Ý{Grammaire Grecque ÝRagon, Dain, De Foucault, Poulain} Volume VIII (pagination en noir : p. 226-250) ÷~Chapitre XIII, page 226 : Discours indirect Quand l'‚crivain, ou le narrateur, rapporte les paroles ou les pens‚es de quelqu'un, ou bien il le fait textuellement, et c'est le discours direct; ou bien il emploie une ou plusieurs propositions d‚pendant d'un verbe qui signifie $dire ou $penser, et c'est le discours indirect. On trouve plus rarement en grec qu'en latin des morceaux entiŠrement compos‚s en style indirect. I) Propositions principales du discours direct, page 226 370. page 226 {#‰legon h”ti Kvros t‰“n–ken}. 1. Les propositions principales ‚nonciatives du discours direct deviennent en discours indirect des compl‚tives … l'infinitif (346), avec $h”ti ou $hws (308) ou interrogatives indirectes (309). Les verbes sont … la troisiŠme personne, sauf ‚videmment si le narrateur cite ses propres paroles ("je disais que je...") ou les paroles de la personne … qui il s'adresse ("Tu disais que tu..."). Les temps sont toujours les mˆmes que dans le discours direct. Les modes peuvent toujours ˆtre les mˆmes que dans le discours direct. Toutefois, si le verbe $dire est … un temps secondaire, l'optatif oblique $peut remplacer l'indicatif ou le subjonctif d‚lib‚ratif (297). Mais l'optatif avec $&n (potentiel) et l'indicatif avec $&n (irr‚el) demeurent sans changement. Avec l'infinitif, le potentiel et l'irr‚el se marquent par $&n (348). Exemples : [[[{#‰legon h”ti Kvros mcn t‰“n–ken, AriaŒos dc pefeugqs e‹– (X‚nophon)}. Ils disaient que Cyrus ‚tait mort et Ari‚e en fuite (discours direct: "Cyrus est mort"). {ep‚ronto ei paradoŒen Korin“‹ois tŠn p”lin (Thucydide)}. Ils demandŠrent s'ils devaient livrer la ville aux Corinthiens (discours direct : "Devons-nous livrer la ville ?'"). {Apekr‹nato h”ti pr”s“en …n apo“&noien Š t… h”pla parado‹–san (X‚nophon)}. Ils r‚pondit qu'ils mourraient plut“t que de livrer leurs armes (discours direct : "Nous mourrions plut“t que de livrer nos armes"). ] Remarques, page 227 I) L'optatif et l'infinitif pr‚sents peuvent correspondre … un indicatif imparfait, l'optatif et l'infinitif parfaits … un indicatif plus-que-parfait ; mais, pour ‚viter toute ambigu‹t‚, on pr‚fŠre d'ordinaire garder l'indicatif (301, remarque). Exemple : {EŒpon h”ti ohi pol‰mioi tˆ\) protera‹a\) parˆsan (X‚nophon)}. Ils dirent que l'ennemi ‚tait pr‚sent la veille. II) Une premiŠre compl‚tive avec $h”ti peut ˆtre suivie d'une compl‚tive … l'infinitif ; de mˆme on peut mˆler, dans le mˆme discours, l'indicatif et l'optatif oblique, comme on le voit par le premier exemple cit‚ plus haut. Exemple : {Agg‰llei h”ti nik\0\)‰n te av Lakedaim”nioi ka* aut\0n te“n&nai oktj (X‚nophon)}. Il annonce que les Lac‚d‚moniens ‚taient de nouveau vainqueurs et ne comptaient que huit morts. III) AprŠs une compl‚tive … l'infinitif ou avec $h”ti, une proposition introduite par $g&r, $ovn, $d‰, peut ˆtre … l'optatif oblique ou … l'infinitif. Exemples : [[[{#‰legon pollo* h”ti pant^s &xia l‰goi Se“–s : ‡eimqn g…r e‹– (X‚nophon).} Beaucoup dirent que øSeuthŠs faisait des propositions trŠs int‚ressantes : c'‚tait en effet l'hiver... {ed‰onto ohi MantineŒs t\0n a“–na‹wn hipp‰wn bo–“ˆsai : ‰xw g…r eŒnai t… bosk‚mata p&nta (X‚nophon)}. Les Mantin‚ens demandŠrent aux cavaliers Ath‚niens de leur porter secours : en effet tous leurs troupeaux ‚taient dehors. ] IV) Le grec va jusqu'… employer parfois dans le discours indirect la mˆme personne que dans le discours direct : $h”ti ‚quivaut alors … nos deux-points. Exemple : {Pr”xenos eŒpen h”ti aut”s eimi h^n z–teŒs (X‚nophon). ProxŠne} dit : "Je suis celui-l… mˆme que tu cherches". 371. page 227 {Ap–g”reue m–d‰na b&llein}. 2. Les propositions principales volitives en discours direct deviennent en discours indirect des compl‚tives … l'infinitif (345). Mais on pr‚fŠre souvent se servir d'une p‚riphrase telle que $‰f– $ø‡rˆnai, ou $deŒn (il dit qu'il fallait) suivie de l'infinitif. Exemples : [[[{Ap–g”reue m–d‰na b&llein (X‚nophon)}. Il interdit que personne ne tirƒt. {#‰f– ‡rˆnai mŠ el&ssw antikatastˆsai p&lin (Thucydide)}. Il dit qu'il fallait mettre … la place une valeur ‚quivalente. ] II) Propositions subordonn‚es du discours direct, page 227 372. page 227 {Par‚ggeilan, epeidŠ deipn‚seian, anapaes“ai}. Les propositions subordonn‚es du discours direct peuvent rester sans changement en discours indirect. Toutefois : 1. Si le verbe $dire est … un temps secondaire, l'optatif oblique $peut remplacer l'indicatif ou le subjonctif ‚ventuel (397). Exemples : [[[{Par‚ggeilan, epeidŠ deipn‚seian, anapaes“ai, ka* h‰pes“ai, h–n‹k'…n tis paragg‰ll–\) (X‚nophon)}. On leur donna l'ordre de se reposer aprŠs qu'ils auraient dŒn‚ (discours direct : epeid…n deipn‚s–te) et de se mettre en route lorsqu'on... (Note de transcription : la fin de la phrase est inexistante dans l'‚dition en noir !). 2. On trouve parfois l'infinitif dans des subordonn‚es causales, temporelles ou relatives d‚pendant d'une compl‚tive … l'infinitif. Exemples : [[[epeidŠ {gen‰s“ai ep* tˆ\) oik‹a\), (‰f–) anewgm‰n–n katalamb&nein tŠn “ran (Platon)}. Quand il arriva … la maison, il trouva, dit-il, la porte grande ouverte. {EŒnai pollo—s &llous t\0n Hell‚nwn oh—s boles“ai koinwneŒn tˆs sunt&xews (Eschine)}. Il y avait bien d'autres Grecs qu'il souhaitait voir s'associer … l'alliance. ] 373. page 228 Les Grecs usent de grandes libert‚s dans l'emploi du discours indirect. Soucieux d'‚viter la monotonie, non seulement ils mˆlent volontiers les modes, indicatif, infinitif, optatif oblique, mais ils n'h‚sitent pas … passer quelquefois, sans transition aucune, du discours indirect au discours direct. Exemple : {Akosas tavta, ho Kl‰andros eŒpen h”ti D‰xippon mcn ouk epaino‹–, ei tavta pepoi–kqs e‹– : ou m‰ntoi ‰f– nom‹zein oud'ei pamp”n–ros ˆn D‰xippos, b‹a\) ‡rˆnai p&s‡ein aut”n, all… kri“‰nta, hjsper ka* humeŒs nvn axiovte, tˆs d‹k–s tu‡eŒn. Nvn ovn &pite... (X‚nophon)}. #… ces mots, øCl‚andre d‚clara que sans doute il n'approuvait pas Dexippos, si vraiment il s'‚tait ainsi conduit ; il ajouta cependant qu'… son avis, Dexippos f–t-il un franc criminel, il ne fallait pas le traiter brutalement. "Au contraire, mis en jugement, comme vous le demandez maintenant vous-mˆmes, il doit subir sa peine. Maintenant donc, allez-vous-en..." ÷~Chapitre XIV, page 229 : Les n‚gations 374. page 229 {H… ouk oŒden. H… mŠ oŒda}. $øOu, n‚gation objective, sert … nier la r‚alit‚ ou la possibilit‚ d'un fait ; $m‚, n‚gation subjective, sert … nier une supposition, une volont‚, un d‚sir. L'opposition entre $øou et $m‚ vaut aussi pour leurs compos‚s. Exemples : [[[{DokeŒ eid‰nai h… ouk oŒden (Platon)}. Il a l'air de savoir ce qu'en fait il ne sait pas. {H… mŠ oŒda, oudc o‹omai eid‰nai (Platon)}. Ce que, par hypothŠse, je ne sais pas, je ne m'imagine pas non plus le savoir. {H– ou di&lusis t\0n gefur\0n (Thucydide)}. La non-rupture des ponts (le fait de n'avoir pas coup‚ les ponts). {Ho mŠ iatr”s (Platon)}. Quiconque n'est pas m‚decin (si quelqu'un n'est pas m‚decin). ] On trouvera donc $øou dans les ind‚pendantes ‚nonciatives et les subordonn‚es qui expriment un fait ; $m‚ dans les ind‚pendantes volitives et les subordonn‚es qui expriment une volont‚, une ‚ventualit‚, une hypothŠse. 375. page 229 {Ouk ‰fasan i‰nai}. La n‚gation $øou pr‚cŠde normalement le verbe $f–m‹, bien qu'elle porte logiquement sur le verbe qui suit : "o f–mi" signifie : je dis que... ne pas, je nie. De mˆme "øouk axi\0" : je pr‚tends que... ne pas, j'estime qu'il n'est pas juste que ; {ouk o‹omai"} : je pense que... ne pas. Exemples : [[[{Ohi strati\0tai ouk ‰fasan i‰nai (X‚nophon)}. Les soldats refusaient de marcher. {Ouk axi\0 hupoptees“ai (Thucydide)}. J'ai le droit de n'ˆtre pas soup‡onn‚. ] Remarque, page 229 Dans ces expressions, la n‚gation fait corps avec le verbe, si bien qu'il arrive que $øou soit maintenu l… o— l'on attendrait $m‚. Exemple : {E…n ou f&sk–\) (Lysias)}. S'il soutient que non. ÷~N‚gations multiples, page 229 376. page 229 {Ouk ˆl“en oude‹s. Oude*s ouk ˆl“en}. Dans une mˆme proposition plusieurs n‚gations se renforcent toujours, sauf si la derniŠre est une n‚gation simple ($øou ou $m‚) ; on aboutit alors … une affirmation. Exemples : [[[{Ouk ˆl“en oude‹s}. Personne n'est venu. {Ouk ep‰“eto oude*s oudam”“en (X‚nophon)}. Personne n'attaque d'aucun c“t‚. {Smikr… fsis oudcn m‰ga oud‰pote oud‰na ote idijt–n ote p”lin drƒ\) (Platon)}. Un caractŠre m‚diocre ne fait jamais rien de grand … l'‚gard de personne, ni particulier, ni cit‚. Mais : {Oude*s ouk ˆl“en}. Tout le monde est venu (nemo ønon venit). {Oude*s an“rjpwn adik\0n t‹sin ouk apot‹sei (H‚rodote)}. Tout coupable paiera sa peine. {MŠ ovn di… tavta Ais‡‹n–s mŠ d”tw d‹k–n (D‚mosthŠne)}. Que ce ne soit pas une raison pour qu'øEschine ne soit pas chƒti‚ ! ] Remarques, page 230 I) Au lieu de "{oude*s ouk ˆl“en"}, on dit normalement : "{oude*s ‰stin h”stis ouk ˆl“en} (il n'est personne qui ne soit venu) (pour l'attraction, voir 254, III). II) Une n‚gation simple peut ˆtre seulement la reprise oratoire d'une n‚gation pr‚c‚dente. Exemple : {Ou m… D‹', ouk ‰sti tavta.} Non, par øZeus, non, cela n'est pas. Nota : Pour l'emploi de $øou $m‚, $mŠ $øou, voir 290. Pour une seule n‚gation commandant plusieurs propositions, voir 390. ÷~Emploi expl‚tif de la n‚gation, page 230 377. page 230 {Katarnˆ\) mŠ dedrak‰nai t&de ;} AprŠs les verbes de sens n‚gatif tels que : øarneŒs“ai (nier), øantil‰gein (contredire), øamfisb–teŒn (contester), apagorew (d‚fendre de), etc., l'infinitif prend, de fa‡on expl‚tive, la n‚gation $m‚. Exemples : [[[{Katarnˆ\) mŠ dedrak‰nai t&de ; (Sophocle)}. Nies-tu avoir fait cela ? {Aut\0\) ap‰gnwn mŠ bo–“eŒn (D‚mosthŠne).} J'ai renonc‚ … le secourir. ] Si ces verbes sont accompagn‚s d'une n‚gation, l'infinitif se construit avec $mŠ $øou, qui paraissent se d‚truire. Exemples : [[[{Ouk anat‹“emai mŠ ouk eŒnai tavta (X‚nophon)}. Je ne me r‚tracte pas (Je ne rejette pas l'id‚e qu'il en est ainsi). {Ei gen–s”me“a ep* basileŒ, t‹ empodqn} (‚quivalant … : {oudcn empodqn) mŠ ou‡* t… dein”tata pa“eŒn ; (X‚nophon)}. Si nous tombons au pouvoir du Roi, qu'est-ce qui empˆchera que nous subissions le pire sort ? ] Remarques, page 230 I) AprŠs un verbe de sens n‚gatif, la proposition compl‚tive avec $hws prend d'une maniŠre analogue la n‚gation $øou. Exemple : {Amfisb–teŒ hws ouk al–“ˆ l‰gomen (Platon)}. Il conteste la v‚rit‚ de nos paroles. II) Avec $m‚ ou $mŠ $øou, l'infinitif est souvent pr‚c‚d‚ de l'article. Exemple : {Ouk apes‡”m–n t^ mŠ ouk el“eŒn (Platon)}. Je n'ai pu me retenir de venir. III) $Kwlw (empˆcher) se construit d'ordinaire avec l'infinitif sans $m‚. Exemple : {T‹ se kwlei hdwr pieŒn ;} Qui t'empˆche de boire de l'eau ? IV) On emploie ‚galement $mŠ $øou, au lieu de $m‚, devant l'infinitif, avec les expressions n‚gatives suivantes : {ou dnamai, ou‡ ohŒ”n te, adnaton, ou d‹kaion, ais‡r”n, dein”n esti, ais‡nomai}. Exemple : {TŠn kak‹an mŠ ou‡* miseŒn ouk …n duna‹m–n (Lucien)}. Je ne saurais m'empˆcher de ha‹r le vice. ] ÷~Chapitre XV, page 231 : Les particules 378. page 231 Dans la bonne prose grecque, chaque phrase doit se rattacher … la pr‚c‚dente au moyen d'une particule de liaison. La particule n'est pas n‚cessaire si la phrase commence par un pronom d‚monstratif d‚signant ce qui pr‚cŠde, si elle se pr‚sente comme une r‚ponse ou comme une explication qu'on vient d'annoncer. Les particules de liaison les plus employ‚es sont : ka* : et ; d‰ : d'autre part ; øall& : mais ; g&r : car ; ovn : cela pos‚, donc. Les particules s'apparentent, par leur sens, … la fois aux adverbes et aux conjonctions : - comme les adverbes, elles modifient le sens d'un mot ou d'une phrase et traduisent, dans la langue ‚crite, les intonations de la voix par lesquelles se marquent l'insistance, la r‚serve, l'‚tonnement, l'‚vidence, etc. - comme les conjonctions, elles permettent d'articuler les phrases entre elles en marquant la continuit‚, les ruptures, les relations logiques du discours ; certaines ont presque la valeur d'un subordonnant ($g&r, "car", est tout proche de $epei, "parce que" ; $ovn, "donc", tout proche de $hjste, "de sorte que") ; d'autres ($d‰, souvent $øm‰ntoi et $to‹nun) n'ont guŠre que la valeur d'un signe de ponctuation. Il est impossible de fixer de fa‡on … la fois pr‚cise et g‚n‚rale la valeur de toutes les particules et combinaisons de particules dont la richesse est un trait caract‚ristique de la langue grecque : le sens de certaines a vari‚ au cours de l'histoire et les nuances qu'elles expriment ne sont pas les mˆmes selon qu'il s'agit du langage familier, de la prose oratoire, narrative ou philosophique. On devra donc se reporter, pour le d‚tail, aux dictionnaires ou aux expos‚s sp‚ciaux tels que ceux de L. øBodin et P. øMazon, index des particules dans :$Extraits d'Aristophane et de $øM‚nandre (øHachette), de J. F. øDenniston, :${The Greek $øParticles}, et de D. Lab‚y, :$Manuel des particules $grecques (øKlincksieck). Remarque, page 231 La plupart des particules sont postpositives, c'est-…-dire se placent toujours apŠrs un mot (174) ; d'autre part, $ge, $øte, $øtoi sont enclitiques (31). ÷~I) Particules marquant l'insistance, page 231 379. page 231 $D‚ a la valeur d'un geste d‚monstratif : voil… ! On l'emploie : - soit pour mettre un terme en relief : ‚videmment, justement, pr‚cis‚ment. Exemples : [[[{Ou‡ ohtws ‰‡ei ; #‰‡ei d‚ (Platon)}. N'en est-il pas ainsi ? Oui, pr‚cis‚ment ainsi. {D‚pou, dˆ“en}. Pr‚cis‚ment, apparemment, sans doute, n'est-ce pas ? D–lad‚. #‚videmment. øOu dˆta. Non assur‚ment. ] - soit pour reprendre le fil du discours, aprŠs une digression : ainsi donc ; - soit pour souligner un imp‚ratif ou un mot interrogatif. Exemples : [[[L‰ge d‚. Parle donc. T‹ d‚ ; (T‹ da‹ ;) Pourquoi donc ? P\0s dˆta ; Comment donc ? #‹ste ød‚pou. Vous savez bien, n'est-ce pas ? ] Remarque, page 232 $D‚ s'ajoute souvent aux adverbes temporels : øentav“a d‚ : c'est alors que ; mais il ne semble pas avoir par lui-mˆme de valeur temporelle. 380. page 232 $M‚n, "assur‚ment", renforce une affirmation, souvent en l'opposant … ce qui pr‚cŠde. D'o— le sens de "toutefois", "cependant", surtout avec une n‚gation : øou m‚n : pourtant ne... pas ; øou mŠn øall& : n‚anmoins. Remarque, page 232 $M‰n, forme affaiblie de $m‚n, s'emploie avec le sens de "assur‚ment" et de "cependant" dans les particules compos‚es : mcn ovn (394), øm‰ntoi, "en v‚rit‚", "oui vraiment", ou : "mais", "toutefois", ou simplement : "or" (‚quivalent de $d‰). On dira : {andreŒos m‰n estin, ou m‰ntoi sjfrwn} (ou : øsjfrwn dc o ; mais non : øou dc øsjfrwn). 381. page 232 $øToi donne plus de force … une affirmation : oui, certes, en v‚rit‚ ; mais il ne s'emploie guŠre qu'en composition : øm‰ntoi (380, remarque), øka‹toi : et certes, quoi qu'il en soit, toutefois ; øˆtoi : assur‚ment. $øToi souligne les maximes. Exemple : {ToŒsi genna‹ois‹ toi t” g'ais‡r^n e‡“r”n (Sophocle)}. Aux ƒmes g‚n‚reuses, l'infamie fait horreur. 382. page 232 $Ge, dont le premier sens est "oui", souligne un mot, une affirmation : h”s ge : lui qui pr‚cis‚ment ; epe‹ ge : puisque pr‚cis‚ment ; mais le plus souvent, en en restreignant la port‚e : du moins ; ‰gwge : moi du moins ; hjs g‰ ømoi dokeŒ : du moins … mon avis ; e‹ ge, e&n ge : si toutefois. ÷~II) Particules de liaison, page 232 ÷~1ø : Simple liaison : sens g‚n‚ral $et, page 232 383. page 232 $Ka‹, originellement adverbe, "aussi", "mˆme", s'emploie ‚galement comme conjonction de coordination : "et". 1. Comme adverbe, $ka‹ souligne ou renforce un terme : et aussi, et mˆme. ka* ohvtos (øisque), ka* tavta : et qui plus est, et cela. Exemple : {TŠn a“–nƒn en kefalˆ\) ‰“reyen ho Ze—s, ka* tavta ‰noplon (Lucien). Zeus} porta Ath‚na dans son cerveau, et cela tout arm‚e. - ka* ei, ei ka‹ : mˆme si, quand bien mˆme ; ka* tavta : et pourtant ; ka* s : mˆme toi ; ka* ohtws : mˆme ainsi ; ka* nvn : mˆme maintenant. Exemples : [[[{H– an“rwp‹n– sof‹a ol‹gou tin^s ax‹a est* ka* ouden”s (Platon)}. La sagesse humaine a bien peu de valeur, et n'en a mˆme aucune. {e‡“ro* ka* ‰‡“istoi (Thucydide)}. Hostiles et mˆme trŠs hostiles. ] - ka*... dc : et mˆme ($d‰ signifie $et et $ka* signifie $mˆme) ; ka* dŠ ka‹ : et naturellement aussi, et pr‚cis‚ment aussi ; ka*... ge : oui et mˆme. Exemple : {DareŒos Kvron satr&p–n epo‹–se ka* strat–g^n dc ap‰deixen (X‚nophon)}. Darius avait fait Cyrus satrape et l'avait mˆme nomm‚ chef de l'arm‚e. - øhjsper ka*... ohtw ka‹ : $ka‹ souligne ici un des termes d'une comparaison ou mˆme les deux. (La formule n‚gative est : {hjsper oudc;.. ohtws oud‰).} exemple : {Hjsper ka* tim\0n me“‰xete, ohtw ka* t\0n kindnwn met‰‡ete} (d'aprŠs øX‚nophon). De mˆme que vous partagerez les honneurs, partagez aussi les risques. Remarques, page 233 I) Ainsi s'expliquent les locutions suivantes : [[[{e‹per tis ka* &llos} : plus que personne (si un autre est aussi dans le mˆme cas) ; {hjs tis ka* &llos} : autant que personne ; {e‹ pote ka* &llote} : autant que jamais ; {e‹per pou ka* &llo“i} : autant que partout ailleurs. ] II) AprŠs les adjectifs ou les adverbes qui marquent l'‚galit‚ ou la ressemblance, $ka‹ s'emploie avec le sens de $øque (cf. {similis atque, alius atque)}. Exemple : {Seb‹zw s'‹sa ka* m&karas (Euripide)}. Je te r‚vŠre … l'‚gal des dieux. 2. Comme conjonction, $ka‹ relie normalement tous les termes d'une ‚num‚ration, et non pas seulement les deux derniers. Exemples : {#&ndres ka* gunaŒkes ka* dovloi ka* ele“eroi}. Hommes, femmes, esclaves et citoyens. Remarques, page 233 I) L'absence de liaison (asyndŠte) est une figure de style destin‚e … donner plus de vivacit‚ … l'expression. Exemple : {F‹lon, euerg‰t–n, swtˆra t^n F‹lippon h–govnto (D‚mosthŠne). Philippe} ‚tait … leurs yeux un ami, un bienfaiteur, un sauveur. II) Un adjectif de quantit‚ (pols, ol‹gos) et un adjectif qualificatif sont g‚n‚ralement reli‚s par $ka‹. Exemple : {Pollo* ka* aga“o* f‹loi eis*n emo‹ (X‚nophon)}. J'ai plusieurs bons amis. 384. page 233 {Te... te ; te... ka‹ ; ka*... ka‹}. 1. $øTe s'emploie, rarement seul en prose, pour introduire une phrase qui complŠte ou explique la pr‚c‚dente : et ainsi, aussi. Exemples : [[[{H^ d'e‡al‰paine... : ek‰leus‰ te aut”n (X‚nophon). Cl‚arque} s'indignait... : aussi l'invita-t-il... {Ktˆm& te es ae* mƒllon Š agjnisma xgkeitai (Thucydide)}. Aussi est-ce l… un tr‚sor imp‚rissable plut“t qu'une oeuvre de concours. ] 2. $øTe... $øte s'emploie, rarement en prose, pour relier ‚troitement deux propositions dont on veut souligner le parall‚lisme. Exemple : {Swkr&t–s tov sjmatos aut”s te ouk –m‰lei tos t'amelovntas ouk ep‚\)nei (X‚nophon). Socrate} ne n‚gligeait pas son corps et ne louait pas ceux qui n‚gligent le leur. 3. $øTe $ka‹ r‚unit, plus ‚troitement que $ka‹, deux termes ou deux propositions. Exemples : {Nvn te ka* p&lai} : aussi bien maintenant qu'autrefois. {#‡r–sto‹ te ka* pon–ro‹} : les bons tout comme les m‚chants. Remarque, page 234 "{#&lloi te... ka‹}" : entre autres, et en particulier (litt‚ralement : d'autres... et aussi) ; "{&llws te ka‹}" : surtout (litt‚ralement : et autrement, et aussi). Exemple : {#&llws te ka* en ‡eim\0ni} : en hiver surtout. 4. $Ka*... $ka* signifie : aussi bien... que, non seulement... mais encore. Exemple : {Ka* p‰n–tes ka* plosioi} : aussi bien les riches que les pauvres. 385. page 234 {Ka* ouk. Oud‰. Ote... ote}. Un second membre de phrase n‚gatif s'introduit par "ka* øouk" ("ka* m‚") : et ne... pas, si le premier membre est affirmatif ; par "øoud‰" ("m–d‰") : et ne pas, ni, si le premier membre est n‚gatif ; par "ote" ("m‚te") : ni, en corr‚lation avec un premier "ote" ("m‚te"), ou avec "øte". Exemples : [[[{HupeleŒf“–san ka* ouk ednanto ehureŒn t^ &llo str&teuma oudc t…s hodos (X‚nophon)}. Ils restŠrent en arriŠre et ne purent trouver le reste de l'arm‚e ni les chemins. {Tovto ouk epo‹–sa oudc poi‚sw}. Je ne l'ai pas fait et ne le ferai pas. {Ote kal^s ote kak”s}. Ni bon ni mauvais. ] Remarques, page 234 I) Comme $ka‹, $øoud‰ ($m–d‰) a aussi un sens adverbial : ne pas mˆme, ne pas non plus ({ne... quidem)}. Exemple : {All'oud'esideŒn dnama‹ se (Sophocle)}. Mais je ne puis mˆme pas te regarder. II) $Ni... $ni, ne se rend jamais par {$oudc... $oud‰}. L… o— l'on trouve $øoud‰ ($m–d‰) r‚p‚t‚, c'est que l'un des deux signifie : ne pas mˆme. Exemple : {Eis t^ m–d'hotiovn proorƒn m–d'ais“&nes“ai (D‚mosthŠne)}. Au point qu'ils n'‚taient mˆme pas capables de pr‚voir ni de comprendre quoi que ce soit. 386. page 234 {Ka* h&ma tavt'‰lege ka* ap‚\\)\\ei}. $Ka‹, $ka*;.. $ka‹, $øte... $ka‹ s'emploient pour relier deux propositions ‚non‡ant deux ‚v‚nements qui arrivent en mˆme temps ou aussit“t l'un que l'autre, alors que le fran‡ais les subordonne d'ordinaire par une conjonction de temps. Exemple : {Ka* h&ma tavt'‰lege ka* ap‚\)ei (X‚nophon)}. Tout en disant cela, il s'en alla. ÷~2ø Disjonction : sens g‚n‚ral $ou, page 235 387. page 235 #‚ ; ø‚toi... ‚. Les termes d'une alternative s'opposent par $‚ (ou) ; Š... ‚ ; ø‚toi... ‚ (ou bien... ou bien) ; ø‚toi... ge, ‚ (soit seulement, soit mˆme) ; e‹te... e‹te (e&n øte... e&n øte) (soit que... soit que) (331). Exemples : [[[{#‚toi krfa ge Š faner\0s (Thucydide)}. Soit en secret, soit mˆme ouvertement. {M‚ me lupeŒte Š fexomai (H‚rondas)}. Ne m'ennuyez pas, ou je m'enfuirai. ] ÷~3ø Opposition : sens g‚n‚ral $mais, page 235 388. page 235 $D‰ sert … marquer : 1. une opposition moins forte que $øall& : mais, quant …. Exemples : [[[{Ouk ep* kak\0\) ep'eleu“erjsei dc t\0n Hell‚nwn (Thucydide)}. Non pour le malheur, mais pour la lib‚ration des Grecs. {#egq d‰} : quant … moi. Nvn d‰ (aprŠs un irr‚el). Mais en r‚alit‚. øMƒllon d‰. Bien plut“t. {#&koue d‚, mƒllon dc apokr‹nou (Platon)}. #‚coute donc, ou plut“t r‚ponds. ] 2. une simple transition, "et", une progression ou une reprise de la pens‚e, "or". Souvent $d‰ marque simplement la continuit‚ du r‚cit et ne se traduit pas. 389. page 235 $Mcn... $d‰ sert … mettre en regard deux termes ou deux propositions dont on veut souligner la sym‚trie. Au sens fort, $mcn..; $d‰ signifie : il est vrai... mais ; d'une part... d'autre part ; mais le plus souvent, $m‰n ne se traduit pas et $d‰ se rend par : et, mais. Exemple : {Bouleou mcn brad‰ws, epit‰lei dc ta‡‰ws t… d”xanta (Isocrate)}. D‚libŠre lentement, mais ex‚cute vite les d‚cisions prises. Remarques, page 235 I) L'anaphore consiste … r‚p‚ter en tˆte de deux membres de phrase un mot qui leur est commun, en le faisant suivre de $mcn, puis de $d‰. Exemple : {#egq dc sneimi mcn “eoŒs, sneimi d'an“rjpois toŒs aga“oŒs (X‚nophon)}. Pour moi, je vis dans la compagnie des dieux et des hommes de bien. II) S'il y a plus de deux termes, $d‰ se r‚pŠte … partir du second. III) $M‰n et $d‰ se placent g‚n‚ralement entre l'article et le nom ({tŠn mcn h–m‰ran, tŠn dc nkta}), imm‚diatement aprŠs une pr‚position ({en mcn toŒs;.. en dc toŒs}), avant les particules qui peuvent leur ˆtre jointes ({mcn g&r, mcn ovn, mcn d‚, d'ovn, d'av, dc d‚}). IV) On ne peut opposer normalement par $mcn... $d‰ que des termes qui jouent le mˆme r“le dans la phrase ; on trouve cependant quelquefois, mais non en prose classique, cette formule employ‚e pour opposer une subordonn‚e et une principale. Exemple : {H‰ws mcn apˆsan ohi a“–naŒoi, oh* d'–mnonto (H‚rodote)}. Tant que les Ath‚niens n'‚taient pas l…, les autres se d‚fendaient. 390. page 236 {MŠ apovsi mcn epibouleete, par”ntas d'afˆte}. Le grec se sert souvent de $mcn;.. $d‰ pour mettre en corr‚lation deux membres de phrase dont on veut souligner le contraste ou l'incompatibilit‚, alors que le fran‡ais pr‚fŠre les subordonner. C'est le cas, en particulier aprŠs une n‚gation, une interrogation de sens n‚gatif ou une expression telle que : {“aum&zw ei} (je m'‚tonne que), {dein”n estin ei} (il est ‚trange que) ; ces expressions portent non pas sur les deux propositions prises isol‚ment, mais sur l'ensemble. Exemples : [[[{MŠ apovsi mcn toŒs tri&konta epibouleete, par”ntas d'afˆte (Lysias)}. Gardez-vous bien, alors que vous conspirez contre les Trente absents, de les lƒcher quand ils sont l…. {Ou tavta mcn gr&fei ho F‹lippos, toŒs d'‰rgois ou poieŒ (D‚mosthŠne)}. Philippe ne se contente pas d'‚crire sans passer … l'action. {Ou g…r d‚pou Kt–sif\0nta mcn dnatai dijkein di'em‰, emc d'aut^n ouk …n egr&yato (D‚mosthŠne)}. Il est invraisemblable, s'il peut aujourd'hui poursuivre øCt‚siphon … cause de moi, qu'il n'ait pu m'inculper personnellement. {#\4aumast”n estin ei ohi mc b&nausoi ‹sasi t\0n ergale‹wn t… on”mata, ho dc strat–g^s ouk e‹setai t\0n huf'heaut\0\) h–gem”nwn t… on”mata (X‚nophon)}. Il est anormal que, tandis que les artisans savent le nom de leurs outils, le g‚n‚ral ne sache pas celui des chefs plac‚s sous ses ordres. ] Remarque, page 236 Ce type de phrase, fr‚quent chez les orateurs, se complique parfois d'une anacoluthe, le deuxiŠme membre ‚tant exprim‚, pour plus de vivacit‚, sous la forme d'une interrogation indign‚e, introduite par $hˆ ou $ƒra. Exemple : {Ouk ovn dein^n, ei to—s mcn strat–go—s oh* en‹kwn “an&tw\) ex–mijsate..., totous dc..., ouk &ra ‡rŠ auto—s kol&zes“ai ; (Lysias)}. Ne serait-il pas r‚voltant qu'alors que vous avez condamn‚ … mort les g‚n‚raux vainqueurs, ces gens-l… (les Trente) ne soient pas chƒti‚s ? 391. page 236 $øAll& (neutre pluriel de ${&llos}, non accentu‚ sur la premiŠre), oppose plus fortement que $d‰. 1. AprŠs un membre de phrase n‚gatif, $øall… signifie : mais, ou simplement : et. Exemple : {Ou‡ h&pax, all… poll&kis}. Non pas une fois, mais plusieurs. Remarque, page 236 AprŠs un membre de phrase affirmatif, "mais" se traduit par "d‰". Exemple : {T… kr‰a ˆn parapl‚sia toŒs elafe‹ois, hapaljtera d‰ (X‚nophon)}. Leur chair ‚tait de mˆme go–t que celle du cerf, mais plus tendre. 2. AprŠs un membre de phrase affirmatif, "{all'ouk"} (mais... ne pas) peut aussi signifier : et non pas, et non pas plut“t, au lieu de. Exemples : [[[{Poll&kis all'ou‡'h&pax}. Plusieurs fois, et non pas une seule. {T‹ deŒ h–mƒs m&‡es“ai, all'ou speisam‰nous dialu“ˆnai ; (X‚nophon)}. Pourquoi faut-il que nous poursuivions la lutte au lieu d'en finir par une trˆve ? ] 3. AprŠs une proposition conditionnelle exprimant une concession, {$all& (all…... ge, all'ovn, all'ovn... ge)} signifie : du moins (latin : at øcerte). Exemple : {Ei s\0ma dovlon, all'ho novs ele“eros} (Vers gnomique). Si le corps est esclave, l'esprit du moins est libre. 4. aprŠs un premier membre n‚gatif ou de sens n‚gatif, "øall'‚" signifie : sinon, sauf, except‚, comme ø$pl‚n, $ei $m‚, quelquefois $h”ti $m‚ (331, I). Exemple : {Ou ‡r\0mai ela‹w\), all'Š h”ti smikrot&tw\) (Platon)}. Je ne me sers d'huile que le moins possible. 5. Au commencement d'un discours, d'une r‚plique, d'un ordre, d'une exhortation, $øall& signifie souvent : eh bien ! Exemple : {Ka‹ moi ep‹deixin tˆs bra‡ulog‹as po‹–sai. All… poi‚sw (Platon)}. Donne-moi donc un sp‚cimen de ta concision. Eh bien ! je vais le faire. 392. page 237 {Ou m”non (ou‡ h”ti, ou‡ h”pws, mŠ h”ti, mŠ h”pws)... all… ka‹}. Pour rench‚rir sur une affirmation, on emploie : 1. {Ou m”non (ou‡ h”ti, mŠ h”ti)... all… (all… ka‹)} : non seulement... mais encore. Exemple : {MŠ h”ti idijt–s tis, all'ho m‰gas basiles (Platon)}. Non seulement un simple particulier, mais le grand roi. 2. {Ou m”non ou (ou‡ h”pws, mŠ h”ti)... all… ka‹} : non seulement ne... pas, mais encore ; bien loin de. Exemple : {Ou‡ h”pws en‹k–sen, all'‰fugen.} Bien loin de vaincre, il s'est enfui. 3. {Ou‡ h”pws (mŠ h”ti, mŠ h”pws)... all'oud‰} : non seulement ne... pas (bien loin de), mais pas mˆme. Exemple : {MŠ h”pws or‡eŒs“ai en hru“m\0\), all'oud'or“ovs“ai ednas“e (X‚nophon).} Loin de danser en mesure, vous n'‚tiez pas mˆme en ‚tat de vous tenir debout. Remarques, page 237 I) Les expressions "øou‡ h”ti", "mŠ h”ti", etc. s'expliquent par l'ellipse du verbe $dire : øou (l‰gw) h”ti : je ne dis pas que ; mŠ (l‰ge) h”ti : ne dis pas que. II) Dans un second membre de phrase n‚gatif, "m‚ t‹ ge" (m‚ t‹ ge d‚), parfois "mŠ h”ti", signifie : … plus forte raison ; ou, aprŠs un premier membre n‚gatif : encore bien moins. Exemples : [[[{#&‡r–ston ka* gunaix‹, mŠ h”ti andr&si (Aristote)}. Inutile mˆme aux femmes, … plus forte raison aux hommes. {Oudc stratijt–s ohvtos ouden”s est'&xios, m‚ t‹ ge t\0n &llwn h–gemjn} (D‚mosthŠne). Mˆme comme soldat, il ne vaut rien, encore bien moins pour conduire les autres. ] III) On ne confondra pas avec {"ou m”non"} l'expression "{m”non ou", "m”non ou‡‹"} ou : "{h”son ou}") : c'est … peine, c'est tout juste si... ne pas, presque. Exemple : {OŒmai m”non ouk en mak&rwn n‚sois oikeŒn (Platon)}. Je m'imagine presque habiter les Œles des Bienheureux. ÷~4ø Explication, page 238 : sens g‚n‚ral $car 393. page 238 $G&r ($ge plus $&ra), dont le sens originel est "oui, bien s–r", s'emploie : - soit pour introduire la raison de ce qui pr‚cŠde : car, en effet. - soit pour introduire une pr‚cision, un ‚claircissement, un exemple : … savoir ; dans ce cas, on ne le traduit g‚n‚ralement pas ou on le rend par nos deux points. $G&r s'emploie ainsi aprŠs : {tekm‚rion d‰, s–meŒon d‰} (une preuve, un signe, c'est que) ; t^ {m‰giston, t^ dein”taton} (le principal, le plus terrible, c'est que). Exemple : {H^ dc dein”tat”n estin hap&ntwn : hr&\)“umos g&r estin}. Et le pire de tout, c'est qu'il est paresseux (333, II). - soit pour introduire, en maniŠre de parenthŠse, l'explication de ce qui suivra. Exemple : {#egj se tovt', ‹sws g…r ouk ak‚koas, pƒn ekdid&xw (Sophocle)}. Eh bien moi, peut-ˆtre en effet n'as-tu pas entendu, je vais tout t'expliquer. Remarques, page 238 I) Dans les phrases interrogatives, $g&r signifie proprement "c'est que ?" et se traduit par "ainsi", "donc". Exemples : [[[{PoimŠn g…r ˆs“a ; (Sophocle)}. Tu ‚tais donc berger ? {Dok\0 g&r soi pa‹zein ; (Platon).} Ainsi, tu crois que je plaisante ? ] De l… les formules elliptiques : [[[øou g&r ; n'est-il pas vrai ? ˆ g&r : n'est-ce pas ? t‹ g…r {&llo ; t‹ g…r o ;} Pourquoi donc pas ? p\0s g&r ; comment donc ? ] II) {$All… $g&r} marque une r‚serve et en introduit la raison : il y a un mais, car : on le traduit bien par "mais", "mais en fait", "mais malheureusement". Exemple : {#‰dei homonoeŒn : all… g…r h&pantes pefkamen hamarteŒn (Isocrate)}. Il aurait fallu s'accorder ; malheureusement, nous sommes tous enclins … commettre des fautes. ÷~5ø Conclusion, page 238 : sens g‚n‚ral $donc 394. page 238 Ovn, mcn ovn, d'ovn, gouv. $Ovn annonce une conclusion, une cons‚quence, en l'appuyant sur la r‚alit‚ de ce qui pr‚cŠde : dans ces conditions, alors, donc. $Ovn s'ajoute … d'autres particules pour en souligner la valeur : 1. $mcn $ovn s'emploie : - soit pour r‚sumer ce qui pr‚cŠde, souvent avant une autre phrase introduite par $d‰. Exemple : {Kl‰ar‡os mcn ovn tosavta eŒpe : Tissaf‰rn–s dc... (X‚nophon)}. Voil… donc tout ce que dit øCl‚arque ; … son tour øTissapherne... - soit pour affirmer ‚nergiquement une opinion : mcn ovn (assur‚ment) ; p&nu mcn ovn, m&lista mcn ovn, komidˆ\) mcn ovn (oui, certes) ; øou mcn ovn (non certes). - soit pour opposer une opinion contraire : loin de l…, pas du tout, bien au contraire. Exemple : {#egq o f–mi ; f–m* mcn ovn ‰gwge (Platon)}. Moi, je le nie ? Je l'affirme au contraire. 2. $d'ovn (parfois $govn) introduit, aprŠs une discussion ou une digression, une affirmation limit‚e : quoi qu'il en soit ; en tout cas ; ce qui est s–r, c'est que. 3. $govn s'emploie soit au sens de $ge (du moins, ou du moins), soit pour introduire un fait … l'appui de ce qu'on vient de dire : ainsi, par exemple. (Dans ce dernier sens, on emploie plut“t $øohŒon). 4. $øokoun (accentu‚ sur $ok) d‚gage une conclusion n‚gative : donc ne... pas, assur‚ment ne... pas ; $øoukovn (accentu‚ sur $ovn) signifie soit simplement $donc, soit, dans une interrogation, "n'est-ce pas ?". Exemple : {Oukovn basile—s eŒ s ; (Saint Jean)}. Alors, tu es donc roi ? 395. page 239 {To‹nun ; toigarovn ; toig&rtoi}. $To‹nun, toujours postpos‚, s'emploie : - soit, dans le dialogue, avec un sens voisin de $on, pour introduire une conclusion : dŠs lors, dans ce cas, donc ; ou simplement : eh bien ! - soit, avec un sens voisin de $d‰, pour marquer une transition : d'autre part, or, maintenant ; "egq to‹nun", "‰ti to‹nun", ‚quivalent … : egq d‰, ‰ti d‰. $øToigarovn, $øtoig&rtoi, introduisent une conclusion, plus fortement que $to‹nun : voil… donc pourquoi. 396. page 239 $#&ra marque la d‚couverte d'un enchaŒnement inaper‡u. On l'emploie : - soit pour pr‚senter une cons‚quence comme d‚coulant naturellement de ce qui pr‚cŠde : naturellement, ‚videmment, cela va de soi. - soit pour introduire une opinion surprenante (hws &ra : que, paraŒt-il, … ce qu'on pr‚tend), ou une hypothŠse inattendue (ei &ra : si par hasard, si toutefois). Exemple : {Akow tin… diab&llein emc hws egq &ra ex–p&t–sa humƒs (X‚nophon)}. J'entends dire que l'on m'accuse : je vous aurais, paraŒt-il, tromp‚s. - soit, dans une d‚duction logique, pour souder ‚troitement les ‚tapes du raisonnement : alors, donc. 397. page 239 $EŒta, $‰peita, adverbes de temps (ensuite, aprŠs cela), marquent aussi : - soit une transition, avec un sens plus fort que $d‰ : alors, et puis : {pr\0ton mcn... ‰peita} (rarement $‰peita $d‰) : d'abord... ensuite. - soit une succession logique, avec un sens voisin de $ovn : … la suite de cela, par suite, dans ces conditions. - soit l'‚tonnement, l'indignation devant une attitude impr‚vue, illogique : et aprŠs cela ; eh quoi ! alors ! Exemple : {#embr”nt–te, eŒta nvn l‰geis (D‚mosthŠne)}. Abruti ! alors, c'est maintenant que tu parles ! ÷~Appendices, page 241 ÷~I) Principales particularit‚s de la langue hom‚rique, page 241 398. page 241 Issue d'une longue tradition litt‚raire, d‚velopp‚e aux confins de l'#‚olide et de l'Ionie, l'‚pop‚e hom‚rique use d'une langue composite o— entrent essentiellement des ‚l‚ments ‚oliens et ioniens. Mais la langue ‚pique n'a aucun caractŠre dialectal nettement d‚fini. Elle a servi … tous les Grecs. On ne peut relever ici que les principales particularit‚s, et cela d'une maniŠre purement empirique. Pour l'‚tude de la langue ‚pique, voir P. øChantraine : $Grammaire $hom‚rique (øKlincksieck). ÷~Phon‚tique, page 241 1. Les voyelles $#a (long) est r‚guliŠrement remplac‚ par $– en ionien dans toutes les positions : {klis‹–, ‡jr–, ne–n‹–s, prˆxis, panto‹–, “jr–x, l‹–n, pr‚ssw, peir‚somai, n–”s} (le temple) ; t^ k&r– (la tˆte). N‚anmoins, $a (long) est maintenu dans quelques cas : 1ø aprŠs allongement compensatoire : kal”s ($a long), pƒsa, g‹gasi ($a long) ; 2ø dans le cas d'allongement m‚trique : a“&natos, an‚r (avec $a long initial pour ces deux termes) ; 3ø dans quelques formes ‚oliennes : øAtre‹dao ($a final long), “ur&wn ($& long) ; 4ø enfin dans quelques mots : #\4e& (d‚esse), ølaoi ($a long) (les gens) ; &n–r ; m&n ; eaw. 2. $e et $o sont fr‚quemment allong‚s en $ei et $øou devant $l, $n, $r, $s et les voyelles, d'ordinaire aprŠs la chute d'une consonne : xeŒnos (ancien {xen\\%\\os}), deir‚ (ancien øder\\%\\–), movnos, doratos, økour‚ (k”r–, ancien økor\\%\\–). Notamment $e devient $ei au pr‚sent et … l'imparfait des verbes en \-‰w : tele‹w (ancien øteles\\+\\w, ancien tele\\+\\w). 3. La contraction est souvent omise : &lgea ‚quivaut … : &lg– ; te‹‡eos ‚quivaut … : øte‹‡ous. Au moyen la deuxiŠme personne du singulier est en {\\-\\eai} … l'indicatif, en {\-–ai} au subjonctif : ø‰sseai ‚quivaut … : ‰s–\) ; øg‰n–ai ‚quivaut … : g‰n–\) ; en \-eo pour {\_ou}, \-sao pour \-sw : eleo (øelou) ; elsao (elsw). On trouve des contractions de $eo en $øeu, qui ne datent que du IV*me siŠcle (voir H‚rodote, 399, 7) ; {meu (mou), ‰r‡eu (‰r‡eo, ‰r‡ou), “‰reus (“‰rous), filevntas.} 4. On n'‚crivait plus le digamma … l'‚poque hom‚rique, mais on en avait conserv‚ le souvenir et l'influence de cette sonante s'exer‡ait de plusieurs maniŠres : 1ø … l'initiale en empˆchant l'hiatus ; 2ø … l'int‚rieur, en empˆchant la contraction : &nax, ‰pos, {oŒnon, ideŒn, h‰kastos ; –‰lios (h‚lios}, ancien a\\%\\elios), {&e“lon, ae‹dw (ƒ\\)\\dw), ‰idon (eŒdon}, ancien {e\\%\\idon), basilˆ‹} (avec un tr‚ma sur le $i), ox‰i (avec un tr‚ma sur le $i), {lo‰sas“ai (losas“ai)} (voir aussi ci-dessus, 2). 5. Devant une consonne $&n, $p&r, $k&t, $&r peuvent remplacer {$an&, $par&, $kat&, $&ra}, qui s'‚crit aussi $hr& (apocope). De plus, la finale de $k&t et de $&n se modifie devant certaines consonnes : {k&ppeson} ‚quivaut … : {kat‰peson ; k…d dnamin, k&llipe} ‚quivaut … : kat-‰lipe, &m øped‹on. Enfin, dans les verbes compos‚s, un ou plusieurs mots sont souvent intercal‚s entre la pr‚position et le verbe : kat'h…r'h‰zeto ‚quivaut … : ka“‰zeto ; &ra (tmŠse) ; {k…d d'h‹zon} ‚quivaut … : {k&“izon dc}. Le pr‚verbe exprime parfois … lui seul l'action verbale : &na : debout ! &n : il se leva. 5 bis. Les consonnes HomŠre, comme l'ionien et l'ancien attique, conserve les deux $s, l… o— l'attique classique ‚crit deux $t : {“&lassa, “&sswn, pr‚ssw, ful&ssw}. 6. AprŠs une voyelle brŠve, certaines consonnes, surtout $l, $m, $r, $s, sont redoubl‚es : 1ø aprŠs l'augment : {‰llabon, ‰mma“on} ; 2ø au futur et … l'aoriste : {‰ssomai, et‰lessa} ; 3ø plus rarement au radical : {h”ssos, t”ssos, m‰ssos}. Les occlusives $p et $t se redoublent dans øh”tti, $h”ppote, etc. Le plus souvent, ce redoublement de la consonne rappelle une consonne disparue de la langue : ø‰llabon ‚quivaut … un ancien øeslabon ; ø‰rreon ‚quivaut … un ancien øesreon ; øet‰lessa, radical teles\- ; øepass&me“a ‚quivaut … un ancien epat\-same“a ; øh”tti ‚quivaut … un ancien hodti. 7. HomŠre emploie souvent, ou mˆme constamment : [[[&rs–n pour &rr–n \4&rsos pour \4&rros pt”lis pour p”lis pt”lemos pour p”lemos kr&d‹– pour økard‹a basil‚ios (avec $i tr‚ma) pour basileŒos øaie‹ pour ae‹ otis pour øoude‹s –‰ pour ‚ – (avec $ tr‚ma) pour ev avtis pour av“is øes … c“t‚ de eis. ] ÷~D‚clinaison, page 242 8. La d‚sinence \-fi (øfin), ancienne d‚sinence d'instrumental, s'emploie pour le g‚nitif et le datif, au singulier et au pluriel : {ex eun–\-fin} : hors du lit ; ek ø“‰ofin : des dieux ; {par'aut”\-fi} : chez eux ; b‹–\-fi : par la force ; dakrofi : avec des larmes. 9. Les d‚sinences {\-“i, \-de, \-“en} s'ajoutent souvent aux noms pour r‚pondre aux questions $ubi, $øquo, $unde : o‹ko\-“i (domi) ; {klis‹–n-de} (vers la tente) ; {agor‚n-de} (… l'agora) ; {ouran”-“en (de caelo)} (160-161). PremiŠre d‚clinaison 10. Singulier [[[Nominatif : {agor‚, Atre‹d–s, hipp”ta} (avec $a bref ; ‚quivaut … hipp”t–s, cavalier). G‚nitif : agorˆs, øAtre‹dao (avec $a long) ou {Atre‹dew (Atre‹d–o)}. Pluriel G‚nitif : “ur&wn, pul‰wn, ønaut‰wn Datif : kon‹–\)si, pl–\)s. ] DeuxiŠme d‚clinaison 11. [[[Singulier G‚nitif : øan‰moio, ou øan‰mou (‚quivaut … : anemoo). Pluriel Datif : ø“eoŒsin ou “eoŒs. Duel : g‚nitif : øjmoiin. ] Le g‚nitif en $oo ne se trouve jamais dans le texte hom‚rique. Il semble bien avoir exist‚ parallŠlement … $øoio (origine commune). On peut souvent le r‚tablir, mais souvent aussi la d‚sinence $øou s'impose (au temps fort ou en fin de vers). TroisiŠme d‚clinaison 12. Singulier [[[G‚nitif : ø“‰rous ou ø“‰reus (en ‚t‚). Pluriel Datif : øposs‹, ou {p”d\-essi, “ugat‰r\-essi, k–rkessi, ep‰essi, bel‰\\-\\essi}. ] La d‚sinence $øessi provient, croit-on, d'une mauvaise coupure : {te‹‡\-essi}, o—, en r‚alit‚, le radical est {$te‹‡es\-} et la d‚sinence {\\-\\si}. Pratiquement, on ajoute \-si au nominatif pluriel (masculin et f‚minin) (‚olisme). 13. La langue hom‚rique compte de nombreux thŠmes en $i dont la d‚clinaison est r‚guliŠre (cf. $”is) : m&ntis (devin), g‚nitif $m&ntios ; nominatif pluriel : {m&nties} ; p”sis (boisson). $P”lis comporte un m‚lange de formes : Singulier [[[Nominatif : p”lis ; accusatif : øp”lin ; g‚nitif : p”lios, p”l–os ; datif : p”li, p”l–i, p”lei (avec $i tr‚ma). Pluriel Nominatif : {p”lies, p”l–es ; accusatif : p”lias, p”l–as, p”lis ; g‚nitif : pol‹wn ; datif : pol‹essi}. ] Le mot $basile—s garde souvent $– au lieu de $e (sans m‚tathŠse) : basilˆos, basilˆi. On d‚cline $n–vs (‚quivalant … : navs), nˆa (ou : n‰a), n–”s (ou : ne”s), etc. Les noms de parent‚ (55, 56), pat‚r, m‚t–r, etc., peuvent conserver le $e … la plupart des cas : pat‰ros, pat‰ri ; “ugat‰ros, “ugat‰ra, et ø“gatra ; de mˆme : an‰ra, an‰ros, an‰ri, etc. 14. $Pol—s et $øpoll^s se d‚clinent c“te … c“te … peu prŠs complŠtement : ainsi le pluriel est souvent : {pol‰es, pol‰as, pol‰wn, pol‰ssi (pol‰essi)}, formes qu'il ne faut pas confondre avec celles de $p”lis. il faut y ajouter les formes ${pouls, pouln} (allongement m‚trique). Les comparatifs en \-‹wn (\\-\\wn) ont plut“t les formes pleines \-ona, {\-ones} que les formes contract‚es \-w, {\-ous : ‡e‹rones, kall‹ones, ame‹nones}. On notera les comparatifs suivants : f‹lteros, b‰lteros, f‰rteros} (meilleur) ; kakjteros... ; les superlatifs suivants : {f‰rtatos (f‰ristos) ; k&rtistos (kr&tistos) ; b&rdistos (br&distos)}. 14 bis. Noms de nombre On notera : dw, … c“t‚ de : do ; øt‰ssares (øp‹sures, ‚olien) ; ee‹kosi (ancien e\\%\\ikosi, avec le premier $i long) ; dujdeka ; øprjtistos, øtr‹tatos, et : øt‰tratos. 15. Pronoms personnels et possessifs PremiŠre personne [[[Singulier Nominatif : egj, egjn Accusatif : em‰, m‰ G‚nitif : emeŒo, em‰o, emev, {meu, em‰“en Datif : emo‹, mo‹ Adjectif : em”s} Pluriel {Nominatif : humeŒs, &mmes} (‚olien) Accusatif : h–m‰as, &mme G‚nitif : h–me‹wn, h–m‰wn Datif : h–mŒn, &mmi ({&mmin)} Adjectif : h–m‰teros, ham”s Duel Nominatif, accusatif : n\0i (avec $i tr‚ma) G‚nitif, datif: {n\0in} (avec $i tr‚ma) Adjectif : nw‹teros (avec $i tr‚ma) DeuxiŠme personne Singulier Nominatif : s, tn– Accusatif : s‰ G‚nitif : seŒo, s‰o, sev, øs‰“en Datif : so‹, to‹, te‹n Adjectif : s”s, te”s Pluriel Nominatif : h–meŒs, ømmes (‚olien) Accusatif : hum‰as, mme G‚nitif: hum‰wn, hume‹wn Datif : humŒn, mmi (ømmin) Adjectif : hum‰teros, hum”s Duel Nominatif, accusatif : sf\0i (avec $i tr‚ma) G‚nitif, datif : {sf\0in} (avec $i tr‚ma) Adjectif : sfw‹teros (avec $i tr‚ma) TroisiŠme personne Singulier Accusatif : h‰, m‹n G‚nitif : ehŒo, h‰o, ehv, øh‰“en Datif : ohŒ, heoŒ Adjectif : he”s, h”s Pluriel Accusatif : sf‰as, sf‰ G‚nitif : sfe‹wn, sf‰w Datif : {sf‹sin, sf‹ (sf‹n)} Adjectif : sf”s, sf‰tereos Duel Nominatif, accusatif : sfw‰ G‚nitif, datif : sfw‹n (avec $i tr‚ma). ] Remarque, page 244 Quand le pronom de la troisiŠme personne n'a pas le sens r‚fl‚chi, il est enclitique : he, he“‰n, hŒ, (øeum, ejus, ei). 16. Chez HomŠre, $ho, $h–, $t” ($toŒo, pour $tov ; $t&wn pour le f‚minin $t\\0\\n) est encore le plus souvent pronom d‚monstratif ; mais il a d‚j… en plusieurs endroits la valeur d'un simple article. $Ohi et $ahi peuvent se remplacer par $to‹ et ta‹. De plus, les formes commen‡ant par $t s'emploient souvent comme relatifs, sans qu'on puisse toujours les distinguer des d‚monstratifs (parataxe). En revanche, le relatif $h”s ou $h” a souvent au nominatif le sens du latin ø$ille. Il est souvent suivi de l'enclitique $øte, qui n'ajoute rien au sens : $h”ste, {$h\0\)te}, mais donne … la phrase un caractŠre plus g‚n‚ral. 17. L'interrogatif $t‹s fait au g‚nitif $t‰o et $tev ; au datif $t‰w\) ; g‚nitif pluriel, $t‰wn ; datif pluriel, $øt‰oisi. 17 bis. Les pr‚positions On notera les formes : $øen‹, $øein (allongement m‚trique) pour ${en : en* meg&roisin, ein agorˆ\) ; pot‹, prot*} pour ${pros : prot* &stu (\%astu) pot‹, gaŒan ; hupe*r} (allongement m‚trique), hupe*r, {h&la} (sur la mer). ÷~Conjugaison, page 244 18. L'augment est encore facultatif chez HomŠre : bˆ, lvse, pour : ‰b–, ‰luse ; ø‹don, pour : øeŒdon. Il s'omet … peu prŠs toujours au duel : dia\-st‚t–n, pour : {di\\-\\est‚t–n}. 19. Les d‚sinences \-mi et \-si peuvent s'ajouter … la premiŠre et … la troisiŠme personne du subjonctif : {e“‰lwmi, e“‰l–\\)\\si}. La d‚sinence $“a peut s'ajouter … la deuxiŠme personne du subjonctif et de l'optatif : {e“‰l–\)s“a, b&lois“a}. 20. La d‚sinence $me“a est souvent remplac‚e par {$mes“a : ep”mes“a, es”mes“a}. Cette forme, analogique de la deuxiŠme personne du pluriel, a l'avantage d'‚viter trois brŠves de suite. On la retrouvera chez Aristophane. 21. Les d‚sinences $øntai et $nto du parfait et de l'optatif se remplacent bien par $øatai et $ato, aprŠs consonne, et, par analogie, aprŠs voyelle : {pefob‚atai, geno‹ato}, pour : {pef”b–ntai, g‰nointo}. Devant ces d‚sinences, les labiales et les gutturales doivent ˆtre aspir‚es : ${tetr&fatai}, de $øtr‰pw, ‚quivaut … la p‚riphrase : {tetramm‰noi eis‹n} (136). 22. Les d‚sinences $ømen et $ømenai (‚olismes) s'emploient souvent … l'infinitif : {el“‰men, te“n&menai, tupt‰men}, pour : {el“eŒn, te“n&nai, tptein}. #… l'aoriste second, $øid‰ein alterne avec $ideŒn ; {bal‰ein, pes‰ein}. 23. les voyelles de liaison du subjonctif sont souvent brŠves : $øotrnomen, pour {$otrnwmen ; $b‚somen} pour ${b‚swmen ; b‚setai ; dun–s”me“a ; poi‚somen, poi‚setai}. 24. Dans les verbes contractes en \-&w, la voyelle longue de la contraction est souvent pr‚c‚d‚e d'une voyelle brŠve de mˆme son : {hor”w, hor&a\)}, pour : {hor\0, horƒ\)}. Cette notation recouvre, en r‚alit‚, une voyelle contracte comptant pour trois temps (distension). 25. Beaucoup de verbes en $zw ont le futur en $xw et l'aoriste en $xa : {polem‹zw : futur : polem‹xomen ; harp&zw} : aoriste : h‚rpaxa. 26. Beaucoup d'aoristes seconds ont un redoublement : peŒ“w : aoriste 2 : {p‰pi“on ; k‰lomai, ekekl”m–n ; fr&zw, e\-p‰fradon ; pun“&nomai, pepu“”m–n ; ‡a‹rw, k‰‡aron}. $øEŒpen n'a plus ‚t‚ consid‚r‚ comme verbe … redoublement (142) et a pu prendre l'augment : ‰eipe (ancien e\\%\\eipe). 27. AprŠs une brŠve, le double $s persiste souvent au futur et … l'aoriste premier : øaid‰omai : futur : {aid‰s\-somai} ; økom‹zomai : aoriste : økom‹ssato ; økal‰omai (convoquer) : aoriste : økal‰ssato (voir page 78, note 1). 28. Le futur des verbes liquides se contracte rarement : øagg‰llw : futur : aggel‰w ; er‰w (er\0). 29. On rencontre quelquefois les d‚sinences de l'aoriste second aprŠs le $s caract‚ristique de l'aoriste premier : dseto, øax‰men, b‚seo, au lieu de : edsato, {&xai} (‚quivalant … : agageŒn), øbˆsai (imp‚ratif de : eb–s&m–n). 30. Le subjonctif est en \-‰w ou \-‚w : {dam‚w, dam‚–\)s, dam‚omen, dam‚ete, dam‰wsi}. #… l'aoriste second actif des verbes en \-mi, on trouve de mˆme : “‚w ou “eŒw, “‚–\)s, “‚–\); ø“eŒomen, ou ø“‰wmen, ødjwsin et {d\\0\\sin}. 31. HomŠre emploie certaines formes d'aoriste second trŠs brŠves, compos‚es du radical pur et de la d‚sinence, sans voyelle de liaison : \0r\\-\\to (il s'‚lan‡a) ; hƒl\-to (il bondit) ; d‰k\-to (il re‡ut) ; klv\-“i (‚coute) ; cf. les duels : {‰ik\-ton} (avec tr‚ma sur le $i), e‹k\-kt–n (avec tr‚ma sur le $i), du verbe eh‹kw. 32. Les verbes en \-mi ont … l'indicatif pr‚sent quelques formes contractes : ti“eŒ, pour t‹“–si ; ti“eŒsi, au lieu de ti“‰asi. 33. La troisiŠme personne du pluriel de l'imparfait et de l'aoriste second, dans les verbes en \-mi, remplace souvent la d‚sinence {\-san} par un simple $n (‚quivalant … $nt) : øh‹en : ‚quivaut … : h‹esan ; st&n : ‚quivaut … : ‰st–san ; ‰ban : ‚quivaut … : ‰b–san. #… l'aoriste passif, {\-en} est souvent pour \-–san : {tr&fen} : ‚quivaut … : {etr&f–san}. 34. Verbes irr‚guliers ou difficiles. h‹–mi (lancer) ; imparfait : øh‹ein ; aoriste : h‰–ka ; troisiŠme personne pluriel : h‰san ; moyen : h‰nto ; –m‹ (dire) : n'est pas hom‚rique ; on ne trouve (et trŠs souvent) que : ˆ (il dit) ; f–m* a des formes moyennes : f&to, f&menos (grammaire 154). 35. eŒmi (je vais, ou j'irai) ; eŒs“a (tu vas) ; infinitif : ø‹men ; imparfait : ‚ia (avec $i tr‚ma), ou ø‚ion (avec $i tr‚ma) ; ø‹san (ils allaient) ; futur : øe‹somai ; aoriste : eis&m–n, ee‹sato. La conjugaison se complŠte … l'aide du thŠme $øeleu“, qui a donn‚ : futur : øelesomai ; aoriste : ø‚lu“on (… c“t‚ de øˆl“on) ; parfait : øel‚lou“a (øeil‚lou“a, $ei : par allongement m‚trique). 36 eimi (je suis) ; øess‹, eŒs (tu es) ; eim‰n (nous sommes) ; ø‰asin (ils sont) ; subjonctif : ‰w ; infinitif : ø‰mmen, ou ø‰mmenai ; participe : ejn ; imparfait : ˆa, ‰a, ø‰on (j'‚tais) ; ‰–s“a (tu ‚tais) ; øˆen, ‰–n (il ‚tait) ; ø‰san (ils ‚taient) ; futur : ø‰ssomai, ø‰ssetai ; participe : øess”menos (6). 37. oŒda (je sais) ; ø‹dmen (nous savons) ; ø‹dmen, ou ø‹dmenai (savoir) ; futur : eid‚sw, ou øe‹somai. Imparfait : ‚\)dea, ˆ\)e‹d–s, ‚\)dee, ou ‚\)d– ; troisiŠme personne pluriel : ‹san. 38. øhˆmai (je suis assis) ; troisiŠme personne pluriel {h‰atai, h‚atai} ; imparfait : h‰ato, h‚ato, eh‹ato (‚quivalant … : hˆnto) ; økeŒmai (jaceo) : troisiŠme personne pluriel : {k‰atai, ke‹atai ; k‰ato, ke‹ato}. 39. HomŠre emploie, … l'actif et au moyen, des imparfaits et des aoristes fr‚quentatifs qui marquent la r‚p‚tition de l'action ; l'augment leur fait g‚n‚ralement d‚faut. On les forme au moyen des d‚sinences {\-skon} et \-sk”m–n ajout‚es aux thŠmes de pr‚sent et mˆme d'aoriste. [[[‰‡w : imparfait : ø‰‡eskon eimi : imparfait : ø‰skon øp‰lomai : imparfait : øpelesk”m–n ahir‰w : aoriste : øh‰leskon l‰gw : aoriste : øe‹peskon fegw : aoriste : øfgeskon. ] ÷~Syntaxe, page 246 40. Chez HomŠre, souvent les id‚es sont simplement juxtapos‚es au moyen de $d‰, au lieu d'ˆtre coordonn‚es ou subordonn‚es (parataxe). Inversement, quand la phrase commence par une subordonn‚e (surtout temporelle), HomŠre rattache parfois la principale par $d‰ (voisin de $d‚, alors) : epe*... d\0ke dc... 41. L'infinitif seul suffit … marquer le but, l'intention, la cons‚quence : bˆ d'øi‰nai : il se mit en marche pour aller. Il est assez souvent employ‚ pour l'imp‚ratif : eipeŒn : parle ; hqs dc s— øhr‰zein : agis ainsi ; {d”menai p&lin} : rends. 42. La pr‚position conserve souvent sa valeur d'adverbe et se trouve s‚par‚e de son r‚gime (5). Inversement, les compl‚ments de lieu sont souvent exprim‚s par le g‚nitif, le datif ou l'accusatif sans pr‚positions : øped‹oio : dans la plaine ; øn‚soisi : dans les Œles ; klis‹–n : dans la tente. La pr‚position peut aussi se trouver rejet‚e aprŠs son r‚gime : &stu p‰ri, “e\0n ek, t…s dc m‰ta ; ou mˆme aprŠs le verbe : ølosas“ai &po (‚quivalant … : øapolosas“ai), ti“ei p&ra (‚quivalant … : parat‹“ei). 43. Assez fr‚quemment, HomŠre emploie dans une principale le subjonctif seul ou avec $&n ($ke, ø$ken) dans le sens d'un futur (‚ventuel) : ka‹ pot‰ tis {e‹p–\)si} (‚quivalant … : ereŒ) ; et il rend le conditionnel (potentiel) par l'optatif seul : ka‹ pot‰ tis øe‹poi (280). 44. Les propositions finales sont souvent introduites par $ø”fra ; les cons‚cutives sont souvent rendues par l'infinitif seul (sans $hjste) ; les comparatives par $hjste (ou : hws d'h”te, ou : –te. Les conjonctions de temps sont particuliŠrement nombreuses. Outre les mots suivants : h”te, epe‹, hws, øpr*n (322), on notera : ˆmos : au moment o— ; evte comme ; parfois on trouve ø”fra (‚quivalant … $h‰ws) ; epŠn (‚quivalant … : epe* &n). A‹ ke : ‚quivaut … : e&n. ÷~M‚trique, page 247 45. HomŠre utilise uniquement l'hexamŠtre dactylique, mŠtre auquel se pliait difficilement la langue grecque (de rythme iambique, grammaire 23) ; d'o— la n‚cessit‚ de diverses adaptations. On citera principalement l'allongement m‚trique : a“&natos (avec initiale longue), øAp”llwn (initiale longue), gein”menos (gen”menos), øpoul, ti“‚menos. Le choix des mots lui-mˆme est parfois command‚ par le mŠtre ; h–m‰r– entre difficilement dans un hexamŠtre ; on le rempla‡a par le vieux terme øˆmar : ‚mata ka* nktas ; ‚mati t\0\) h”te, ‚matos (h–m‰r–s). C'est ainsi que s'expliquent encore certaines formes comme $ma‡”mes“a (ci-dessus, 20) ; les formes $pat‰ros, $m–t‰ros..., les pr‚positions $øein, $hupe‹r..., et mˆme certaines orthographes arbitraires : A‡iles, Hoduses... 46. #‚lision et abrŠgement HomŠre ‚lide $a bref, $e, $i bref et $o dans la d‚clinaison et la conjugaison ; $øai dans les d‚sinences {\-mai, \-tai, \-s“ai ; $oi} dans {$moi, $soi, $toi}. Mais la pr‚sence ou le souvenir d'un digamma empˆchent souvent l'hiatus : kat… \%&stu ; ep* \%‰rga ; ou ils permettent l'allongement par position : {ote t‹ pw \%eŒpes \\%\\‰pos}. On notera que, si la voyelle longue (ou la diphtongue) forme la premiŠre syllabe du pied, mˆme en hiatus, elle reste longue, dans la deuxiŠme syllabe du pied elle devient brŠve. 47. De nombreux mots comportent une racine commen‡ant par $sl, $sm, $sn, groupes qui allongent souvent une voyelle brŠve finale ; l'analogie a parfois jou‚. Exemples : kat… (finale longue) moŒran (ancien øsmoiran) ; ”rea (finale longue) nifo‰nta (ancien : øsnifo‰nta) ; ta* dc ($e long) meg&la ; øeni ($i long) {meg&roisin ; en* n‚sw\) ; poll…} (finale longue) øliss”menos. 48. Les groupes $ew, $ewn, $ea, $eas... ne comptent parfois que pour une syllabe longue (synizŠse) : P–l–i&dew, pel‰keas, sfeas, øst‰wmen, bor‰–\). 49. Le cinquiŠme pied de l'hexamŠtre, qui devrait ˆtre un dactyle, est souvent un spond‚e chez HomŠre (vers sponda‹que). La coupe bucolique (aprŠs le quatriŠme pied) est fr‚quente. ÷~II) Quelques traits de l'ionien d'H‚rodote, page 248 399. page 248 L'ionien employ‚ par H‚rodote est le mˆme, pour le fond, que le dialecte hom‚rique. Il offre de plus les particularit‚s essentielles suivantes : 1. $k remplace $p dans les adjectifs et adverbes corr‚latifs : {koŒos, kos”s, k”teros, hokoŒos, kov, kot‰, okote}, etc. 2. Les sourdes ne se changent pas en aspir‚es (psilose) : eporƒn (‚quivalant … : eforƒn), ap'ohv (‚quivalant … : af'ohv), øapikn‰es“ai (‚quivalant … : øafikneŒs“ai). 3. Le $n euphonique n'est pas en usage. 4.L'augment temporel fait d‚faut dans plusieurs verbes po‚tiques ou propres au dialecte ionien, dans ceux qui commencent par $øai ou $øoi, enfin dans les imparfaits et aoristes fr‚quentatifs en {\-skon}. 5. Le plus-que-parfait actif est en \-ea ; ej“ea ‚quivaut … : øeij“ein. 6. Les verbes en \-&w se conjuguent : hor‰w, øhor‰omen, øhor‰ousi ; imparfait: øjreon. 7. AprŠs une voyelle, $eo, $øeou, dans les verbes en $ew et en $aw, ainsi que $oo, $øoou, dans les verbes en $ow, se contractent en $øeu. Exemples : øpoievntes (‚quivalant … : øpoi‰ontes), ø“–emenos (‚quivalant … : “–e”menos, pour “ea”menos), komieme“a (‚quivalant … : komiome“a, futur de økom‹zomai), øantiemenos (‚quivalant … : øantio”menos). 8. $a remplace $n dans les finales en $øntai et $nto du parfait et du plus-que-parfait passif, du pr‚sent et de l'imparfait de verbes en $mi et de tous les optatifs. Exemples : øtetfatai (‚quivalant … : øtetumm‰noi eis‹), øap‹katai (‚quivalant … : øafigm‰noi eis‹), øh–g‰atai (‚quivalant … : øh‚g–ntai), ødun‰atai (‚quivalant … : ødnantai), –pist‰ato (‚quivalant … : ø–p‹stanto), geno‹ato (‚quivalant … : øg‰nointo). Ces formes se retrouvent chez les plus anciens ‚crivains attiques (poŠtes et prosateurs, mˆme Aristophane). 9. Le duel fait d‚faut dans le dialecte ionien. 10. Voici les principales formes o— H‚rodote s'‚carte de l'usage attique : [[[adelfe”s pour adelf”s øbw“‰ein pour bo–“eŒn {b\0sai} pour øboˆsai øg‹nomai pour øg‹gnomai ød‰komai pour ød‰‡omai d‰xw pour de‹xw dix”s pour ødiss”s el&mf“–n pour el‚f“–n øen‰nwto pour øenen”–to øen“avta pour øentav“a epe‹te pour epe‹ ø‰peiten pour ‰peita øh‰sswn pour øh‚ttwn et‹“ea pour et‹“–n ewutov pour øheautov zjw pour z\0, ancien z‚w ‚neika pour ‚negka ˆ m‰n pour ˆ m‚n ø“–‰es“ai pour ø“eƒs“ai \4\0ma pour “avma i“s pour øeu“s hir”s pour hier”s ki“jn pour ‡itjn n–”s (ho) pour nejs (ho) oŒka pour ø‰oika øhort‚ pour øheort‚ øpljw pour øpl‰w (egj) poli‚t–s pour polit–s øt‰sseres pour øt‰ttares \0n, g\0n, pour ovn, govn ] ÷~III) Quelques ‚olismes ou dorismes litt‚raires, page 249 400. page 249 L'‚olien pur ne se trouve que dans des textes qu'on n'a pas l'occasion de lire dans les classes. Mais un ensemble de traits ‚olo-doriens se rencontre chez les poŠtes de la lyrique chorale (øPindare, øBacchylide, etc.). Quelques-uns de ces traits (voir surtout 1) ont p‚n‚tr‚ dans la langue des parties chant‚es de la trag‚die grecque. Quoiqu'elle-mˆme m‚lang‚e, la langue des poŠtes bucoliques (øTh‚ocrite, etc.) est plus sp‚cifiquement dorienne. On ne relŠvera ici que quelques formes qu'on risque de rencontrer dans les lectures faites en classe. 1. Les voyelles Ce qui caract‚rise les dialectes ‚olo-doriens, c'est la pr‚dominance de $a long, conserv‚ notamment partout o— l'ionien a introduit un $– (398, 1). Le $a long est maintenu dans toutes les positions, dans les noms, les verbes et les mots invariables, aussi bien pour la racine que pour la d‚sinence. Exemples : mƒla (mˆla) : pommes ; gun& (gun‚) : femme ; f‹la (f‹l–) : amie ; økat‰ban (økat‰b–n) ; la“”man (ela“”m–n) ; han‹ka (h–n‹ka) ; øoudamƒ\) (øoudamˆ\)). 2. Les contractions Elles n'ont pas toujours lieu (cf. HomŠre, 398, 3) : n”os ; økakoerg”s, ‰r‡eo (‚quivalant … : ø‰r‡ou). Quand les contractions se font, elles aboutissent … des formules diff‚rentes de celles de l'ionien attique : [[[$a plus $e donnent $– : h”r– (h”rae, h”ra) : vois ; k\_–me (k\_ame, ka* em‰) ; $a plus $o donnent $a : øpeinƒnti (øpein\\0\\nti) ; $a plus $w donnent $a : tƒn (t&wn, t\\0\\n) ; $e plus $o donnent $øeu : ø‡e‹leus (ø‡eŒlous, ‡e‹leos) ; $o plus $o donnent $w : n\0n (novn) ; $o plus $e, ainsi que $o plus $a donnent $w : hjteros (ho h‰teros). ] 3. L'allongement de $o se marque par $w (et non par $øou comme en ionien-attique). Exemple : jreos (ø”rous, ionien : oreos) : montagne ; \0n (ovn) : donc. Voir notamment dans les contractions. 4. L'allongement par les fausses diphtongues $øai et $øoi est un ‚olisme. Exemples : moŒsa (movsa), “anoŒsa (“anovsa), ølsais, au participe, (ancien ølusans, lsas) ; en ‚olien pur on dit … l'accusatif : to*s øp‰plois (to—s øp‰plous) : les voiles. Les formes doriennes pr‚sentent simplement l'allongement : m\0sa (laconien : mwha) ; tqs øp‰plws. 5. Les consonnes Le $t, qui dans certains cas, devant voyelle, devenait $s en attique, persiste en dorien. Exemple : t (s ; latin : tu) ; e‹kati (e‹kosi), øpl&tion (øpl‚sion). La forme ølonti (ionien-attique ølousi) est la vraie forme grecque. 6. Certains pronoms et adverbes corr‚latifs ont en ‚olien un $k au lieu d'un $t ou d'un $p. Exemple : hokoŒa (hopoŒa). La forme $pok& ($pot‰) est dorienne, $p”ta ‚olienne (H‚rodote ‚crit $kot‰). 7. Le double $s est d'ordinaire maintenu dans la conjugaison et la d‚clinaison : {st‚“essi (st‚“esi) ; eg‰lassen (eg‰lasen)}. 8. On voit fr‚quemment en ‚olien le $z d‚doubl‚ en ses deux ‚l‚ments ($sd) : {pa‹sdein (pa‹zein)}. 9. Le groupe $n“ remplace parfois en dorien le groupe $l“ : {ˆn“on (ˆl“on)}. 10. L'apocope des pr‚positions (‚olisme, d‚j… not‚ … propos d'HomŠre) est courante : "pot t”n" ‚quivaut … : pot* t”n (øpr^s t”n). 11. Dans la d‚clinaison, on notera surtout les g‚nitifs en $a et en $ƒn : øBras‹la (ancien øBras‹lao) ; ømoisƒn (ømous\0n). Le datif est en $øoisi en ‚olien, en $øois en dorien. 12. Dans la conjugaison dorienne, on relŠvera les d‚sinences en $ømes au lieu de $ømen : ølomes (ølomen) ; la d‚sinence $ti … la troisiŠme personne du singulier : øpro‹–ti (øpro‹–si) (note : $i tr‚ma sur les deux formes) ; et $nti … la troisiŠme personne du pluriel : øfant‹ (fas‹) (voir 5). L'infinitif a les d‚sinences $øen (dorien) ou $ømen, $ømenai (‚olien). 13. Le futur actif dorien est g‚n‚ralement en $s\0 (contracte), le futur moyen en $øsevmai. Tous les verbes en $zw ont le futur en $xw, l'aoriste en $xa. 14. On trouve parfois la d‚sinence $mi dans les verbes en $w, au pr‚sent de l'indicatif : n‹k–mi (nik\0). 15. L'augment est souvent omis ; l'augment temporel est souvent en $a (pour $–) : ƒge (ˆge). 16. Les particules modales atones sont $ke ($øken) en ‚olien, $ka en dorien.