Tartuffe

 

Acte V

Synthèse

 

I) Progression de l'acte V

 

1. Le nombre des personnages

D'abord au nombre de 2, puis 3, puis 7, 8 et enfin tous les personnages réunis. Ils viennent les uns après les autres, pour des raisons plausibles.

Une réunion qui correspond au but qu'avait Molière de réunir à la fin de la pièce le plus grand nombre d'acteurs possible, pour que chacun ait sa part d'applaudissements.

 

2. Les entrées des personnages

Chaque entrée est vigoureuse : Orgon arrive affolé, Damis en coup de vent, Madame Pernelle étonnée et Monsieur Loyal suppliant.

 

3. Trois sommets

Scène 3 : Orgon et sa mère, qui semble encore plus incapable d'évoluer que lui.

Scène 4 : Orgon et monsieur Loyal : l'atmosphère de la pièce se tend à l'arrivée du personnage.

Scène 7 : Tartuffe face aux autres personnages : une scène en deux temps : le triomphe de Tartuffe, suivi de sa défaite aussi totale qu'imprévisible.

 

La fin, assez brutale, est due à une personnage secondaire, une sorte de "deus ex machina".

 

 

II) Le ton de l'acte V

C'est un acte sérieux dans l'ensemble, mais sans être tragique non plus.

 

Scène 2 : ton sérieux, mais nous sourions de retrouver en Damis les défauts de son père.

 

Scène 3 : le dialogue de sourds qui s'y instaure nous fait sourire, en écho de I 1. La stychomythie convient tout à fait pendant un temps, puis se disloque, à cause du paroxysme de colère qu'éprouve Orgon et de l'étonnement figé de sa mère. Le dialogue s'arrêtera quand les deux personnages seront exténués, mais sans qu'ils aient modifié leur point de vue en quoi que ce soit.

 

Scène 7 : une scène sérieuse : les personnages, qui se sont acquis dans l'ensemble notre sympathie, courent un réel danger face à Tartuffe, foncièrement mauvais et dépourvu de toute note comique.

 

On se demande quelle va être l'issue du conflit. Mais grâce à Dorine (cf. le jeu de mots au vers 1772) et Damis (cf. vers 1767-1768), des indices de détente subsistent tout au long de l'acte et le ton comique l'emporte. Orgon y contribue aussi, malgré lui, parce qu'il reste un personnage grotesque.

 

 

III) L'évolution des personnages

 

C'est la situation qui évolue, mais pas les caractères. Il suffit d'étudier le langage des personnages pour se rendre compte qu'il est l'expression de leur caractère.

Exemple : Orgon : ses propos permettent de brosser un portrait complet de sa personnalité :

vers 1573 : un lâche qui ne sait pas réagir

vers 1730 : un homme toujours hésitant et incapable de se diriger lui-même

vers 1735 : un éternel crédule, manquant de sens psychologique

vers 1601, 1797 : un caractère prompt à s'emporter, passant d'un extrême à l'autre

 

Orgon ne change pas, entre le début et la fin : après avoir embrassé la cause de tous les dévots, il deviendra leur ennemi le plus acharné (vers 1605) ! Il entre ainsi dans la lignée de tous les personnages clés des pièces de Molière.

 

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