n'emploie $&n que dans les ‚nonciatives. Exemple : {Ot'…n duna‹m–n, m‚t'epista‹m–n l‰gein (Sophocle)}. Je ne puis le dire et puiss‚-je n'en ˆtre jamais capable ! 1. Le r‚el pr‚sente l'action objectivement, comme un fait, ou exprime un ordre formel. C'est l'indicatif qui sert, comme en fran‡ais, … ‚noncer simplement la r‚alit‚ : øˆl“en : il est all‚ ; {ouk ˆl“en} : il n'est pas all‚ ; poŒ øˆl“en ; o— est-il all‚ ? L'imp‚ratif lui correspond comme mode volitif : il exprime un appel direct … l'action : el“‰ : va ! m‚pot'‹“i : ne va jamais ! 2. L'‚ventuel pr‚sente l'action comme un ‚v‚nement attendu dans l'avenir ou voulu. Dans une proposition ‚nonciative, l'‚ventuel se marque par l'indicatif futur : eŒmi : j'irai. La langue hom‚rique pouvait employer, dans un sens voisin, le subjonctif avec ou sans $&n. Exemple : {Nvn d'…n poll… p&“ˆ\)si (HomŠre)} (D‚sormais il aura sans doute beaucoup … souffrir). Ce subjonctif ne s'est conserv‚ que dans quelques expressions. Exemples : T‹ p&“w ; que va-t-il m'arriver ? T‹ genjme“a ; qu'allons-nous devenir ? Mais le subjonctif avec $&n (n‚gation $m‚) s'emploie dans certaines subordonn‚es pour exprimer qu'un ‚v‚nement vient ou viendra … se produire. Exemple : H”stis …n ‰l“–\) : quiconque va ou ira ; {E…n ‰l“–\) Š m‚} : qu'il aille ou non (298, 1). Dans une proposition volitive (n‚gation $m‚) le subjonctif traduit l'attitude de la volont‚ qui exhorte, d‚fend, s'interroge sur la conduite … suivre. Exemples : ø‰l“wmen : allons ! mŠ ‰l“–\)s : ne va pas ! ø#‹wmen ; devons-nous aller ? poŒ ‰l“w ; o— aller ? C'est ce subjonctif que l'on retrouve dans les compl‚tives de crainte (312) et les circonstancielles finales (316). 3. Le potentiel pr‚sente l'action comme une possibilit‚ simplement con‡ue ou souhait‚e. Dans une proposition ‚nonciative, c'est l'optatif qui marque la possibilit‚ ; dans la langue classique, il est toujours renforc‚ par $&n dans les propositions ind‚pendantes : ø‰l“oimi &n : j'irais volontiers. Dans une proposition volitive (n‚gation $m‚) l'optatif marque le souhait. Exemples : {ei“'‰l“oi} : puisse-t-il aller! MŠ øg‰noito : … Dieu ne plaise ! 4. L'irr‚el pr‚sente l'action comme une possibilit‚ d‚mentie par la r‚alit‚ ou comme un regret. Dans une proposition ‚nonciative, c'est l'indicatif des temps secondaires, renforc‚ par $&n dans les propositions ind‚pendantes, qui marque l'irr‚el ; la condition non r‚alis‚e s'exprime par l'indicatif des temps secondaires, sans $&n. Exemple : {ˆl“on &n, ei ek‰leusas} : je serais all‚, si tu l'avais ordonn‚. Dans une proposition volitive (n‚gation $m‚), l'indicatif des temps secondaires marque le regret. Exemple : {Ei g…r ˆl“en} : ah ! si seulement il ‚tait all‚ ! Remarque, page 182 La langue hom‚rique pouvait, dans ces deux cas, employer l'optatif. Ainsi, l'optatif n'exprimant pas par lui-mˆme le temps, l'expression "øap”loito &n (øken)" pouvait signifier "il serait mort", aussi bien que "il mourrait" ; de mˆme, l'expression {"e‹“e ap”loito"} pouvait signifier "ah ! si seulement il ‚tait mort !" aussi bien que "puisse-t-il mourir !". Pour ‚viter cette ‚quivoque, on a, dŠs l'‚poque hom‚rique, substitu‚ … l'optatif les temps secondaires de l'indicatif ; de l… le type de phrase irr‚elle ci-dessus, que la langue classique a seul conserv‚. On remarquera que l'indicatif futur, le subjonctif et l'optatif concernent tous l'avenir. La langue hom‚rique avait toute une gamme de formes pour ‚noncer un ‚v‚nement futur consid‚r‚ comme certain, probable ou simplement possible. Exemples : [[[H‰ktwr er‰ei : Hector} dira {ka‹ pot‰ tis e‹p–\)si} : il est … pr‚voir qu'on dira un jour ka‹ pot‰ tis øe‹poi : un jour, on pourrait bien dire ka‹ k‰ tis er‰ei : on dira peut-ˆtre ka‹ k‰ tis e‹p–\)si : il est … pr‚voir qu'on dira peut-ˆtre t‹s øken øe‹poi ; qui pourrait dire ? ] La langue classique a normalis‚ ces emplois, comme on le voit dans les deux formules-types suivantes : [[[{e…n tovto g‰n–tai, pr&xw}. Si cela arrive, j'agirai. {Ei tovto g‰noito, pr&xaimi &n}. Si cela arrivait, j'agirais. ] ÷~Chapitre VI, page 183 : Propositions ind‚pendantes Les propositions ind‚pendantes se subdivisent en propositions ‚nonciatives (n‚gation $øou) et en propositions volitives (n‚gation $m‚). ÷~I) Propositions ‚nonciatives, page 182 Les propositions ‚nonciatives sont celles par lesquelles on d‚clare simplement un fait, une pens‚e, un sentiment, sous forme affirmative, n‚gative ou interrogative. Elles sont … l'indicatif, avec ou sans $&n, ou … l'optatif avec $&n. La n‚gation est toujours $øou. Potentiel et irr‚el 281. page 183 {Hjra …n e‹– l‰gein}. L'optatif avec $&n (pr‚sent ou aoriste, rarement parfait, jamais futur) pr‚sente une action comme possible (potentiel). On le traduit soit par le conditionnel pr‚sent, soit par le futur avec la nuance de "peut-ˆtre", soit par le verbe $pouvoir. Exemple : {#‰n“a swfrosn–n katam&“oi &n tis (X‚nophon)}. C'est l… qu'on peut apprendre la sagesse. On emploie ainsi l'optatif avec $&n : 1. en corr‚lation avec une proposition conditionnelle au potentiel (328). Exemple : {Ei boloio iatr^s gen‰s“ai, t‹ …n poio‹–s} ; Si tu voulais devenir m‚decin, que ferais-tu ? 2. pour adoucir, par courtoisie, une affirmation ou un ordre (287 II). Exemple : {Hjra …n e‹– l‰gein (X‚nophon)}. Peut-ˆtre est-ce le moment de parler. 3. … la deuxiŠme personne du singulier, comme ‚quivalent du pronom $on (249). Exemples : øE‹pois &n. On dira peut-ˆtre. ø#‹dois &n. On peut voir. 282. page 184 {#egq d'eboul”m–n …n auto—s al–“ˆ l‰gein : nvn d‰...} L'indicatif des temps secondaires avec $&n pr‚sente une action comme non r‚alis‚e faute d'une condition qui n'est pas ou n'a pas ‚t‚ remplie (irr‚el). On le traduit par le conditionnel pr‚sent ou pass‚. On l'emploie surtout en corr‚lation avec une proposition conditionnelle irr‚elle (329). Exemples : [[[{#egq d'eboul”m–n …n auto—s al–“ˆ l‰gein : nv d‰... (Lysias)}. Pour moi, je souhaiterais qu'ils disent vrai ; mais... {E‹ ti eŒ‡on, ed‹doun &n.} Si j'avais quelque chose, je le donnerais. {Ei mŠ ‚l“ete, eporeu”me“a …n ep* basil‰a (X‚nophon)}. Si vous n'‚tiez pas venus, nous serions en marche contre le Grand-Roi. ] Remarques, page 184 I) AprŠs un irr‚el, on oppose souvent la r‚alit‚ au moyen de $nvn $d‰ (mais en fait, mais malheureusement). II) En g‚n‚ral, l'imparfait avec $&n correspond … notre conditionnel pr‚sent, l'aoriste avec $&n … notre conditionnel pass‚ ; mais il arrive que, en tenant compte de l'aspect, le grec emploie l'imparfait et non l'aoriste, s'il s'agit d'une action durable ou r‚p‚t‚e. Exemple : {Ouk …n n‚swn ekr&tei, ei m‚ ti ka* nautik^n eŒ‡en (Thucydide)}. Il n'aurait pas domin‚ sur des Œles, s'il n'avait pas poss‚d‚ une marine. III) Pour exprimer qu'une chose a ‚t‚ possible dans le pass‚ (potentiel du pass‚), la prose attique emploie les mˆmes formes que pour l'irr‚el. Exemple : {J\)et” tis &n}. On e–t cru, on pouvait croire. 283. page 184 {T‹ sigƒ\)s ; ouk e‡rˆn sigƒn.} C'est l'indicatif des temps secondaires sans $&n qu'on emploie dans les expressions qui marquent n‚cessit‚, obligation ou convenance, telles que : ‰dei, e‡rˆn (‡rˆn) : il faudrait ; øprosˆken : il conviendrait ; exˆn : il serait permis ; økair^s ˆn : ce serait le moment ; {&xion, eik”s, d‹kaion ˆn} : il serait juste, etc. ; et les adjectifs verbaux en \-t‰os, construits avec $ˆn. Exemple : {T‹ sigƒ\)s ; ouk e‡rˆn sigƒn (Euripide)}. Pourquoi gardes-tu le silence ? Tu ne devrais pas te taire. Remarque, page 184 Plus logique que le fran‡ais, le grec emploie ici l'indicatif sans $&n parce que l'obligation, la convenance existaient r‚ellement, bien qu'elles n'aient pas ‚t‚ suivies d'effet. 284. page 184 Pvr …n øou parˆn. On ne confondra pas avec l'irr‚el l'emploi, fr‚quent dans la langue familiŠre, des temps secondaires de l'indicatif avec $&n pour exprimer la r‚p‚tition de l'action dans le pass‚ ($&n de r‚p‚tition). $#&n a ici son sens originel : le cas ‚ch‚ant, … l'occasion, des fois (familier). Cette formule sert aussi, surtout dans le dialogue tragique ou comique, … marquer un ‚tat de choses devenu habituel. Exemples : [[[{Pvr …n ou parˆn (Sophocle)}. Le feu manquait parfois. {Hr‚mat'…n b”eia djdek'eŒpen (Aristophane)}. Il vous pronon‡ait une douzaine de mots gros comme des boeufs. {E‹ tis aut\0\) doko‹– blakeein, ‰paisen &n (X‚nophon)}. Si quelqu'un lui semblait paresser, il le frappait. {Analamb&nwn aut\0n t… poi‚mata, di–rjtwn …n auto—s t‹ l‰goien (Platon)}. Emportant avec moi les oeuvres des poŠtes, je leur demandais … chacun ce qu'ils avaient voulu dire. {H– p”lis h&tta diab&loi tis autˆ\), tavt'…n h‚dist'‚s“ien (Aristophane)}. La cit‚ d‚vorait avec d‚lices toutes les calomnies qu'on lui jetait. ] Interrogation directe 285. page 185 {D‹kaion … ou d‹kaion ;} L'interrogation directe s'exprime : 1. par le ton de la voix ; 2. par les pronoms ou adverbes interrogatifs ; 3. par les particules interrogatives (167, 1). Exemples : [[[{D‹kaion Š ou d‹kaion ; (Platon)}. Est-ce juste ou injuste ? {#ƒr'ovn mŠ ka* h–mŒn enantijsetai ; (X‚nophon)}. Osera-t-il vraiment nous r‚sister ? {Akoeis ;} Tu entends ? ] Remarque, page 185 On notera le sens des formules interrogatives suivantes : [[[øP”teron... ‚ : est-ce que... ou ? (pour l'interrogation double). P\0s øou : comment se fait-il que ne... pas ? N'est-il pas ‚vident que... ? {#&llo ti ‚} : N'est-il pas vrai que (litt‚ralement : est-ce autre chose que ?). Exemple : {#&llo ti Š dianoeŒ h–mƒs apol‰sai ; (Platon)}. N'est-il pas vrai que tu m‚dites notre perte ? ‚ (ou bien) : pour pr‚ciser une premiŠre question : n'est-ce pas ? sans doute ? Exemple : {T‹s soi di–geŒto ; Š aut^s Swkr&t–s ;} Qui t'a racont‚ cela ? øSocrate sans doute ? ] 286. page 185 {T‹ adik–“e*s epibouleeis moi ;} Contrairement … l'usage fran‡ais : 1. Une interrogation peut porter sur un participe ou sur une proposition subordonn‚e. Exemples : [[[{T‹ adik–“e*s epibouleeis moi ;} Quel tort t'ai-je fait pour que tu cherches … me nuire ? {P”“'h… ‡rŠ pr&xete ; epeid…n t‹ g‰n–tai ; (D‚mosthŠne)}. Quand ferez-vous votre devoir ? Qu'attendez-vous ? ] Remarque On emploie surtout ainsi : t‹ pa“jn ; t‹ ma“jn ; … la suite de quelle ‚preuve ? de quelle nouvelle ? t‹ øboul”menos ; dans quelle intention ? Pourquoi ? 2. Plusieurs mots interrogatifs peuvent porter sur le mˆme verbe. Exemple : {T‹nas hup^ t‹nwn ehroimen …n me‹zona euerget–m‰nous Š paŒdas hup^ gon‰wn ; (X‚nophon)}. Qui trouverions-nous combl‚s de plus de bienfaits que les enfants le sont par leurs parents ? de qui ont-ils re‡u davantage ? ÷~II) Propositions volitives, page 186 Les propositions volitives sont celles qui expriment une attitude de la volont‚, c'est-…-dire un ordre, une r‚solution, une appr‚hension ou un souhait. La n‚gation est toujours $m‚. Ordre et d‚fense 287. page 186 {SkopeŒte dŠ ka* log‹sas“e tovto}. Pour exprimer un ordre, on emploie l'imp‚ratif, pr‚sent ou aoriste suivant l'aspect, … la deuxiŠme et … la troisiŠme personnes. Exemples : [[[{SkopeŒte dŠ ka* log‹sas“e tovto (D‚mosthŠne)}. R‚fl‚chissez donc et songez … ceci. {H”tw\) dokeŒ tavta anatein&tw tŠn ‡eŒra (X‚nophon)}. Que celui qui est de cet avis lŠve la main. {#‡air”ntwn p”noi (Euripide)}. Adieu, travaux ! ] Remarques, page 186 I) L'imp‚ratif est souvent pr‚c‚d‚ de $&ge, $f‰re, $‹“i, avec ou sans $d‚ (allons ! allons donc !). Cet imp‚ratif a la valeur d'une interjection et peut rester invariable mˆme si le verbe est … la troisiŠme personne, au pluriel ou au duel. Exemple : #‹“i nun øpar‹stas“on (Aristophane). Allons ! qu'ils se pr‚sentent tous deux ! II) Au lieu de l'imp‚ratif, on peut, par courtoisie, employer la deuxiŠme personne de l'optatif avec $&n (281, 2). Exemple : #‡wroŒs …n e‹sw (øSophocle). Tu peux entrer, entre ! III) S'il s'agit d'une exhortation qu'on s'adresse … soi-mˆme ou au groupe dont on fait partie, on emploie la premiŠre personne du subjonctif, souvent pr‚c‚d‚e de $&ge, $f‰re, $‹“i (allons !). Exemples : [[[{#‹wmen dŠ ka* mŠ m‰llwmen ‰ti (Platon)}. Allons donc et ne tardons plus. {F‰r'ekp“wmai (Euripide).} Allons ! que je me renseigne. ] 288. page 186 {MŠ “orubeŒte. MŠ “orub‚s–te}. Pour exprimer une d‚fense, on emploie $m‚ avec l'imp‚ratif pr‚sent ou le subjonctif aoriste. Exemples : [[[MŠ “orub‚s–te. Ne faites pas de bruit ! MŠ “orubeŒte (øPlaton). Cessez ce bruit ! M–de*s ø“aum&s–\) (D‚mosthŠne). Que nul ne s'‚tonne ! ] Remarques, page 186 I) L'imp‚ratif pr‚sent s'emploie pour les d‚fenses g‚n‚rales ou pour interdire de poursuivre une action commenc‚e ; le subjonctif aoriste, pour les d‚fenses pr‚cises (On n'emploie pas l'imp‚ratif aoriste ni le subjonctif pr‚sent). II) #… la troisiŠme personne, on trouve parfois l'imp‚ratif aoriste au lieu du subjonctif. Exemple : M–de*s nomis&tw (øX‚nophon). Que nul ne croie ! III) Une d‚fense ‚nergique peut s'exprimer par $øou $m‚, suivi de la deuxiŠme personne de l'indicatif futur ou du subjonctif. Exemples : [[[øOu mŠ lal‚seis (Aristophane). Veux-tu bien te taire ! øOu mŠ l–r‚s–\)s (Aristophane). Trˆve de balivernes ! ] Subjonctif d‚lib‚ratif 289. page 187 {E‹pwmen Š sig\0men ;} Dans une proposition interrogative, la premiŠre personne du subjonctif marque la r‚solution incertaine et se rend par "faut-il que je ?" ou par l'infinitif fran‡ais. Exemples : [[[{E‹pwmen Š sig\0men ; (Euripide)}. Faut-il prendre la parole ou garder le silence ? #erov {aut”n. T‹ ‰rwmai ; (Platon)}. Interroge-le. Que lui demander ? ] Remarque, page 187 Le subjonctif d‚lib‚ratif est souvent pr‚c‚d‚ de : {bolei, boles“e, f‰re d‚.} Exemple : {Bolei soi e‹pw ; (Platon).} Veux-tu que je te dise ? Subjonctif d'appr‚hension 290. page 187 {MŠ ouk ˆ\) didakt”n. Ou mŠ p‹“–tai}. Pr‚c‚d‚ de la n‚gation $m‚, le subjonctif pouvait exprimer l'appr‚hension devant un ‚v‚nement … venir. Exemple : {MŠ dŠ nˆas h‰lwsi (HomŠre)}. Pourvu qu'ils ne s'emparent pas des vaisseaux. Ainsi s'expliquent les emplois suivants, fr‚quents dans la langue familiŠre : 1. $m‚ suivi du subjonctif signifie qu'on appr‚hende qu'une chose ait lieu, $mŠ $øou qu'on appr‚hende qu'une chose n'ait pas lieu ; l'expression ‚quivaut souvent … une affirmation att‚nu‚e, nuanc‚e d'ironie. Exemples : [[[MŠ l‹an pikr^n eipeŒn ˆ\) (D‚mosthŠne). Peut-ˆtre est-ce trop cruel … dire. MŠ {ouk ˆ\) didakt^n aret‚ (Platon)}. Peut-ˆtre la vertu n'est-elle pas matiŠre d'enseignement. ] 2. $øou $m‚ suivi du subjonctif, parfois de l'indicatif futur, signifie qu'on n'appr‚hende pas qu'une chose ait lieu ; l'expression ‚quivaut alors … une n‚gation renforc‚e. Exemple : {Ou mŠ p‹“–tai (Sophocle).} Il n'ob‚ira s–rement pas. Souhait et regret 291. page 187 {E‹“e f‹los h–mŒn g‰noio}. Pour exprimer un souhait, on emploie l'optatif pr‚sent ou aoriste, pr‚c‚d‚ souvent de $ei $g&r ou $e‹“e, qui correspondent au fran‡ais "puiss‚-je" (latin $utinam !). Exemples : [[[E‹“e f‹los h–mŒn øg‰noio (øX‚nophon). Puisses-tu devenir notre ami ! MŠ øg‰noito. #… Dieu ne plaise ! ] 292. page 187 {E‹“e soi t”te sunegen”m–n}. Pour exprimer un regret, on emploie l'indicatif imparfait ou aoriste, toujours pr‚c‚d‚ de $ei $g&r ou $e‹“e, qui correspondent au fran‡ais "si seulement !". Exemples : [[[E‹“e øsoi t”te sunegen”m–n (øX‚nophon). Si seulement je t'avais alors fr‚quent‚ ! {E‹“e m‚po“'h‚marten}. Pl–t au ciel qu'il n'e–t jamais ‚chou‚ ! ] Remarque, page 187 On peut aussi employer, avec ou sans $ei $g&r ou $e‹“e, l'aoriste second de $ofe‹lw : øjfelon (j'aurais d–), suivi de l'infinitif. Exemple : {M‚pot'jfelon lipeŒn tŠn Skvron (Sophocle)}. Jamais je n'aurais d– quitter Scyros. ÷~Tableau r‚capitulatif, page 188 293. page 188 Modes et n‚gations dans les propositions ind‚pendantes #‚nonciatives : $øou ; Volitives : $m‚ [[[R‚el : #‚nonciatives : Indicatif. Fegei. Il est en fuite. øOuk ‰fuge. Il ne s'enfuit pas. Volitives : Imp‚ratif (ordre et d‚fense). Fge. Fuis ! MŠ fevge. Ne fuis pas ! (cesse de fuir !) #‚ventuel : #‚nonciatives : Indicatif futur. {Ouk ekfexetai}. Il n'‚chappera pas. (Subjonctif avec ou sans $&n : hom‚rique disparu en attique : {#…n poll… p&“–\)si.} Il aura sans doute beaucoup … souffrir. Volitives : Subjonctif. MŠ fg–\)s. Ne t'enfuis pas ! {#‹wmen ka* mŠ m‰llwmen ‰ti}. Allons et ne tardons plus ! {E‹pwmen Š m‚ ;} Devons-nous parler, oui ou non ? #‚nonciatives et volitives : {Ou mŠ p‹“–tai}. Il n'ob‚ira s–rement pas. Potentiel : #‚nonciatives : Optatif avec $&n. Do‹–n &n. Je donnerais volontiers. øOuk …n do‹–n. Je ne donnerais pas. Volitives : Optatif sans $&n (souhait). E‹“e do‹–. Puisse-t-il donner ! E‹“e m‚pote gno‹–s. Puisses-tu ne jamais apprendre ! Irr‚el : #‚nonciatives : Indicatif des temps secondaires avec $&n. {#ed‹doun &n... : nvn d‰...}. Je donnerais, si... ; mais... #‰dwka &n. J'aurais donn‚. Volitives : Indicatif des temps secondaires sans $&n (regret, souhait irr‚alisable). Ei {g…r m‚po“'h‚marten}. Pl–t au ciel qu'il n'e–t jamais ‚chou‚ ! ] ÷~Chapitre VII, page 189 : Propositions subordonn‚es (g‚n‚ralit‚s) On trouvera dans ce chapitre, sous une forme synth‚tique, certaines notions g‚n‚rales concernant l'emploi des modes et des temps dans les propositions subordonn‚es, dont les applications … chaque espŠce de propositions seront ‚tudi‚es aux chapitres suivants; 294. page 189 Les propositions subordonn‚es comprennent : 1. les propositions compl‚tives, qui jouent le r“le d'un substantif sujet ou objet : j'apprends qu'il est venu : j'apprends sa venue. 2. les propositions circonstancielles, qui jouent le r“le d'un adverbe ou d'un substantif compl‚ment circonstanciel : lorsqu'il vint : … sa venue. 3. les propositions relatives, qui jouent le r“le d'un adjectif ‚pithŠte ou d'une apposition : un homme qui a beaucoup souffert : un homme bien malheureux. 295. page 189 La subordination s'est d‚velopp‚e … partir des proc‚d‚s suivants : 1. Juxtaposition de deux propositions d'abord autonomes (parataxe), senties ensuite comme d‚pendant l'une de l'autre. Ainsi : - $m‚, n‚gation suivie du subjonctif (290), a ‚t‚ employ‚ comme conjonction compl‚tive aprŠs les verbes de crainte, ou comme conjonction finale (remplac‚ dans la prose classique par $h‹na $m‚). Exemples : [[[{De‹dw : m‚ ti p&“–\)si} (HomŠre). J'ai peur : pourvu qu'il ne lui arrive rien ! D'o— : j'ai peur qu'il ne lui arrive quelque chose. S— mcn ap”sti‡e, m‚ ti no‚s–\) H‚r– (HomŠre). #‚loigne-toi, qu'H‚ra ne t'aper‡oive pas. D'o— : #‚loigne-toi, de peur qu'H‚ra ne t'aper‡oive. ] - $ei, interjection introduisant un souhait ou un regret (291-292), explique sans doute l'emploi de $ei comme conjonction conditionnelle. Exemple : {All'e‹ mo‹ ti p‹“oio : t” ken pol— k‰rdion e‹– (HomŠre)}. Ah ! si tu pouvais m'en croire ! Ce serait bien mieux. D'o— : Si tu m'en croyais, ce serait bien mieux. 2. Usage des relatifs comme conjonctions. Ainsi, $h”ti, neutre de $h”stis (cf. $øquod, en latin), est devenu conjonction compl‚tive, "que", ou causale, "‚tant donn‚ que", "parce que" ; les adverbes relatifs de comparaison $hws, $øhjsper, $hjste, $h”pws, se sont fix‚s en certains de leurs emplois, comme conjonctions compl‚tives, "que", comparatives, "de mˆme que", cons‚cutives, "en sorte que", finales, "afin que" ; de mˆme, $øpr‹n, adverbe, "auparavant", est devenu conjonction temporelle, "avant que". 3. La possibilit‚ d'adjoindre … un infinitif ou … un participe un sujet et des compl‚ments a permis de former de v‚ritables propositions infinitives ou participiales ‚quivalant … des propositions … mode personnel (chapitres XI et XII). ÷~I) Les modes dans les propositions subordonn‚es, page 190 De soi, la subordination n'a pas d'influence sur l'emploi des modes. On retrouvera donc dans les propositions subordonn‚es les emplois d‚j… ‚tudi‚s … l'occasion des propositions ind‚pendantes. La concordance des temps n'existe pas. Toutefois, trois emplois sont particuliers aux propositions subordonn‚es : l'optatif oblique, l'expression de l'‚ventuel et l'attraction modale. a) Emplois communs aux propositions ind‚pendantes et subordonn‚es 296. page 190 Dans les propositions subordonn‚es, comme dans les propositions ind‚pendantes : 1. Le R‚el s'exprime par l'indicatif pr‚sent ou pass‚. 2. L'#‚ventuel s'exprime : [[[- par l'indicatif futur dans les compl‚tives ‚nonciatives avec $h”ti, quelquefois dans les conditionnelles, et contrairement … l'usage latin, dans les compl‚tives avec $h”pws et dans les relatives finales ; - par le subjonctif de volont‚ (sans $&n) dans les compl‚tives avec $m‚ et dans les finales. ] 3. Le Potentiel s'exprime par l'optatif avec $&n. 4. L'Irr‚el s'exprime par les temps secondaires de l'indicatif avec $&n. Remarque, page 190 Toutefois, lorsque la proposition principale est … l'optatif ou … l'indicatif avec $&n, la particule $&n n'est pas r‚p‚t‚e dans la proposition conditionnelle, concessive ou relative conditionnelle qui en d‚pend. La r‚p‚tition de la particule $&n … l'int‚rieur d'une proposition est un effet de style. Exemple : {P\0s &n m'adelfˆs ‡e*r periste‹lein &n (Euripide)}. Si la main de ma soeur pouvait m'ensevelir ! b) Emplois particuliers aux propositions subordonn‚es 1. Optatif oblique 297. page 191 {#‚ret” me h”stis e‹–n}. Dans une proposition subordonn‚e d‚pendant d'un verbe principal … un temps secondaire, l'indicatif ou le subjonctif $peut ˆtre remplac‚ par l'optatif sans $&n, au temps correspondant. Exemples : [[[{#‚ret” me h”stis e‹–n}. Il me demanda qui j'‚tais. #efobeŒto mŠ {ou dnaito ek tˆs ‡jras exel“eŒn (X‚nophon)}. Il craignait de ne pouvoir sortir du pays. ] On rencontre cet optatif : a) dans toutes les propositions compl‚tives ; b) dans les finales et quelquefois dans les causales ; c) dans les conditionnelles, temporelles et relatives subordonn‚es … une proposition compl‚tive d‚pendant elle-mˆme d'un verbe principal … un temps secondaire. Remarques, page 191 I) Cet optatif est appel‚ "oblique" parce qu'il se rencontre surtout en style indirect (en latin : $oratio $øobliqua) ; il exprime g‚n‚ralement une nuance subjective. Mais son emploi d‚borde largement le domaine du style indirect. L'optatif perd ici sa valeur de mode et n'est guŠre qu'un moyen ‚l‚gant d'exprimer la d‚pendance par rapport … un verbe principal au pass‚. Le fran‡ais, par un proc‚d‚ analogue, remplace l'indicatif futur par le conditionnel dans des formules telles que : il a dit qu'il viendrait. II) L'optatif oblique ne peut remplacer l'optatif avec $&n (potentiel) ni l'indicatif avec $&n (irr‚el) ; il ne remplace que trŠs rarement un imparfait ou un plus-que-parfait de l'indicatif. 2. Expression de l'‚ventuel 298. page 191 {H”tan keles–\). H”te keleoi.} Dans une proposition temporelle, conditionnelle ou relative, l'‚ventuel se marque : 1. par le subjonctif avec $&n, s'il s'agit d'un fait futur ou d'un fait g‚n‚ral ou r‚p‚t‚ dans le pr‚sent. Exemples : [[[{H”tan keles–\), e…n keles–\), h” ti …n kele–s–\), pr&xw.} quand il ordonnera, s'il vient … ordonner, ce qu'il ordonnera, je le ferai. {H”tan kele–\), e…n kele–\), h” ti …n kele–\), pr&ttw.} Quand (chaque fois que) il ordonne, s'il ordonne, tout ce qu'il ordonne, je le fais. ] Remarque, page 191 La particule $&n se joint imm‚diatement … la conjonction : {h”tan epeid&n, h‰ws &n, m‰‡ri &n, e&n ($‚n} ou $&n) ; ou au pronom relatif : h”s &n, h”stis &n. 2. par l'optatif sans $&n, s'il s'agit d'un fait g‚n‚ral ou r‚p‚t‚ dans le pass‚ (optatif de r‚p‚tition, qui est un cas de l'optatif oblique). Exemple : {H”te keleoi, ei keleoi, h” ti keleoi, ‰pratton}. Quand (chaque fois que) il ordonnait, s'il ordonnait, tout ce qu'il ordonnait, je le faisais. 3. Attraction modale 299. page 192 {P\0s &n tis, h& ge mŠ ep‹staito, tavta sof^s eŒ– ;} AprŠs une proposition principale potentielle (optatif avec $&n ou optatif de souhait) ou irr‚elle (indicatif des temps secondaires avec $&n ou indicatif marquant le regret), la proposition subordonn‚e (finale, temporelle ou relative) participant … la tonalit‚ modale de la principale, se met parfois … l'optatif ou … un temps secondaire de l'indicatif, mais sans $&n. Exemples : [[[{P\0s &n tis, h& ge mŠ ep‹staito, tavta sof^s e‹– ; (X‚nophon)}. Comment pourrait-on ˆtre habile en un domaine qu'on ignore ? {Te“na‹–n h”te moi m–k‰ti tavta m‰loi (Mimnerme)}. Puiss‚-je mourir, le jour o— je n'y trouverais plus d'int‚rˆt ! {Oude*s …n ˆn soi h”s emov katemartr–sen (Antiphon)}. Tu n'aurais eu personne qui t‚moignƒt contre moi. {T‹ ouk ‰rriya emaut‚n, h”pws t\0n p&ntwn p”nwn ap–ll&g–n ; (Eschyle)}. Que ne me suis-je pr‚cipit‚e, pour ˆtre d‚livr‚e de tous mes maux ! (alors j'aurais ‚t‚ d‚livr‚e...) ] ÷~II) Les Temps dans les propositions subordonn‚es 300. page 192 Les temps gardent dans les propositions subordonn‚es la valeur qu'ils ont dans les propositions ind‚pendantes : contrairement … l'usage du latin et du fran‡ais, le grec ne connaŒt pas de concordance des temps. Exemple : {#‚ret” me h”stis eim‹} (ou $e‹–n, et non $ˆn). Il me demanda qui j'‚tais (litt‚ralement : qui je suis). On a vu (277) que, en dehors de l'indicatif, les temps n'expriment pas le moment de l'action, mais l'aspect. Cette rŠgle admet, dans les propositions subordonn‚es, deux exceptions apparentes : 301. page 192 1. Dans une proposition compl‚tive, d‚pendant d'un verbe $dire, $penser, $connaŒtre, les temps de l'optatif oblique, de l'infinitif et du participe prennent la valeur des temps correspondants de l'indicatif dont ils tiennent la place. Exemples : [[[{L‰gei h”ti poieŒ, epo‹–sen, poi‚sei.} Il dit qu'il fait, qu'il a fait, qu'il fera. {#‰legen h”ti poio‹–, poi‚seie, poi‚soi}. Il disait qu'il faisait, qu'il avait fait, qu'il ferait. {Nom‹zei poieŒn, poiˆsai, poi‚sein}. Il croit qu'il fait, qu'il a fait, qu'il fera. {OŒde poi\0n, poi‚sas, poi‚swn.} Il sait qu'il fait, qu'il a fait, qu'il fera. ] Remarque, page 193 Le pr‚sent de l'optatif, de l'infinitif ou du participe peut aussi avoir la valeur d'un imparfait de l'indicatif et exprimer par cons‚quent une action ant‚rieure … l'action principale ; mais, pour ‚viter l'‚quivoque, le grec pr‚fŠre, lorsque c'est possible, garder l'imparfait de l'indicatif. Exemples : [[[{Apekr‹nato h”ti oude*s m&rtus pare‹– (D‚mosthŠne)}. Il r‚pondit qu'aucun t‚moin ne s'‚tait pr‚sent‚ ($pare‹– ‚quivaut … $parˆn). {Met… tavta ‰f– sfƒs deipneŒn (Platon)}. Il dit qu'aprŠs cela ils avaient dŒn‚ $deipneŒn ‚quivaut … ø$edeipnovmen). {Oida t^n Swkr&t–n deiknnta heaut^n kal^n k\_aga“^n ”nta (X‚nophon)}. Je sais que øSocrate s'est toujours montr‚ un parfait honnˆte homme ($deiknnta ‚quivaut … $ede‹knu). Mais : {Xenof\0n ‰legen h”ti or“\0s –\)ti\0nto ka* aut^ t^ ‰rgon autoŒs marturo‹– (X‚nophon). X‚nophon} leur dit qu'ils l'avaient accus‚ … juste titre et que les faits t‚moignaient pour eux ($–\)tiƒs“e... $ømartureŒ). ] 302. page 193 2. Dans une proposition circonstancielle ou relative, l'aoriste du subjonctif avec $&n ou de l'optatif (‚ventuel, 298) exprime le plus souvent une action ant‚rieure … l'action principale ; le pr‚sent au contraire exprime le plus souvent une action simultan‚e. Exemples : [[[{#epeid…n diapr&xwmai, h‚xw (X‚nophon).} Lorsque j'aurai fini, je viendrai. {#epeidŠ anoi‡“e‹–, eisˆ\)men (Platon)}. Une fois la porte ouverte, nous entrions. {Poi‚somai tŠn apolog‹an hws …n dnwmai (Lysias)}. Je pr‚senterai ma d‚fense comme je le pourrai. ] En r‚alit‚, c'est le contexte ou le sens de la conjonction, plut“t que l'aoriste qui marque l'ant‚riorit‚ ; le grec est surtout sensible … la diff‚rence d'aspect et peut fort bien employer l'aoriste pour ‚noncer une action qui co‹ncide avec l'action principale. Exemple : {#e…n Lewkr&t–n apols–te prodid”nai tŠn p”lin y–fieŒs“e (Lycurgue)}. Si vous acquittez øL‚ocrate, votre vote sera une trahison de la cit‚. 303. page 193 De mˆme, le participe, lorsqu'il ‚quivaut … une proposition circonstancielle ou relative (356), exprime g‚n‚ralement : au pr‚sent, une action simultan‚e, … l'aoriste, une action ant‚rieure par rapport … l'action principale. Exemple : {Ergaz”menai mcn –r‹stwn, ergas&menai dc ede‹pnoun (X‚nophon)}. Elles d‚jeunaient tout en travaillant ; aprŠs le travail, elles dŒnaient. Mais, ici encore, il s'agit essentiellement d'une opposition d'aspect. On peut donc trouver exprim‚e au pr‚sent une action ant‚rieure … l'action principale, ou inversement … l'aoriste une action qui co‹ncide avec l'action principale. Exemples : [[[{Numf”dwron ohi A“–naŒoi, pr”teron pol‰mion nom‹zontes, pr”xenon epoi‚santo (Thucydide)}. Les Ath‚niens, qui tenaient jusque l… Nymphodoros pour un ennemi, en firent leur h“te officiel. {Apeil‚sas pros–da (H‚rodote)}. Il lui parla d'un ton injurieux. ] En particulier le participe aoriste ne marque nullement l'ant‚riorit‚ quand il indique un d‚tail ou une modalit‚ de l'action. Exemples : [[[{EŒpen epeux&menos (HomŠre)}. Il dit, en maniŠre de priŠre. {Ev epo‹–sas anamn‚sas me (Platon)}. Tu as bien fait de m'avertir. {F“‚sontai aut^ dr&santes (Platon)}. Ils seront les premiers … le faire. ]